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 Commé moration de la rafle de lété 1942

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Loïc



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MessageSujet: Commé moration de la rafle de lété 1942   Mar 16 Juil 2013, 01:05

Comme chaque année, la ville de Fontenay-sous-Bois commémore les victimles des persécution racistes et antisméites de l'Etat français.

A l'occasion de l'anniversiare de la grande rafle dite du Vélodrome d'Hiver la cérémonie se tiendra

Mercredi 17 juillet à 18h30 au Mémorial de la Liberté, place des Martyrs de la Résistance.



Parmi les personnes arrêtés à Paris et dans sa région les 16 et 17 juillet 1942 plus de 42 Fontenaysiens dont certains résidaient dans le quartier du Plateau.


Parmi eux :

- Lévy Goldbroit rue Anatole France,
- Le couple Piasek avenue de la Républque
- Wolf Slucki rue des Moulins,
- La famille Stein, père, mère et fils villa du Progrès,
- La famille Sticlaru, père, mère et fille rue des Carreaux,
- La famille Werksztel père, mère, fils et fille rue des Carreaux également.
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Loïc



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MessageSujet: Re: Commé moration de la rafle de lété 1942   Jeu 18 Juil 2013, 08:19

Voici l'allocution prononcée lors de la cérémonie de commémoration des victimes de la rafle du Vel' d'Hiv par le représentant de l'association des anciens déportés de Fontenay :



Nous sommes réunis comme chaque année pour rendre hommage aux victimes de la politique raciste et antisémite du gouvernement de Vichy qui à partir son installation en juin 1940 et durant plus de 4 années jusqu’à la libération mis en place une politique de stigmatisation, de mise à l’écart, d’exclusion, de fichage, d’enfermement des juifs de France participant ainsi volontairement, activement et en toute connaissance de cause au processus d’extermination engagé par les nazis.

Il y a 71 ans en effet, les 16 et 17 juillet 1942 au début de ces vacances scolaires, plus de 7000 policiers et gendarmes français arrêtent à Paris et en banlieue des milliers de juifs par familles entières. C’est le moyen pour les stratèges de la police de montrer l’efficacité de leur organisation et d’affirmer son autonomie par rapport aux troupes d’occupation. Calcul ignoble qui s’appuie sur un antisémitisme d’Etat forcené et une politique plus globale dite de « révolution nationale ». C’est pour les réactionnaires fascisants au pouvoir avec Pétain l’occasion de supprimer les valeurs qu’a enracinées la Grande Révolution de 1789 dans ce qui était devenu « la patrie des droits de l’Homme ». C’est dès le début un engrenage législatif, administratif et policier implacable. La Révolution qui en septembre 1791 avait accordé aux juifs les droits de « citoyens actifs » est balayée. Des dizaines de milliers de juifs et d’autres étrangers sont dénaturalisés. Les juifs d’Algérie perdent leur citoyenneté. C’est la porte ouverte à toutes les mesures qui suivent : recensement, port de l’étoile et pour finir arrestation.

Dans notre ville de Fontenay qui compte alors plus de 30 000 habitants les 16 et 17 août 1942, ce sont au moins 43 personnes qui sont arrêtées. Leurs noms figurent sur ce Mémorial de la Liberté. Lors de la cérémonie du 25 août prochain, d’autres, récemment retrouvés seront ajoutés. Comme l’histoire n’est pas faite que de dates et de chiffres mais avant tout d’hommes et de femmes, il convient pour leur rendre hommage de parler des ces Fontenaysiens qui furent arrêtés. On est bien loin de ceux qu’on appelait les israélites, intégrés et Français depuis des générations… Les victimes fontenaysiennes de cette rafle sont de petites gens. De simple immigrés venus de Roumanie, de Pologne, de Russie, de Hongrie et de toute l’Europe centrale et orientale. Des travailleurs qui vivent modestement en exerçant leurs talents dans différents métiers : il y a un chauffeur Joseph Beniaes, une marchande de rideaux Rachel Brzeski, un ébéniste Froïm Fouterman, des tailleurs Wolf Kolbin, Pinkus Piasek, Herch Rubinstein et Ghidali Sticlaru, une couturière Léa Rubinstein, des tapissiers comme Pinkus Schwalbe et Lyba Wajs, un brocanteur comme Lévy Sciaky, une ouvrière mécanicienne comme Suzanne Stark ou une manutentionnaire comme Claire Sticlaru.

Ces braves gens qui n’avaient fait de mal à personne, ne s’attendaient en rien à être arrêté et internés. Il y avait déjà eu des rafles mais jamais de cette ampleur. Ces deux jours représentent à eux seuls plus de 56 % de toutes les arrestations de juifs dans notre ville. 23 hommes et 20 femmes dont 3 enfants n’en sont pas revenus.

