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 Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires

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a.nonymous



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MessageSujet: Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires   Dim 21 Avr 2013, 01:27

Un article intéressant du Monde sur ce qui arrive dans certaines zones pavillonnaires de banlieue...:

Le Monde a écrit:
Banlieues : le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires
LE MONDE | 08.04.2013 à 11h23 • Mis à jour le 11.04.2013 à 14h11

Sylvia Zappi

C'est parfois un petit signe de rien, plusieurs boîtes aux lettres sur une même grille quand les maisons voisines n'en possèdent qu'une. Des allées et venues plus nombreuses aussi dans ces quartiers tranquilles. Mais la plupart du temps, rien ne distingue ces pavillons de leurs semblables. Et pourtant, depuis deux ans, les villes de banlieue voient se développer un nouveau phénomène du mal-logement : la location à la découpe dans les zones pavillonnaires.

Au milieu des pseudo-villas "Sans souci" aux prétentieuses colonnes doriques, des petites maisons ouvrières "Marceline" ou "Ginette" avec leurs nains de jardin ou encore les belles meulières des années 1930 derrière leurs troènes, se nichent de nouveaux taudis : un pavillon, divisé en quatre ou cinq appartements, loués chacun entre 600 et 800 euros selon les communes, sans déclaration à la mairie ni respect des normes sanitaires. La cible ? Une population pauvre qui ne trouve pas à se loger ailleurs et ne se plaint pas, vivant dans la peur de perdre son toit.

"Ce processus de densification spontanée, accompagné d'une "taudification" de l'habitat dans les tissus pavillonnaires est avéré dans plusieurs communes qui accueillent des populations défavorisées", explique Anastasia Touati, doctorante à l'Ecole nationale des ponts et chaussées.

Ainsi, en Seine-Saint-Denis, les communes d'Aulnay-sous-Bois, Tremblay-en-France, Sevran, Romainville, Montfermeil, Pavillons-sous-Bois seraient touchées. Dans l'Essonne, le phénomène émerge à Grigny et, dans les Yvelines, à Trappes et à Saint-Quentin. On le retrouve à Goussainville, Gonesse, Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, à Chelles et Villeparisis, en Seine-et-Marne, ou encore à Orly, Choisy-le-Roi et Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne.

C'est une partie significative de la moyenne couronne qui est ainsi concernée, dans cette banlieue pavillonnaire modeste qui s'est développée successivement dans les années 1940, au lendemain de la guerre et dans les années 1970. Contrairement à la proche banlieue, on y trouvait des grandes parcelles, peu chères, sur lesquelles les ménages, "sortis des cités" ou fuyant la grande ville, pouvaient s'offrir leur maison. Le pavillon avec son bout de jardin et sa balançoire pour les enfants était alors une valeur de standing pour cette France des "petits-moyens", titre de l'ouvrage collectif des sociologues Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet et Yasmine Siblot (La Découverte, 2008).

Avec l'extension des gares, la création de zones d'activités économiques autour des aéroports parisiens, ces zones pavillonnaires sont devenues plus accessibles et proches de l'emploi. Les pavillons y ont souvent vieilli avec leurs habitants et, quand ils sont mis en vente, ils constituent désormais un bon placement pour qui veut faire de l'argent rapidement : "Certains marchands l'ont bien compris : avec une maison de 140 m2, ils arrivent à faire quatre F2 en utilisant les combles. C'est très rentable et les opérations se succèdent, car il y a de la demande", explique Benoît Le Foll, pilote du Centre d'études techniques de l'équipement de Normandie.

On ne parle pas ici de la sous-location que peut faire un couple de retraités pour arrondir ses fins de mois. Mais d'acquéreurs qui veulent faire de l'argent rapidement. Leur profil semble un peu partout le même : des petits commerçants, des petites entreprises de BTP ayant un peu de cash, qui obtiennent très vite des prêts bancaires qu'ils remboursent avec les loyers perçus et qui repèrent les maisons à acheter par les agents immobiliers de leur réseau professionnel.

PETITE MAFIA ARTISANALE

Les clients sont légion : étudiants, jeunes travailleurs, stewards ou personnels travaillant dans les aéroports, familles aux faibles revenus trop contentes de s'offrir aussi un logement en dehors des zones urbaines denses...

Une petite mafia artisanale, parfois en réseau communautaire faisant venir ses compatriotes, a su aussi prospérer sur la misère. "Dans certains cas, le business est porté par des familles ou des réseaux familiaux qui achètent ensemble le patrimoine et le rentabilisent avec des pavillons utilisés avec des familles entassées dans les moindres recoins", raconte Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil. On trouve ainsi "à louer" des abris de jardin, des garages, des caves...

Certains poussent l'arnaque un cran plus loin : comme à Sevran, où un pavillon a été transformé en dortoirs, dans lequel le propriétaire loue des lits. "Ce sont les nouveaux marchands de sommeil. Comme il n'y a plus de construction de foyers de travailleurs migrants, la demande est forte. A 400 euros le lit, c'est le scandale absolu", assure Stéphane Gatignon, maire EELV de la commune.

