Forum d'échanges et de débats concernant les quartiers de Fontenay-sous-Bois (94120), la ville dans son ensemble, son environnement et sa gestion, ou des sujets d'intérêt général.


 
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 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier

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MessageSujet: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 30 Avr 2014, 01:36

Le comment du pourquoi : 1965

Chacun sait que Louis Bayeurte arriva à la mairie de Fontenay sous Bois en 1965.

Le texte suivant nous rappelle comment

L’année 1965 est une charnière importante qui marque l’approbation du schéma directeur de la région parisienne au moment où le modèle du “ grand ensemble ” amorce sa remise en question. C’est aussi une année d’élections municipales où de nombreuses communes ayant accueilli de grandes opérations d’urbanisme lancées à la fin des années 50 changent de bord politique (Sarcelles en Seine-Saint-Denis entre autres). Le débat se porte pour la première fois sur les enjeux urbanistiques, à l’instar de la fameuse élection d’Hubert Dubedout à Grenoble, qui mettra en débat la politique urbaine et l’opération de la Villeneuve . C’est un moment, ou, si le débat sur l’urbanisme n’atteint pas encore le degré d’intensité qu’il atteindra dans les années 70, les communes commencent à s’approprier des politiques urbaines d’origine étatique, disons à les traduire en leur langage propre.

Les basculements politiques du moment peuvent donc être analysés comme autant de moments possibles d’une prise de position des municipalités nouvelles face aux grandes politiques urbaines amorcées sous la quatrième République. Le changement  politique de Créteil et de Fontenay-sous-Bois dans le tout neuf département du Val-de-Marne, sont intéressants à comparer, dans la mesure où chacune de ces communes a été choisie pour accueillir une vaste Zup en 1958-60 .

Le territoire de la Plaine, moitié Est de la commune de Fontenay-sous-Bois vouée jusqu’ici à des cultures maraîchères, accueillera 7.000 logements sur 170 hectares. Pour Créteil, c’est les 555 hectares de la moitié Est et Sud-est de la commune (terrains maraîchers et sablières) qui devront recevoir 12.500 logements pour la “ première étape ” de réalisation de la Zup, selon le programme qui sera bientôt établi. Si la commune de Fontenay-sous-Bois est gagnée par le parti communiste (Union démocratique menée par Louis Bayeurte), celle de Créteil passe à droite avec Pierre Billotte, sous l’étiquette UDR, mais surtout militaire et ancien ministre et proche de Charles de Gaulle depuis leur engagement commun dans la Résistance et la Libération.

Ces deux évolutions divergentes se traduisent dans la presse municipale: celle-ci se saisit des deux grandes opérations de construction amorcées depuis quelques années. Pierre Billotte y revendique pour la Zup engagée quelques années auparavant une modification radicale des principe d’urbanisation : “ L’œuvre à accomplir est immense.

A côté du vieux Créteil et du grand ensemble du Mont-Mesly va naître dans la zone à urbaniser par priorité une ville nouvelle que nous voulons belle et où il fera bon vivre ” . Le “ général maire ” fera de cette orientation son principal thème politique : la rupture avec la logique de production du grand ensemble restera un objectif de majeur, quitte à en retarder la mise en œuvre durant quelques années de opérations nouvelles.

De même, dans son premier éditorial, le jeune maire de Fontenay Louis Bayeurte questionne “ Où en est le grand ensemble ? ”. Mais les options politiques des deux municipalités sont assez différentes, puisqu’ici on souligne l’importance à accorder au logement dans la réalisation du nouvel ensemble.  Les élus fontenaysiens appellent de leurs vœux l’accélération d’une mise en œuvre retardée par la lourdeur du processus d’expropriation : “ chacun est intéressé par un projet qui doterait notre ville d’un ensemble d’habitations moderne et d’importance, puisque logiquement il doublerait le nombre de nos habitations en quelques années ” .

La nouvelle équipe dénonce alors l’inefficacité et la pratique du secret qui caractérise la technocratie gaulliste : la Zup de Fontenay fait partie des premières lancées sous ce régime opérationnel en région parisienne. Elle a pour ainsi constitué un modèle sous le responsabilité des architectes Marcel Lods et Henri Beauclair si l’on en croit les colonnes de la revue Urbanisme  : malgré ce déploiement de moyens, les tous premiers logements de cet ambitieux programme viennent seulement d’être livrés en 1965, dans la quartier de la Redoute.

A quelques kilomètres de là, le grand notable politique qu’est Billotte ne peut s’exprimer en ces termes “ la Vème République n’a pu encore les rattraper (les retards accumulés sous la IIIème et IVème République) même si le dispositions administratives et juridiquement été prises et vont bientôt porter leurs fruits”. Il choisit comme cible de ses critiques la rigidité structurelle d’une administration, qu’il entreprendra de contourner par la recherche de soutiens bancaires privés .

La rupture qui est alors souhaitée est d’autant plus nette que la commune de Créteil a déjà fait l’expérience du “ grand ensemble ” avec le vaste programme immobilier du Mont-Mesly, véritable Sarcelles cristolien avec SCIC et architecte en chef, pratiquement terminé en 1965. La “ ville nouvelle de Créteil ” dont il fera avec son équipe la grande œuvre de ses deux mandats locaux (1965-71 et 71-77) est une réponse à un processus déjà engagé. En ce sens, Créteil développe à son échelle et selon ses enjeux propres le mouvement qui sera celui des “ villes nouvelles ” en France, et puise dans un lexique qui est alors ouvert. A Fontenay-sous-Bois, alors que le bulletin municipal de mars 1962 déclarait, dans un des rares articles consacrés à l’urbanisation de cette vaste zone : “ La construction d’une ville nouvelle n’est pas une affaire qui se réalise par un simple coup de baguette magique... or c’est la tâche qui incombe à vos élus... ils s’y emploient malgré les apparences ” , c’est encore le toponyme La Plaine qui désigne le territoire de cet espace en devenir. Le terme de “ grand ensemble ” n’arrive qu’en 1965, dans la mesure où sa réalisation reste la question en suspens pour cette commune. Cette opération, qui sera poursuivie jusqu’aux années 1980 avec d’importantes redéfinitions, vient de livrer ses premiers logements. Le projet d’aménagement de “ la Plaine ” peut donc devenir à ce moment le “ grand ensemble ” .

D’autres sources que la presse municipale pourraient être sollicitées, pour montrer comment ces deux communes, qui chacune engagent alors un cycle long de gestion urbaine, épousent et interprètent simultanément  les mots d’ordre ministériels. Des choix très clairs sont alors opérés de part et d’autre dans le marché lexical ouvert. Mais dans chacun de ces cas, les usages postérieurs, montrent aussi la capacité des acteurs locaux à se repositionner par rapport à une offre terminologique qui va continuer à évoluer.

L’approfondissement des choix lexicaux à travers les années 70

A Fontenay, le terme Zup s’impose avec une force qui attire l’attention dans les discours locaux, d’autant plus que ce phénomène s’opère contre-temps des politiques d’Etat… Alors que l’Etat disqualifie la politique des “ grands ensembles ”, durant les années 70 la “ Zup ” devient en effet le thème privilégié de la presse municipale de Fontenay-sous-Bois. Elle est également le thème et le terme dominant de l’“ exposition d’urbanisme ” organisée en juin 1970 pour rendre compte de la gestion municipale . En 1977, c’est toujours dans la “ Zup ” de Fontenay-sous-Bois que sont orientés les clients potentiels de l’hypermarché Auchan qui ouvre ses portes en 1974, et vient d’être transformé en véritable centre commercial .

L’explication de ce fait, qui manifeste bien l’attachement des municipalités communistes aux fondamentaux de la politique des grands ensembles, tient aussi aux péripéties que connaît l’opération durant les années 70. C’est le sort de nombreux grands ensembles que d’avoir été achevés dans les années 70, mais ici la poursuite de l’opération est devenue affaire municipale, les élus faisant de réélection en réélection de l’achèvement de l’opération u enjeu majeur de politique locale. Le choix pour le logement populaire et le combat pour la réalisation de la Zup (déviation de l’autoroute, couverture de la ligne A du RER et obtention de la gare de Val-de-Fontenay) ont marqué la mémoire locale.

Si les premiers programmes d’habitation réalisés font évidemment penser à un urbanisme de grand ensemble , on trouve cependant dans cette réalisation importante une part de l’innovation urbanistique des années 70, ainsi qu’une importante zone d’activités, de bureaux et de commerces. En plaidant pour la poursuite de l’opération sous le régime de la Zup, la commune a souhaité renvoyer l’Etat pompidolien puis giscardien à ses engagements de départ, quitte à modifier en profondeur le programme d’origine.