Et pourtant tous ne furent pas pris. Des familles échappèrent à l’arrestation soit par hasard, soit par chance parce qu’elles avaient changé d’adresse depuis leur recensement, soit avec l’aide de certains de leurs voisins. Car s’il y eu dans la population des délateurs auteurs de lettres de dénonciation souvent anonymes, il y eu des habitants solidaires. Dans les archives on trouve des traces d’enfants sinon cachés du moins recueillis, accueillis dans notre ville. Ainsi Monique Schulzinger qui avait 7 ans et dont le père Michel, juif polonais installé à Gennevilliers avait été arrêté et envoyé à Auschwitz trouva refuge chez Mme Bodin rue Mot. Elle fut même inscrite à l’école Jules Ferry et vécu un temps dans notre ville. Car pour nombre de personne cette rafle révoltait la conscience humaine. Quel crime en effet avaient-ils commis ? Des gens sont dont on ne peut même pas dire qu’ils voulaient « une place au soleil » tant leurs vies étaient difficiles, même dans les années 1930. Ils voulaient juste le meilleur pour leurs enfants. Une place sur les bancs de l’école de la République.

Des dizaines et des dizaines de ces familles avaient fait le choix de quitter leur pays pour venir en France. Des travailleurs comme les Elek qui s’installèrent en 1930 pour quelques années dans un immeuble de la rue Dalayrac… C’est dans notre ville, à l’école Jules Ferry que Thomas le fils aîné appris la langue de Victor Hugo que son père avait connue dans les livres. Le jeune Thomas Elek qui devient au moment de la rafle du Vel’ d’Hiv un des héros du groupe Manouchian, ces francs tireurs et partisans étrangers qui firent de Paris le premier maquis de France. Ce garçon qui fit son école primaire à Fontenay est une des figures de l’affiche rouge, fusillé avec ses camarades le 21 février 1944 au Mont Valérien. Alors que la propagande de Vichy se déchaîne dans une délirante furie raciste, antisémite et anticommuniste, il écrit à ses parents quelques heures avant son exécution : « Je meurs en espérant que mes camarades auront une autre vie. Et qu’ils savent que nous avons pris une petite part à la libération de la France ».

Il faut le rappeler. La ville rendra en novembre prochain un hommage à cette famille, comme un peu un hommage à tous ces immigrés qui ont fait la France à cette époque… Hommage aussi à ceux qui se sont levés pour combattre le nazisme et Vichy à l’exemple Marcelle et Maurice Minkowski… qui à 15 et 16 ans s’engagèrent dans la lutte au péril de vie pour combattre l’inacceptable et construire un monde meilleur, libéré du fascisme, de l’antisémitisme, du racisme et de la peur de l’autre. Qu’ils en soient une fois de plus remerciés. Leur exemple est une page d’histoire et un cri d’espoir qui reprend les paroles de la chanson que nous avons entendu tout à l’heure l’hymne des partisans juifs :

« Ne dis jamais que c’est ton denier chemin

Malgré les cieux de plomb qui cachent le bleu du jour

Car sonnera pour nous l’heure tant attendue

Nos pas feront retentir ce cri : nous sommes là !

Ce chant n’a pas été écrit avec un crayon mais avec du sang

Ce n’est pas le chant d’un oiseau en liberté :

Un peuple entouré de murs qui s’écroulent 

l’a chanté, un pistolet à la main ! ».

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Loïc



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MessageSujet: Re: Commé moration de la rafle de lété 1942   Ven 19 Juil 2013, 23:00

L'intervention du premier adjoint au maire, Pascal Clerget lors de cette cérémonie :




En juillet 1942, les Nazis décident l’organisation de rafles de juifs dans toute l’Europe occupée. Cette opération qui fait suite à la Conférence de Wannsee en janvier 1942 où a été décidée et planifiée par les SS la « solution finale » prend le nom de « Vent printanier ». C’est avec zèle que les autorités françaises, Laval, Bousquet et Darquier de Pellepoix décident d’organiser les 16 et 17 juillet une rafle massive des juifs de Paris et de la Région parisienne. Devançant les demandes de l’Occupant, 7000 policiers et gendarmes raflent en 48h 13152 juifs dont 4 115 enfants. Les hommes sont emmenés à Drancy. Femmes, enfants et vieillards sont enfermés au Vélodrome d’Hiver où commence leur calvaire.

Les enfants, séparés de leur mère, échouent, abandonnés à Pithivier d’où ils seront déportés pour les camps de la mort. Aucun ne reviendra. Le 16 juillet 1995, le Président Jacques Chirac reconnaissait la responsabilité de la France.

Voilà tout est dit ! Mais la simple évocation des 4115 enfants abandonnés à Pithivier, pleurant, appelant leur mère puis conduits à une mort atroce, ne peut que susciter une immense émotion.

Comment a-t-on pu en arriver à une telle barbarie ? A une telle inhumanité ?

En reconnaissant la responsabilité de la France, Jacques Chirac a, peut-être involontairement, reposé cette question. Des fonctionnaires, des policiers, des concierges… ont fait fi de toute empathie pour se faire complices d’une des plus abominables pages de notre histoire nationale.

Et l’attitude courageuse de ceux qu’on appellera plus tard « les justes », ceux qui apportèrent aux enfants de pithiviers, à travers les barbelés du camps, de la nourriture, des friandises, des jouets ou simplement du réconfort, ne peut effacer cette tache sur notre conscience nationale !!

