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 Laïcité : il est temps de se ressaisir !

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a.nonymous



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MessageSujet: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Lun 30 Juin 2014, 02:54

Rappel du premier message :

Il y a urgence !

Les politiques se sont trop longtemps défaussés sur les juges, comme le montre l'interminable feuilleton Baby-Loup, désormais entre les mains de la justice européenne. "Marianne" publie un appel d'intellectuels, de politiques et d'acteurs de la société civile. Pour renouer avec la tradition républicaine et en finir avec trente ans de démissions. Un appel que vous pouvez vous aussi signer sur la plateforme Change.org:

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/aux-citoyens-et-aux-responsables-politiques-la%C3%AFcit%C3%A9-il-est-temps-de-se-ressaisir


Marianne a écrit:
Laïcité : il est temps de se ressaisir !

Jeudi 26 Juin 2014

Hommes et femmes d'horizons philosophiques, politiques et professionnels différents, nous sommes inquiets de voir à quel point, face à l'action engagée par diverses mouvances religieuses et politico-religieuses pour attenter à la laïcité républicaine, la réponse politique demeure faible. Pour notre part, récusant autant ceux qui exploitent la défiance générale pour accentuer la fracture sociale et identitaire, que ceux qui rejettent toute analyse critique du multiculturalisme dans le camp des « réactionnaires » ou des « intolérants », notre démarche vise à défendre et faire vivre la laïcité sans blesser mais dans la clarté et la fermeté, à trouver des solutions sans heurter mais sans faillir.

La laïcité — qui refuse les aspects politiques des religions et laisse à ces dernières toute liberté dans la vie sociale sous régime de droit commun — est globalement vécue dans notre pays comme une « tradition moderne », ce qui est parfois difficile à décrypter pour ceux venus d'ailleurs. Or aujourd'hui, la laïcité comme principe politique, code de vie collective et force morale, est remise en question par divers mouvances et groupes religieux qui rejettent « la démocratie des mécréants », la suprématie du droit civil sur les textes, à leurs yeux sacrés, avec un usage maîtrisé des radios communautaires et d'internet. Dans cet espace ainsi ouvert se rejoignent radicaux et orthodoxes issus des trois religions monothéistes pour exploiter à leur profit la crise ambiante, remettant notamment en cause les acquis du long combat pour l’égalité des sexes que l’on croyait clos et qui, à notre grande surprise, est à reprendre.

Notre propos n'est pas de nier l'existence d'une diversité ethnique, religieuse, culturelle ou autres, encore moins de réfuter le droit d'appartenir à telle ou telle communauté à la condition, toutefois, que celle-ci ne verse pas dans le communautarisme et reste ouverte sur l'extérieur, qu'elle facilite le va-et-vient en pensées et en individus entre le dedans et le dehors. Mais plus encore à la condition que, sachant indivisible notre République de citoyens, chacun se reconnaisse dans un fonds commun en histoire, en droits, en valeurs et en normes dont la laïcité est l’une des plus éminentes. Pour autant la laïcité n'est pas un dogme, on a le droit de manifester des opinions anti-laïques, mais on n'a aucunement le droit de transgresser les lois laïques votées par le Parlement.

Or depuis une trentaine d'années, des mouvements se développent dans notre société qui semblent aller en sens inverse, du fait d'une immersion des peuples dans la mondialisation avec perte des repères, d'une circulation accentuée de populations poussées hors de leurs pays par la misère, les révolutions et les guerres théocratiques, fondamentalistes, interethniques et nationalistes. Ont ainsi surgi des exigences en matière de rituels vestimentaires, alimentaires, cultuels ou d'expression médiatique, qui sont loin de correspondre toujours aux demandes réelles de populations hétérogènes d'un point de vue économique et identitaire. Certains pays ont expérimenté sur ce terrain une attitude permissive, comme le Canada sous le couvert d'accommodements dits raisonnables, avant de reculer face aux incohérences des revendications et au risque d'un éclatement sociétal : tribunaux rabbiniques ou islamiques, jours fériés spécifiques à chaque religion, révision multiforme des programmes scolaires, pauses pour les prières sur les lieux de travail, formation au multiculturalisme de la police et des médecins, imposition de quotas pour certains recrutements et différents concours, etc. Ces accommodements s'imposent quelquefois au niveau mondial avec, depuis peu, l'autorisation du port du voile ou du turban sur les stades.