On trouve donc dans le développement de ce “ grand ensemble ” les paramètres qui ont poussé certaines communes de banlieue des opérations de rénovation urbaine qu’elles n’avaient pourtant pas initiées, mais à l’encontre du désengagement de l’Etat au début des années 70. Un Etat qui vient de mettre en place les “ villes nouvelles ”… qui dans le cas qui nous occupe n’est pas une réalité lointaine, mais aussi un voisinage difficile puisque la politique de développement de Marne-la-Vallée pèse lourdement sur le développent de la “ Zup ”, par exemple pour l’obtention de droits d’implantation de surfaces commerciales et de bureaux. On comprend donc la traduction lexicale de cet attachement revendiqué à une procédure lourde et à ce moment désuète, qui garantit un statut à l’opération et les droits de la commune avant que celle-ci n’obtienne l’autorisation de programmer et commercialiser les bureaux et surfaces commerciales tant attendus.

L’autre cas que nous présentons ici connaît lui aussi ses vicissitudes. Si dans une premier temps, la grande opération urbaine de Créteil sera connue comme “ ville nouvelle ”, par exemple dans la presse généraliste et locale, le lancement de la politique “ des villes nouvelles ” par le district et la région de Paris par Paul Delouvrier sous ce nom là à la fin des années 60 modifie les choses pour les urbanistes de cette opération .

Ainsi, les aménageurs de cette vaste opération devront promouvoir d’autres expressions que celle de “ ville nouvelle ” pour bien différencier cette opérations de celles engagées sous l’égide directe du District. Créteil, pas inscrite dans la liste des “ villes nouvelles ”, se présentera donc pendant quelques années comme “ nouvelle ville ”  ! La discussion sur le nombre et la localisation des villes nouvelles de la région parisienne, indicatrice de l’enjeu qui se constitue, pousse les responsables cristoliens à adapter leur lexique à la politique régionale en vigueur. Enfin, la différence qui s’établit de plus en plus en clairement, à partir des dispositions somme toute assez peu précises du texte de 1965, entre “ ville nouvelle ” et “ centre restructurateur de la banlieue ”  (ce qu’est finalement Créteil), distinction qui se traduit par l’abandon de la notion ambivalente de “ centre urbain nouveau ”, pousse les décideurs cristoliens vers de nouvelles recherches .

Mais à partir de 1969, c’est l’affirmation de l’expression “ Nouveau Créteil ” qui permettra de concilier les différents enjeux de désignation : sans empiéter sur ce qui est évoqué localement comme le “ privilège ” des villes nouvelles “ officielles ”, l’opération peut ainsi bénéficier des retombées en matière d’image commerciale .

Mais aussi se démarquer des villes nouvelles, en construisant ainsi une doctrine sui generis de la fabrication urbaine, dont les meilleurs morceaux littéraires se trouvent sous la plume de l’architecte en chef Pierre Dufau et au fil des interviews du maire : “ Or, quel peut être le degré de rayonnement d’une ville sans passé, dont pas un nom de rue ou de quartier ne viendrait rappeler au nouvel habitant qu’il y eut une histoire. C’est un peu à ce titre que Créteil n’est pas officiellement une “ ville nouvelle ”, à l’encontre des projets d’Evry ou de Cergy inscrits au schéma directeur de la région parisienne. Ce ne sera pas non plus un grand ensemble venu s’ajouter à celui du Mont-Mesly, où s’alignent des tours et de blocs de béton ” .

La doctrine est donc claire : ni “ grand ensemble ”, ni “ ville nouvelle ”. Le “ Nouveau Créteil ”, ensemble de quartiers construits de 1969 jusqu’à aujourd’hui, possède pourtant bien des traits urbanistiques, géographiques ou sociaux de ces types. En outre, cette opération (la “ première tranche ”) demeure légalement et jusqu’à son achèvement une Zup. Mais pour ses gestionnaires, il ne peut s’agir de revenir au système lexical originel : les urbanistes de cette opération mettront, sous la houlette puis à la suite de Pierre Billotte, toute leur énergie à contredire la logique de production unitaire et massive qui avait prévalu dans le “ grand ensemble ” du Mont-Mesly.

Il est d’autant plus important de démarquer cette production immobilière que l’équipe municipale et la société d’aménagement à partir de 1969 souhaitent vigoureusement attirer les investisseurs privés et produire massivement des logements en accession à la propriété (ce sera le cas dans les quartiers de la Lévrière, de la Préfecture, du Montaigut, du Palais, de La Brèche…).

L’expression “ ville nouvelle ” choisie  pour désigner une nouvelle politique publique marque certainement une tentative de ressaisissement sémantique, sinon de ressourcement, de politiques urbaines publiques à la charnière des années 60-70. Si le flou caractérisait le système lexical antérieur (les grands ensembles pouvaient être éventuellement des villes nouvelles, des Zup, des cités satellites ou bien d’autres choses encore…), c’est moins le cas par la suite. L’intrusion de la nouvelle expression explique à la fois la régression fontenaysienne vers le lexique d’origine du “ grand ensemble ”, comme ce fut le cas dans d’autres communes de gauche des années 70, mais aussi l’échappée cristolienne vers des horizons lexicaux plus originaux. Elle conduit finalement dans ces deux situations les acteurs municipaux à prendre position dans un champ partiellement restructuré.

L’inquiétude de certains responsables des “ villes nouvelles ” (sont-elles vraiment différentes des “ grands ensembles ”) remonte donc aux origines de cette politique : nous pourrions conclure qu’il n’a pas succession des deux formules opérationnelles, mais coexistence et définition réciproque des deux, par un jeu de miroirs qu’il conviendrait de détailler davantage.

Mais cette enquête en deux volets, qui entendait d’abord relativiser les usages lexicaux, montre aussi leurs enjeux. Les usages locaux ne reproduisent ni ne contournent systématiquement la terminologie des grande politiques d’Etat : ils les utilisent et les interprètent. La terminologie fournie par les services de l’Etat n’est dont ni totalement hégémonique, ni totalement illégitime par rapport à des usages locaux supposés authentiques : elles alimentent une offre, à partir de laquelle les collectivités et les acteurs locaux  prennent leurs positions langagières.


Comme chacun le sait aussi Louis Bayeurte restera maire jusqu’en 2000 avant de laisser sa place à Jean François Voguet pour cause de maladie qui finira par l’emporter en décembre 2002.

Une déplacement sur la tombe de Louis Bayeurte ayant été source d’une polémique récente sur ce forum, je me suis dit que je pouvais saisir cette occasion pour dresser une forme de mini rétrospective des écrits et discours qui se sont référés à cet homme au curieux destin puisque plus jeune maire élu de France en 1965, et Maire fauché par la maladie plutôt jeune aussi.

Ce premier inset couvre, en remontant le temps la période 2012 (10 ans après sa mort) à 1995, période jusqu'à laquelle Google fournit la plus large documentation rapidement accessible.


Discours de François Voguet du 15 décembre 2012

Je crois ne pas trahir la pensée de chacun de vous, en disant que — en cette triste date anniversaire depuis hier, le 14 décembre — nos premières pensées vont naturellement à Louis, et à sa famille …
Nous adressons notre amitié chaleureuse et nos sentiments solidaires à sa femme Annick, à ses enfants et ses petits-enfants… Solidaire dans le chagrin sur lequel Louis nous a quittés … Solidaire dans la volonté que nous avons eu de poursuivre son œuvre. Parce que c’est réellement d’une œuvre dont on peut parler à propos de ce que Louis Bayeurte a réalisé pour Fontenay, et l’ensemble des Fontenaysiennes et des Fontenaysiens de tous âges.

Et pour nous-mêmes aussi, qui avons travaillé avec lui, qui avons agi avec lui, qui avons pendant des années cheminé avec lui sur cette voie difficile mais enthousiasmante qu’il avait choisit …

Louis Bayeurte a été Maire de Fontenay-sous-Bois de 1965 à 2001… 36 années de mandat … quatre décennies … où il aura non seulement laissé son empreinte dans la ville, à travers une multitude de réalisations, d’équipements de toute nature, d’écoles… mais où il aura aussi profondément marqué l’esprit-même de ses concitoyens, très au-delà des clivages politiques traditionnels.

Il n’a jamais « mis son drapeau dans la poche », comme il disait.

