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 Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté

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Libellule

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MessageSujet: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Lun 08 Sep 2014, 03:40

Puisque l’actualité vient d’en parler http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2014/07/29/Agnes-Sorel-plus-qu-une-favorite-1998695
Et que sur le plan historique cette héroïne doit son surnom de Dame de Beauté pour avoir vécu de 1446 à 1448 au château de Beauté sur Marne près de Vincennes, j’ai voulu me faire une idée par moi-même si oui ou non il y avait matière à lever les fameux  « secrets d’histoire » qu’évoque Stéphane Bern dans son émission.



Après enquêtes, j’aurai la tentation de dire   « Quand beauté,  gastronomie langoureuse et gastéropodes se rencontrent  il y a peu de chances de voir sa beauté se flétrir avec le temps. »
Explications et d’abord présentation de la fameuse Agnès.


L’arbre généalogique

(image à suivre)

L’arbre nous apprend qu’avant d’être dame de beauté et de s’appeler Sorel, Agnès est issue d’une famille de petite noblesse, les Soreau, et si on se fie à divers écrits ayant précédé sa renommée, elle fut jusqu’à ces vingt passés connue sous le nom de demoiselle de Fromenteau (son lieu de naissance).

Pour l’éclairer : ce texte tiré de « Biographie universelle ancienne et moderne ou Histoire, par ordre alphabétique 1811 » rédigé par des gens de lettres (sic) … sur la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vetus ou leurs crimes (re sic).

« AGNÈS SOREAU, fille du seigneur de St. Gérand, gentilhomme attaché à la maison du comte de Clermont, naquit au village de Fromenteau. Les avantages d'une éducation soignée ajoutèrent encore aux dons qu'elle avait reçus de la nature. Placée en qualité de fille d'honneur près d'Isabeau de Lorraine, duchesse d'Anjou, Agnès, qu'on appelait la Demoiselle de Fromenteau, était dans tout l'éclat de sa beauté. Rien n'égalait la délicatesse de son esprit,et sa conversation » dit un auteur du temps.

« Agnès résista quelque temps à la passion du roi, mais les nombreuses faveurs prodiguées aux parents d'Agnès, et les dépenses extraordinaires qu'elle taisait à la cour de France, alors la plus pauvre de l'Europe, ouvrirent les yeux des courtisans. (…)  Ces murmures humilièrent la favorite. «Les Parisiens, dit-elle, » ne sont que vilains et si j'avais su » qu'ils ne m'eussent pas fait plus » d'honneurs, je n'aurais jamais mis » le pied près de leur ville»

« (…) Cependant les Anglais possédaient la moitié de la France, et le roi, quoique naturellement brave, se laissait abattre par l'adversité. La reine, Marie d'Anjou, avait essayé vainement de ranimer en lui le désir de la gloire; ce prince, qu'on avait vu au siège de Montereau escalader les murailles l'épée à la main, et faire des prodiges de valeur, oubliait dans le sein des plaisirs,qu'il lui fallait reconquérir son rovaume et combattre le duc de Betford.

(…) Quoi qu'il en soit de cette anecdote,il est certain qu'Agnès se servit de l'ascendant quelle avait sur l'esprit du roi pour lui rappeler ce qu'il se devait à lui-même et à son peuple. Sans craindre que les soins de la guerre diminuassent la passion de son amant, elle parvint à le tirer de sa léthargie, (…) »

Le blason

Le blason nous renvoie à celui d’un sureau sur sable d’or, qui a bien y regarder, a des similitudes troublantes avec certaines versions du blason de notre ville. Pour aller plus loin c’est par là

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM37001323

Un texte de Viriville nous apporte d’autres précisions utiles proches des années qui m’ont intéressé plus particulièrement.

« En 1445, la Dauphine avait parmi ses filles d’honneur Marguerite de Villequier. Par des motifs qui ne nous sont pas explicitement connus, Agnès Soreau, de concert avec la reine et la Dauphine, improuvait, à ce qu’il semble, l’influence que cette demoiselle exerçait auprès de la princesse. Agnès voulait écarter Marguerite et mettre à sa place Prégente de Melun. L’année suivante ou deux ans plus tard, Marguerite, après la mort de la Dauphine, était passée au service de la reine et jouissait de quelque faveur auprès du roi.