Longtemps, pour se défendre, la France, par la voix de ses plus hautes autorités, a mis en avant deux arguments :

- à côté de la France de Vichy, antisémite et collaborationniste, il y avait une autre France ? la France Libre, celle de Londres, celle de la résistance et des combattants de la Liberté qui comptait dans ses rangs de nombreux juifs. C’est d’ailleurs dans cette résistance juive que fut fondée il y a 70 ans exactement l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide et l’organisation qui donnera plus tard le CRIF !

- et puis surtout, argument ultime, tous ces fonctionnaires français, tous ces policiers et gendarmes, tous ces GMR qui raflèrent à travers la France des milliers de juifs ignoraient leur destination finale.

J’ai été amené, avec mes élèves, à travailler sur le site internet du Mémorial du Camps des Milles près d’Aix en Provence. On y trouve un étrange document : il s’agit d’un rapport du Commandant de la brigade de gendarmerie gardant le camp. Daté du 16 août 1942 (Marseille a connu sa grande rafle comme Paris), il y fait état de suicides et de tentatives de suicide d’internés à l’annonce de leur prochaine déportation.

Et là, je cite « d’après les vagues renseignements recueillis il résulte que les étrangers étaient fixés sur le sort qui leur était réservé à leur arrivée à destination [probablement la Pologne] c’est à dire exécution massive ». On ne peut être plus claire : pour la destination « Pologne » et pour destin « l’exécution massive ». Alors comment l’adjudant Philippe, probablement un brave type, père de famille, pouvait-il être à ce point dénué de toute humanité puisqu’il savait ?

Et bien je crois que, au cœur de cette effroyable histoire, est posée la responsabilité de la France et surtout de ses responsables politiques de l’époque. Cet dans les faits, tous ces agents, tous ces fonctionnaires mais même l’opinion publique avaient été préparés depuis longtemps et même bien avant la défaite de mai juin 1940 à accepter l’inacceptable c’est à dire la stigmatisation et les persécutions à caractère racistes.

Il faut remonter à Edouard Daladier, président du Conseil en 1938, élu par une assemblée nationale issue des élections d’avril mai 1936, celle du Front Populaire. Le 12 novembre 1938, Edouard Daladier signe un décret prévoyant l’internement et je cite des « étrangers indésirables ». A l’époque, ce sont les premiers réfugiés républicains espagnols fuyant le Pays Basque qui sont visés. Ce décret est renforcé le 18 novembre 1939 par un autre permettant l’internement et je cite encore « de tout individu, Français ou étranger, considéré comme dangereux pour la défense nationale ou la sécurité ». Qui sont ces indésirables que la police française apprend à traquer, parquer, enfermer, humilier ?

D’abord les centaines de milliers d’Espagnols fuyant Franco et qui croient trouver en France un abri sur. Mais rapidement ce seront les milliers de juifs allemands réfugiés eux aussi en France, patrie des Droits de l’Homme, après 1933 et l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Ils seront rejoints à l’automne 1939 par les « nomades » gitans, manouches forains et autres Tsiganes. Dans le contexte troublé de la montée des périls puis du début de la guerre, grandit dans la conscience des Français l’idée d’une menace venue de l’intérieur constituée de tous ces indésirables. La débâcle de mai – juin 1940 puis les décrets antisémites de l’automne 1940 pris par Vichy achèveront de faire murir cette consciente raciste et xénophobe. Et en 1942 l’adjudant Philippe, le commandant de la brigade de gendarmerie n’obéissait pas qu’aux ordres mais aussi à une conscience dénaturée par ce long cheminement, marquée par l’idée qu’il existait des « individus indésirables ». Il serait faux de faire d’Edouard Daladier un raciste ou un antisémite. Radical socialiste républicain, humaniste, il a malgré tout dans un contexte trouble marqué par la crise économique et sociale, et la montée des périls, commis, par son action politique, une faute lourde.

Alors je crois que se souvenir aujourd’hui des 13 152 juifs raflés les 16 et 17 juillet, se souvenir des enfants de Pithiviers, honorer leur mémoire est un acte essentiel mais qui reste insuffisant.

Nous vivons également des temps troublés marqués par la crise économique, la pauvreté, la violence des rapports sociaux, le pessimisme et la peur de l’avenir. En Europe, l’Extrême Droite relève la tête et est parfois aux portes du Pouvoir. C’est le cas en Hongrie ou en Grèce où l’Aube Doré parti ouvertement nazi est devenu à la faveur de la crise terrible que connaît ce pays, la 3e force politique. En France même, l’Extrême Droite engrange des victoires électorales et idéologiques. Alors nous devons exiger de nos plus hautes autorités, des hommes politiques les plus en vue et quelle que soit la difficulté des situations, qu’à aucun moment ils ne désignent dans leurs discours et dans leurs actes une population comme « indésirable » fusse-t-elle pauvre, très pauvre et si différente de nous… autant que l’étaient les habitants juifs de la rue des rosiers et du marais et dont la langue habituelle étaient le Yiddish. Ce « eux et nous », c’est d’abord l’humanité et c’est en cela que nous devons croire !


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