De plus en plus en France, le flou juridique en matière de laïcité, doublé de l'indécision politique, favorise au sein de nombreuses institutions publiques et privées des « accommodements » mal vécus par une grande partie des professionnels et des usagers. Face à ces confusions — qui alimentent les extrêmes — ce sont aujourd’hui bien souvent les décisions prises par des acteurs de la société civile, sans toujours le garant de la loi, qui montrent courageusement la voie à suivre. Ce fut ainsi le cas pour la crèche Baby-Loup comme pour l'entreprise Paprec, en Seine-Saint-Denis, qui s’est dotée d’une charte de la laïcité, acceptée à l'unanimité des 800 représentants de ses 4 000 salariés, pour imposer un devoir de neutralité sur le lieu de travail où coexistent des employés de 52 nationalités.

Pour accueillir l'altérité, un pays se doit d'être solide sur ses pieds, confiant dans ses fondations, tout en étant capable, par ses structures d'accueil et en fonction de ses capacités, d'intégrer chacun sur la base de principes clairs expliqués et enseignés. Il appartient aux politiques et aux institutions de transmettre cette laïcité, qui reste par nature un formidable levier d'intégration puisqu'elle permet de rassembler tous les citoyens — et au-delà tous ceux qui vivent sur le territoire national —, quelles que soient leurs origines religieuses ou ethniques, qu’ils soient croyants ou non, sans la moindre distinction. Tous les citoyens et les responsables, quelle que soit leur sensibilité politique, sont concernés. Or nombre d'entre eux ne réagissent plus sur ce terrain, quand d'autres l'instrumentalisent d'un point de vue idéologique. Entre autres raisons, les résultats des dernières élections municipales et européennes ont durement sanctionné ce délaissement de nos valeurs par nombre de ceux qui avaient à les faire vivre. Ainsi de la laïcité. Il est grand temps de se ressaisir !

Voir: http://www.marianne.net/Laicite-il-est-temps-de-se-ressaisir-_a239732.html ou http://www.laicite-republique.org/laicite-il-est-temps-de-se.html
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Dim 03 Juin 2018, 23:16

Et si les islamistes, je ne parle pas des musulmans mais de ceux qui se revendiquent d'un islam politique, étaient en train de marquer des points en réussissant à créer des lignes de fissures, en attendant les lignes de fractures, au sein des partis républicains ?

Il y a toujours eu par le passé certains militants de ces partis républicains qui ont accepté des compromis sur la Laïcité, le plus souvent pour des raisons locales, mais ceux-ci restaient discrets et consistaient le plus souvent à détourner les yeux des atteintes à celle-ci...

Aujourd'hui, de la France Insoumise à La République En Marche en passant par Génération.s, il y a au sein de certains partis républicains des militants qui prennent ouvertement position et s'expriment contre la Laïcité et ce n'est pas acceptable...


Dernière édition par a.nonymous le Lun 04 Juin 2018, 00:20, édité 1 fois
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Gérard

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Lun 04 Juin 2018, 00:14

Ils s'expriment contre la laïcité parce que la laïcité leur en donne la possibilité
Si ces gens là avaient le pouvoir cela ne serait plus possible
Il faut donc les combattre et s'opposer à eux et à leurs alliés dans les elections

_________________
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948)
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Lun 04 Juin 2018, 00:22

Si nous ne sommes pas assez intelligents ou courageux pour défendre notre civilisation et nos modes de vie n'attendons ni secours ni pitié de la part de ceux qui nous combattent...

Nous serons vaincus sans même avoir tenté de nous défendre.. . On attendra que les américains viennent nous libérer et ce ne sont pas les collabos qui vont manquer.

