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 Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne

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a.nonymous



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MessageSujet: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 11 Juin 2014, 13:55

Alors que ce que l'on nous présentent parfois comme de "grandes avancées sociétales" ne concernent en réalité qu'une minorité de citoyens, une des prochaines grandes avancées réelle concernera sûrement la fin de vie...

Cette avancée sera aussi importante que la suppression de la peine de mort ou le droit à la contraception et à l'IVG...


Reuters a écrit:
La défense de Bonnemaison veut ouvrir le débat sur l'euthanasie

Par par Claude Canellas | Reuters – il y a 2 heures 21 minutes

par Claude Canellas

PAU Pyrénées-Atlantiques (Reuters) - La défense de l'ancien urgentiste Nicolas Bonnemaison, accusé d'avoir empoisonné sept patients en fin de vie, entend transformer son procès qui s'est ouvert mercredi en véritable débat de société sur l'euthanasie.

L'ex-médecin de l'hôpital de Bayonne s'est présenté libre devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, sans fuir les caméras installées devant le palais de justice de Pau.

"Je voudrais dire que je pense aux patients aujourd’hui. J’ai vécu avec ces patients des moments qui marquent", a-t-il dit à la cour. "C’est quelque chose qui va au-delà de la vie du médecin. Je pense aux familles. Il y a des décisions qui se prennent aux urgences. C’est important que les familles soient informées de telle manière qu’elles comprennent."

"Il est serein", a dit l’un de ses avocats, Me Benoît Ducos-Ader. "On va avoir un véritable débat de société que tout le monde a voulu, que ce soit l’accusation ou la défense. Ce qu’on espère c’est qu’on va enfin sortir de cette hypocrisie et faire avancer les choses."

Nicolas Bonnemaison avait été mis en examen en août 2011 et en janvier 2012 pour avoir abrégé la vie par injection létale de cinq femmes et deux hommes âgés de mars 2010 à juillet 2011.

Ces actes ont déjà valu au médecin d’être radié par le Conseil national de l’ordre des médecins, une décision contre laquelle il a introduit un recours devant le Conseil d’Etat.

"C’est une décision lourde de conséquences pour moi", a-t-il expliqué en précisant que "comparaître devant une cour d’assises comme un criminel, un assassin, un empoisonneur, c’est quelque chose qui est violent".

Il est reproché à l'urgentiste de n’avoir pas respecté la loi Léonetti qui encadre depuis 2005 la fin de vie en évitant l'acharnement thérapeutique sans autoriser l'euthanasie.

La loi prévoit que la décision doit être prise de manière collégiale avec le personnel soignant, le malade ou sa famille, et que seule la suspension des soins et l'administration de médicaments soulageant la souffrance est permise.



UNE LOI A VENIR

Ce protocole, qui semble insuffisant aux yeux de nombre de médecins, pourrait être complété dans une nouvelle loi promise par François Hollande durant la campagne présidentielle.

En janvier dernier, le président a indiqué que ce texte devait permettre "à toute personne majeure atteinte d'une maladie incurable provoquant une souffrance psychologique, physique, insupportable et qui ne peut être apaisée, de pouvoir demander dans des conditions strictes une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité".

Aucune date n'a été fixée pour le vote de ce texte qui permettrait à la France de se rapprocher des législations de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, qui autorisent l'euthanasie, et de la Suisse, où le suicide assisté est légal.

Nicolas Bonnemaison avait été dénoncé par des infirmières et une aide-soignante et signalé au procureur de la République par le directeur de l'hôpital.

L'homme, qui assume ses actes sans vouloir jouer le rôle de militant favorable à l’euthanasie qu’il n’est pas, ne veut pas se glisser dans l’habit de l’empoisonneur que l’accusation représentée par Marc Mariée et Michaël Ohayon, respectivement procureur-adjoint et vice-procureur au tribunal de grande instance de Bayonne, a taillé pour lui.

L'ancien médecin a reçu le soutien d'une pétition signée par 60.000 personnes. Mercredi matin, une trentaine de membres de son comité de soutien sont venus assister aux débats.

Patricia Dhooge, la femme d’une des sept personnes décédées, témoignera durant le procès en sa faveur.

"Pour moi, c’est quelqu’un de bon qui m’a aidée à ce moment-là, qui a été présent, et j’aimerais vraiment que tous les médecins soient comme lui, avec de l’amour pour les autres. C’est un procès injuste, j’ai beaucoup de mal à le comprendre", a-t-elle déclaré à la presse.

Elle reconnaît n’avoir pas formellement demandé au médecin de mettre fin à la vie de son mari "mais je l’ai supplié : 'arrêtez ces souffrances, je vous en prie'".

Bien qu’aucune des familles n’ait porté plainte, deux seulement s'étant portées partie civile, l’ancien médecin risque la réclusion criminelle à perpétuité.

(Edité par Yves Clarisse)
Source: https://fr.news.yahoo.com/ouverture-du-proc%C3%A8s-du-docteur-bonnemaison-091219868.html


Dernière édition par a.nonymous le Mar 21 Mai 2019, 23:17, édité 4 fois
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 11 Juin 2014, 13:56

FranceTVInfo a écrit:
Euthanasie : les propositions floues de François Hollande

Par Mathieu Dehlinger

Mis à jour le 16/01/2014 | 23:47 , publié le 16/01/2014 | 17:21

Sans se prononcer clairement, le président a évoqué, lors de sa conférence de presse du mardi 14 janvier, une "assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité". Explications de texte.

Les mots "euthanasie" ou "suicide assisté" n'ont pas été prononcés. Pourtant, François Hollande a relancé le débat sur la fin de vie, lors de sa conférence de presse du mardi 14 janvier, tout en maintenant le flou autour de ses intentions.

Le président s'est prononcé pour une loi qui permettrait à une personne atteinte d'une maladie incurable de demander, dans un cadre "strict", une "assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité". Il s'agirait là de la première réforme majeure depuis la loi Leonetti de 2005, qui limitait l'acharnement thérapeutique.


Une promesse de campagne déjà floue

L'engagement n'est pas neuf : il figurait en 2012 dans les promesses de campagne du président, avec la même formulation quasiment au mot près. Le candidat Hollande proposait "que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité".

Partisans et opposants de l'euthanasie estiment que le président pourrait aller plus loin que la loi Leonetti. Le texte de 2005, destiné à lutter contre l'acharnement thérapeutique, ouvre la possibilité de la procédure du laisser-mourir. Il permet l'interruption des traitements "disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie", à condition que le patient en ait fait la demande, ou s'il n'est pas en état de le faire, que sa famille ait été consultée.

Sauf que son application est parfois problématique, comme dans le cas de Vincent Lambert, victime il y a cinq ans d'un accident de moto. En état de conscience minimale, il n'est maintenu en vie que par une sonde gastrique, que ses parents refusent de débrancher. Sa femme, qui souhaitait, au contraire, que le traitement de son mari soit arrêté, n'a pas été suivie jeudi 16 janvier par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne).


L'hypothèse du suicide assisté

Que pourrait faire François Hollande ? "Deux interprétations sont possibles", reconnaît Gaëtan Gorce, sénateur socialiste, qui avait travaillé sur la loi Leonetti. La première, la plus probable selon lui, correspond à la légalisation du suicide assisté. Dans ce cas, le malade se verrait fournir les substances létales pour se suicider, mais il devrait lui-même accomplir le geste final.

Cette proposition est au cœur des débats ces derniers mois. Rejetée par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) dans un avis de juillet 2013, l'hypothèse du suicide assisté a été soulevée dans un rapport du médecin Didier Sicard, remis en décembre 2012. Elle a été reprise fin 2013 par un panel de dix-huit citoyens, chargé par le CCNE de réfléchir à la fin de vie.

Cette solution ne règlerait pas le cas de Vincent Lambert, rappelle Gaëtan Gorce, puisqu'il ne serait pas en état de mettre lui-même fin à ses jours. Mais la deuxième option semble trop polémique : l'euthanasie, avec la possibilité pour les soignants de procéder à l'injection létale. L'hypothèse "provoque une résistance très forte de certains, pour des raisons philosophiques, juge le sénateur. Beaucoup de médecins considèrent l'idée qu'ils soient incités à un geste actif est en contradiction avec le principe même de leur métier."


Eviter une nouvelle controverse sociale

Une certitude : François Hollande souhaite qu'un "accord, le plus large possible, puisse être trouvé sur un texte de loi". La précision inquiète Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de-France apparenté PS, partisan de l'euthanasie, qui ne veut pas d'un "consensus mou" sur le sujet.

"L'euthanasie n'est pas comme le mariage pour tous, où la question de l'adoption divisait", argue-t-il, s'appuyant sur des sondages commandés par l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qu'il préside : 44% des personnes interrogées en octobre 2013 se prononçaient "absolument" pour l'euthanasie, 48% "dans certains cas".

Le président de la République a raison de temporiser, rétorque Gaëtan Gorce. "L'euthanasie suscitera toujours des controverses, explique le socialiste. Le président n'est pas là pour épouser une cause. Une attitude militante aurait été malvenue."

D'autant que la réouverture du dossier n'est pas sans risque politique : l'opposition s'organise déjà. "On va regarder de très près ce que les ministres vont faire, prévient Tugdual Derville, qui s'était déjà mobilisé contre le mariage pour tous. Est-ce que François Hollande veut provoquer une nouvelle bataille sociétale de grande ampleur ?" Seule issue acceptable pour lui : "affiner" la loi Leonetti et "améliorer l'accompagnement des malades et la lutte contre l'acharnement thérapeutique".

Le président attend désormais le rapport du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) sur la question. Les travaux devraient s'achever "fin février, début mars", assure le président du CCNE au Figaro. Partisans et opposants de l'euthanasie espèrent, d'ici là, une "clarification" de la position de François Hollande.
Source: http://www.francetvinfo.fr/societe/euthanasie/euthanasie-les-propositions-floues-de-francois-hollande_506569.html



Sur un tel sujet devant faire consensus au sein de la société il se peut que l'avancée viennent de cette prise de position:

GODF a écrit:
Débat sur la fin de vie - Expression du Grand Orient de France

Date parution : 28/01/2013

Le Grand Orient de France a toujours été partie prenante des débats qui ont fondé les libertés humaines dans l’histoire moderne. Conscient et fier de sa tradition spécifique, qui relève à la fois de l’humanisme et de l’universalisme, il s’inscrit dans la réflexion et les propositions concernant le débat et l’institution d’un cadre légal sur la fin de vie, estimant qu’il s’agit d’une question touchant aux libertés humaines fondamentales. La conquête des libertés fut un long chemin. Leur préservation demeure un combat. Cette quête de la liberté pour l’homme passe par l’affirmation du choix pour sa fin de vie. La liberté de l’homme n’appartient qu’à lui : c’est pourquoi il s’agit d’un combat pour l’humanisme.

La notion de choix de la fin de vie ne peut voir le jour que si elle prend naissance dans un cadre reconnu et garanti, dans sa conception comme dans son application, par un cadre légal. Le sens profond de notre liberté se manifeste que lorsqu’elle est inscrite et garantie par la loi commune, celle de la République, applicable à tous sans distinction de condition : c’est pourquoi il s’agit d’un combat pour l’universalisme.


Une loi dite « loi Leonetti » a été promulguée en 2005. Elle a le mérite d’exister, elle a constitué un progrès. Mais aujourd’hui elle ne suffit plus. C’est le sens de la mission confiée au Pr Sicard par le Président de la République.

Le Grand Orient de France affirme sa présence dans ce débat. Sa Commission nationale de santé publique et de bioéthique a travaillé longuement, entendu de nombreux spécialistes de sensibilités différentes. L’aspect juridique a été étudié. Dans le rapport qu’elle a rendu, cette Commission expose de nombreuses hypothèses, présente les cadres juridiques dans lesquels peut s’inscrire l’acte de mort douce, étymologie grecque pour
« euthanasie », puisque c’est de cela qu’il s’agit. Elle explique les avantages et les inconvénients de la dépénalisation à posteriori ou a priori comme de la légalisation.


La réflexion du Grand Orient de France a été guidée par la volonté de poser la question de la fin de vie à l’aune de ses principes de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et aussi de dignité humaine. Pour les francs-maçons du Grand Orient de France, l’euthanasie doit s’inscrire dans le mouvement de progrès et d’émancipation de l’homme face à sa destinée et spécialement à la souffrance, à la déchéance, à l’abandon qui accompagnent souvent la fin de vie. Une modification législative est préférable aux euthanasies clandestines et administratives, révélatrices de l’inégalité des patients devant les soins et insulte à la dignité morale des hommes.