Il était animé d’un idéal de justice et d'humanité, il agissait au nom des valeurs qu’il portait, et avait le sens aigu de l’intérêt général qu’il a su faire partager… Ce fut le parcours extraordinaire d’un jeune ouvrier photograveur, simple militant communiste, qui a triomphé de la réalité sociologique de sa ville, et en est devenu un Maire d’envergure.

Eh bien, cette trajectoire-là me semble être une source d’inspiration toujours vivante pour nous tous. Je pense évidemment à toutes celles et ceux qui, comme moi, partageaient son idéal et ont milité avec lui, mais aussi toutes celles et ceux qui ont travaillé avec lui, d’une façon ou d’une autre …

Je pense également à tous ceux qui, bien que ne partageant pas ses convictions profondes, soutenaient sa vision de la ville et des rapports humains.

Bien sûr, depuis 10 ans, le monde a changé, la France a changé, Fontenay a changé … La crise s'est aggravée … la pauvreté et la précarité se sont développées. La vie est plus difficile pour de nombreuses familles, un jeune sur quatre est au chômage … les riches sont toujours plus riches …

Mais dans le même moment, le monde est devenu un village, les communications ont rapproché les hommes, les sciences et les techniques ont connu des développements extraordinaires, des dictatures ont été renversées … jamais la possibilité d'un autre monde n'a été aussi vraie… jamais peut-être, les aspirations n'ont été aussi exacerbées au changement tout comme, contradictoirement, les résistances à celui-ci. Même si tout bouge, il y a des choses qui ne changent pas : ce sont nos idées, notre idéal, et les valeurs que nous défendons et que nous partagions avec lui.

Louis était évidemment un être exceptionnel, mais aussi un homme comme les autres, drôle, intelligent, joyeux, heureux de vivre, parfois coléreux… et aussi, de temps en temps, lassé …

Sa fin de vie fut douloureuse mais toute sa vie fut généreuse … Il était pétri d'amour pour la musique et l'opéra, pour la littérature, pour la culture …

Il était exactement le contraire d'un dogmatique rempli de certitudes. Son intelligence, toujours curieuse de tout, s'abreuvait à toutes les sources, sans avoir peur de l'ouverture aux autres, sans ressentir l'effroi du doute … C'est à l'inverse, au doute auquel il faisait appel pour le faire avancer toujours plus loin, en le préservant de la stérile certitude … "Doute de tout" disait Marx …

Alors que nous sommes réunis autour de Louis dix ans après, le sentiment que j'ai, que je voudrais lui dire et vous dire, c'est que nous avons eu de la chance de le connaître, de le rencontrer …

Et ce fut un honneur pour moi de lui succéder et de poursuivre dans les conditions difficiles d'aujourd'hui, son travail pour Fontenay et les Fontenaysiens. Ce qu'il m'a appris, et que nous avons eu de cesse de développer depuis qu'il n'est plus là : -c'est l'idée que l'on n'a pas raison tout seul -que le dogme, les certitudes, les idées toutes faites ne sont pas raison … -que l'écoute, le dialogue, la confrontation des idées … bref, le débat démocratique est la réponse pour construire ensemble les prémices d'une vie qui soit meilleure et plus juste pour chacun … -que l'union, qui est un combat, doit être préservée comme la prunelle de nos yeux … -que le respect de l'autre et la tolérance sont les réponses au totalitarisme et à la désespérance… -que le repli sur soi et le mépris de l'autre, sont les pires des pratiques … -que l'avenir repose sur une démocratie profondément refondée, libérée de tout dogme qui saura faire jaillir la riche dialectique du "je" et du "nous" de l'individu et du collectif.

Ainsi, ce que Louis nous laisse, c'est un héritage d’espoir et de volonté, de bonheur pour tous … que nous poursuivons. Nous continuerons à nous faire les passeurs de ces valeurs-là. Je pense aussi, et peut-être surtout, aux jeunes générations, celles qui feront le futur de notre ville…

Cette vie de Louis, toute empreinte de sa foi dans le bonheur, de sa confiance dans le génie du genre humain, et de son sentiment de solidarité humaine envers tous, doit et devra faire écho en eux… Aujourd'hui, plus que jamais, rien n'est écrit, tout est possible, tout est permis.

L'avenir sera ce que nous en ferons. Cher Louis, 10 ans après ta disparition, nous pensons toujours à toi… Nous t'aimons


lundi 17 décembre 2012 Texte de Gildas Lecoq
Louis, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Il y a 10 ans Louis Bayeurte, Maire de Fontenay-sous-Bois de 1965 à 2001 et conseiller général du Val-de-Marne de 1967 à 1998 nous quittait. A l’occasion de cet anniversaire, des cérémonies en hommage à cet homme, qui a marqué notre ville, ont eu lieu ici et là.

Si je combats le courant politique qu’il défendait, je crois pouvoir dire, comme beaucoup de Fontenaysiens, combien l’homme, que je n’ai connu que sur la fin de son mandat, a été un homme politique marquant pour notre ville.

Je l’avoue sans détour le communisme n’est pas ma tasse de thé, j’ai eu la chance de voyager dans les pays de l’est, au moment de la chute du mur de Berlin, pour mesurer le danger d’une idéologie poussée à l’extrême. Pourtant Louis Bayeurte, qui défendait ces valeurs, était un communiste intelligent et surtout ouvert sur la ville, ce que ses héritiers, ou ceux qui s’en réclament, n’ont pas su perpétuer ou reproduire.

Je me souviens d’une foule nombreuse massée sur le parvis de la mairie devant un portrait en noir et blanc en ce matin de décembre 2002. Si Louis Bayeurte n’était pas aimé de tous, nombreux, y compris dans son opposition, respectaient l’homme. Oui, il y avait du respect, car il y avait chez lui une qualité d’écoute que d’autres, en place désormais, n'ont plus aujourd’hui.

Louis Bayeurte saluait les gens en les regardant dans les yeux, les écoutait, était ouvert aux suggestions dans la mesure où elles n’allaient pas à l’encontre de ses idées ou de ses décisions évidemment. L’homme était chaleureux, abordable et simple, il a laissé, auprès de ceux qui m’en parlent et qui l’ont côtoyé d'assez près, le souvenir d’un maire rigoureux : « Ce qui était décidé était mis en application, ce qui était accepté n'était pas remis en question le lendemain. Il répondait aux questions posées, négativement ou positivement, mais au moins il répondait lui … ». « C'était un loup politique mais un maire disponible et un défenseur de sa ville ».

Louis, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Aujourd’hui, nombreuses, sont encore les personnes, de gauche comme de droite, qui parlent de Monsieur Louis Bayeurte avec la nostalgie d’un temps, où nos élus locaux considéraient encore les habitants de Fontenay. Car c’est bien cela le principal reproche que l’on peut et que l’on doit faire, aujourd'hui, à cette équipe municipale installée depuis trop longtemps au pouvoir !

L’équipe actuelle a su rendre, aujourd’hui, exceptionnel ce qui était, à l’époque, tout à fait normal.

Aujourd’hui quand la mairie vous prête une salle, c’est exceptionnel ! Aujourd’hui quand la mairie vous prête une tente, c’est encore exceptionnel ! Aujourd’hui quand la mairie vous verse une subvention c’est toujours exceptionnel ! Aujourd’hui quand la mairie vous répond c’est encore et toujours exceptionnel !
Sclérosée par la lourdeur administrative, notre mairie veut nous montrer combien elle est exceptionnelle, quand elle répond présent ou favorablement.

On peut avoir des différents politiques, c’est la richesse et la chance d’une démocratie, en revanche, un trottoir ou des lampadaires, des logements sociaux ou des équipements publics, ne sont ni de gauche ni de droite, ils sont propres et fonctionnent. Cela ne doit pas être exceptionnel, comme veulent nous le faire croire nos élus de la majorité, c’est juste dans d’autres villes, de gauche ou de droite, tout à fait normal !


Au décès de Louis Abadi le 21 avril 2006 – Puy Poussy

A Fontenay ou il est élu au conseil municipal en 1970, assurant deux mandats. Auprès du Conseil Général ou à la demande de Michel Germa son Président, il devient l’avocat du CG. Vous me permettrez de citer Louis Bayeurte. Dans son livre » mémoires rebelles » voici comment il parle  de Louis » tout au long des batailles menées à Fontenay avec leurs aspects procéduriers multiples nous avons eu la chance d’avoir à nos cotés un avocat de talent Louis Labadie conseiller municipal et engagé sur le terrain des idées progressistes. Il s’est toujours manifesté par son désintéressement dès lors qu’il s’agissait de défendre des militants victimes de la répression. Pas étonnant qu’on le vit dans les tribunaux en première ligne lors de la guerre d’Algérie au service des patriotes Algériens, et des partisans de la paix. Je l’estime énormément et je m’honore de compter parmi ses amis ».