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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Lun 04 Juin 2018, 00:28

Gérard a écrit:
Il faut donc les combattre et s'opposer à eux et à leurs alliés dans les elections

Qu'un candidat fréquente, à titre personnel, l'église, le temple, la moquée ou la synagogue n'est pas un problème....

En revanche que ce candidat se présente à une élection en tant que candidat de l'église, du temple, de la moquée ou de la synagogue est inacceptable dans notre République laïque et il ne faut pas voter pour lui ou pour la liste sur laquelle il se présente...
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Lun 04 Juin 2018, 00:50

Et continuons à nous dégonfler en mettant toutes les religions sur le même pied.. .pas de stigmatisation, pas de désignation de l'ennemi...

Méfiance des bonzes suicides au volant de camions bourres d'explosif et des enfants de marie piégées.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Lun 04 Juin 2018, 01:02

tonton christobal a écrit:
Et continuons à nous dégonfler en mettant toutes les religions sur le même pied.. .pas de stigmatisation, pas de désignation de l'ennemi...

Il ne s'agit pas de se dégonfler en mettant toutes les religions sur le même pied mais simplement de défendre la Laïcité en tant que telle !

Après il est évident qu'aujourd'hui ce sont les personnes se réclamant de l'islam politique qui veulent le plus peser sur nos sociétés occidentales...
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Lun 04 Juin 2018, 01:11

Je n'ai pas souvenir que l'abbé Pierre ou le chanoine Kir (aussi maire de Dijon)  siégeant à l'assemblée nationale aient été des obstacles au fonctionnement des institutions.

Mais il est vrai que maintenant une crèche dans une mairie ou dans une école fait d'avantage sursauter les démocrates en carton paille que des quartiers occupés pendant des demi journée chaque semaine par les prières musulmanes.

Crèches que l'on fera retirer et prière que l'on tolérera à grand renfort de service de sécurité confessionnel qui présagent les futures milices... dont les agissements sont de plus en plus agressifs et fréquents.

Le refus des signes publics de noël catholique ne vont pas jusqu'à refuser les primes de noël, les vacances du même nom ou les cadeaux ou colis... de noël.
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Robin

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Mar 05 Juin 2018, 02:11

En France, bien que de culture judéo-chrétienne, la religion n'a pas sa place en politique encore moins l'Islam.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Mar 05 Juin 2018, 02:53

Robin a écrit:
En France, bien que de culture judéo-chrétienne, la religion n'a pas sa place en politique encore moins l'Islam.

Heureusement que durant la derniere guerre ce genre d'idée au moins chez les cathos n'a pas été une base de reflexion et encore moins d'action...

Pour ce qu'il en est du grand mufti de Jérusalem c'est une autre affaire... il y avait une SS musulmane.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Ven 08 Juin 2018, 19:57

L'Autriche va expulser des imams financés par l'étranger et fermer sept mosquées

Autriche: emoi autour d'enfants jouant les soldats dans une mosquée

AFP, publié le vendredi 08 juin 2018 à 09h12

Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a annoncé vendredi que son pays allait expulser plusieurs imams financés par l'étranger et fermer sept mosquées afin de lutter contre "l'islam politique".

Cette décision, a précisé M. Kurz, est notamment liée à la reconstitution très controversée par des enfants habillés en soldats, dans une des principales mosquées de Vienne affiliée à la communauté turque, d'une bataille emblématique de l'histoire ottomane.

"Des sociétés parallèles, l'islam politique et la radicalisation n'ont pas leur place dans notre pays", a assuré le chef du gouvernement autrichien lors d'une conférence de presse.

Les photos de la reconstitution de la bataille de Gallipoli, jouée par des enfants dans les locaux de la mosquée, ont été publiées au début du mois par l'hebdomadaire de centre gauche Falter et ont largement ému la classe politique autrichienne, toutes tendances confondues.

Les clichés montraient les jeunes garçons en tenue de camouflage alignés en rang, faisant le salut militaire, et agitant des drapeaux turcs, devant un public d'enfants. Sur une autre photo, certains sont allongés pour figurer les victimes de la bataille, leur corps enroulé dans un drapeau turc.