Tout homme en fin de vie doit pouvoir décider de la manière et dans quelle circonstance il souhaite une « mort douce ». Il a donc besoin d’un cadre légal précis. Il s’agit d’un vrai progrès en humanité, même si le recours à ce droit ne concerne qu’une minorité d’êtres humains en souffrance. Ceux qui encadrent et pratiquent ce geste doivent aussi être protégés. Seule une loi précisant clairement les conditions dans lesquelles un tel acte peut être autorisé sera garante du respect de la volonté de la personne et de la sécurité de l’ensemble des acteurs concernés.


La décision de mettre fin à la vie d’un être humain, soi-même ou autrui, ne peut se résumer à un seul acte médical mais relève aussi d’une dimension spirituelle, philosophique, et morale et de l’appréciation individuelle de chacun.

Le Grand Orient de France attend par conséquent du législateur la définition et l’adoption d’un cadre légal précis dont il définira le calendrier, afin de pouvoir respecter la volonté de ceux qui décideront de mourir dignement. Il se prononce donc pour la légalisation du droit à choisir sa propre mort.

L’approche éthique de la mort n’est pas fonction des progrès des techniques médicales mais de l ‘acte de volonté de la personne humaine. Dès lors, celle qui exige de mourir quand elle s’estime indigne de vivre possède le droit d’être obéie. A la question « Est-ce que ma vie est digne d’être vécue ? », il n’y a que moi qui puisse répondre.

Paris, le 15 décembre 2012
Source: http://www.godf.org/index.php/actualite/details/liens/position/nom/Prises-de-position/slug/debat-sur-la-fin-de-vie-expression-du-grand-orient-de-france
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyDim 15 Juin 2014, 14:19

La députée Abeille a cosigné la proposition de loi EELV de Mme Véronique MASSONNEAU et plusieurs de ses collègues visant à assurer aux patients en fin de vie le droit de mourir dans la dignité, n° 1140, déposée le 13 juin 2013 et renvoyée à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale...


Assemblée nationale a écrit:
N° 1140

_____

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 13 juin 2013.

PROPOSITION DE LOI

visant à assurer aux patients en fin de vie
le droit de mourir dans la dignité,

(Renvoyée à la commission des affaires sociales, à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par Mesdames et Messieurs

Véronique MASSONNEAU, Laurence ABEILLE, Éric ALAUZET, Brigitte ALLAIN, Isabelle ATTARD, Danielle AUROI, Denis BAUPIN, Michèle BONNETON, Christophe CAVARD, Sergio CORONADO, François de RUGY, François-Michel LAMBERT, Noël MAMÈRE, Paul MOLAC, Barbara POMPILI et Eva SAS,

député-e-s.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La loi du 22 avril 2005, relative aux droits des malades et à la fin de vie, a marqué, en France, une étape importante dans l’accompagnement des patients en fin de vie. En permettant le développement des soins palliatifs et la réduction considérable de l’acharnement thérapeutique, la France se dotait d’une première législation œuvrant pour le droit de mourir dans la dignité. Toutefois, cette loi demeure bien insuffisante. L’arrêt des soins qu’elle autorise se caractérise par l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation artificielle. Aussi, les conditions de décès dans lesquelles sont plongés les patients ne sont pas toujours aussi apaisées qu’ils l’auraient désiré.

Aujourd’hui, l’on meurt toujours mal en France, comme le démontre l’étude MAHO (Mort à l’Hôpital), publiée en 2008, selon laquelle les soignants considèrent que seulement 35 % des décès s’y déroulent dans des conditions acceptables.

La solution serait de ne pas se contenter du « laisser mourir » autorisé par la loi de 2005, mais autoriser le « faire mourir », encore prohibé. Plus de 90 % des Français sont d’ailleurs favorables à une légalisation de l’aide active à mourir. En outre, la pratique de l’euthanasie a déjà cours en France, mais d’une manière clandestine, pour répondre aux attentes légitimes de malades, de patients en fin de vie et en situation de souffrance. Il convient donc d’encadrer cette pratique afin d’éviter tout risque, tant pour le patient que pour le corps médical.

La présente proposition de loi vise à assurer aux patients en fin de vie le droit de mourir dans la dignité. Cela se concrétise par l’ouverture du droit aux pratiques d’aide active à mourir, à savoir l’euthanasie et le suicide médicalement assisté, mais également par le renforcement des soins palliatifs. La loi doit assurer à chaque patient en fin de vie la réponse, la solution qui lui convient. Or, il n’existe pas une seule réponse, une solution idoine. Chaque individu est différent, les aspirations et les convictions de chacun sont différentes, aussi leurs volontés seront différentes.

La législation doit donc être en mesure d’apporter un cadre à chaque citoyen afin d’offrir à chacun la liberté de choisir sa mort. Tel est l’objet de cette proposition de loi.



PROPOSITION DE LOI

Article 1er

Après le mot : « sa », la fin de l’article L. 1110-2 du code de la santé publique est ainsi rédigée : « liberté et de sa dignité. Elle peut bénéficier, dans les conditions prévues au présent code, d’une aide active à mourir. »

Article 2

L’article L. 1110-9 du même code est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale, même en l’absence de diagnostic de décès à brève échéance, atteinte d’au moins une affection accidentelle ou pathologique avérée, grave, incurable et/ou à tendance invalidante et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante et inapaisable qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier, dans les conditions strictes prévues au présent titre, d’une aide active à mourir ou d’un suicide médicalement assisté. »

Article 3

Après le même article, il est inséré un article L. 1110-9-1 ainsi rédigé :

« Art. L. 1110-9-1. – Est réputée décédée de mort naturelle, en ce qui concerne les contrats où elle est partie, la personne dont la mort résulte d’une aide active à mourir ou d’un suicide médicalement assisté mis en œuvre selon les conditions et procédures prescrites par le présent code. Toute clause contraire est réputée non écrite. »

Article 4

Après l’article L. 1110-10 du même code, il est inséré un article L. 1110-10-1 ainsi rédigé :

« Art. L. 1110-10-1. – Lorsqu’une personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale, même en l’absence de diagnostic de décès à brève échéance, atteinte d’au moins une affection accidentelle ou pathologique avérée, grave, incurable et/ou à tendance invalidante et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante et inapaisable ou qu’elle juge insupportable, demande à son médecin le bénéfice d’une aide active à mourir ou d’un suicide médicalement assisté, celui-ci doit s’assurer de la réalité de la situation dans laquelle se trouve la personne concernée.

« Après examen du patient, étude de son dossier et, s’il y a lieu, consultation de l’équipe soignante, le médecin doit faire appel, pour l’éclairer, dans un délai maximum de 48 heures, à un autre praticien de son choix.

« Les médecins vérifient le caractère libre, éclairé, réfléchi et constant de la demande présentée, lors d’un entretien au cours duquel ils informent l’intéressé des possibilités thérapeutiques, ainsi que des solutions alternatives en matière d’accompagnement de fin de vie.

« Les médecins peuvent, s’ils le jugent souhaitable, renouveler l’entretien dans les 48 heures.

« Les médecins rendent leurs conclusions sur l’état de l’intéressé dans un délai de quatre jours au plus à compter de la demande initiale du patient.

« Lorsque les médecins constatent au moins une affection accidentelle ou pathologique avérée, grave, incurable et/ou à tendance invalidante et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante et inapaisable ou que la personne juge insupportable, et donc la situation d’impasse thérapeutique dans laquelle se trouve la personne ainsi que le caractère libre, éclairé, réfléchi et réitéré de sa demande, l’intéressé doit, s’il persiste, confirmer sa volonté, le cas échéant, en présence de la ou des personnes de confiance qu’il a désignées.

« Le médecin est tenu de respecter cette volonté.

« L’acte d’aide active à mourir, pratiqué sous le contrôle du médecin, par lui-même ou, dans le cas d’un suicide médicalement assisté, par le patient, s’il le souhaite et est en capacité de le faire, en milieu hospitalier ou au domicile du patient ou dans les locaux d’une association agréée à cet effet, ne peut avoir lieu avant l’expiration d’un délai de deux jours à compter de la date de confirmation de la demande. Toutefois, ce délai peut être abrégé à la demande de l’intéressé si le médecin estime que cela est de nature à préserver la dignité de celui-ci telle qu’il la conçoit pour lui-même.

« L’intéressé peut, à tout moment, et par tout moyen, révoquer sa demande.

« Les conclusions médicales et la confirmation de la demande sont versées au dossier médical. Dans un délai de huit jours ouvrables à compter du décès, le médecin qui a apporté son concours à l’aide active à mourir ou au suicide assisté adresse à la commission régionale de contrôle prévue à la présente section un rapport exposant les conditions du décès. À ce rapport sont annexés les documents qui ont été versés au dossier médical en application du présent article ; la commission contrôle la validité du protocole. Le cas échéant, elle transmet à l’autorité judiciaire compétente. »

Article 5

L’article L. 1111-11 du code de la santé publique est ainsi rédigé :

« Art. L. 1111-11. – Toute personne majeure et capable peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie. Elles sont révocables à tout moment.

« Le médecin est tenu de les respecter car elles demeurent valables sans conditions de durée.

« Dans ces directives, la personne indique ses souhaits en matière de limitation ou d’arrêt de traitement. Elle peut également indiquer dans quelles circonstances elle désire bénéficier d’une aide active à mourir, ou d’un suicide médicalement assisté, telle que régie par le présent code. Elle désigne dans ce document la ou les personnes de confiance chargées de la représenter et qui auront accès à son dossier médical. Les directives anticipées sont inscrites sur un registre national automatisé tenu par la commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de mourir dans la dignité, instituée par l’article L. 1111-13-3. Toutefois cet enregistrement ne constitue pas une condition nécessaire pour la validité du document.

« En complément, un fichier national des directives anticipées géré par un organisme indépendant des autorités médicales est créé dès la promulgation de la présente loi. Une association peut être habilitée par arrêté à gérer ce fichier national. Les autorités médicales ou tous médecins ont l’obligation de consulter ce fichier dès lors qu’une personne en phase avancée ou terminale d’au moins une affection reconnue grave et incurable ou dans un état de dépendance incompatible avec sa dignité est admise dans un service hospitalier.

« Les modalités de gestion du registre et la procédure de communication des directives anticipées à la Commission susvisée ou au médecin traitant qui en fait la demande sont définies par décret en Conseil d’État.

« La directive anticipée ainsi que le nom de la ou des personnes de confiance sont enregistrés sur la carte vitale des assurés sociaux. »

Article 6

Après l’article L. 1111-13 du même code, sont insérés trois articles L. 1111-13-1, L. 1111-13-2 et L. 1111-13-3 ainsi rédigés :

« Art. L. 1111-13-1. – Lorsqu’une personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale, même en l’absence de diagnostic de décès à brève échéance, atteinte d’au moins une affection accidentelle ou pathologique avérée, grave, incurable et/ou à tendance invalidation et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante et inapaisable ou jugée insupportable se trouve dans l’incapacité d’exprimer une demande libre et éclairée, elle peut néanmoins bénéficier d’une aide active à mourir, à la condition que cette volonté résulte de ses directives établies dans les conditions mentionnées à l’article L. 1111-11. La ou les personnes de confiance saisissent de la demande le médecin. Après examen du patient, étude de son dossier et, éventuellement, consultation de l’équipe médicale soignante assistant au quotidien l’intéressé, il fait appel pour l’éclairer à un autre praticien de son choix. Le médecin établit dans un délai de quatre jours au plus à compter de leur saisine pour avis un rapport indiquant si l’état de la personne concernée correspond aux conditions exprimées dans ses directives anticipées, auquel cas elles doivent être respectées impérativement.

« Lorsque le rapport conclut à la possibilité d’une aide active à mourir ou d’un suicide médicalement assisté, la ou les personnes de confiance doivent confirmer la volonté constante du patient. Le médecin est tenu de respecter cette volonté. L’acte d’aide active à mourir ne peut intervenir avant l’expiration d’un délai de deux jours à compter de la date de confirmation de la demande.

« Dans un délai de huit jours ouvrables à compter du décès, le médecin qui a apporté son concours à l’aide active à mourir ou au suicide médicalement assisté adresse à la commission régionale de contrôle un rapport exposant les conditions du décès. À ce rapport sont annexés les documents qui ont été versés au dossier médical en application du présent article ainsi que les directives anticipées ; la commission contrôle la validité du protocole. Le cas échéant, elle transmet à l’autorité judiciaire compétente. »

« Art. L. 1111-13-2. – En cas de pronostic vital engagé à très brève échéance, le médecin peut, après en avoir informé la commission régionale qui se réserve la possibilité de dépêcher auprès de lui un médecin-conseiller, ramener l’ensemble du protocole à quatre jours. »

« Art. L. 1111-13-3. – Il est institué auprès du Garde des Sceaux, ministre de la justice, et du ministre chargé de la santé, un organisme dénommé Commission nationale de contrôle des pratiques en matière d’aide active à mourir.