Dans le même temps une autre dame exerça sur l’esprit du roi un ascendant tout aussi notable Antoinette de Maignelais.  Née vers 1420, de Jean Il de Maignelais, et de Marie de Jouy. Catherine de Maigrelais, sœur de ce capitaine, étant elle-même, mère d’Agnès Soreau. La position de cette dernière offrit à sa cousine Antoinette l’occasion toute naturelle de paraître sois les yeux du roi. Plus jeune que sa parente et non moins belle, Antoinette en profita, tout porte à le croire, pour se faire aimer de Charles VII et pour supplanter son introductrice. Eum Agnes convenit formosissima illa sui seculi mulier, in speciem utquid arcanæ conspirationis retegeret, revera ut amantem instauratis illecebris seu recusa compede, revinciret. Historia Francica, 1671, 2 vol. in-4°, t. I, p. 611.

Raoul de Maignelais, s’était fait adjuger la terre de Maignelais, en 1398. Au mois d’août 1449, alors qu’Agnès Sorel jouissait de sa pleine faveur, Charles VII retira la seigneurie de Maignelais des mains de Charles, duc de Bourbon, et la rendit, non pas à Jean de Maignelais, titulaire nominal de cette terre, mais à Antoinette ».
http://www.mediterranee-antique.fr/Auteurs/Fichiers/TUV/Vallet_Viriville/Charles_VII/T3/C7_3801.htm

Sachant que l’on peut considérer ce travail généalogique et historique comme sérieux puisque répondant à une commande confiée à Viriville, alors spécialiste de la guerre de Cent Ans, et de la biographie de personnages historiques, passée par le ministre de l'instruction publique, afin de « rédiger l'itinéraire chronologique de Charles VII ».
Pas forcément celle qu’aurait le plus apprécié le roi Charles VII, mais tout du moins, une version dont on retrouve aussi la trace en 1697 sous la plume Anne de La Roche-Guilhem  dans son roman historique intitulé « Histoire Des Favorites Contenant ce qui s'est passé de plus remarquable » avec elles et dont la version numérisée est accessible sur internet par google books.
http://books.google.fr/books/about/Histoire_des_favorites_contenant_ce_qui.html?id=aNYmNBcC-xcC&redir_esc=y

Les principaux personnages étant…. ceux cités par Viriville.

Sinon, pour l’aspect politique et moral de la France de l’époque,
https://play.google.com/books/reader?id=OlCP0HWPY2gC&printsec=frontcover&output=reader&authuser=0&hl=fr&pg=GBS.PP5


Voilà pour la petite et  la grande histoire à l’échelle nationale :

Mais plus localement que se passe-t-il ? Gaspard Bureau , frère puîné de Jean,  vient d’être anobli en 1447. Il est déjà seigneur de Montfermeil en 1445 et détient des parcelles de terrain sur Nogent et Fontenay-sous-Bois ;  c’est lui qui en 1447 procède aux aménagements du château de Beauté pour accueillir la favorite dont le Roi veut faire « sa seconde femme ».  A ce titre il est fait capitaine « de Beauté » http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaspard_Bureau

Tout le monde le dit le château de Beauté avait été fait à la mesure de l’amour du Roi de sa bienaimée, et de la volonté d’en faire le lieu du luxe, de la gastronomie et des soins cosmétiques les plus performants de l’époque, sachant que Agnès Sorel voulait tout faire « à sa façon » en avant-gardiste du concept de la beauté, du bien-être, du bien-manger et du bien- se vêtir ; on dit même que c’est avant-gardisme qui fit inventer, pour elle,  le mot aux anglais de « fashion ».

Bref, tout ce que portait Agnès devenait à la mode. J’y reviendrais plus bas. ….