Dernier hommage à Louis Bayeurte Publié le 23.12.2002 dans le parisien

Par petits groupes, à pied, ils ont convergé vers la mairie de Fontenay-sous-Bois samedi matin. Très vite, le parvis de l'hôtel de ville est noir de monde pour l'hommage solennel à Louis Bayeurte, maire emblématique de la commune de 1965 à 2000, mort à 67 ans d'une longue maladie.

Ils sont plusieurs centaines, jeunes, vieux, étrangers, rassemblés devant un portrait immense de l'élu communiste, et un ruban noir qui ornent le bâtiment sur toute sa hauteur. Parmi les couronnes mortuaires, on peut lire les noms des villes de Vincennes, Bonneuil, Montreuil, Bobigny (Seine-Saint-Denis), mais aussi la RATP. «Le Val-de-Marne est en deuil », témoigne dans son discours le président PCF du conseil général, Christian Favier, qui parle d'un des « pionniers du département » avec Michel Germa, Gaston Viens et Roland Nungesser.

Il rappelle les « 31 années qu'il passa inlassablement au service des Val-de-Marnais ». Il décrit Louis Bayeurte en élu « aimé et respecté par tous, qui a transformé Fontenay en ville attractive et dynamique », son action au conseil général, dont il a été vice-président pour l'enseignement, la culture la jeunesse et le sport, mais aussi en matière de sécurité publique, dont il était devenu une « autorité nationale ».

« Simplement merci »

Jean-François Voguet, son adjoint qui lui a succédé en 2000 quand il a pris du recul pour combattre la maladie, témoigne de sa simplicité, de sa passion du vélo, de la cuisine, et de Mozart « qu'il adorait ». Le maire rappelle le « combat » de Louis Bayeurte contre la tranchée ouverte du RER, les deux autoroutes qui risquaient « d'éventrer la ville » et sa mobilisation pour empêcher un désastre avec la ZUP.

La cérémonie finie, une pluie fine commence à tomber. Un militant tente de lancer une Internationale, un peu pathétique : « Debout ! Les damnés de la terre !... » commence-t-il avant de s'arrêter net. Personne d'autre n'a repris l'hymne. Les Fontenaysiens s'empressent sous les tentes qui abritent une dizaine de carnets de condoléances. « Simplement merci », écrit un retraité. «Merci Louis pour tout ce que tu as fait pour la ville », témoigne un autre.


Pupille de la Nation (son père est mort à Mauthausen), ouvrier photograveur de profession, militant communiste, il fut maire de Fontenay-sous-Bois dès 1965 (il était alors, à vingt-neuf ans, le plus jeune maire de France) à 2001, conseiller général du Val-de-Marne de 1967 à 1998, et vice-président du Conseil général de 1985 à 1998.

Continuons à Remonter un peu le temps

Association du Plateau  Fontenay-sous-Bois Réf :LV2906   le 26 septembre 1999
Lettre à Monsieur Louis BAYEURTE

Nous attirons respectueusement votre attention sur la dégradation de l’Ecole Michelet tant dans l’aspect de ses façades et clôtures que dans l’aménagement de ses espaces intérieurs.

Cette belle construction qui fut en son temps citée en exemple pour la hardiesse de ses lignes, sa clarté et ses immenses préaux n’a pas été entretenue convenablement depuis les années 70.

Le souci fort louable, pendant plusieurs mandats, de créer des équipements nouveaux –et ils furent nombreux, reconnaissons-le-, devrait maintenant vous laisser les moyens d’entretenir ce groupe scolaire, et de lui redonner un peu de l’éclat que vous lui avez laissé perdre.

Nous savons, ne serait-ce que parce que nous participons au groupe de réflexion initié par Mme Depoilly, qu’un projet est en cours d’élaboration pour l’aménagement des terrains compris entre la rue Michelet et la rue Rabelais. Mais celui-ci ne nous paraît pas avoir les mêmes objectifs.

Par expérience nous n’espérons pas sa réalisation, dans le meilleur des cas, avant plusieurs années !
Nous pensons que sans attendre, cette école communale doit faire l’objet d’une réhabilitation sérieuse ne serait-ce que pour accueillir les générations de jeunes élèves, et leurs maîtres, dans de meilleures conditions.

Actuellement l’école se présente comme un vaste bâtiment noirâtre, triste, peu avenant. Ceux qui ne vous connaissent pas pourraient douter, en le voyant, de l’intérêt, pourtant indiscutable, que vous portez à l’école publique. Les grands motifs représentant les fables de la Fontaine sont noyées sous la saleté de plusieurs dizaines d’années d’oubli, les fenêtres sont vermoulues et décrépites, rien ici ne peut laisser supposer l’existence d’un service d’urbanisme ou de « cadre de vie », aucune plante, aucune fleur n’égaie cet ensemble imposant.

Quelle joie de faire sa rentrée dans une telle maison ! Le hall d’accueil est froid et ses murs sont malpropres, le préau est coupé par un « local » préfabriqué décoré d’une fresque sur la non violence dont on peut se demander si elle n’engendre pas, au contraire, des pulsions de rejet.

Il est regrettable que cette école perde son caractère de lieu d’étude, mais aussi de lieu de travail pour les enfants ainsi que pour les nombreux adultes qui y passent parfois de longues années sous le prétexte mille fois rabâché de « la créativité » de la « spontanéité » de « l’expression » de nos chères têtes blondes. Leurs œuvres hâtivement réalisées, affichées sans aucun soin sur les murs ou les vitres par le centre de loisirs municipal défigurent l’école, plus ils la dénaturent. Il appartient au Maire, responsable des locaux, de rappeler des principes de base. Accepterait-on de telles « dégradations artistiques » faites de papier d’emballage froissé, sali et mal découpé, punaisées ou scotchées n’importe comment dans le hall de la Mairie, dans les locaux d’un grand parti politique ou d’une banque ?

Le Beau s’apprend comme le reste et nous pensons que tout doit y concourir, qu’il s’agisse en priorité de l’école mais aussi de la ville. Les quelques centaines de mètres de TAGS subventionnés par la Ville il y a près de 20 ans avenue Joffre sont l’exemple type du laid qui persiste et gâche le reste. Combien d’artistes, céramistes, mosaïstes, verriers rêveraient d’une telle galerie pour leur œuvres ? Pensez aux dizaines de milliers de passagers du 118, entre autres, qui retrouvent « leur ville à vivre » après le passage obligé devant ces peintures agressives, violentes, délavées en partie…

L’environnement est, c’est une évidence, partout. Il est aussi dans nos têtes. Il est vrai qu’untel trouvera misérable ce que cet autre qualifiera de pittoresque. C’est précisément le rôle de l’école et des activités péri-scolaires d’éduquer le goût, d’imprégner les enfants de ce qui est bon pour leur formation, même à leur insu. Elle doit leur enseigner la critique et l’exigence envers eux-mêmes d’abord. On est loin ici de ces mobiles suspendus au plafond du préau pendant des mois et artistiquement composés d’une chaussure accrochée au bout d’un fil de nylon. N’est pas Calder qui veut!

Nous considérons que le cadre qui est ici réservé aux élèves et à leurs maîtres n’est pas digne de ces ambitions et que la Mairie en est en grande partie responsable.

Certes nous reconnaissons que l’aménagement du réfectoire est une réussite, mais il aura fallu ½ siècle pour obtenir sa réalisation et nous voulons croire que vous aurez à cœur de programmer les travaux que nous sollicitons dès le prochain budget.

Nous espérons que vous n’interpréterez pas nos propos comme le souhait de voir le Maire de notre commune décider du contenu « pédagogique » des activités conduites dans le cadre municipal des centres de garderie, mais plutôt comme celui de redonner à cette belle école qui est celle des enfants du quartier, et pour beaucoup celle de leur propre enfance, la preuve incontestable de l’intérêt que vous lui portez ainsi qu’aux valeurs dont elle devrait être l’enseigne.

Dans l’attente de votre réponse nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, en l’assurance de nos sentiments respectueux.