« Il est institué dans chaque région une commission régionale présidée par le préfet de région ou son représentant. Elle est chargée de contrôler, chaque fois qu’elle est rendue destinataire d’un rapport d’aide active à mourir, si les exigences légales ont été respectées. Si ces exigences ont été respectées, l’article 221-3, le 3 de l’article 221-4 et l’article 221-5 du code pénal ne peuvent être appliquées aux auteurs d’une assistance médicalisée à mourir.

« Lorsqu’elle estime que ces exigences n’ont pas été respectées ou en cas de doute, elle transmet le dossier à la Commission susvisée qui, après examen, dispose de la faculté de le transmettre au Procureur de la République.

« Les règles relatives à la composition ainsi qu’à l’organisation et au fonctionnement des commissions susvisées sont définies par décret en Conseil d’État. Les membres de ces commissions ne peuvent recevoir aucune rémunération due à leur appartenance à ces commissions. »

Article 7

L’article L. 1111-12 du même code est ainsi rédigé :

« Art. L. 1111-12. – Lorsqu’une personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale, même en l’absence de diagnostic de décès à brève échéance, atteinte d’au moins une affection accidentelle ou pathologique avérée, grave, incurable et/ou à tendance invalidante et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante et inapaisable ou jugée insupportable et hors d’état d’exprimer sa volonté a désigné une personne de confiance en l’application de l’article L. 1111-6, l’avis de cette dernière prévaut sur tout autre avis, y compris médical, à l’exclusion des directives anticipées, dans les décisions d’investigation, d’intervention ou de traitement prises par le médecin. La personne de confiance a le même droit d’accès au dossier médical que le titulaire. »

Article 8

L’article L. 1110-5 du même code est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Le médecin n’est pas tenu d’apporter son concours à la mise en œuvre de l’aide active à mourir ou du suicide médicalement assisté ; dans le cas d’un refus de sa part, il doit, dans un délai de deux jours, s’être assuré de l’accord d’un autre praticien et lui avoir transmis le dossier. »

Article 9

L’article L. 1110-9 du même code est ainsi rédigé :

« Art. L. 1110-9. – Toute personne en fin de vie, dont l’état le requiert et qui le demande, a un droit universel d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement. Chaque département français et territoire d’outre-mer doit être pourvu d’unités de soins palliatifs en proportion du nombre de ses habitants. »

Article 10

Les charges qui pourraient résulter pour les organismes sociaux de l’application de la présente loi sont compensées à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 402 bis, 438 et 520 A du code général des impôts.
http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1140.asp
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 19 Juin 2014, 02:39

"De «l'indifférence générale» à la «réflexion éthique»

«La médecine a toujours, depuis des temps immémoriaux, aidé à mourir»
"




Le Parisien a écrit:
Euthanasie : le cours magistral du professeur Sicard au procès Bonnemaison

Pascale Égré, envoyée spéciale à Pau (Pyrénées-Atlantiques) | Publié le 18.06.2014, 20h32 | Mise à jour : 19.06.2014, 00h04

Didier Sicard, 76 ans, professeur de médecine à Paris et ancien président du Comité national consultatif d'éthique (CNCE), est l'une des éminences grises, en France, de la réflexion sur la fin de vie et l'euthanasie. C'est à cet homme que le Président François Hollande, soucieux d'éclairer le débat sur une éventuelle réforme de la loi Léonetti de 2005, a confié une mission d'évaluation sur ces sujets. Son rapport, rendu en décembre 2012, n'a pour l'heure pas connu de suites.

C'est aussi au professeur Sicard que la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, qui juge à Pau depuis six jours l'ex-urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison pour sept cas d'«empoisonnements» présumés, a donné la parole mercredi, au lendemain du témoignage du député Jean Leonetti.

«Ma surprise, c'est que je ne vois pas comment ce procès concerne la question de société de l'euthanasie», débute ce témoin, cité par l'accusation, qui en précise d'emblée la définition: «L'acte de donner la mort à un patient à sa demande ou à celle de sa famille» - ce que la loi française interdit. Le professeur, qui rappelle que le CNCE s'était prononcé, quand il le dirigeait, en faveur d'une «exception d'euthanasie» qui n'a «jamais été retenue», entame alors un passionnant exposé.


De «l'indifférence générale» à la «réflexion éthique»

«La médecine a toujours, depuis des temps immémoriaux, aidé à mourir», débute-t-il, en brossant un historique des évolutions depuis quarante ans. Dans les années 1970, les praticiens usaient de «cocktails lytiques», rappelle le professeur. «Ces actes, qui pouvaient entraîner le décès très rapidement, étaient pratiqués dans l'indifférence générale. Dans le silence des prétoires et de la société. L'hôpital était alors un lieu fermé et opaque», souligne-t-il.

Les années 1980 voient apparaître la réflexion éthique, le CNCE est créé: «La médecine s'est ressaisie; les actes d'injections de médicaments ont diminué radicalement. La conscience collective a réalisé qu'ils ne pouvaient être pratiqués dans une sorte de désinvolture, parce qu'ils étaient d'une gravité extrême», explique-t-il.


«La fin de vie est laissée à l'improvisation»

La décennie 2000 est marquée par l'intervention du législateur avec les lois Kouchner (2002) puis Leonetti (2005). Pour Didier Sicard, la première a eu pour vertu de «rétablir l'équilibre entre la société et la médecine». Il salue la seconde, «très réputée à l'étranger» et «de grande qualité», parce qu'elle définit des «choix clairs» sur la fin de vie. Mais déplore le fait qu'elle reste «ignorée par la plupart des médecins et par le grand public», à l'exception «des lieux où «la fin de vie est une réalité quotidienne.».

Du coup, à l'heure où près de 70% des gens meurent à l'hôpital, «la fin de vie est laissée à l'improvisation des équipes médicales. Et le plus grave dans cette improvisation, c'est que le médecin est laissé tout seul. Comme si la société se débarrassait de ces personnes sur un ou deux médecins.»

Cette même société, dans le même temps, est devenue «intolérante à l'agonie», poursuit Didier Sicard: «L'idée est qu'une agonie ne doit pas durer. Que les mourants ne doivent pas trop embarrasser les vivants.» Ce contexte, cette «pression de la société sur l'hôpital, aboutit à ce que des médecins se retrouvent en situation de radicalité», conclut-il, en évoquant ainsi, tacitement, le cas du docteur Bonnemaison.


Qu'enfin cesse «la clandestinité»

Le professeur s'est gardé, a-t-il prévenu, de se pencher sur le dossier de ce dernier. Il dit seulement: «Ce procès est celui de l'indifférence hospitalière. Laisser un médecin tout seul, en lui abandonnant les malades les plus graves, peut aboutir à ce genre de désastre.» Lui voudrait, pour que l'affaire puisse avoir «un sens pour la société», que «la médecine affronte cette capacité d'aider à mourir»; que les actes de «sédation en phase terminale», opérés avec des «calmants» puissent l'être «de façon plus transparentes.» Qu'enfin cesse «la clandestinité».

L’ex-docteur Bonnemaison est jugé aux assises de Pau jusqu’au 27 juin.

LeParisien.fr
Source: http://www.leparisien.fr/aquitaine/euthanasie-le-cours-magistral-du-professeur-sicard-au-proces-bonnemaison-18-06-2014-3933391.php
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyDim 22 Juin 2014, 23:09

a.nonymous a écrit:
Alors que ce que l'on nous présentent parfois comme de "grandes avancées sociétales" ne concernent en réalité qu'une minorité de citoyens, une des prochaines grandes avancées réelle concernera sûrement la fin de vie...



J'en reste plus que jamais convaincu....

"Selon le ministère de la Santé, le futur projet de loi devra assurer le développement de la médecine palliative, mieux organiser les directives anticipées et mieux encadrer les conditions dans lesquelles la vie peut être abrégée"



Reuters a écrit:
Jean Léonetti devra de nouveau plancher sur la fin de vie

Reuters – sam. 21 juin 2014

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a chargé le député UMP des Alpes-Maritimes Jean Léonetti, à l'origine de la loi de 2005 sur la fin de vie, de préparer un nouveau texte sur le sujet en tandem avec le député socialiste de la Vienne Alain Claeys, annonce samedi le ministère de la Santé.

Les parlementaires devront remettre leur proposition avant le 1er décembre et le Parlement en sera saisi avant la fin de l'année, précise-t-il.

"Le gouvernement est convaincu de la nécessité de faire évoluer la législation sur l'accompagnement des personnes en fin de vie", écrit le ministère dans un communiqué.

"La loi de 2005 reste mal connue, mal comprise et mal appliquée. Nos concitoyens aspirent à ce que leurs volontés soient pleinement respectées dans les derniers moments de leur vie", ajoute ce texte.

Le débat sur l'euthanasie passive a repris avec force en France avec l'ouverture du procès de l'ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison, accusé d'avoir empoisonné sept patients en fin de vie, ainsi que l'examen par le Conseil d'Etat du cas de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif dont le maintien en vie divise la famille. (voir)

Selon le ministère de la Santé, le futur projet de loi devra assurer le développement de la médecine palliative, mieux organiser les directives anticipées et mieux encadrer les conditions dans lesquelles la vie peut être abrégée.

La loi Léonetti qui encadre depuis 2005 la fin de vie proscrit "l'obstination déraisonnable" et permet d'abréger la vie d'un malade via l'administration de traitements anti-douleur. Si le patient est dans l'incapacité d'exprimer ses volontés, la décision doit être prise par le médecin en concertation avec l'équipe de soins et la famille.

(Chine Labbé)
Source: https://fr.news.yahoo.com/jean-l%C3%A9onetti-devra-nouveau-plancher-sur-la-fin-182426419.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMar 24 Juin 2014, 20:47

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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 25 Juin 2014, 00:16

L'Europe s'en occupe maintenant...

------------------------

Le feuilleton judiciaire concernant Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif dont le sort déchire la famille, a connu mardi deux rebondissements spectaculaires: la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a demandé en urgence son maintien en vie, prenant le contre-pied du Conseil d'Etat qui s'était prononcé un peu plus tôt pour l'arrêt des soins.

"Ayant pris connaissance de l'arrêt rendu par le Conseil d'Etat", la CEDH a demandé au gouvernement "de faire suspendre l'exécution de cet arrêt pour la durée de la procédure devant la Cour", précise un courrier adressé par la CEDH au gouvernement français, et transmis à l'AFP par l'un des avocats des parents du patient, Me Jean Paillot.

"Cette mesure implique que Vincent Lambert ne soit pas déplacé avec le but d'interrompre le maintien de son alimentation et de son hydratation", précise la Cour.

La CEDH intervient dans ce dossier à la demande des parents de Vincent Lambert, dans le cadre d'une procédure qui lui permet d'imposer aux Etats certaines mesures urgentes et provisoires, "à titre exceptionnel", en cas de "risque réel de dommages graves et irréversibles" pour les requérants.

Cette mesure d'urgence n'augure pas de la décision qui sera prise au fond, à une date non précisée. Habituellement, l'examen d'une requête devant la CEDH prend plusieurs années, mais la Cour a précisé mardi que le dossier de Vincent Lambert "serait traité en priorité".

"C'est un nouvel épisode, un de plus, qui prolonge d'autant la situation dramatique de Vincent", a regretté le Dr Eric Kariger qui dirige le service de soins palliatifs du CHU de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert. "Nous allons devoir (lui) faire encore subir des traitements qui relèvent d'un acharnement thérapeutique et de l'obstination déraisonnable qu'il redoutait tant lui-même", a-t-il ajouté.

- "le recours et le délai de trop" -

"Cette une situation extrêmement difficile à vivre pour l'ensemble de mon équipe qui appréhendait cette décision comme le recours et le délai de trop", a-t-il ajouté.

Avant ce revirement imposé par les magistrats européens, le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative française, avait rendu une décision inverse.

Il avait jugé "légale" la décision médicale de "mettre fin aux traitements", soulignant qu'elle correspondait à la volonté exprimée par Vincent Lambert, un ancien infirmier en psychiatrie, avant l'accident qui l'a cloué il y a six ans sur un lit d'hôpital, avec des "lésions irréversibles".

Cette décision "s'inscrit dans le cadre tracé par la loi Leonetti" de 2005 sur la fin de vie, avait en outre estimé Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'Etat.

Un avis partagé par le député UMP Jean Leonetti, à l'origine de cette loi, qui a vu dans cette décision non pas la "validation d'un acte euthanasique, mais le refus de l?acharnement thérapeutique", et a rappelé que chaque chaque situation devait "être appréciée au cas par cas".

Le neveu de Vincent Lambert, François, partisan de l'arrêt de soins, avait fait part de son "soulagement" et estimé que "les choses ont été faites dans les règles". "J'irai lui dire au revoir encore une fois, une dernière fois j'espère", avait-il ajouté.