« Sur tous les lieux plaisans et agréables  que l'on pourroit en ce monde trouver, édifiés de manoirs convenables,  gais et jolis, pour vivre et demourer , que c'est à la fin du boys de Vicennes, que fit faire ly roys Charles  - que Dieu donne paix, joye et santé! -, son fils ainé, dalphin de Viennois,  donna le nom à ce lieu de Beauté. Et comme entre les belles estoit tenue pour la plus belle du monde fut appelée damoyselle de Beauté tant pour cette cause que pour ce que le roy lui avait donné à sa vie la maison de Beaulté lez Paris ». Enguerrand de Monstrelet (1390-1453)
« Elle avait plus beaux parements de lit, meilleure tapisserie, meilleur linge et couvertures, meilleure vaisselle, meilleurs bagues et joyaux, meilleure cuisine et meilleurs soins. C'est le plus bel et jolis château et le mieulx assis qui fust en toute l'Isle de France. »  Chastelain (1405-1475).

La fille était belle, l’amour était passionnel, le lieu fait pour elle, pour valoriser sa beauté, par l’accès au plus beaux des luxes, à la gastronomie la plus moderne, aux soins cosmétiques les plus avancés.

Or que savons-nous aujourd’hui  (en autres par la récente émission « histoire secrète » de Stéphane Bern, j’y reviens) : Agnès Soreau a quitté son statut de demoiselle de Fromenteau et est en train de devenir la Dame de Beauté, la plus belle parmi les plus belles depuis qu’elle est installée dans sa nouvelle demeure.
Cela fait deux ans quasiment en 1449 qu’elle est à plein temps au Château de Beauté pour rester proche de son Roi, Charles VII souvent retenu à Vincennes pour cause de conciliabules autour de la guerre, alors qu’elle en était la favorite ; sa principale occupation prendre soin d’elle, entretenir sa beauté (le contexte est simple, la France est encore coupée en deux, les anglais sont sur le point de singer la paix, et l’essentiel des réunions se tiennent soit à Vincennes soit à Loches pour le Roi).
Et alors qu’elle est enceinte de 7 mois, elle  décide de partir, et arrive en "mauvais état" pour retrouver le Roi Charles VII son royal amant venant de Loches, à Jumièges. Il est là pour terminer la "guerre de cent ans". Elle vient là pour accoucher.

L'abbé de Jumièges voyant la dame enceinte met à la disposition du couple le manoir du Mesnil, lequel dépend de l'abbaye. C'est dans ce lieu qu'elle met au monde un enfant prématuré, et qu'elle meurt le 9 février 1450, …  Or chacun nous raconte ou suppute aujourd'hui qu'ayant décédé intoxiquée par du mercure, elle aurait été probablement été assassinée.

Des études sur les restes d'Agnès Sorel ont été réalisées par le professeur Philippe Charlier du CHU de Lille, en 2005, les conclusions sont passionnantes :
- Les restes d'Agnès Sorel comportaient des morceaux du crâne, des mandibules, des cheveux, poils et autres sourcils, mais aussi des sédiments. En plus, des morceaux de muscle, de peau, du jus de putréfaction.
- Elle était bien blonde et si les cheveux que l'on observe sont bruns, cela provient de la gangue de plomb provenant du sarcophage. Celui-ci était triple, fait de plomb, de chêne et de cèdre. Cette gangue de plomb dissimilait la blondeur de la Belle.
- On a bien retrouvé aussi un fragment d'un fœtus de 7 mois
- Trois équipes ont travaillé sur les examens toxicologiques. Les analyses ont porté sur le contenu des poils, des cheveux, de la putréfaction.

Puis le docteur, (coutumier du fait, jusqu’à avoir reçu le surnom d’Indiana Jones des cimetières _ l’examinateur du crâne de Henri IV et des reliques de Jeanne d’Arc c’est lui aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Charlier#Biographie -) s’emballe :

« Agnès Sorel a été foudroyée « en quelques jours » ( ?) par une dose astronomique de Mercure. Dans son rapport le médecin présuppose qu’Agnès Sorel était » plutôt en bonne santé, elle avait une bonne hygiène de vie et une alimentation équilibrée ».  ( ?)