Pour le Bureau, La Présidente L.Viers


Décision du 8 juin 1995 sur requête de M. Louis BAYEURTE contre le décret portant convocation des électeurs pour l'élection d'un député

1. Considérant que M. Bayeurte demande au Conseil constitutionnel de prononcer l'annulation du décret du 16 mai 1995 susvisé au motif que celui-ci fait coïncider le premier tour du scrutin destiné à élire un député avec d'autres consultations électorales;
2. Considérant que si, en vertu de la mission de contrôle de la régularité de l'élection des députés et des sénateurs qui lui est conférée par l'article 59 de la Constitution, le Conseil constitutionnel peut exceptionnellement statuer sur les requêtes mettant en cause la régularité d'élections à venir, ce n'est que dans la mesure où l'irrecevabilité qui serait opposée à ces requêtes en vertu des articles 32 à 45 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 susvisée risquerait de compromettre gravement l'efficacité du contrôle par le Conseil constitutionnel de l'élection des députés ou des sénateurs, vicierait le déroulement général des opérations électorales et, ainsi, pourrait porter atteinte au fonctionnement normal des pouvoirs publics;
3. Considérant qu'en l'espèce, ces conditions ne sont pas réunies,Décide :
Article premier : La requête de M. Louis Bayeurte est rejetée.



Pour suivre et terminer cette première partie un article de Libération paru en 1995 sachant que otute reseemblance avec les temps modernes ne serait que fortuite.

Le communiste Louis Bayeurte entre alliés qui s'écharpent et rival RPR sérieux.

C'est presque une caricature. D'un côté, Louis Bayeurte, 60 ans, communiste, ex-ouvrier graveur, maire de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) depuis trente ans, enfant du pays, qui revendique avec fierté sa qualité d'élu local. De l'autre, Antoine Pouillieute, 44 ans, RPR, énarque, Parisien, membre du Conseil d'État, ex-directeur de cabinet au ministère de la Coopération et, depuis le 19 avril, directeur général de la Caisse française de développement. Un seul point commun: tous deux siègent au sein de l'assemblée départementale.

Et pour la première fois, Louis Bayeurte trouve sur son chemin un adversaire sérieux. Ceci dans un contexte troublé par les velléités contradictoires de ses alliés. Au vu des derniers scrutins, Radical réclame en effet ses trois postes au sein de la liste, ce dont le PS et les Verts ne veulent pas entendre parler, ces deux derniers se chamaillant par ailleurs pour le poste de deuxième adjoint. Au milieu de cette cuisine électorale, Louis Bayeurte lève les yeux au ciel et en appelle aux «grandes orientations de la gestion municipale à gauche».

Mais, l'union n'est pas faite et le PS, en cas de blocage persistant, «envisage de mettre en oeuvre une solution alternative». Dans cette hypothèse, la réélection de Louis Bayeurte s'annonce difficile, celui-ci n'ayant pas, selon son expression, de «majorité homogène».

Et même si les partis parviennent à faire taire leurs susceptibilités, la bataille n'est pas gagnée. Fontenay est en effet un cas atypique: à l'ouest, le quartier pavillonnaire qui vote à droite, et qui a élu Antoine Pouillieute aux dernières cantonales, renvoyant Jean-François Voguet (PC) à son seul mandat de premier maire-adjoint; à l'est, les grands ensembles, acquis au PC, dont Louis Bayeurte est l'indétrônable conseiller général.

Or, depuis quelques années, la ville a changé sous l'impulsion de l'équipe sortante: des zones industrielles se sont créées et de jeunes cadres installés dans la zone pavillonnaire. Désormais, la commune penche à droite lors des élections nationales. Reste ce que les statistiques ne comptabilisent pas: le capital personnel dont bénéficie Louis Bayeurte qui peut s'enorgueillir d'un rapport fort élogieux du Crédit local de France qui «considère la ville comme un client particulièrement solvable».

Tout n'est cependant pas rose à Fontenay-sous-Bois: les grands ensembles ont mal vieilli, la progression de la petite délinquance entraîne un sentiment d'insécurité et l'urbanisme a du mal à trouver son équilibre. Sur ces questions, les deux candidats ont des analyses et des solutions diamétralement opposées. Quand Antoine Pouillieute évoque «une course au gigantisme, au tout-béton» et parle de «ville déchirée», Louis Bayeurte se félicite d'avoir su «conserver un visage humain à la ville, préserver le tissu pavillonnaire» et annonce la poursuite de la réhabilitation des grands ensembles.

Lorsque Louis Bayeurte évoque son pôle d'activités, «l'un des plus importants de l'Ile-de-France» et son «tissu de PME qui dispensent de la taxe professionnelle et de l'emploi», Antoine Pouillieute s'inquiète que «25% des recettes de taxe professionnelle reposent sur cinq entreprises» et «du départ des PME-PMI». Enfin, en matière de lutte contre la délinquance, Pouillieute promet la création d'une police municipale, tandis que Bayeurte négocie avec le préfet la prise en charge par les services municipaux des tâches administratives dévolues aux policiers, pour permettre à ceux-ci d'être affectés à l'îlotage. Au-delà de l'opposition des styles, deux conceptions de la gestion municipale vont s'affronter en juin prochain.


Dernière édition par Libellule le Ven 13 Juin 2014, 05:59, édité 1 fois
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Gérard

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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 30 Avr 2014, 02:36

Gerard a écrit:
Continuons à Remonter un peu le temps

Association du Plateau Fontenay-sous-Bois Réf :LV2906 le 26 septembre 1999
Lettre à Monsieur Louis BAYEURTE

Nous attirons respectueusement votre attention sur la dégradation de l’Ecole Michelet tant dans l’aspect de ses façades et clôtures que dans l’aménagement de ses espaces intérieurs.

Cette belle construction qui fut en son temps citée en exemple pour la hardiesse de ses lignes, sa clarté et ses immenses préaux n’a pas été entretenue convenablement depuis les années 70.

Le souci fort louable, pendant plusieurs mandats, de créer des équipements nouveaux –et ils furent nombreux, reconnaissons-le-, devrait maintenant vous laisser les moyens d’entretenir ce groupe scolaire, et de lui redonner un peu de l’éclat que vous lui avez laissé perdre.

Nous savons, ne serait-ce que parce que nous participons au groupe de réflexion initié par Mme Depoilly, qu’un projet est en cours d’élaboration pour l’aménagement des terrains compris entre la rue Michelet et la rue Rabelais. Mais celui-ci ne nous paraît pas avoir les mêmes objectifs.

Par expérience nous n’espérons pas sa réalisation, dans le meilleur des cas, avant plusieurs années !
Nous pensons que sans attendre, cette école communale doit faire l’objet d’une réhabilitation sérieuse ne serait-ce que pour accueillir les générations de jeunes élèves, et leurs maîtres, dans de meilleures conditions.

Actuellement l’école se présente comme un vaste bâtiment noirâtre, triste, peu avenant. Ceux qui ne vous connaissent pas pourraient douter, en le voyant, de l’intérêt, pourtant indiscutable, que vous portez à l’école publique. Les grands motifs représentant les fables de la Fontaine sont noyées sous la saleté de plusieurs dizaines d’années d’oubli, les fenêtres sont vermoulues et décrépites, rien ici ne peut laisser supposer l’existence d’un service d’urbanisme ou de « cadre de vie », aucune plante, aucune fleur n’égaie cet ensemble imposant.

Quelle joie de faire sa rentrée dans une telle maison ! Le hall d’accueil est froid et ses murs sont malpropres, le préau est coupé par un « local » préfabriqué décoré d’une fresque sur la non violence dont on peut se demander si elle n’engendre pas, au contraire, des pulsions de rejet.

Il est regrettable que cette école perde son caractère de lieu d’étude, mais aussi de lieu de travail pour les enfants ainsi que pour les nombreux adultes qui y passent parfois de longues années sous le prétexte mille fois rabâché de « la créativité » de la « spontanéité » de « l’expression » de nos chères têtes blondes. Leurs œuvres hâtivement réalisées, affichées sans aucun soin sur les murs ou les vitres par le centre de loisirs municipal défigurent l’école, plus ils la dénaturent. Il appartient au Maire, responsable des locaux, de rappeler des principes de base. Accepterait-on de telles « dégradations artistiques » faites de papier d’emballage froissé, sali et mal découpé, punaisées ou scotchées n’importe comment dans le hall de la Mairie, dans les locaux d’un grand parti politique ou d’une banque ?