L'arrêt des soins est également demandé par Rachel, l'épouse de Vincent Lambert, par six frères et s?urs et par le corps médical, au nom du "respect" dû à l'ancien infirmier.

Ses parents Pierre et Viviane Lambert, catholiques traditionalistes, ainsi qu'un frère et une s?ur qui réclament son maintien en vie, avaient en revanche dénoncé "un jour funeste", par la voix d'un de leurs avocats, Me Jérôme Triomphe.

Ces rebondissements surviennent au moment où deux procès relancent le débat sur la fin de vie: celui du Dr Nicolas Bonnemaison pour l'empoisonnement de sept patients aux assises des Pyrénées-Atlantiques, et celui, qui débute mercredi aux assises de l'Hérault, d'une ex-professeur de français, accusée d'avoir tenté d'abréger la vie de sa mère atteinte d'Alzheimer.

Le gouvernement a chargé M. Leonetti et le député PS Alain Claeys de proposer d'ici fin 2014 des aménagements.

------------------

Est ce bien ce que nous attendions des instances européennes ?

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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 25 Juin 2014, 06:21

L'avocat de la famille, certainement. Les autres, c'est une autre histoire.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 25 Juin 2014, 12:46

Peut être que cette péripétie nouvelle dans cette affaire lamentable ainsi que le rôle joué par les instances européennes devraient faire réfléchir ceux qui considèrent que les électeurs réservés sur l'orientation prise par les institutions européennes sont systématiquement d'incurables réacs opposés à tout progrès.

Seconde question : est il utile de conserver le conseil d'état ?
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 25 Juin 2014, 14:21

europe : la décision au fond n'est pas prise ; on n'en est qu'à une demande de suspension de la décision.

conseil d'état : qu'en pensez-vous?
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Robin

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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 25 Juin 2014, 16:47

Catholiques traditionalistes.Tout est dit !
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Smile



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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 25 Juin 2014, 17:51

Sujet Difficile, très difficile!
Mais cette affaire est importante car elle fera jurisprudence
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 25 Juin 2014, 20:23

Smile a écrit:
Sujet Difficile, très difficile!
Mais cette affaire est importante car elle fera jurisprudence


La fin de vie qu'il s'agisse de l'accompagnement, des soins palliatifs, du suicide assisté, de l'acharnement thérapeutique, .... est effectivement un sujet difficile mais c'est un vrai sujet de société....
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 29 Oct 2014, 19:56

Reste à savoir si aujourd'hui le président est en position de lancer un débat sociétal sur ce sujet...

Contrairement à d'autres sujets sociétaux comme le "mariage pour tous", la fin de vie concerne tout le monde, sans aucune exception....



"L'enquête de cette année indique en outre que 93% des sondés "souhaitent" que François Hollande "tienne sa promesse de campagne en autorisant (...) le recours à l'euthanasie active pour les personnes en fin de vie qui en feraient la demande"."




AFP a écrit:
AFP 29-10-2014 - 18:35
La part des Français favorables à l'euthanasie progresse à 96%

La part des Français favorables à l'euthanasie pour soulager les personnes souffrant de "maladies insupportables et incurables" a progressé à 96% contre 92% un an plus tôt, selon un sondage publié mercredi par l'association pro-euthanasie ADMD.

A la question "selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent?", 54% répondent "oui, absolument" et 42% "oui, dans certains cas" soit 96% de personnes favorables.

Ce sondage a été réalisé par l'Ifop auprès de 977 personnes représentatives, de plus de 18 ans, du 7 au 9 octobre. Une enquête similaire en octobre 2013 montrait 92% de personnes favorables (44% répondaient "oui absolument" et 48% "oui dans certain cas").

L'enquête de cette année indique en outre que 93% des sondés "souhaitent" que François Hollande "tienne sa promesse de campagne en autorisant (...) le recours à l'euthanasie active pour les personnes en fin de vie qui en feraient la demande".

Dans sa proposition 21 de candidat à la présidence, M. Hollande avait indiqué qu'il "proposerait que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité".

L'association ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) qui revendique "plus de 50.300 membres" a lancé mercredi une campagne de presse pour rappeler au président de la République son "engagement 21".

"François, fais comme la Hollande" clame un encart publié dans Libération, montrant la silhouette du président et précisant que "la Hollande a légalisé l'euthanasie dès 2001".

Cette campagne va être "diffusée sur différents supports de presse", explique le président d'ADMD, Jean-Luc Romero, élu apparenté socialiste du conseil régional d'Ile-de-France.

L'ADMD appelle à un rassemblement à Paris le 2 novembre, date choisie comme "Journée mondiale pour de droit de mourir dans la dignité".

L'association rejette la loi Leonetti qui régit actuellement la fin de vie et réclame une "loi visant à légaliser l'euthanasie et le suicide assisté et à assurer un accès universel aux soins palliatifs".

Annoncé à plusieurs reprises, un projet de loi sur la fin de vie pourrait être déposé au Parlement autour du mois de mars 2015, selon des sources politiques.

En janvier 2014, le président avait souhaité qu'un nouveau texte pour dépasser la loi Leonetti puisse être mis au point "sans polémique, sans divisions, simplement dans l'idée qu'un changement est possible pour rassembler toute la société".
Source: http://actu.orange.fr/societe/la-part-des-francais-favorables-a-l-euthanasie-progresse-a-96-afp_CNT0000005ttqY.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 04 Fév 2015, 02:56

L'Assemblée nationale a lancé une "Consultation citoyenne : Proposition de loi (n° 2512) créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie présentée par MM. Alain Claeys et Jean Leonetti".

Celle-ci est ouverte jusqu'au 16 février 2015 à 12:00

Voir: http://www2.assemblee-nationale.fr/consultations-citoyennes/droits-des-malades-et-fin-de-vie


Voir aussi l'article de Rue89 sur cette consultation: http://rue89.nouvelobs.com/2015/02/03/revolution-lassemblee-nationale-decouvre-lavis-internautes-257479
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 04 Fév 2015, 05:55

La question de la fin de vie : combien de suffrages acquis pour les prochaines élections ?

les dossiers importants d'abord : comment faire voter les étrangers et si possible pour le "bon parti" sans flanquer la révolution dans le pays...

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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyLun 09 Mar 2015, 13:45

Une nouvelle fois des représentants religieux tentent de faire pression sur le législateur pour imposer à tous  leur vision des choses ce qui est totalement inacceptable dans un pays laïque...

Qu'ils restent dans leurs églises, leurs synagogues et leurs mosquées...



Le Monde a écrit:
L’appel des représentants religieux contre la loi sur la fin de vie

Le Monde.fr | 09.03.2015 à 12h18 • Mis à jour le 09.03.2015 à 12h28

L’examen à l’Assemblée, mardi 10 et mercredi 11 mars, de la proposition de loi sur la fin de vie des députés Alain Claeys (PS, Vienne) et Jean Leonetti (UMP, Alpes-Maritimes) devrait avoir lieu dans un climat un peu moins apaisé et consensuel que ne l’avait sans doute espéré le président de la République, dont cette mesure était une de ses promesses de campagne.

La proposition de loi, qui n’autorise ni euthanasie ni suicide assisté mais instaure un droit à une sédation « profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, ainsi que des directives anticipées contraignantes, est loin de faire l’unanimité.

Ainsi dans une tribune publiée par Le Monde lundi 9 mars, cinq représentants des trois grandes religions monothéistes unissent leurs voix pour dire leur opposition à l’emploi de la sédation pour donner la mort.

[ Philippe Barbarin (cardinal, archevêque de Lyon), François Clavairoly (président de la Fédération protestante de France), monseigneur Emmanuel (métropolite de France, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France), Haïm Korsia (grand rabbin de France) et Mohammed Moussaoui (président de l’Union des mosquées de France et président d’honneur du Conseil français du culte musulman) ]


« Confusion »

« Le contexte actuel manque de lisibilité, et la période que nous traversons est difficile […]. Un nouveau débat sur la fin de vie risque d’y ajouter de la confusion », écrivent Philippe Barbarin (cardinal, archevêque de Lyon), François Clavairoly (président de la Fédération protestante de France), monseigneur Emmanuel (métropolite de France, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France), Haïm Korsia (grand rabbin de France) et Mohammed Moussaoui (président de l’Union des mosquées de France et président d’honneur du Conseil français du culte musulman).

Et ces personnalités religieuses de lancer un appel « inquiet et pressant, pour qu’une éventuelle nouvelle loi ne renonce en aucune façon à ce principe fondateur : toute vie humaine doit être respectée ». Les religieux pointent « une nouvelle tentation : celle de donner la mort, sans l’avouer, en abusant de la “sédation” » et dénoncent alors « un acte d’euthanasie ». « Au nom de quoi envisagerait-on de légaliser un geste de mort ? Parce que la personne concernée aurait, dit-on, perdu sa dignité humaine ? Parce qu’elle aurait fait son temps ? On lui laisserait entendre qu’elle est devenue inutile, indésirable, coûteuse… L’homme se croit-il en mesure de décerner – pour lui-même ou pour autrui – des brevets d’humanité ? », s’interrogent-ils enfin.

A contrario, le professeur Régis Aubry, chef du service de soins palliatifs du CHU de Besançon et président de l’Observatoire national de la fin de vie, pointe « une différence fondamentale entre sédation profonde et continue jusqu’au décès et euthanasie. La sédation profonde et continue n’accélère probablement pas la survenue du décès. » Si cette question de la sédation « profonde et continue » est la plus polémique, elle n’est pas la seule à faire débat.

Ainsi, le point sur les traitements de survie, comme la nutrition et l’hydratation artificielles, est particulièrement sensible. « Si la sédation profonde dure cinq jours, la déshydratation se voit sur le visage. Il y a des proches qui vont être choqués par ce qui se passe. Ce sont des jours abominables », assure un élu PS, favorable à l’instauration d’une aide active à mourir. « On ne sait pas très bien quel est le degré de souffrance induit », précise le docteur Régis Aubry. Un débat que Jean Leonetti assure ne pas comprendre. « Après une anesthésie générale, quelqu’un a-t-il le souvenir d’avoir eu faim ou soif ? », demande-t-il.



Risque juridique

Autre point : la loi doit-elle spécifiquement autoriser les médecins à ne pas pratiquer une sédation « profonde et continue » jusqu’à la mort si cela devait heurter leurs convictions ? Le député PS du Val-d’Oise Gérard Sebaoun a soumis un amendement en ce sens lors de l’examen de la proposition de loi en commission le 17 février. Sa démarche s’est heurtée à un refus quasi unanime. « Introduire la clause dénaturerait le texte et laisserait à penser que le texte a une visée euthanasique », a estimé le député UMP de l’Isère Jean-Pierre Barbier.

Concernant les directives anticipées – des consignes écrites à l’avance par un patient concernant sa fin de vie –, la proposition de loi souhaiterait que celles-ci s’imposent « pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement », sauf s’il y a « urgence vitale » ou si « les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ». Mais pour Jean-Luc Romero, le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, « on va avoir des recours juridiques à ne plus en finir ». Un avis partagé par Frédérique Dreifuss-Netter, conseillère à la Cour de cassation, lors d’un colloque au Sénat le 19 février : « La formulation “manifestement inappropriée” me paraît être une source de contentieux. »
Source: http://www.lemonde.fr/fin-de-vie/article/2015/03/09/l-appel-des-representants-religieux-contre-la-loi-sur-la-fin-de-vie_4589903_1655257.html#2vvwCb8dLld11QP0.99
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyLun 09 Mar 2015, 13:59

On peut déplorer leurs interventions mais pour l'instant ils ne tuent personne... dans le contexte actuel c'est à souligner... et ils ne font pas plus de mal que les partis politiques à la dérive ou des associations dont la représentativité est branlante.

Qu'ils s'expriment tant que cela ne va pas plus loin.

Méfiance tout de même envers des "vides juridiques" bien exploités qui pourraient entrainer des fins de vie non souhaitées par les intéressés.
Le coup de pouce humaniste sur le piston de la seringue peut ne pas toujours être désintéressé.

Entre l'idée généreuse et sa mise en pratique, quelques indispensables précautions doivent être prises.
Ceci dit sur un plan qui n'a rien à voir avec la religion.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyLun 09 Mar 2015, 14:15

tonton christobal a écrit:
On peut déplorer leurs interventions mais pour l'instant ils ne tuent personne... dans le contexte actuel c'est à souligner... et ils ne font pas plus de mal que les partis politiques à la dérive ou des associations dont la représentativité est branlante.

Qu'ils s'expriment tant que cela ne va pas plus loin.

On a vu ce que certains étaient capables de faire, au delà de Charlie, de l'Irak ou du Niger, au nom d'une religion.....