La mosquée incriminée est gérée par l'Union islamique turque d'Autriche (Atib), directement liée à la Direction turque des Affaires religieuses (Diyanet).

L'Atib avait qualifié la mise en scène de "hautement regrettable"

-------------------------------

Pour avoir des terroristes ou au moins de militants de qualité il faut les former le plus tot possible ! Cette utilisation des enfants ne semble rien rappeler à ceux qui nous dirigent !

"accueillir, recevoir et répartir" et à temps perdu peut être conviendrait il de s'inquiéter, de controler qui sont nos arrivants et ce qu'ils font... mais est ce permis ?
on constate les grands bienfaits de la politique européenne... conclusion tapons sur les populistes !

Attention au fake , rien n'est prouvé.. .
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Jeu 14 Juin 2018, 20:51

Citation :
Laïcité à l’école : les enseignants en première ligne

LE MONDE | 12.06.2018 à 06h38 • Mis à jour le 12.06.2018 à 11h40 | Par Mattea Battaglia

Laïcité falsifiée, laïcité instrumentalisée, laïcité contestée… Entre l’école et le principe républicain érigé au XIXe siècle, au fondement de notre système éducatif, l’histoire récente n’est pas simple à raconter.

En donnant la parole à plus de 1 500 enseignants sur le sujet – un échantillon de 650 professeurs sondés par l’IFOP, un autre de 999 longuement interviewés –, le Comité national d’action laïque (CNAL), fédération de cinq organisations impliquées de longue date sur le terrain de l’éducation (dont la Ligue de l’enseignement), a deux ambitions : nourrir de faits et de témoignages un débat rythmé par les polémiques – sur le voile, les repas sans porc, les enseignements contestés –, et jauger le plus objectivement possible un phénomène de contestation prompt à toutes les instrumentalisations.

L’enquête que dévoile le CNAL, mercredi 13 juin, à l’occasion d’un colloque, à Paris, que le ministre de l’éducation a promis de venir conclure, se concentre sur ceux qui, de la primaire au lycée, sont en première ligne face aux « atteintes à la laïcité », selon l’expression en vigueur.

Les résultats, dont Le Monde a pu prendre connaissance, ne dessinent pas une école à feu et à sang : à peine plus d’un enseignant sur dix de l’échantillon IFOP témoigne de contestations « régulières » et/ou « de temps en temps » de la loi du 15 mars 2004 sur le port de signes religieux, ratio qui dépasse néanmoins un sur trois dès lors que sont intégrées les atteintes occasionnelles.

Au fil des chiffres, une différence très nette se dessine entre l’expérience faite de ces contestations dans les établissements relevant de l’éducation prioritaire et celle dans les établissements lambda. Les mises en cause de la loi atteignent, en REP (label qui a succédé, en 2014, à celui de ZEP), un « score préoccupant » pour le CNAL, qu’elles soient le fait d’élèves (34 % contre 9 % hors REP), de parents (22 % contre 8 %) ou même d’autres personnels de l’éducation (23 % contre 6 %). D’autres contestations y sont aussi plus marquées, autour des questions de restauration scolaire, des fêtes religieuses ou des sorties, par exemple.

L’enquête tire la sonnette d’alarme sans verser dans le fatalisme : dans la quasi-totalité des cas (97 %), le dialogue a suffi à résoudre les tensions, disent les enseignants, et le climat scolaire est très majoritairement jugé apaisé (91 %). Moins du cinquième des sondés pour qui la laïcité fait l’objet de contestations ont eu recours à des procédures disciplinaires. Reste que, dans le même temps, plus du tiers de ces enseignants reconnaît s’être déjà autocensuré en classe pour éviter des incidents – plus de la moitié en éducation prioritaire.