Le Beau s’apprend comme le reste et nous pensons que tout doit y concourir, qu’il s’agisse en priorité de l’école mais aussi de la ville. Les quelques centaines de mètres de TAGS subventionnés par la Ville il y a près de 20 ans avenue Joffre sont l’exemple type du laid qui persiste et gâche le reste. Combien d’artistes, céramistes, mosaïstes, verriers rêveraient d’une telle galerie pour leur œuvres ? Pensez aux dizaines de milliers de passagers du 118, entre autres, qui retrouvent « leur ville à vivre » après le passage obligé devant ces peintures agressives, violentes, délavées en partie…

L’environnement est, c’est une évidence, partout. Il est aussi dans nos têtes. Il est vrai qu’untel trouvera misérable ce que cet autre qualifiera de pittoresque. C’est précisément le rôle de l’école et des activités péri-scolaires d’éduquer le goût, d’imprégner les enfants de ce qui est bon pour leur formation, même à leur insu. Elle doit leur enseigner la critique et l’exigence envers eux-mêmes d’abord. On est loin ici de ces mobiles suspendus au plafond du préau pendant des mois et artistiquement composés d’une chaussure accrochée au bout d’un fil de nylon. N’est pas Calder qui veut!

Nous considérons que le cadre qui est ici réservé aux élèves et à leurs maîtres n’est pas digne de ces ambitions et que la Mairie en est en grande partie responsable.

Certes nous reconnaissons que l’aménagement du réfectoire est une réussite, mais il aura fallu ½ siècle pour obtenir sa réalisation et nous voulons croire que vous aurez à cœur de programmer les travaux que nous sollicitons dès le prochain budget.

Nous espérons que vous n’interpréterez pas nos propos comme le souhait de voir le Maire de notre commune décider du contenu « pédagogique » des activités conduites dans le cadre municipal des centres de garderie, mais plutôt comme celui de redonner à cette belle école qui est celle des enfants du quartier, et pour beaucoup celle de leur propre enfance, la preuve incontestable de l’intérêt que vous lui portez ainsi qu’aux valeurs dont elle devrait être l’enseigne.

Dans l’attente de votre réponse nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, en l’assurance de nos sentiments respectueux.

Pour le Bureau, La Présidente L.Viers

Je me souviens de cette lettre. Depuis des réponses ont été apportées. La totalité des menuiseries et vitres du vaste préau a été changée, le plafond a été refait avec beaucoup de goût, une rampe d'accès pour handicapés a été posée à l'entrée, une salle informatique équipée, les chêneaux ont été nettoyés, l'école maternelle a été agrandie. Le trottoir d'accès a été utilement reconfiguré. C'était le but de mon courrier. Dont acte.
Je regrette une fois encore que la façade soit toujours aussi triste et que n'y figurent toujours pas les trois principes de notre République.
Peut- être devrai je reprendre la plume...

_________________
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948)
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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 30 Avr 2014, 03:11

Est-ce la canonisiation de deux papes qui vous amene à vouloir porter sur un pied d'Estale cet ancien Maire?
Vous allez bientôt nous faire croire que le canton Est est un réel paradis d'Urbanisme! Je crois que c'est de l'admiration qui est en train de naitre chez moi!!!! (C'est de l'Ironie bien sur!) Non mais "allo, quoi... allo"!! Faut se réveiller... nous sommes au 21 ème siècle!!!!
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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 30 Avr 2014, 03:28

@smile Non non, pas de lien. Je cite en entame un article comparant Créteil et Fontenay qui "à partir d'un même événement" ont développé deux politiques d'urbanisme différentes, je cite tout aussi bien un écrit de JFV qu'un autre de GL, dont les tonalités ne sont pas les mêmes, je souligne que les périodes de campagnes électorales sont relativement similaires d'une période à une autre, en termes de bisbilles de disputes et de querelles de clochers avec des espérances diverses à la clef, et je reprends un courrier écrit voici quelques années par une association qui nous permet aujourd'hui d'échanger sur ce forum. Simplement pour que chacun puisse venir contribuer si bon lui semble.

Ne doutez pas que je sache que nous sommes au XXIe siècle, mais considérez plutôt qu'à la rubrique histoire locale, il est assez raisonnable de parler de ce qui s'est passé au siècles précédents, un exercice que je fais avec vous avec constance, me semble-t-il (dis avec ironie aussi).

Comme je l'indique dans mon titre je considère avant tout le sujet d'un "homme" sur une période donnée.
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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 11 Juin 2014, 21:35

Cet homme est donc celui qui a présidé aux destinées de la construction des quartiers nouveaux de la ville. Et par voie de conséquence, à la détermination du nom des rues qui allaient désormais les parcourir, cette désignation faisant partie des prérogatives de tout conseil municipal, sauf exception préfectorale.

Ce faisant, voyons ensemble si la simple phrase de Christian Favier à l’adresse de Louis Bayeurte quand il évoque ses « 31 années qu'il passa inlassablement au service des Val-de-Marnais ». « Aimé et respecté par tous, qui a transformé Fontenay en ville attractive et dynamique », alors qu’il a aussi été vice-président pour l'enseignement, la culture la jeunesse et le sport », peut avoir un sens historique. Pour ma part, je le crois bien volontiers, et au delà des simples apparences.

C’est, pour ne rien vous cacher d'ailleurs, cet aspect des choses qui m’a fait ouvrir cette page, et je vais m’en expliquer maintenant que j'ai pu organiser la présentation de mon propos:

Je suis pour ma part convaincu en effet que le testament que cet homme nous a laissé ne passe pas par le projet urbanistique qu'il a accompagné, mais bien par le nom des rues choisies qui témoignent d'un vrai dessein politique.

Démonstration en appelant à la barre des témoignages le nom de ses rues par ordre chronologique.

Commençons avec Jean Macé

Né le 22 août 1815, il s’agit d’un enfant du peuple il le sait, il sera donc un éducateur du peuple. Et donc, en 1848, il déclare: " avant d’instituer le suffrage universel, il aurait fallu 30 ans d’instruction obligatoire, et c’est le contraire qui a eu lieu". La suite, on peut la résumer ainsi : en 1850, une course le porte à Beblenheim, village d’Alsace dans un pensionnat de demoiselles. Entre 1851 et 1864, il fera le principe de l’éducation des filles; il rédige des œuvres de vulgarisation scientifique comme "L’histoire d’une bouchée de pain" qui le révèle au public.

Il crée la "société des bibliothèques populaires "et fonde avec l’éditeur Hetzel et Jules Verne le "magasin d’éducation et de récréation". Qui plus est, Jean Macé lance un appel en 1866 pour la création de la "Ligue de l’Enseignement".

Poursuivons avec Jean Zay

Notons pour lui qu'il s'engage très tôt en politique. Dès ses études secondaires, il adhère aux Jeunesses laïques et républicaines, il devient membre de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, responsable de cette même Ligue de l'enseignement désormais créée. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_de_l'enseignement

En 1932, à 27 ans, il est élu député du Loiret. Vite remarqué, c'est à lui qu'est confié le rapport de politique générale du congrès de 1935 qui décide l'adhésion du parti radical au Front populaire. En 1936, le président du conseil des ministres Albert Sarraut le nomme sous-secrétaire d'État à la présidence du conseil.

Quelques mois plus tard, il est réélu et devient, à 32 ans, le 4 juin 1936, membre du gouvernement du Front populaire comme ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts
Plus tard, Jean Zay devient « la cible notoire de la campagne antisémite » et une violente campagne de presse orchestrée par Philippe Henriot, ministre de l'Information du gouvernement de Vichy, réclame la condamnation à mort du « juif Jean Zay » comme juif, franc-maçon, antimunichois,  antihitlérien et ministre du Front populaire.

Jean Zay est abattu par le milicien Henri Millou. Puis afin qu'il ne soit pas identifié, les tueurs le déshabillent, lui ôtent son alliance, jettent la dépouille dans une faille et y lancent quelques grenades pour cacher le corps par des éboulis.

Continuons avec le couple Cotton

Eugénie Feytis qui intègre l'École normale supérieure de Sèvres en 1901, où elle rencontre Pierre Curie et Marie Curie et Paul Langevin. Agrégée de sciences physiques en 1904, elle enseigne au collège de Poitiers puis dirige l'École normale supérieure de jeunes filles où elle eut, à partir de ce moment-là et pour de longues années, une très grande activité scientifique.

En 1913, elle épouse Aimé Cotton, professeur à la faculté des sciences de Paris et à l'École normale supérieure de Saint-Cloud et dont elle a quatre enfants (dont un mort peu après sa naissance).