Je pense par exemple aux destructions de services hospitaliers assurant l'IVG par des catholiques intégristes souvent liés à l'extrême droite...



tonton christobal a écrit:
Méfiance tout de même envers des "vides juridiques" bien exploités qui pourraient entrainer des fins de vie non souhaitées par les intéressés.
Le coup de pouce humaniste sur le piston de la seringue peut ne pas toujours être désintéressé.

Entre l'idée généreuse et sa mise en pratique, quelques indispensables précautions doivent être prises.
Ceci dit sur un plan qui n'a rien à voir avec la religion.

Nous sommes typiquement dans une situation où la décision doit être prise collégialement selon des règles éthiques bien définies...

Après il ne fait pas se voiler la face sur la réalité de certaines décisions qui sont d'ors et déjà prises chaque jour dans les services hospitaliers...
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Libellule

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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyLun 09 Mar 2015, 14:37

Déjà l'emploi du mot euthanasie crée une difficulté sémantique qu'il faut savoir surmonter. On y associe l'idée de faire mourir quelqu'un intentionnellement.

Je trouve que l'introduction au débat de la notion de sédation profonde a une vraie vertu pédagogique. Un article paru voici 4 mois, qui me parait bien poser les questions.

Un patient atteint d’une maladie grave et incurable, et « dont le pronostic vital est engagé à court terme », pourra, demain, être en droit d’exiger une sédation profonde jusqu’à son décès afin d’éviter de souffrir. C’est le sens de la proposition qu’ont remise à François Hollande, vendredi 12 décembre, les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) et que le chef de l’Etat a approuvée.

Sédation profonde

La sédation profonde consiste en l’injection d’un cocktail médicamenteux qui plonge le patient dans un état d’inconscience. La mort survient soit parce qu’il est au dernier stade de sa maladie, soit parce que ses traitements ont été arrêtés, ou enfin parce que son hydratation et son alimentation artificielle sont interrompues. La sédation risque aussi d’accélérer la mort.

Si cette pratique a déjà cours dans les hôpitaux français, « elle est loin d’être générale ni homogène », relèvent les deux parlementaires, pour expliquer pourquoi ils souhaitent lui donner force de loi. La sédation profonde et continue devrait également concerner, selon eux, un patient qui déciderait de demander l’arrêt de tous les traitements qui le maintiennent en vie, « parce qu’il estime que [ces traitements] prolongent inutilement sa vie, étant trop lourds ou ayant trop duré ».

L’actuelle loi sur la fin de vie, dite loi Leonetti, mentionne explicitement le fait qu’un traitement puisse « avoir pour effet
secondaire d’abréger [la] vie » du patient. Face à ce « double effet » des sédatifs ou des antalgiques, certains s’inquiètent, notamment dans le milieu des soins palliatifs, de la frontière entre sédation profonde et euthanasie passive.

Euthanasie passive ?

Lors de son audition à l’Assemblée nationale, Vincent Morel, le président de la Société française des soins palliatifs (SFAP), a ainsi dit se méfier d’un « droit créance », c’est-à-dire qui systématiserait cette sédation. Pour lui, « sa mise en place créerait une confusion majeure sur la finalité de cette pratique. Le parallèle entre euthanasie et sédation pourrait alors être effectué ».

Pour distinguer les deux, le rapport du professeur Didier Sicard sur la fin de vie, rendu en décembre 2012, mettait en avant deux critères : l’intention et les médicaments utilisés sont différents. « Le plus difficile est de ne pas faire de ce double effet une culture euthanasique par défaut », alertait le rapport, qui précisait cependant que « l’administration de doses massives d’un sédatif ne peut pas s’appeler un double effet. Il s’agit, qu’on le veuille ou non, d’une pratique euthanasique lente ».

Pour M. Claeys, les cas dans lesquels ces « actes médicaux » de sédation doivent être pratiqués sont « parfaitement décrits » dans la proposition de loi. « On ne peut pas être débordé par je ne sais quel apprenti sorcier », assure-t-il.
La sédation doit « être associée à l’arrêt de tout traitement de maintien en vie », expliquent les deux parlementaires. Par ce terme, ils désignent aussi bien les « techniques invasives de réanimation », comme un respirateur artificiel, les traitements antibiotiques ou anticoagulants que les traitements dits de « survie », parmi lesquels la nutrition et l’hydratation artificielle. Vincent Lambert, le patient tétraplégique dans un état végétatif sur le sort duquel la famille se déchirait, entre dans ce cas de figure.

Cette sédation doit par ailleurs être « continue » jusqu’au décès, prévoient Alain Claeys et Jean Leonetti. Aujourd’hui, il arrive en effet que des médecins réveillent des patients pour leur demander de confirmer leur décision. Ce que Bernard Devalois, responsable d’une unité de soins palliatifs, assimile à une forme de « maltraitance ».
Directives anticipées

Les médecins auront enfin l’obligation de respecter les « directives anticipées » laissées par les patients à des proches sur le sort qu’ils souhaitent. Le texte prévoit cependant deux exceptions. En cas d’urgence vitale, lorsque le médecin n’a pas eu le temps d’avoir accès aux souhaits du patient. Et lorsque ces directives sont « manifestement inappropriées ». Jean Leonetti cite l’exemple d’une femme qui avait simplement écrit « ne pas vouloir de tuyaux ». Le médecin devra alors justifier son refus, consulter un confrère, et motiver sa décision par écrit dans le dossier médical.

Les directives devraient enfin évoluer dans leur forme. Aujourd’hui rédigées sur papier libre, elles peuvent parfois « ne pas être claires, ni assez précises ou adaptées à la situation de la personne », ce qui peut « conduire le médecin à les négliger ». Elles devraient donc à l’avenir être rédigées selon un « cadre de rédaction » déjà défini, comme cela se pratique en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Aujourd’hui renouvelables tous les trois ans, elles seraient sans délai de validité, « la dernière rédaction étant à retenir », comme pour les testaments.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/fin-de-vie/article/2014/12/12/sedation-profonde-et-directives-anticipees-ce-que-permettrait-le-nouveau-droit-a-mourir_4539442_1655257.html#hoEAg0Wp6hzfk1Mg.99
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 11 Mar 2015, 21:47

Aujourd'hui a été débattu à l'Assemblée des amendements créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie.... Au delà de cet amendement  spécifique qui a été rejeté, j'avoue être surpris et indigné par la nombre de députés ayant participé au scrutin...

Alors que l'on nous parle constamment de l'abstention des citoyens lambda, il est pour moi inadmissible que 416 des 577 députés n'aient pas participé au vote...

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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 20 Jan 2016, 02:22

Le dossier de la fin de vie avance lentement....


"Sept députés et sept sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP), mardi 19 janvier, ont réussi le tour de force de s’accorder à l’unanimité sur un texte commun, alors même que les deux Chambres s’étaient prononcées en faveur de textes très différents."


http://www.lemonde.fr/fin-de-vie/article/2016/01/20/fin-de-vie-deputes-et-senateurs-s-accordent-sur-un-texte-commun_4850084_1655257.html a écrit:
Fin de vie : députés et sénateurs s’accordent sur un texte commun

Le Monde.fr | 20.01.2016 à 01h24 | Par François Béguin

La proposition de loi sur la fin de vie portée par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR) va pouvoir entamer la dernière étape de son parcours législatif. Sept députés et sept sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP), mardi 19 janvier, ont réussi le tour de force de s’accorder à l’unanimité sur un texte commun, alors même que les deux Chambres s’étaient prononcées en faveur de textes très différents.

Le 29 octobre, les sénateurs avaient en effet détricoté en deuxième lecture le texte précédemment voté à une large majorité transpartisane par les députés, craignant que l’instauration d’un « droit à la sédation profonde et continue » pour les malades en phase terminale n’autorise certaines pratiques euthanasiques.

Il y a quelques semaines encore, l’entourage de MM. Claeys et Leonetti ne cachait pas ses craintes de voir la CMP échouer face à la pression de l’aile droite du Sénat. Un échec qui aurait reporté de plusieurs mois l’adoption de cette proposition de loi appelée de ses vœux par le chef de l’Etat il y a maintenant plus d’un an.

« J’avais le sentiment qu’il n’y avait pas de vraies divergences de fond mais des questions d’interprétation, explique M. Leonetti au Monde. Nous avons levé les inquiétudes et les ambiguïtés sans dénaturer le texte. »



« Les choses pourraient être votées à une large majorité »

Le compromis adopté mardi 19 janvier est très proche de la version adoptée par l’Assemblée. À l’article 2, les sénateurs avaient par exemple voulu faire de l’hydratation artificielle un « soin » qu’il aurait été possible de maintenir lors de la mise en place d’une sédation profonde et continue jusqu’à la mort. Le texte issu de la CMP précise de nouveau qu’hydratation et alimentation artificielle sont des « traitements » susceptibles d’être arrêtés si le patient se trouve dans une situation d’obstination déraisonnable.

« Le mot “traitement” était essentiel, explique M. Claeys. Les sénateurs présents à la CMP en ont d’ailleurs convenu. On aurait pu avoir la tentation d’enlever la phrase mais cela aurait créé des risques de contentieux. » C’est par exemple le maintien de cette seule hydratation artificielle qui avait fait durer trente et un jours l’agonie de Vincent Lambert, alors même qu’un arrêt des traitements avait été décidé.

Autre sujet de discorde entre l’Assemblée et le Sénat : la rédaction de l’article 3. Alain Claeys et Jean Leonetti ont donné leur accord pour la disparition de la formule : « et de ne pas prolonger inutilement la vie », jugée ambiguë par plusieurs élus.

Quant aux directives anticipées, elles « s’impose[ro]nt » désormais au médecin, sans être toutefois opposables. Le médecin pourra en effet y déroger « en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation » et lorsqu’elles « apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ».

La proposition de loi doit désormais de nouveau être soumise au vote des députés le 25 janvier et des sénateurs le 17 février. Alain Claeys se dit « assez optimiste » sur cet ultime examen par les deux Chambres. « Quatorze parlementaires ne font pas l’unanimité, mais les choses pourraient être votées à une large majorité », fait de son côté valoir Jean Leonetti. Il faudra désormais attendre pour savoir le 17 février si les sénateurs ont été suffisamment rassurés par les modifications apportées en CMP.

   François Béguin
   Journaliste au Monde
Source: http://www.lemonde.fr/fin-de-vie/article/2016/01/20/fin-de-vie-deputes-et-senateurs-s-accordent-sur-un-texte-commun_4850084_1655257.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMar 21 Mai 2019, 23:04

2019

Citation :
Vincent Lambert, la mort et les impôts

par Alexandre Delaigue, professeur d'économie à Lille I

Publié le 14 juin 2015

Essayez de dire que l'affaire Vincent Lambert, et plus généralement la question de la fin de vie, est un problème avant tout économique: c'est un bon moyen de casser l'ambiance. Comment peut-on oser mettre en balance des questions de vie et de mort et de sordides questions financières? Va-t-on mettre les comptables au pouvoir, qui vont décider qui a suffisamment de valeur pour vivre encore, et qui ne mérite pas de vivre?

Mais on ne progresse guère dans ces débats à grands coups d'absolus. Celui sur la fin de vie est confisqué depuis bien longtemps par deux absolus : d'un côté, l'absolu de l'impératif de sauver des vies; de l'autre, l'absolu de la liberté individuelle, y compris celle de décider de sa propre mort, défendu par l'ADMD. Chaque camp nous offre ses arguments, ses vidéos choc, et on ne progresse pas beaucoup.

Un point de départ pour appréhender le sujet autrement pourrait être le suivant : nous allons tous mourir un jour. Dès lors, "sauver une vie" est un abus de langage; on ne fait que prolonger une vie. Cette prolongation se fait dans certaines conditions, avec une certaine qualité de vie pour la personne, et à un certain coût. Et comme en matière de soins médicaux, ce coût est le plus souvent supporté par la collectivité au travers d'impôts et de dépenses publiques, la comparaison des avantages et du coût est une décision collective.

Cela peut sembler un calcul aride et un peu monstrueux; pourtant, peu de gens considéreraient comme raisonnable de dépenser un million d'euros pour prolonger la vie d'une personne d'une minute, dans de grandes souffrances. Ce n'est en tout cas pas la position de l'église catholique sur le sujet.

Jusqu'à une période récente, ce genre de questionnement était largement théorique: on mourait rapidement. Une très grande partie de la mortalité était la mortalité infantile avant 5 ans, qui a commencé à reculer avec les progrès sanitaires et de nutrition à la fin du 19ième siècle. Mais jusqu'à une période récente, le délai entre le diagnostic d'une maladie grave et le décès était très court; il n'y avait, de toute façon, pas grand-chose à faire. Rien de tel aujourd'hui. Chirurgie, nouveaux traitements, nouveaux médicaments, nouvelles technologies médicales: Jamais on ne vous dira "il n'y a rien à faire" quelle que soit votre mal.