"On est face à des gens sans scrupule qui profitent de la crise du logement en proposant un logement moins cher à des familles à la rue", remarque aussi Martine Bescou, adjointe au logement du maire Front de gauche de Tremblay-en-France. "Dans ces réseaux, on a découvert que des agences immobilières s'étaient spécialisées, des notaires étaient impliqués ainsi que des banques qui font des prêts défiant toute concurrence", dénonce Cécile Madura, première adjointe PS à Goussainville.

Les maux de ces nouveaux taudis sont un peu partout les mêmes : humidité, isolation défaillante, installations électriques saturées, surcharge des réseaux sanitaires... jusqu'au stationnement de voitures sans parking qui rend la circulation difficile. "Les élus s'inquiètent, car pour le voisinage, c'est vécu comme une dégradation du quartier et l'arrivée de ces populations plus modestes, c'est aussi moins d'impôts et des dépenses publiques en plus", souligne Eric Charmes, directeur de recherche à l'Ecole nationale des travaux publics de l'Etat.

L'ensemble des acteurs s'accordent pour expliquer que lutter contre ces nouvelles locations à la découpe demeure compliqué, car la législation n'a pas prévu une telle utilisation du bâti individuel.

TENDANCE À FERMER LES YEUX

La division d'un pavillon en plusieurs logements, non accompagnée de travaux extérieurs, n'est pas soumise à autorisation préalable auprès des services d'urbanisme. Seule demeure l'obligation de respecter le plan local d'urbanisme qui impose, par logement, des contraintes de construction, de stationnement et d'espace vert disponible. Mais, parmi ces nouveaux marchands de sommeil, peu de propriétaires le font. Les services municipaux découvrent souvent l'existence de ces contrevenants lors des inscriptions à l'école, les rattachements demandés à ERDF ou les interventions des services d'hygiène. Les listes d'habitants fournies par l'Insee permettent aussi parfois de découvrir ces nouveaux logements collectifs.

Conscients de l'effet négatif que ces nouveaux taudis donnent à l'image de leur ville, certains élus préfèrent les ignorer. Une tendance à fermer les yeux, car les procédures judiciaires sont longues et difficiles et que ces maires n'ont souvent pas de solution de relogement.

D'autres ont décidé d'attaquer ces constructions non conformes. C'est le cas de la commune de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) qui a mis en place un groupe de travail pour croiser les données des différents services et repérer les infractions. A Aulnay-sous-Bois, la ville dresse des procès-verbaux d'infraction au plan local d'urbanisme en s'appuyant sur la liste des déclarations de logement aux impôts et saisit systématiquement le procureur.

Idem à Goussainville où quinze propriétaires ont été condamnés pour "changement d'affectation" ou "augmentation de la capacité d'habitation" du bien immobilier. Là, les services de la ville vérifient les déclarations d'achèvement de travaux pour traquer les contrevenants. "Dès qu'on voit un tas de sable devant une clôture, on s'inquiète", admet Mme Madura.

Sylvia Zappi
Source: http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/08/banlieues-le-mal-logement-s-etend-aux-zones-pavillonnaires_3155846_3224.html?xtmc=grigny&xtcr=2


Dernière édition par a.nonymous le Dim 21 Avr 2013, 02:57, édité 1 fois
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papy Mougeot



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MessageSujet: Re: Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires   Dim 21 Avr 2013, 02:57

Depuis le temps que l'on pressurise ces riches bourgeois qui vivent tels des Crésus de banlieue dans leur petit pavillon est on arrivé à ce qu'ils soient moins à l'aise que les supposés nécessiteux qui reçoivent des aides de toutes sortes.

Le phénomène se concrétisera peut être dans les urnes l'année prochaine...
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Libellule

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MessageSujet: Re: Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires   Ven 12 Fév 2016, 19:22

Quelle est l'importance de la religion dans les déterminants du vote ? Vers qui se tournent les populations d’origine arabo-musulmane ? La présence de ces populations a-t-elle un impact électoral ? Cette enquête de terrain donne une analyse des votes dans toute leur complexité, loin de l’anathème et des fantasmes.

Retrouvez la préface de Gilles Finchelstein :

L’analyse contre l’anathème (pdf - 586,16 ko) http://www.jean-jaures.org/Publications/Livres/Karim-vote-a-gauche-et-son-voisin-vote-FN
Karim vote à gauche et son voisin FN : l’analyse de Jérôme Fourquet (voir lien)

Pour la première rencontre du cycle « Demain les banlieues », le député du Val-d'Oise Philippe Doucet reçoit Jérôme Fourquet pour son livre Karim vote à gauche et son voisin vote FN (L’Aube, Fondation Jean-Jaurès, novembre 2015).

« Demain les banlieues » est un groupe de travail qui, au sein de la Fondation Jean-Jaurès, explore la banlieue par diverses entrées politiques et sociales (démocratie, apartheid territorial, social, ethnique, sociologie du vote, travail, discriminations), avec pour objectif de déboucher sur une quarantaine de propositions concrètes.