« Mais les études parasitologues ont démontré qu'elle était atteinte d'une maladie parasitaire : l'ascaridiose, c'est à dire des vers intestinaux. Ce sont des vers blanchâtres de 2 à 25 centimètres de long provoquant une infection du tube digestif, comme cela n'était pas exceptionnel au XV e siècle.

L'utilisation du mercure était monnaie courante pour les traitements contre les vermifuges. Mais, nous dit le rapport, les posologies étaient alors bien connues et une erreur de dosage ne semble guère possible ».  Ce que je pense aussi, contrairement aux deux autres « théories » que j’ai pointé d’un ( ?).

Or c’est bien l’absence de ( ?) dans les formulations du docteur  qui oriente les conclusions des recherches sur l’hypothèse d’un meurtre au mercure. Et d’évoquer les historiens pour étayer cette thèse, les coupables possibles fusant… Agnès Sorel aurait pu être tuée par beaucoup de gens. Jacques Cœur,  Etienne Chevalier, ou encore des obscurs de l'entourage du roi. Et puis, un des rares hommes avec lequel Agnès Sorel était en guerre : le dauphin Louis, le futur Louis XI.

Ce qui induit l’hypothèse qu’il y ait pu avoir un "exécutant".  Ce qui nous ramène au local : Parmi les personnes qui ont été en contact étroit avec Agnès Sorel dans ces moments figure ne effet  le docteur de Charles VII, Robert Poitevin, un des plus grands médecins de son temps, et qui s’occupa de soins d’Agnès il fut en outre un des trois exécuteurs testamentaires de la belle avec Etienne Chevalier et le moins connu des trois à l’échelle nationale, Gaspard Bureau que nous retrouvons…

Un médecin assassin ? Avec comme complice un Maître d’Hôtel (on disait à l’époque concierge) dévoué qui n’aura de cesse de lui mitonner des plats autour de la langue de bœuf dont elle raffole, des abats et du poisson qu’il est facile d’empoisonner?  C'est un peu la théorie nouvelle "développée avec beaucoup de précautions" toutefois par Philippe Charlier.

Ce qui m’a donné l’envie de vous faire part, au-delà des premiers rappels historico-romantiques, de ma propre lecture de tout cela.

Il faut savoir que la religion a alors une influence assez négative sur la beauté. Le moralisme ambiant cachait le corps pour ne laisser voir qu’un visage impassible au teint blanc et non point un joli sein bien galbé dénudé. Qu’en plus on puisse exposer l’enfant adultère comme si la mère était Marie et l’Enfant Jésus, il fallait oser… (tableau de Fouquet peint en 1452)
 http://expositions.bnf.fr/fouquet/grand/f145.htm et donc après la mort d’Agnès Sorel et certainement pas de son vivant). http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jean_Fouquet

Quand on sait que le seul fait de se maquiller suffisait à être considérée comme diabolique, on peut se demander ce qu’ajoutait cette mise en valeur des attributs de la Dame de Beauté, si ce n’est pour « amplifier sa renommée » …. Aussi voyons si le diable était de la partie.

On sait que des Chevaliers rapportèrent des Croisades quelques cosmétiques comme les perles orientales, qui, broyées et mélangées à l’amidon de blé, permirent d’obtenir une poudre blanche et nacrée donnant un teint d’albâtre très prisé à l’époque et que probablement Agnès Sorel en était utilisatrice, mais n’allait-elle pas plus loin ?

Regardons cela de plus près : Les femmes se confectionnaient des masques à base d’argile, d’amidon, de lait d’ânesse ou encore de miel, issus de recettes très anciennes. Et en cette époque empreinte d’innovations, les nobles concoctaient aussi des onguents à partir de sang d’animaux sauvages hérissons, chauve-souris. C’est vous dire !