Point commun de ces traitements: ils coûtent cher, très cher. L'essentiel des dépenses de santé que vous engendrerez dans toute votre existence se feront pendant votre dernière année de vie. On estime que les 5% de personnes qui vont décéder dans l'année correspondent à 30% des dépenses de l'ensemble du système de santé. Le graphique suivant (extrait de cette étude, page 25 http://www.cepremap.fr/depot/opus/OPUS15.pdf ) indique les dépenses de santé mensuelles en fonction de la proximité du décès: quelle que soit la tranche d'âge considérée, l'explosion des dépenses est frappante. Ce n'est pas tant le vieillissement de la population qui coûte cher, que les soins à proximité de la mort.

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Dernière édition par a.nonymous le Mar 21 Mai 2019, 23:12, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMar 21 Mai 2019, 23:05

Citation :
---/---
Toute une industrie s'est formée autour de la prolongation de la vie des personnes au voisinage de leur décès. Une chimiothérapie, ou une radiothérapie, coûtent des dizaines de milliers d'euros; Vendre aux systèmes de santé nationaux des traitements extrêmement chers est devenu le business model dominant de l'industrie pharmaceutique; l'halaven, traitement du cancer du sein qui prolonge en moyenne la vie des malades de trois mois pour 500€ la pilule (ou 10 000 € de traitement par an), par exemple. De nombreuses spécialités médicales dépendent des traitements administrés aux personnes en fin de vie; tout comme l'emploi de milliers de salariés pour les soins intensifs, les maisons médicalisées, etc.

Cette industrie tient ses promesses : certes, elle coûte cher, mais elle prolonge la vie. Elle est à l'origine de l'essentiel de la hausse de l'espérance de vie dans nos sociétés depuis que la mortalité infantile a été pratiquement éradiquée. Mais comme le rappelle le docteur Atul Gawande dans son récent ouvrage Being Mortal (qui a donné lieu à un documentaire), les conséquences sur la qualité de vie sont bien plus douteuses. On meurt à l'hôpital, une institution totale dans laquelle la priorité accordée à la survie du malade se fait au détriment de sa qualité de vie.

Au nom de sa survie, la personne ne peut plus vivre chez elle, près de ses proches, choisir ce qu'elle mange, ce qu'elle boit, à quelle heure; elle perd son intimité. Et ce pour subir des traitements aux conséquences souvent très douloureuses (nausées, dégradation physique, souffrance). Si ces caractéristiques de l'hospitalisation sont acceptables Lorsqu'il s'agit d'être guéri d'une affection, elles le sont beaucoup moins pour des personnes dont il s'agit simplement de prolonger l'existence de quelques mois. Entre survivre 6 mois à l'hôpital, bardé de tuyaux en chimiothérapie, et survivre 2 mois chez soi sans traitement, les gens n'ont souvent pas le choix : celui-ci ne leur est jamais présenté tant la priorité à la survie est inhérente au fonctionnement du système de santé.

De nombreuses alternatives existent; techniques permettant aux personnes dépendantes de rester chez elles, soins palliatifs (qui privilégient les moyens d'améliorer la qualité de vie du patient en fin de vie). Mais elles peinent à se développer, alors qu'elles seraient moins coûteuses, et plus respectueuses des personnes et de leur dignité, que le traitement actuel.

Il y a plusieurs raisons à cela. Comme le rappelle Gawande, cela nécessiterait un changement de culture (et de formation) considérable dans un corps médical toujours réticent à ce genre d'évolutions. Mais ce sont aussi nos mentalités, notre rapport à une médecine considérée comme miraculeuse, notre rapport à la mort, que nous devrions faire évoluer.

Dans ce contexte, la confiscation du débat par les défenseurs du "droit à la vie", et les défenseurs du "droit de mourir" est nuisible. A privilégier la vie comme quantité, on s'engage dans la voie sans issue de dépenses toujours plus grandes pour grappiller quelques jours de plus d'une vie douloureuse, dans un environnement médical déshumanisant. Les défenseurs du "droit à mourir" n'ont eux à offrir que le suicide assisté à ceux qui souffrent en fin de vie; le résultat est le faible développement des soins palliatifs dans les pays qui l'ont légalisé : Il est plus simple d'abréger la fin de vie que de chercher à l'améliorer. Comparer les coûts pour la collectivité et les avantages pour les personnes peut sembler immoral : sur la question de la fin de vie, ce serait un progrès.
https://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2015/06/14/vincent-lambert-la-mort-et-les-impots.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMar 21 Mai 2019, 23:27

Le départ de François Mitterrand...

Citation :
---/---
Pour le réveillon, Mitterrand a voulu revoir une dernière fois Assouan, en Egypte. A son retour, lorsqu’une ultime IRM a révélé la migration flambante du cancer dans la colonne vertébrale et vers le cerveau, le malade a demandé son pronostic à Tarot. « Une douzaine de jours. Moitié moins sans les traitements, mais avec seulement les anti-douleur. » Pour être certain, Mitterrand a fait venir le député socialiste Jean-Paul Bacquet, médecin lui aussi, qui confirme l’avis de son confrère. Et l’ancien président a décidé d’arrêter les traitements et de cesser de s’alimenter, demandant que l’on fasse venir, le samedi 6 janvier 1996, André Rousselet, son exécuteur testamentaire. Le 8 janvier, au petit matin, Anne Pingeot a appelé l’Elysée. Trente-quatre semaines après son départ du pouvoir, François Mitterrand venait de succomber.
https://www.lemonde.fr/series-d-ete-2018-long-format/article/2018/07/31/1995-francois-mitterrand-l-agonie_5337919_5325928.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 05:37

Nous avons quelques "z'élites" qui ont tranché le débat.
Passé un certain age on ne soigne plus...
Si a 75 ans vous avez besoin d'une hanche artificielle et d'une opération de la cataracte on vous laisse à votre sort d'invalide en fauteuil et d'aveugle... à vous la petite charrette, plus de lecture et la téloche floutée.
Le tout au nom de la solidarité et du redressement financier du pays.
On fait des salles de shoot pour les camés on fera des salles de fin de vie assistée pour ceux qui coûtent trop cher.

En même temps pour vous consoler d'avoir bossé et casqué votre vie durant vous saurez que l'on soigne nos migrants gratos... si ensuite vos enfants votent mal ce seront d'affreux populistes qu'il conviendra de rééduquer car dangereux déviationnistes sortis du "cercle de raison".

En même temps, si vous avez du pognon vous pourrez couler une vieillesse heureuse et fréquenter les pontes de leur spécialité pour qui la carte vitale est un accessoire inconnu et ainsi échapper à la sanction appliquée à ceux qui vivent plus longtemps que le "droit" le leur permet.

Lorsqu'un problème se pose sous des aspects divers voire contradictoires où se mélangent la morale, la croyance religieuse ou les principes de vie, les moyens de la médecine, une justice dont on se demande quel est le rôle et la gestion du fric que l'état se charge de distribuer et "en même temps" de gaspiller doit on être surpris que le dossier devienne ingérable ?

Comme la justice est impliquée, que le "machin onusien" avec quelques assoces ou ONG s'en mêlent bonjour les dégâts ! le tout découlant d'accords internationaux qui n'ont pas de caractère "contraignant" expression consacrée pour vous forcer à obéir à une structure irresponsable sortie du néant (comme pour le traité de marrakech)...
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 11:00

tonton christobal a écrit:
Nous avons quelques "z'élites" qui ont tranché le débat.
Passé un certain age on ne soigne plus...
Si a 75 ans vous avez besoin d'une hanche artificielle et d'une opération de la cataracte on vous laisse à votre sort d'invalide en fauteuil et d'aveugle... à vous la petite charrette, plus de lecture et la téloche floutée.
Le tout au nom de la solidarité et du redressement financier du pays.


La question posée ne concerne pas les soins qui apportent un réel confort de vie aux personnes âgées mais le coût des derniers jours de vie en réanimation ou en soins intensifs sachant que durant ceux-ci la qualité de vie du patient est généralement fortement dégradée...

L'utilité que je vois à prolonger la vie de quelques jours dans ces conditions est de permettre aux proches de se préparer psychologiquement au départ du patient...
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 11:31

Ce que je sais au sujet des gens "en fin de vie" à la lumière de personnes concernées se résume facilement :
Une personne de plus de 80 ans de son "vivant" cultivée, dans un contexte familial paisible,  bricoleuse, chassant, pleine d'espérance  qui refusait de vivre dans la déchéance s'est retrouvée à 80 ans aveugle avec des problémes cardiaque cramponnée à la vie.

Nous étions nombreux à attendre un suicide... qui n'est pas venu.

Itou pour un ami cancéreux, sportif, engagé dans la vie... heureux en famille, qui ne se voyait pas grabataire...

Les deux disposant d'armes pour mettre fin à leur vie... et ce qui a été fait n'a pas besoin de publicité.

Les deux m'avaient lors d'échanges lors de notre "glorieuse époque" affirmé ne pas pouvoir supporter la "déchéance" aucun d'entre eux n'a mis fin à ses jours...

Le reste est sans importance, mais dire ce qu'il faut faire pour autrui, juger les familles et décider ce qu'il convient de faire... me semble bien stupide mais dans la droite ligne de ceux qui savent tout sur tout.

Il est évident que lorsque la doctrine (politique, philosophique au rabais... ) a force de loi là on sait ! mais la croyance ou la religion n'ont pas leur place.
C'est le "vieux monde" ! has been !
Nul doute que des "sachants" auraient décidé de la marche à suivre... on tue ou on paye... donc on va faire des économie à la société.

Remarque : on ne tue pas ou plus des assassins... on en remet certains en liberté il n'y a pas de "débat"

Il n'y a pas de problème moral à  trucider un malade mais on s'interdit de tuer un salaud... si la logique y trouve son compte tout va bien !


Lorsque tout est faussé que certaines "valeurs" ont force de loi et que d'autres sont niées à terme on en percevra les dividendes.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 14:31

"La santé n'a pas de prix". Sauf que de plus en plus d’hôpitaux alertent sur leur manque de moyens qui va en s'aggravant. La qualité des soins, donc la survie de patients, est compromise.
Pendant ce temps, des sommes considérables sont dépensées depuis 10 ans pour maintenir en survie artificielle un patient dans un état végétatif irréversible (selon tous les médecins)
Alors, combien de patients aurait-on pu sauver avec tout cet argent ? Combien pourrait-on sauver avec ce qui va être encore dépensé, des années durant ? Cette question, les parents de Vincent Lambert ne se la sont visiblement jamais posée.
Coincés par des budgets étriqués, des médecins y sont pourtant confrontés. Dans une démission générale des politiques. Par exemple, si vous avez 30 lits en réanimation tous occupés, et qu'arrive un 31e patient, que faire ?
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 14:57

Salamandre a écrit:
"La santé n'a pas de prix". Sauf que de plus en plus d’hôpitaux alertent sur leur manque de moyens qui va en s'aggravant. La qualité des soins, donc la survie de patients, est compromise.
Pendant ce temps, des sommes considérables sont dépensées depuis 10 ans pour maintenir en survie artificielle un patient dans un état végétatif irréversible (selon tous les médecins)
Alors, combien de patients aurait-on pu sauver avec tout cet argent ? Combien pourrait-on sauver avec ce qui va être encore dépensé, des années durant ? Cette question, les parents de Vincent Lambert ne se la sont visiblement jamais posée.
Coincés par des budgets étriqués, des médecins y sont pourtant confrontés. Dans une démission générale des politiques. Par exemple, si vous avez 30 lits en réanimation tous occupés, et qu'arrive un 31e patient, que faire ?

Combien de connards criminels multirécidivistes avons nous dans nos prisons qui libérés causent des dommages ? On va chiffrer les dégats ? pourtant on ne va pas les mettre "en fin de vie"
On peut mettre en fin de vie des braves vieux mais pas des assassins...

Combien consacrons nous à des migrants qui n'ont rien à voir avec notre pays ? coutent ils moins cher que nos anciens ?

Visiblement puisque vous vous placez sur le plan comptable ces données vous échappent... étonnez vous des résultats des élections...

Ne parlons pas de morale cette notion n'est plus à l'ordre du jour... ne parlons pas des gens condamnés que l'on ne peut renvoyer dans leur pays pris en charge en hôtel, connus comme terroristes qui se gobergent à nos frais... en recevant des pensions.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 18:29

Tonton,

Vous pouvez tout à fait opposer le budget de la santé avec le budget de la pénitentiaire ou le budget de la santé avec le budget consacré à l'accueil des migrants... Pour le coup ou plutôt pour le coût, le débat n'est pas là....