Devenue ensuite directrice de l'École normale supérieure de Sèvres, elle y élève le niveau de l’enseignement des sciences et y développe le laboratoire et les recherches.

Compagnon de route du Parti communiste français, elle apporte son aide aux antifascistes allemands réfugiés en France depuis 1933, puis aux espagnols traqués par le général Franco.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy contraint Eugénie Cotton à quitter son poste de l'École normale supérieure par un départ à la retraite forcé en 1941. De son côté, son mari est arrêté deux fois par la Gestapo.

Le suivant sur la liste est Paul Langevin

Pendant ce temps là, lui suit les cours de Pierre Curie. Celui-ci l'oriente vers la recherche et l'enseignement plutôt que vers une carrière d'ingénieur. Reçu premier à l’Ecole normale supérieure, il bénéficie d'une bourse qui lui permet, en 1897, d'aller travailler un an à Cambridge, au laboratoire de physique moderne. Il devient Docteur ès sciences en 1902.

Après avoir travaillé sur la physique des électrons, il fait des expériences sur les ions de l'atmosphère et succède à Pierre Curie au poste de professeur d'électricité générale à l’Ecole supérieure de physique et chimie industrielle de Paris ; il prendra la direction de l'Ecole en 1925, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort. Il est nommé professeur de physique générale et expérimentale au Collège de France en 1909.

Ses opinions antifascistes lui valent d'être interné par la Gestapo en 1940 ;  puis, libéré, il fait partie du Comité parisien de la Libération, et revient assurer la direction de l’ESPCI jusqu’à son décès le 19 décembre 1946.
Compagnon de route du Parti Communiste, militant pacifiste et antifasciste, il participe à la création de la Société des Nations ; il est élu président de la Ligue des Droits de l’Homme de 1944 à 1946.

C'est le moment de partir à la rencontre d'Henri Wallon

Autant le rappeler, il est le petit-fils d'Henri Wallon (1812-1904), dont la contribution décisive à la création de la Troisième République le fit appeler le « père de la République ».

Mais allons vite au but, la route de ces deux hommes (Wallon et Langevin) va se croiser en 1944 :

Leurs travaux communs resteront sous nom du plan Langevin-Wallon "projet global de réforme de l'enseignement et du système éducatif français élaboré à la Libération conformément au programme de gouvernement du Conseil national de la Résistance (CNR) en date du 15 mars 1944".

Ce projet global fut élaboré par les membres de la « Commission ministérielle d'études pour la réforme de l'enseignement » nommés le 8 novembre 1944 par René Capitant, ministre de l'Éducation nationale du gouvernement provisoire de la République française présidé par Charles de Gaulle.

Ils en ont été les présidents successifs : Connus pour être des intellectuels liés alors au PCF - Paul Langevin puis Henri Wallon – il leur incombait de se projeter pour la France sur la voie d’un grand système éducatif démocratique pour lui permettre de rattraper son retard dans ce domaine décisif de la compétition avec les autres pays développés (à l’époque États-Unis et Royaume-Uni...).

Mais ce projet global de réforme fut remis en juin 1947, mais pas au même gouvernement, mais à un 2e, celui de Paul Ramadier qui, ayant exclu les ministres communistes, venait de prendre en compte le nouveau contexte de « guerre froide » planétaire et le financement par l'inflation de la guerre coloniale en Indochine comme du développement économique avec l'aide américaine du Plan Marshall.

Il semblait ainsi mort-né en juin 1947 mais, paradoxalement, il a servi depuis de référence.

La suite est ici
http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Langevin-Wallon (c'est très intéressant)

Ici je vais me permettre de faire une pose en allant chercher à Paris le nom de la rue suivante,


Juste pour mentionner que parmi les membres de cette commission de trouvait le père d’une personne connue sur notre ville. Il a été désigné comme en témoigne l’insert ci-dessous comme représentant du syndicat national des instituteurs....




Cette vision d’ensemble ne serait pas complète si j'omettais de citer une dernière rue

Celle de Paul Eluard

Juste pour rappeler qu'en 1931, il s'était insurgé contre l'Exposition coloniale organisée à Paris et signe un tract où est écrit : « Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile » et que par la suite
bien qu'exclu du parti communiste, il continua sa lutte pour la révolution, pour toutes les révolutions.

Et qu'ainsi, en tant qu’ambassadeur du surréalisme, il voyagera dans toute l'Europe soumise à des régimes fascisants. En mars 1935, avec André Breton, il est en Tchécoslovaquie, une des rares démocraties européennes, où la capitale Prague, les accueille avec chaleur.

Dernier point que j'avais envie de rappeler pour conclure : il est en Espagne en 1936, quand il apprend le soulèvement franquiste, contre lequel il s'insurge violemment. L'année suivante, le bombardement de Guernica lui inspire le poème Victoire de Guernica.
http://oscarespagne.wordpress.com/2006/04/16/la-victoire-de-guernica/

Pendant ces deux années terribles pour l'Espagne, Éluard et Picasso ne se quittent guère. Le poète dit au peintre : « Tu tiens la flamme entre tes doigts et tu peins comme un incendie ». De là à faire un dernier rapprochement avec le fait que le Lycée du secteur s’appelle du nom du peintre, il n’y a, c’est le cas de le dire qu’un pas à franchir.

Sources d'inspiration : Les maternelles : Henri Wallon - Rue homonyme ; Jean Zay - 80, rue La Fontaine  ; Paul Langevin 1 et 2 - Rue Aimé et Eugénie Cotton. Les écoles élémentaires : Henri Wallon A et B - 48, rue la Fontaine  ; Paul Langevin - Rue homonyme. Le collège :  Jean Macé - 1, rue Paul Eluard. Le lycée : Pablo Picasso - Avenue homonyme.
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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Jeu 12 Juin 2014, 17:27

Compte tenu du lien de parenté existant entre André et notre maire actuel, il me parait intéressant de reproduire ceci :

Dans les archives du département de la Seine on retrouve une lettre d’André Voguet, alors député communiste et conseiller municipal du 13e arrondissement de Paris adressée à Cogniot.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Cogniot

Cogniot et Voguet s’étaient connu quelques années plus tôt, dans un contexte radicalement modifié par l'attaque hitlérienne contre l'URSS. L’affaire commence en juillet 1941 :  il s’agit d’explorer les possibles qu’autorise la plate-forme nationale publiée par le « Comité d’organisation du Front National » en envisageant qu’y siègent, notamment, « d’éminents représentants de l'Université, de l'Art et de la Science »
Pour éviter toute confusion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_(R%C3%A9sistance)

Arrive 1942, moment où, avec Georges Cogniot , André Voguet anime le réseau de L’Université Libre, désormais implanté dans tous les degrés d’enseignement et secondé dans le primaire par L’École Laïque.

Début d'une conjonction qui sera consacrée à la direction du PCF, le 5 octobre 1944, par la création, sous l'autorité de Georges Cogniot, d’une « Direction Nationale des Intellectuels communistes » où Aragon représente les « Belles-lettres » mais où l'Université ne disposera finalement d’aucun siège.

La lettre, elle date de 1947 : Le ton en est résolument pragmatique et presque technique.

Elle a été rédigée peu de temps avant la publication du plan Langevin-Wallon, puisque Voguet écrit dans l'introduction que "la commission ministérielle de réforme de l'enseignement est sur le point de terminer ses travaux".  Après un résumé rapide des principales dispositions prévues par le plan, Voguet, en vue dit-il de l'élaboration d'une proposition de loi communiste de réforme de l'enseignement, fait part des interrogations suivantes sur le plan et de quelques suggestions :                                    

- "Est-il vraiment démocratique d'augmenter la durée des études jusqu'à 18 ans avant de s'être assuré que les enfants issus des milieux les plus modestes auront les moyens matériels de poursuivre leurs études?"
- "Est-il juste de proclamer la gratuité de l'enseignement supérieur avant de s'être assuré que son recrutement sera vraiment démocratique de façon à éviter que cette mesure ne devienne pas un don de la nation aux étudiants issus de familles aisées ?"
- "Ne faudrait-il pas limiter l'attribution du pré-salaire aux apprentis et à quelques catégories spécifiques, comme les élèves maîtres instituteurs et conserver pour les autres un système de bourses réaménagé?"  
- "Le projet reste presque muet sur le contenu des enseignements et sur les moyens financiers nécessaires à la mise en place de la réforme".
- "En redéfinissant profondément l'enseignement secondaire traditionnel ne risque-t-on pas d'en diminuer le prestige?".  