La loi d’orientation votée sous la gauche, à l’été 2013, a réaffirmé parmi les missions de l’école la transmission du principe de laïcité. Dans le sillage des attentats de 2015, l’institution a sonné la mobilisation : « L’école est et sera en première ligne, avec fermeté, discernement et pédagogie, pour répondre au défi républicain », martelait alors la ministre de l’éducation de l’époque, Najat Vallaud-Belkacem. Son successeur, Jean-Michel Blanquer, a renchéri dans cette logique, installant un « conseil des Sages » de la laïcité, déployant des « unités laïcité », distribuant un « livret laïcité », promettant même une « hot line » laïcité…

Sur le plan rhétorique, le message est clair : l’éducation nationale ne laissera rien passer. Sur le fond – quelles sont les difficultés sur le terrain et comment les enseignants y font face –, un certain flou demeure : dans un récent entretien à L’Express, M. Blanquer a d’ailleurs promis un « diagnostic » à la fin de l’année.

Le CNAL l’a donc devancé, en dressant la liste, à partir des déclarations d’enseignants, d’une douzaine de « cadres » de contestations différents. Entre les cours d’histoire-géographie, les plus fréquemment cités (35 % des enseignants concernés par des contestations) et les ateliers technologiques ou professionnels (6 %), trouvent place les séquences de sport (32 %), l’enseignement du fait religieux (27 %) ou encore les cours de sciences (22 %). « Des exemples que l’on ressasse depuis le rapport Obin de 2004 [rapport des inspections générales] auquel j’avais moi-même participé, rappelle Jean-Paul Delahaye, président du CNAL et vice-président de la Ligue de l’enseignement. Il était temps d’actualiser le tableau pour qu’il soit plus conforme à ce que vit, en 2018, la communauté éducative. »

Parmi les situations problématiques actuelles se distingue ainsi l’enseignement moral et civique (20 %), cette « morale laïque » introduite par l’ex-ministre de l’éducation, Vincent Peillon, dont M. Delahaye fut l’un des plus proches conseillers. La mixité filles-garçons fait aussi l’objet de débats (22 %). Mais ce sont les temps de recueillement, comme les minutes de silence post-attentats, qui ont provoqué, après l’enseignement de l’histoire, les mises en cause les plus fréquentes (33 %).

La proportion des enseignants constatant une recrudescence de ces mises en cause ne dépasse pas celle pour qui la situation paraît stable (42 % versus 44 %). Il n’empêche : les enseignants évoquant un « reflux » sont très minoritaires (14 %), signe, selon le CNAL, d’une « tendance au renforcement » de ces phénomènes.

Tenter un état des lieux n’est pas simple, la méthodologie retenue étant toujours l’objet de critiques, ce que n’ignorent pas les auteurs de l’enquête : « Face à des propos qui dérangent en classe, il faut faire le distinguo entre ce qui relève de la contestation avérée et de la provocation adolescente, ce qui s’explique par l’ignorance, la méconnaissance, les croyances ou l’endoctrinement », observe Remy-Charles Sirvent, secrétaire du SE-UNSA et du CNAL.

Mais « le plus dangereux », pour ce professeur des écoles, c’est « quand l’élève se mure dans le silence, quand il ne revendique rien mais n’en pense pas moins, et qu’il y a impossibilité de débattre ». L’un des points clés du rapport parlementaire sur la prévention de la radicalisation remis, le 16 mai, par les députées Sandrine Mörch (LRM) et Michèle Victory (Nouvelle Gauche) va dans ce sens : « Rien n’est pire que lorsque les enfants ne s’expriment pas. » Des refus implicites qui échappent au recensement.

Faut-il, dès lors, s’étonner que 59 % des enseignants sondés estiment la laïcité en danger ? Le ratio est élevé mais en retrait du reste de l’opinion publique : 72 % des Français partagent ce constat, selon l’IFOP. Le corps enseignant se distingue, aussi, dans son analyse de la situation : lui invoque en premier lieu la montée des communautarismes, quand les Français citent la place croissante des religions et le port de signes religieux.