Sujet qui revient devant l'actualité au moment où le FN tente de lancer des collectifs patriotes (ce sera sa troisième tentative de le faire depuis que Jean Marie Lepen l'a envisagé voici maintenant près de 35 ans, avec cette question à la clef : comment un parti qui veut exclure tant de gens de l'identité française peut-il espérer en faire des électeurs potentiels en sa faveur?

e##### Hier sur France Inter

Le collectif  "Banlieues Patriotes" lancé en décembre dernier par le Front National est une idée d'un tout jeune homme : Jordan Bardella, secrétaire départemental du FN en Seine St Denis. La mission de ce collectif frontiste sera d'amener et  de rassembler des voix pour le FN en banlieue. A suivre ce bis repetita qui n'a jamais fonctionné. Puisque à l'inverse là où le FN faisait des cores importants en Seine Saint Denis voici quelques années il est plutôt en recul dans ces banlieues dites chaudes.

Le Front National gagne-t-il du terrain en banlieue ? La Seine St Denis sera-t-il le laboratoire d'une banlieue patriote ? Quel est la réalité du vote frontiste dans les banlieues françaises ? Comment votent les différentes communautés ? Les votes ont-ils évolué ? Existe-t-il un lien entre le vote FN et la population issue de l'immigration ?
avec Jérôme Fourquet, Directeur du département Opinion et Stratégies d’entreprise de l’Ifop

Annonce : « Karim vote à gauche et son voisin vote Fn » dirigé par Jérôme Fourquet (préface de Gilles Finchelstein, éd. Jean Jaurès/L’Aube)
et Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l’extrême droite et chercheur à l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès, auteur de « Droites extrêmes en Europe » avec Jean Yves Camus (éd. du Seuil)
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tonton christobal

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Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: Re: Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires   Ven 12 Fév 2016, 19:48

Comment le FN peut il faire pour réunir plus d'électeurs que le PC, les écolos et quelques autres y compris les socialistes qui se sont pris de tôles aux régionales ?

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KURUN



Messages : 97
Date d'inscription : 23/01/2015

MessageSujet: Re: Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires   Lun 15 Fév 2016, 05:17

Simple tonton ceux qui votent habituellement PC FG vote FN sans aucun état d'âme

certains des derniers militants du PC et FG ne l'ont pas encore compris ils ce crois même propriétaires de la ville
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires   Mer 06 Sep 2017, 09:47

Citation :
L’Ile-de-France s’attaque aux marchands de sommeil

La région veut débloquer 20 millions d’euros pour aider les collectivités à préempter des pavillons mis en vente, pour éviter que des propriétaires véreux les rachètent, les divisent et y entassent des familles.

LE MONDE | 05.09.2017 à 11h11 • Mis à jour le 05.09.2017 à 17h29 | Par Isabelle Rey-Lefebvre

L’Ile-de-France veut en finir avec les marchands de sommeil qui prospèrent sur la nécessité, pour les travailleurs pauvres, les immigrés et les sans-papiers, de trouver un toit à n’importe quel prix. Mardi 5 septembre, Geoffroy Didier, vice-président de la région, chargé du logement, et président de l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (Epfif), soumet au conseil régional un plan d’action. Il prévoit, d’abord, de doter l’Epfif d’un budget de 20 millions d’euros pour aider les collectivités à préempter, en amont, les pavillons mis en vente. Un nouveau filon, pour ces propriétaires véreux, qui en rachètent dans les communes proches de Paris, les divisent, après des travaux sommaires, en cinq ou six studios ou deux pièces et y entassent autant de familles qui paieront chacune 600 euros par mois pour 15 malheureux mètres carrés à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) ou à Stains.

Selon un rapport de la Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement (Drihl), près de 5 % du parc privé régional, soit environ 180 000 logements, sont considérés comme indignes parce qu’insalubres ou humides, minuscules, sans fenêtre ni confort, et loués à des prix usuriers.
« Ces habitats indignes sont des lieux de non-droit et il est urgent de prévenir ce phénomène qui s’étend, en tache d’huile, à des quartiers entiers », insiste Geoffroy Didier.

Un premier test de ce dispositif sera mené dans trois communes de Seine-Saint-Denis : Montfermeil, Clichy-sous-Bois et Aulnay-sous-Bois. L’Institut d’aménagement d’urbanisme d’Ile-de-France estime que 2 000 « nouveaux logements » ont ainsi, entre 2001 et 2011, été créés chaque année à partir de 770 maisons. En Seine-Saint-Denis, cette « division pavillonnaire » touche une maison sur cent, mais déjà plus de 25 % de l’offre locative nouvelle de Neuilly-Plaisance, Gagny ou Epinay-sur-Seine et jusqu’à 38 % de celle de Montfermeil.
---/---
http://www.lemonde.fr/logement/article/2017/09/05/l-ile-de-france-s-attaque-aux-marchands-de-sommeil_5181177_1653445.html
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Ailleurs: le mal-logement s'étend aux zones pavillonnaires
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