Cette lettre témoigne de l'existence de débats au sein du PCF et révèle des préoccupations qui sont loin de constituer une spécificité communiste dans l'analyse du plan Langevin-Wallon, preuve que la position des communistes était peut-être moins univoque que ce l'on pourrait peut-être penser de prime abord. Le souci financier et la crainte de l'affaiblissement de l'enseignement secondaire sont des thématiques que l'on retrouve aussi chez les conservateurs très hostiles au plan... Quoi qu'il en soit, ces discussions ne trouvent pas d'écho direct dans la proposition de loi communiste de réforme de l'enseignement déposée au Parlement le 11 août 1947.

Reste que au regard de l'histoire, l'âge minimum de l'Instruction obligatoire, fixée à 13 ans par la loi du 28 mars 1882, avait été allongée par une première étape à 14 ans, par la loi du 9 août 1936. L'Ordonnance du 6 janvier 1959, signée par le président de la République Charles de Gaulle, a ensuite décidé que l'âge de fin de la scolarité obligatoire sera porté de 14 ans à 16 ans. L’ordonnance prévoyait une sanction en cas de non-respect, sous forme de retrait des allocations familiales. Et il faut reconnaître que l'ordonnance de 1959 a été inspirée par le Plan Langevin-Wallon de juin 1947 et le congrès de la FEN de 1958.
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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Ven 13 Juin 2014, 10:18

Toujours aux Larris, se trouve la rue Guizot

qui là encore nous renvoie à une page de l'histoire de l'Education Nationale François Guizot étant porteur d'une loi qui porte son nom.

Sachant que la reproduction que j'ai choisie est l'oeuvre de Gabriel de Broglie, représentant Guizot comme le refondateur de l’Académie des sciences morales et politiques,  et qui au sein de l’Académie française, de l’Académie des sciences morales et politiques s'est chargé de retracer l’oeuvre de l’historien et politicien, François Guizot.

Jen 'évoquerai pour ma part que cette loi proposée par François Guizot, alors qu'il était ministre de l'Instruction publique dans le premier gouvernement Soult, et qu'il contribua activement à mettre en place, précèdant celles de Jules Ferry.

C'est l'un des textes majeurs de la monarchie de Juillet. Il répond à l'article 69 de la Charte de 1830, qui avait prévu qu'une loi porterait sur « l'instruction publique et la liberté de l'enseignement ».

La loi Guizot organise l'enseignement primaire autour de deux principes :

• la liberté de l'enseignement primaire : tout individu âgé de dix-huit ans peut exercer librement la profession d'instituteur primaire, à condition d'obtenir un brevet de capacité, délivré à l'issue d'un examen, et de présenter un certificat de moralité ;
• l'organisation d'un enseignement primaire public, intégré au sein de l'Université : chaque département doit entretenir une école normale d'instituteurs pour la formation des maîtres et chaque commune de plus de 500 habitants est tenue d'entretenir une école primaire1 et un instituteur ; la commune peut satisfaire à ses obligations en subventionnant une école primaire confessionnelle établie sur son territoire.

Qu'elle soit privée ou publique, l'instruction primaire élémentaire comprend nécessairement « l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures » (article 1er).

La loi crée un corps d'inspecteurs chargé de veiller à sa bonne application.

Le débat parlementaire est difficile. Le texte est attaqué par les catholiques, hostiles à l'existence de l'enseignement public, et par la gauche voltairienne et anticléricale, qui combat la liberté de l'enseignement confessionnel.

Guizot s'est personnellement engagé pour que l'instruction primaire comprenne l'éducation morale et religieuse. Mais il doit renoncer à étendre le bénéfice de sa loi à l'enseignement primaire féminin, qui continue d'échapper à toute réglementation et se trouve ainsi abandonné de fait aux congrégations religieuses.

Après la promulgation de la loi, Guizot adresse à tous les instituteurs de France une circulaire datée du 18 juillet 1833, dans laquelle il énonce leurs responsabilités et leurs devoirs : « L'universalité de l'instruction primaire, conclut-il, est [aux] yeux [du gouvernement] l'une des plus grandes, des plus pressantes conséquences de notre Charte ; il lui tarde de la réaliser. Sur cette question, comme sur tout autre, la France trouvera toujours d'accord l'esprit de la Charte et la volonté du roi. »

La mise en œuvre de la loi Guizot contribuera à développer grandement l'alphabétisation de la France : en 1848, les deux tiers des conscrits savent lire, écrire et compter.
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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Jeu 10 Juil 2014, 23:42

Dernière personnage dont je parlerai sous cette rubrique avec un nom de rue associé à ce quartier, Louise Michel.

Je le ferai bien sûr en mettant en avant sa vision de ce que devait être une bonne éducation.

Le 4 septembre 1870, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières demande au tout nouveau gouvernement de la Défense nationale de procéder rapidement à des élections municipales afin de remplacer les maires nommés sous le Second Empire (des maires seront désignés dès le 7 septembre).

Il réclame également la suppression de la police d'État, la liberté de la presse, de réunion et d'association, l'amnistie politique et la levée en masse de la population pour faire face à l'invasion du territoire par les troupes allemandes. Le 5 septembre, entre 400 et 500 délégués ouvriers décident de créer dans chaque arrondissement de Paris un comité républicain ou comité de vigilance et de défense, qui délégueront chacun deux membres pour former un Comité central.

Le comité central est en place le 11 septembre. Le 14, il fait placarder une affiche rose appelant à la formation de la Commune de Paris : Ce sera effectif en novembre. Louise Michel est alors présidente du Comité de vigilance républicain du XVIIIe arrondissement. Pendant la Commune, elle est garde au 61e bataillon, ambulancière, et elle anime le Club de la révolution, tout en se montrant très préoccupée de questions d'éducation et de pédagogie.

Son activisme militant ne faiblira jamais. Elle plaide contre la peine de mort.

Bien plus tard on attentera à sa vie dans un théâtre en lui tirant dessus à deux reprises: blessée à la tête, elle refusera pourtant de porter plainte contre son agresseur. (illustration).



Faute d’avoir pu le faire en France, elle va gérer à Londres une école libertaire quelques années avant de rentrer à Paris en 1895. Elle meurt en 1905 l’année de la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Prochain sujet, probablement l'étude des rues du quartier du Plateau, suite à une discussion que j'ai eue avec un des forumeurs fidèle des lieux.




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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 05 Nov 2014, 17:21

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Gérard

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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 05 Nov 2014, 20:08

Pourquoi avoir doublé la présentation de ces liens?

_________________
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948)
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MessageSujet: Re: 1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier   Mer 05 Nov 2014, 20:21

Comme le fait assez souvent a.nonymous, j'ai voulu rapprocher ces videos d'un sujet précédemment ouvert qui traite exactement de la même chose : l'émergence de ce quartier qu'est la zone de la Plaine. Pour le coup je pense que c'est a.nonymous qui a créé un doublon, au chapitre de notre histoire locale ; j'ai donc rapproché ce qui est complémentaire l'un de l'autre.

En 1965, la Plaine sera expropriée et les terrains maraîchers recouverts par des immeubles d’habitations , des équipements et un immense centre commercial : c’est la Zone à Urbaniser en Priorité, la ZUP !! (le Forum du plateau)
qui va s'effacer dans la terminologie courante de notre quotidien en nom de quartiers, Redoute, Larris, et se trouver un générique "administratif" avec Val de Fontenay. Mon post permet d'attirer l'attention des lecteurs sur ce point.

Tous les noms de rues et leurs personnages que j'ai évoqués plus haut se trouvant dans cet espace sans que celui ci ait été transpercé par un axe autoroutier :



A un moment où l'on reparle des Zones à défendre autant se souvenir que...

Le projet initial de 12 000 logements sans activité avec une ville avoisinant les 80 000 âmes a été remis en cause avec les habitants. Aucun équipement n'avait été prévu pour ce qui était destiné à devenir une "cité dortoir".

Le réalisé fut et est bien différent avec une ville à taille plus humaine : 7 000 logements réalisés avec des équipements et une zone d'activité secondaire et tertiaire. Une ville à taille plus humaine, plus accueillante et plus vivable avec une architecture préservée dans sa partie pavillonnaire et innovante dans le grand ensemble avec le travail d'architectes devenus célèbres depuis dont Zublena, Andrault et Para et bien d'autres.

La vue aérienne actuelle

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1965 - 2002 : Rétrospectives autour d'un homme et d'un quartier
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