« Les enseignants doivent être considérés comme des lanceurs d’alerte, reprend Jean-Paul Delahaye. A l’heure où l’on se gargarise de vivre ensemble, eux sont à l’avant-poste pour faire le constat que les jeunes sont de plus en plus dans le côte à côte, voire dans le face-à-face. » Pour que leurs réponses pédagogiques s’améliorent et s’uniformisent, pas de recette miracle, disent les enseignants, mais de la formation – le « nerf de la guerre » –, encore jugée très insuffisante. Et une « mise en cohérence de la laïcité dans la société et de la laïcité à l’école », plaide le CNAL. Sur ce plan-là aussi, beaucoup reste à faire.
https://abonnes.lemonde.fr/religions/article/2018/06/12/laicite-a-l-ecole-les-enseignants-en-premiere-ligne_5313283_1653130.html
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Gérard

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Jeu 14 Juin 2018, 22:41

Hier soir à la TV sur LCI une intervenante a cité tous les sujets qui posent problème dans le déroulement normal de l'enseignement.
C'était impressionnant et très inquiétant.
Je ne retrouve pas la liste de tous ces écueils mais certains la retrouveront.
A lire néanmoins
http://m.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-laicite-a-l-ecole-c-est-pas-gagne-23-09-2015-5117683.php

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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Laïcité : il est temps de se ressaisir !   Jeu 12 Juil 2018, 15:46

Macron, l’islam et les religions: les républiques de la « partition »

Régner pour mieux diviser

par Yves Mamou - 11 juillet 2018

Las de la République française « une et indivisible », Emmanuel Macron semble vouloir régner pour mieux diviser. Et créer de petites républiques religieuses de France…
Emmanuel Macron a entrepris de faire du cauchemar éveillé de François Hollande une réalité. Dans Un président ne devrait pas dire ça, l’ancien président de la République reconnaissait qu’il y avait « un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute. », et de s’effrayer ensuite : « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition ».

La « partition », sa solution
La « partition » dont parlait François Hollande était évidemment celle du territoire national. Un pour les musulmans, un autre pour les non-musulmans. L’ex-président en parlait comme d’un risque. Pour sa part, son successeur a simplement imaginé d’en faire la solution. En effet, le président de la République française, Emmanuel Macron, ne propose rien moins que de rompre avec l’unité territoriale et politique de la nation… dans l’espoir d’acheter la paix sociale aux islamistes.

Une stratégie de dépècement du territoire national est à l’œuvre. Mais pour éviter qu’elle ne provoque un tir de barrage unifié, chaque étape du dépècement a été étalée et disjointe des autres séquences.

Attention à la laïcité !
La première étape a été politique, psychologique et communicationnelle. En décembre 2017, lors d’une réunion organisée par l’Elysée avec les représentants des six principales religions, Emmanuel Macron se serait « interrogé de manière critique sur la radicalisation de la laïcité ». Rien n’a filtré de cette réunion hormis cette petite phrase, à dessein sans doute. Le credo présidentiel y est tout entier contenu : c’est l’hostilité aux religions invasives du champ de la laïcité qui est le problème et non pas l’islam politique.

Ce n’est bien sûr pas l’église catholique qui souffre depuis 1905 du lien rompu avec l’État qui risquait de faire ombrage à cette conception très personnelle de la laïcité. Cependant, pour se faire un allié de cette même hiérarchie catholique, en avril 2018, Emmanuel Macron a répondu à l’invitation de la Conférence des évêques de France. Ainsi, dans le somptueux décor du Collège des Bernardins, devant plus de 400 personnalités catholiques, le président de la République française a-t-il livré un discours fleuve, érudit et lyrique, vide de toute proposition, hormis une allusion à « réparer » le lien « abîmé » entre l’Église et l’État. L’adoration des hiérarques catholiques fut totale. En juin 2018, il a suffi ensuite au président de devenir chanoine de Latran, comme ses prérogatives présidentielles l’y autorisent, de réaffirmer sa volonté « d’approfondir nos relations d’amitié et de confiance avec le Saint-Siège » pour achever de ligoter les catholiques – en tout cas leur hiérarchie – à sa personne, à défaut d’avoir formulé un projet.