Il s'agit de savoir si dans le cas de patients en fin de vie ou dans un état irréversible, les dépenses couteuses pour prolonger leur vie de quelques jours ou de quelques mois ne pourraient pas être mieux utilisés pour d'autres patients...
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 19:08

a.nonymous a écrit:
Tonton,

Vous pouvez tout à fait opposer le budget de la santé avec le budget de la pénitentiaire ou le budget de la santé avec le budget consacré à l'accueil des migrants... Pour le coup ou plutôt pour le coût, le débat n'est pas là....

Il s'agit de savoir si dans le cas de patients en fin de vie ou dans un état irréversible, les dépenses couteuses pour prolonger leur vie de quelques jours ou de quelques mois ne pourraient pas être mieux utilisés pour d'autres patients...

Le débat moral est là !

On ne peut pas exécuter pour des raisons morales un truand condamné par la justice qui sera à la charge du pays pendant des années... si encore il "se conduit bien"  dans le cas contraire il s'évadera avec les conséquences que nous connaissons tous et la même justice peut décider que l'on peut mettre fin à la vie d'un brave type.
On ne peut pas payer les frais d'une hospitalisation longue mais on paye pour maintenir en hôtel des terroristes assignés à résidence.
On en est à mégoter sur les soins à donner à des personnes agées ayant travaillé toute leur vie en France et on prend en charge plein pot des migrants.

Si rien ne vous choque, c'est parfait pour ma part lorsque les choses sont cul par dessus tête je proteste d'autant plus que l'on tortille les faits pour justifier n'importe quoi.

Maintenant si certains raisonnements sont interdits et d'autres justifiés on peut tout avancer... tuer les handicapés lourds et en stériliser d'autres... en avant on équilibre les comptes de la sécu.
Il y a des précédents...

Pour les truands on les engage dans la milice du régime...

Désolé lorsque l'on commence à pousser le curseur il faut assumer que d'autres fassent de même.

Lorsque l'on me connait on évite de me provoquer.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 21:54

Citation :
Selon une estimation du ministère de la santé, en 2014, il y avait environ 1500 personnes en France dans un état végétatif chronique ou dans un état de conscience minimal. Les hôpitaux français comptent environ 1100 lits consacrés à ces patients, répartis dans environ 130 unités de soins de six à dix lits. Les autres patients sont accueillis dans des structures différentes, mais aussi parfois à domicile

Et quand tous les lits sont occupés, on fait comment ? Retour à domicile ?
La question du budget des hôpitaux n'est pas comptable, elle est directement liée aux soins possibles. Avec aussi la question inévitable de répartition des moyens.
Concernant la Justice, son budget est déjà très inférieur à celui de l'Allemagne par exemple, pas grand chose à gratter en faveur de la Santé (le ministère).
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 22:08

Salamandre a écrit:


Et quand tous les lits sont occupés, on fait comment ? Retour à domicile ?
La question du budget des hôpitaux n'est pas comptable, elle est directement liée aux soins possibles. Avec aussi la question inévitable de répartition des moyens.
Concernant la Justice, son budget est déjà très inférieur à celui de l'Allemagne par exemple, pas grand chose à gratter en faveur de la Santé (le ministère).

Le budget des aides sociales ? Ça va ?

On ne casquera pas pour les centenaires fictifs à l'étranger et on s'occupera des malades en France.
Pour la justice on fait payer aux détenus leur pension comme cela se fait dans d'autres pays...
Pou le budget de l'AME qui explose no problem...

Il est tout de même surprenant que la 5e puissance mondiale soit toujours sans pognon pour certains postes...

Heureusement notre pays est celui où l'imposition est parmi les plus fortes et les services les moins performants.... sans doute un effet de l'exception française.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyMer 22 Mai 2019, 23:50

Et tant qu'à parler d'argent...

Citation :
Vincent Lambert : derrière le combat judiciaire, la bataille financière entre les parents et l'épouse du patient tétraplégique

22 mai 13:41 - La rédaction de LCI

Avec la reprise des soins de Vincent Lambert ordonnée lundi par la cour d'appel de Paris, le marathon judiciaire qui déchire la famille de ce patient tétraplégique dans un état végétatif après un accident en 2008, a lui aussi repris. Et cette bataille, qui oppose notamment l'épouse de Vincent Lambert à ses parents, a un coût. Du côté des parents, opposés à l'arrêt des soins, ce coût est pris en charge à hauteur d'environ 100.000 euros par an par la Fondation Jérôme Lejeune, opposée à l'IVG et à l'euthanasie.

Du côté des proches de Vincent Lambert qui souhaitent l'arrêt des soins, une nouvelle initiative a eu lieu. Un ami de l'école d'infirmiers du patient a lancé mardi "un appel national aux dons pour aider son épouse Rachel, qui n'a pas les mêmes moyens financiers que les parents de Vincent Lambert" - https://www.lepotcommun.fr/pot/4vbzu79j . Vincent Caruel, qui a fait l'école d'infirmiers de Laon (Aisne) avec Vincent Lambert, a décrit une épouse "effondrée physiquement et psychologiquement", et affirme que "le souhait de Vincent n'est pas respecté. Il nous l'avait oralement dit lors des séances de débriefing que nous faisions au retour de nos stages hospitaliers".

Porte-parole du collectif 55 de soutien à Rachel Lambert, qui dénonce un acharnement thérapeutique, il a lancé un appel pour "payer les avocats de Rachel Lambert pour les procédures passées, présentes et malheureusement futures", peut-on lire sur la cagnotte déjà en ligne "Laissons partir Vincent Lambert".

"Depuis le début de l'affaire Vincent Lambert, la fondation Jérôme Lejeune a payé quasiment l'intégralité des frais d'avocat des parents de Vincent", a précisé lundi la Fondation Lejeune dans un communiqué. Dans ce texte, le président de cette fondation anti-IVG et anti-euthanasie, Jean-Marie Le Mené, avait qualifié de "mise à mort de Vincent Lambert" la décision d'arrêt des soins qui le maintenaient en vie.

La fondation Lejeune prend en charge "une grosse partie" des frais d'avocat, soit environ "100.000 euros" annuels des parents de Vincent Lambert, Viviane, 73 ans, et Pierre, 90 ans, ancien médecin gynécologue, proches de longue date de son président Jean-Marie Le Mené, a précisé à l'AFP l'organisation.
https://www.lci.fr/population/vincent-lambert-derriere-le-combat-judiciaire-la-bataille-financiere-entre-les-parents-et-l-epouse-du-patient-tetraplegique-2121856.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 04:10

Lorsque l'on mélange :
La morale
Les croyances religieuses
L'économie
La science médicale
et que l'on met dans la marmite la justice et l'ONU

On a le résultat que nous constatons.

Ensuite reste à utiliser un argumentaire biaisé pour étayer des solutions dont la raison est absente.

Le fin du fin étant que chacun fait parler ceux qui sont les premiers concernés et ne peuvent plus s'exprimer...
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 08:56

Pas besoin de philosophie à 2 balles, c'est beaucoup plus simple : ces procédures judiciaires durent depuis longtemps parce qu'une association intégriste gave de fric les avocats des parents Lambert. Et ça les motive à explorer tous les artifices de procédure : il n'y a qu'à voir leurs sauts de joie à la dernière décision, qui leur laisse espérer encore plus d'années de fric.
Pendant ce temps l'épouse de V. Lambert, elle, n'a pas 100 000 € à claquer tous les ans en frais d'avocat. Selon que vous serez riche ou classe moyenne ...
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 09:26

Il se trouve que fric ou pas l'origine de l'affaire reste la supposée philosophie à deux balles...

On pourrait aussi penser que si on assèche les moyens financiers on traite la question morale... c'est aussi une manière de voir les choses... qui peut convenir à certains.

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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 11:23

Après que toutes les instances judiciaires, nationales et européennes, se soient prononcé, expertises médicales à l'appui, la Cour d'appel de Paris a traité (baclé) la question en 24h, renvoyant à un comité Bidule ignoré de tous, se réunissant (on ne sait même pas combien de jours) deux fois par an, et dont l'origine des membres est encore plus méconnue, sans parler de leur compétence sur le sujet. Et c'est reparti pour un délai indéfini.

Logiquement, la Cour de cassation aurait son mot à dire sur l'avis de la Cour d'appel, et ce serait surement intéressant. Encore faut-il qu'elle soit saisie.
Sachant qu'à l'ONU, les démocraties occidentales laïques sont minoritaires, j'ai connu un participant de ce Forum plus allant pour dénoncer les comités Bidule internationaux.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 11:38

Les comités sont traditionnellement  "théodule" ! Tous droits réservés au gal De Gaulle inventeur de l'expression...

Pour le reste cette triste affaire et les manifestations qui en découlent sont emblématiques de l'évolution de notre société.
On fait la charity business
La politique spectacle
La justice décide de tout y compris de déterminer le nombre de vaches à ne pas dépasser dans un élevage...
Par là dessus des instances sorties du néant jugent, donnent des avis que parfois on est en droit de ne pas suivre
Et le cirque continue...

A titre personnel pour avoir connu de très prêt des gens qui durant leur vie prétendaient mettre fin à leurs jours par eux mêmes plutôt que de déchoir durant une agonie aucun de ceux ci bien qu'en en ayant les moyens n'est passé à l'acte.
Était ce à un membre de la famille de les tuer ?
Devait on laisser le temps passer ?
Pouvait on s'en remettre à un praticien "compréhensif"

Chacun a sa vérité et prend la solution adaptée qui lui semble la moins mauvaise sans s'il a un minimum de bon sens mettre juges et avocats dans le circuit...

Pour le cas évoqué je me garde bien de juger qui que ce soit...


Dernière édition par tonton christobal le Jeu 23 Mai 2019, 23:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 12:50

Quelques clés pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire...

Avec l'Opus Dei, "La manif pour tous", "Laissez-les vivre", la  "Fraternité Saint-Pie-X", .... on s'éloigne du simple couple de  parents éplorés voulant protéger leur enfant...

Citation :
Autour de Vincent Lambert, une famille divisée entre partisans de l'arrêt des soins et catholiques traditionalistes

22/05/2019

C'est sous les hourras qu'une foule a accueilli la décision de la cour d'appel de Paris. Le 20 mai au soir dans un ultime recours, l'instance juridique ordonnait la poursuite des soins de Vincent Lambert, dans un état végétatif à la suite d'un accident de voiture depuis plus de 10 ans. Une foule nombreuse rassemblée par les parents de Vincent Lambert, pourtant isolés au sein de leur propre famille mais qui bénéficient de soutiens de poids à l'extérieur.

Car l'histoire de Vincent Lambert est aussi celle d'une famille déchirée entre catholiques traditionalistes fervents opposants à l'euthanasie, et frères et sœurs demandant l'arrêt des soins.

Vincent Lambert a grandi au sein d'une famille recomposée de neuf enfants. Il est le premier né du couple formé par Viviane et Pierre, qui ont alors respectivement trois et deux enfants nés de mariages précédents. Pierre Lambert, né en 1929, est un gynécologue, fervent opposant à l'IVG et ancien directeur de l'association anti-avortement "Laissez-les vivre", dans l'Indre. Sa mère, née en 1945, a longtemps été l'assistante de son mari. Vincent Lambert a "une enfance compliquée dans un environnement catholique traditionaliste, où la morale étouffe", raconte sa femme Rachel dans son livre "Vincent, parce que je l’aime", sorti en 2014.

À 12 ans, Vincent Lambert entre dans un pensionnat géré par la Fraternité Saint-Pie-X, du nom d'un pape conservateur, une mouvance intégriste non reconnue par l'Eglise, dont sa mère est proche. Il finit par rompre brutalement avec la Fraternité ainsi qu'avec les positions traditionalistes de sa mère, à l'instar de la plupart de ses frères et sœurs.

La famille se scinde définitivement en 2013, lorsque l'arrêt des soins de Vincent Lambert, tétraplégique depuis un accident de la route en septembre 2008, est prononcé et démarré par les médecins du CHU de Reims. La décision est prise en concertation avec la femme de Vincent Lambert, Rachel, mais sans prévenir les parents de l'infirmier-psychiatre. Ceux-ci saisissent en référé le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et attaquent l'hôpital. Ils se trouvent alors dans le sud, où ils ont une maison secondaire et fréquentent l'abbaye du Barroux.

   "Ce monastère traditionaliste gère de très près la vie de Viviane Lambert et de mon père. C'est d'ailleurs au retour d'un voyage au Barroux qu'ils ont décidé d'attaquer en justice la décision de l'hôpital de Reims, en mai 2013", assure à France info Marie-Geneviève Lambert, demi-sœur de Vincent.

Pour Marie Lambert, la sœur de l'infirmier, la date n'est pas anodine. Si elle coïncide avec la décision du CHU de Reims, elle intervient en pleine légalisation du mariage pour tous. Elle évoque, toujours à France Info, des parents "radicalisés", alors que les milieux intégristes, très remontés contre la loi Taubira, entendent faire de Vincent Lambert leur nouveau cheval de bataille. De son côté, Rachel Lambert reçoit dès mai 2013 les lettres d'un prêtre lui demandant de ne pas se laisser manipuler par "les mages noirs en blouses blanches".