Tout le pouvoir aux soviets !
La deuxième étape de la stratégie d’Emmanuel Macron a été de lancer un processus d’autonomisation de certains territoires de France en confiant les clés de la politique de la ville aux musulmans eux-mêmes. En mai 2018, très habilement, notre président a d’abord rejeté le rapport Borloo qui préconisait de réitérer une politique qui a d’ores et déjà échoué ; une politique consistant à acheter la paix sociale à coups de milliards d’euros dans les banlieues et les « no go zones » françaises. Emmanuel Macron a fait mieux : il a créé le Conseil présidentiel des villes, une structure de conseil politique, composée en majorité de notables musulmans et pour le reste de représentants d’associations qui travaillent dans les banlieues. Cette instance saura, on n’en doute pas, infléchir progressivement les fonds et les structures qui caractérisaient l’ancienne politique de la ville, vers des projets plus conformes aux vœux d’autonomisation des islamistes. Rien n’est définitivement établi car on ne bouscule pas aisément des institutions (Caisse des dépôts) et des dispositifs financiers (Agence nationale pour la rénovation urbaine, ANRU ; Office français de l’intégration et de l’immigration, OFII…). Mais, par impulsions successives, il n’est pas exclu que ce Conseil présidentiel, qui se réunit tous les deux mois, sache faire les bons choix.

Rappelons que cette idée de confier les clés de certaines villes aux associations (musulmanes) n’est pas nouvelle. Elle a été formulée pour la première fois par le conseiller d’État Thierry Tuot, dans un rapport intitulé La grande nation : pour une société inclusive, remis en février 2013 au Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault. La principale proposition du rapport Tuot consistait précisément à transférer l’exercice de la politique de la ville aux associations, le rôle de l’État consistant seulement à les subventionner.

Pour compléter le dispositif, deux cavaliers législatifs ont été votés dans la « Loi de confiance », fin juin 2018. Le premier a aboli une large partie de la loi de 1905 sur le financement des cultes en dispensant les associations culturelles d’avoir à se déclarer comme groupes de pression. Cette mesure ouvre donc clairement la voie à un lobbying sans traces. Quant au second, il autorise les cultes à louer des biens immobiliers légués aux églises en contravention de la loi de 1905. Cette fois-ci, c’est un financement capitalistique des cultes qui se trouve ainsi permis.

Finance-toi toi même
La troisième étape est à venir et a fait l’objet d’une fuite dans Le Monde. Elle concerne l’autonomisation financière du culte musulman avec la taxation du hallal et des pèlerinages. Le projet tel qu’il se dessine à partir de cette note vise à supprimer toute anarchie dans les financements accordés par les pays d’origine. Il entend en outre construire un clergé musulman, franco-français sur le plan financier qui s’affirmerait respectueux – sur le papier – de la tradition républicaine. Mais quand on sait que l’imam de Brest, celui qui déclarait que la musique transformait l’auditeur en singe et en porc, est devenu en 2017, « référent-laïcité » diplômé de l’Université de Rennes, il est permis quelques doutes sur l’objectif recherché. La nomination d’un grand imam en la personne de Tareq Oubrou, Frère musulman à visage humain, constituerait la clé de voûte d’un édifice qui une fois finalisé correspondrait à un petit califat à la française. Le gouvernement aurait alors sans doute l’interlocuteur musulman qu’il cherche depuis vingt ans. Toutefois, sera-t-il encore en position de négocier quoi que ce soit puisque tout aura été consenti au préalable ? En effet, dans ce dispositif tout entier composé de carottes, aucun bâton n’a été pensé ni inséré.

En 1627, le cardinal de Richelieu a pris d’assaut La Rochelle, pour ramener les protestants dans le giron de l’État. En 2018, Emmanuel Macron fournit l’argent, le ciment et les pierres aux Français musulmans pour qu’ils bâtissent les murailles de leur citadelle communautaire, loin, très loin de la République et de la nation.
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Laïcité : il est temps de se ressaisir !
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