Dès lors, la famille est divisée. D'un côté, les parents de Vincent, Anne sa sœur, et David l'un de ses demi-frères, se battent pour son maintien en vie. De l'autre, ses six autres frères et sœurs, sa femme, et son neveu militent pour l'arrêt des soins.

Les parents bénéficient du soutien de nombreux catholiques intégristes et d'un appui financier de poids. La fondation Lejeune, une fondation d'inspiration chrétienne réputée proche de l'Opus Dei et militant contre l'euthanasie et l'IVG, prend en charge la totalité des frais de justice des parents, qui s'élèveraient à près de 100.000 euros par an. L'un des avocats du couple, Jérôme Triomphe, a notamment défendu de nombreux militants de "La manif pour tous" ainsi que l'association Civitas.

À l'opposé, la situation financière est plus délicate. Mardi, 24 heures après l'annonce de la reprise des soins, un ami de l'infirmier a lancé "un appel national aux dons pour aider son épouse Rachel, qui n'a pas les mêmes moyens financiers que les parents de Vincent Lambert".

L'affaire semble avoir définitivement séparé la famille: "Cette affaire a créé un bordel noir, très toxique, et certains se sont isolés. Elle nous a rongés, elle a mis notre vie entre parenthèses", assure à France Info Marie-Geneviève Lambert. Dans la chambre du CHU de Reims qu'occupe Vincent Lambert, les traitements ont repris.
https://www.bfmtv.com/societe/autour-de-vincent-lambert-une-famille-divisee-entre-partisans-de-l-arret-des-soins-et-catholiques-traditionalistes-1696579.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 12:54

Parce que vous croyez sans doute que d'autres religions acceptent la mise en fin de vie ?
Pour ne pas dire cruement la mise à mort ?

Itou pour l'avortement et quelques autres sujets.

Mais il est si agréable de taper sur les cathos...

Même les gens de gauche fonctionnent avec des codes judéo chrétien... sous peu, il suffit de patienter, nous en aurons d'autres moins tolérants peut être...
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 13:23

tonton christobal a écrit:
Même les gens de gauche fonctionnent avec des codes judéo chrétien...

Personne de conteste que dès lors que l'on a été élevé, éduqué, instruit en France on est de culture judéo-chrétienne indépendamment de ses croyances religieuses et de son orientation politique...

Après et pour en revenir à l'affaire Vincent Lambert, je ne vois pas comment vous pouvez taper à longueur de discussions sur les intégristes islamistes, ce que je ne critique pas, et être bienveillant avec l'Opus Dei et les émanations de celui-ci.... En matière de dogmatisme ou de lobbying pour imposer leurs idées religieuses dans l'espace public les deux se valent...
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 23 Mai 2019, 13:37

Le consensus médical sur la "fin de vie" repose sur l'activité cérébrale. Diagnostic, pronostic, c'est typiquement de l'expertise et la compétence des médecins. Pour conclure à mort cérébrale ou pas.
Mais comme dans cette affaire, tout le monde ou presque s'en fiche, de l'avis des médecins ... on est parti pour nourrir et hydrater longtemps un corps.

Coté catholiques traditionalistes, bonne nouvelle : visiblement, entre eux ils acceptent le divorce ! Mais leur foi dans l'au-delà parait vaciller sérieusement : car pourquoi empêcher leur enfant qui a tant souffert de connaitre sans retard le paradis et la félicité éternelle ? S'accrocher mordicus à rester sur cette terre, c'est un réflexe d'incroyant. Pour ce qui est des évangiles, je défie quiconque d'y trouver une obligation d'acharnement thérapeutique.
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptySam 30 Nov 2019, 11:26

La fin de vie est vrai sujet.

Citation :
Un médecin et son épouse mis en examen après les morts suspectes de personnes âgées

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 30 novembre 2019 à 09h05

Le médecin généraliste mis en cause est soupçonné d'avoir administré avec l'aide de son épouse anesthésiste un médicament "réservé à un usage hospitalier".

L'affaire date du mois de décembre 2017.  "Informé qu'un médecin, exerçant dans la zone qui est du ressort du tribunal de grande instance du Havre, avait délivré à une patiente âgée de 93 ans, maintenue à son domicile et décédée fin 2017, des ampoules de Midazolam, le parquet a ouvert une enquête préliminaire", a expliqué le procureur du Havre François Gosselin lors d'une conférence de presse vendredi 29 novembre et dont les propos ont été relayés par Ouest-France.

Le Midazolam est pourtant "réservé à un usage hospitalier à visée anxiolytique et hypnotique, dans des protocoles bien spécifiques d'anesthésie" mais avait été présenté à la famille de la patiente "comme un décontractant ou somnifère léger".

Lors de l'enquête, sept corps ont été exhumés. Tous étaient des patients de ce médecin généraliste, décédés entre 2015 et 2019. Les analyses ont conclu à la présence de Midazolam pour cinq d'entre eux, âgés de 88 à 93 ans et soignés pour des pathologies lourdes, poursuit Ouest France. Treize ampoules de Midazomal ont également été retrouvé au cabinet du médecin, installé à Angerville-la-Martel, près de Fécamp.

Selon Ouest-France, il a reconnu avoir administré ce médicament à ces patients, "pour soulager et apaiser les malades". C'est sa femme, anesthésiste dans une clinique dans la région de Rouen, qui lui aurait fourni les doses. Le médecin nie "tout projet d'euthanie" a indiqué le procureur.

Le couple a été mis en examen le 13 novembre et placé sous contrôlé judiciaire. Les praticiens n'ont plus le droit d'exercer. Lui est poursuivi pour avoir administré "une substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur personne vulnérable" et pour "l'acquisition ou la cession de substance vénéneuse sans justificatif ou enregistrement conforme". Son épouse a été mise en examen "complicité et abus de confiance".

L'enquête devra également établir "le lien de causalité entre l'utilisation de ce médicament et ses conséquences", a déclaré le procureur, selon le quotidien de l'Ouest. Ouest-France ajoute qu'aucune des familles des patients décédés n'a porté plainte ou ne s'est constituée partie civile.
https://actu.orange.fr/france/seine-maritime-un-medecin-et-son-epouse-mis-en-examen-apres-les-morts-suspectes-de-personnes-agees-magic-CNT000001lL20J.html
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptySam 30 Nov 2019, 13:30

"Pathologies lourdes", c'est un peu léger comme description. Les patients avaient-ils des douleurs aiguës ? Ce que pourrait indiquer l'administration d'un médicament utilisé en anesthésie. Pour ce qui est d'entrainer la mort, bataille d'experts à prévoir.
Le procureur devrait écrire un manuel des soins palliatifs autorisés

"Le midazolam est par ailleurs indiqué, et recommandé comme molécule de référence dans la sédation des patients pour détresse en phase terminale par la société française d'accompagnement et de soins palliatifs. Cette utilisation est réservée aux situations aiguës ou réfractaires vécues par le patient comme insupportables. " selon Wikipédia
voir aussi :
http://www.sfap.org/system/files/dr_vassal.pdf
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptySam 30 Nov 2019, 13:40

En complément des informations fournies par Salamandre, on peut aussi s'interroger sur le respect de son serment d'Hippocrate par le médecin...

Citation :
Le serment d’Hippocrate
Voici le texte revu par l’Ordre des médecins en 2012.

“Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.
J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences.
Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.
Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les moeurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.
Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services  qui me seront demandés.
J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.”
https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-droits/serment-dhippocrate
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 02 Jan 2020, 21:24

2020

Citation :
Fin de vie : le débat sur le rôle des médecins généralistes relancé par une affaire judiciaire

Par François Béguin Publié 02.01.2020

Depuis plus d’un mois, le cabinet du docteur Jean Méheut-Ferron, à Angerville-la-Martel, près de Fécamp (Seine-Maritime), en Normandie, est fermé. Ce médecin généraliste de 64 ans, titulaire d’un diplôme universitaire de soins palliatifs, est sous le coup d’une « interdiction totale » d’exercer après avoir été mis en examen pour « administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable ».

La justice lui reproche d’avoir donné à plusieurs patients malades ou en fin de vie du midazolam (distribué sous le nom d’Hypnovel), un puissant sédatif exclusivement délivré par les pharmacies hospitalières et recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) pour mettre en place les sédations profondes et continues jusqu’au décès. C’est par l’intermédiaire de son épouse, anesthésiste-réanimatrice dans une clinique, et aujourd’hui également poursuivie par la justice, que le généraliste se procurait ce produit.

Dans le cadre de l’enquête, les corps de sept anciens patients ont été exhumés. Des traces de midazolam ont été trouvées chez cinq d’entre eux. « L’information judiciaire devra s’attacher à déterminer le lien de causalité entre l’absorption de produits et le décès de patients, mais aussi la réelle intention des mis en cause », a déclaré le procureur de la République du Havre au journal Paris-Normandie. Aucune famille concernée n’a porté plainte.

S’il reconnaît avoir employé du midazolam de façon « parcimonieuse et légère », Jean Méheut-Ferron assure qu’il n’était pas question d’euthanasie. « Il ne s’agissait ni d’accélérer la mort ni de prolonger inutilement le patient. Il s’agissait vraiment, au sens strict, d’un accompagnement », a fait valoir le médecin à Paris-Normandie, expliquant utiliser ce produit « depuis vingt-deux ans » : « C’est le meilleur produit dans ce type d’usage, il ne s’agissait pas pour moi de me mettre au-dessus des règlements mais d’apporter aux patients ce qu’il y avait de mieux. »

Suscitant l’indignation de nombreux médecins généralistes, la mise en cause du praticien par la justice a relancé le débat sur l’accompagnement de la fin de vie à domicile. « Jean Méheut-Ferron est quelqu’un de bien. Il est compétent, pointu, rigoureux… Que ça lui soit tombé dessus, c’est injuste. Ça a été le choc dans la profession », témoigne Antoine Leveneur, le président de l’Union régionale des médecins libéraux de Normandie. « Cela a renvoyé à des situations que nous sommes un certain nombre à avoir connues », dit-il, indiquant avoir adressé un courrier à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, le 6 décembre 2019 pour l’alerter sur cette situation.

Les représentants syndicaux nationaux se sont à leur tour emparés de cette affaire. Le 31 décembre 2019, le Syndicat des médecins libéraux a officiellement demandé la tenue d’« états généraux de la fin de vie à domicile », jugeant « incongru » que les médecins libéraux ne disposent pas « de tous les moyens utiles permettant d’accompagner les patients et de leur prodiguer à domicile les soins palliatifs nécessaires ».

« Moi aussi, j’ai aidé des patients à mourir », a reconnu le 28 décembre Jean-Paul Hamon, le président de la Fédération des médecins de France dans un entretien au Parisien, estimant que « s’il fallait interdire d’exercice tous les médecins généralistes qui prennent en charge la fin de vie sans être tout à fait dans les règles, la France serait un Sahara médical ». Le responsable syndical devrait publier d’ici quelques jours un manifeste de 343 médecins déclarant avoir accompagné des patients en fin de vie.

« Le midazolam n’est pas un produit qui tue, ça permet d’endormir et de faire partir les gens qui y sont prêts, explique Jean-Paul Hamon. Il est inadmissible que les médecins généralistes ne puissent pas y avoir accès. Quand un patient vous fait confiance, on s’engage à le traiter jusqu’au bout. On doit pouvoir disposer des molécules qui permettent aux gens de mourir à domicile dignement, sans souffrance. »
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MessageSujet: Re: Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne   Fin de vie - Euthanasie - Pour le droit à une mort digne EmptyJeu 02 Jan 2020, 21:24

Citation :
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Chez MG France, le premier syndicat de médecins généralistes, Jacques Battistoni exprime lui aussi sa « solidarité » à l’égard du médecin normand et de ses quelque 2 200 patients. S’il juge « souhaitable d’avoir un cadre pour mieux prendre en charge la fin de vie à domicile », il estime cependant que le praticien a eu « tort de se mettre en dehors du cadre légal » et « tort de travailler seul, sans la prise de décision collective qu’apporte une équipe de soins ».

« On peut imaginer simplifier le schéma de délivrance du midazolam en ville mais une vigilance sera toujours nécessaire pour avoir la garantie que les gens qui vont l’utiliser sont formés à son usage et si possible soutenus par des équipes de soins palliatifs », prévient Olivier Mermet, le président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs. Selon lui, l’accès au midazolam pourrait être « repensé » dans le cadre du prochain plan triennal pour le développement des soins palliatifs qui devrait être annoncé en 2020.
https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/02/fin-de-vie-le-debat-sur-le-role-des-medecins-generalistes-relance-par-une-affaire-judiciaire_6024560_3224.html
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