Or, nous y voici, il est attesté qu’Agnès Sorel appliquait tous les matins sur son visage un masque contenant de la cervelle de sanglier, des vers de terre et de la bave d’escargot, des crottes de chèvre. (Véridique). Le must du must à l’époque. Le musc du musc pourrait-on même dire.

Et ? Que ce soit les vers de terre et les escargots (pour les cosmétiques) ou la langue de bœuf, les abats ou le poisson (pour l’alimentation), nous savons aujourd’hui que chacun de ces « ingrédients » est à sa manière connu, à notre siècle, pour être des concentrateurs de mercure d’importance.

Je ne vais pas tout développer (google le fait très bien) je me limiterai à parler de l’escargot qui désormais a le statut moderne de bio indicateur pour l'éco toxicologie. (sic)

La raison ? Via la pluie et la rosée, les végétaux et le contact avec le sol superficiel, l'escargot est en contact avec divers contaminants qu'il absorbe par voie transcutanée, par voie digestive ou respiratoire. Ce faisant, il accumule dans sa coquille des métaux toxiques ou des radionucléides qui « mémorisent » ainsi une partie de son exposition passée à certains contaminants. L'escargot terrestre se déplaçant relativement peu, on dit qu’il bio accumule au cours de sa croissance de nombreux contaminants.

On ne le savait pas au 15e siècle pour sûr. On parlait plutôt de la Verdeur Rabelaisienne pour décrire la pestilence des rues insalubres…, des fermes pleines d’excréments, et on ne s’arrêtait pas à ce genre de subtilités. Aujourd’hui si : La qualité de la croissance et reproduction de certains escargots donnent des indices de degré de pollution du sol, par exemple par des pesticides ou certains éléments-trace métalliques.

Comme il est saprophage –il se nourrit de matière en décomposition- et phytophage, et qu'il pond et hiverne dans le sol, il est une espèce sentinelle.
Concrètement, les escargots dans un milieu pollué fixent dans leurs chairs des métaux lourds, dont bien en tendu le mercure. Notre inconscient collectif nous fait dégorger au moins pendant 48 heures ces petites bestioles quand on veut les consommer ; historiquement on le fait seulement depuis un siècle, après avoir constaté que le jeûne ne permettant pas à l'escargot de re-larguer ces métaux avant… 32h le temps que l'intestin de l'escargot soit complètement vidé à force d’avoir bavé.

Quant au luxe lié à la consommation d’abats (les tripiers au moyen âge ne servaient que la cour et les seigneurs, tant ce type de produits étaient considérés comme « nobles », on en est revenu : ces organes concentrant le plus de contaminants (métaux lourds dont en particulier le plomb, le cadmium et le mercure), métalloïdes toxiques ou d’autres polluants organiques persistants, dont aujourd’hui pesticides, dioxines, furanes, HAP, ou radio nucléides. C'est le cas du foie, des reins, de l'intestin et des langues qui dans l'organisme jouent un rôle de filtre et d'organisme de détoxication. Des risques importants pouvant être encourus en cas de forte consommation régulière. CQFD.

Donc, d’après moi, Agnès Sorel s’est surtout retrouvée addictive pour de multiples raisons à tout ce qui pouvait contenir du mercure, et ce sciemment, pourrait-on dire, puisque, j’y reviens, l’un des traitements médicaux de l’ascaridiose, passait par la consommation de quelques gouttes de mercure (les traités médicaux de l’époque l’attestent).
En gros, en 1450 on ignorait que la contamination par cette maladie se faisait par voie digestive lors de l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés. Les vers adultes pouvant vivre une à deux années dans un environnement favorable…. Sans contagion possible … Le cycle évolutif étant dit « direct » à un seul hôte, l’homme ou la femme porteuse … L'auto-infestation sur la durée aboutissant à ce que l’ascaris se plaise dans son milieu toxique et ne prenne plus le chemin de l’expulsion par les selles ; autrement dit, si on lui fournit de « l’engrais » son pouvoir pathogène s’inscrit forcément dans la durée. 2e CQFD.

Le reste tient alors, me semble-t-il, de l’évidence : On sait de nos jours que l’exposition au mercure, même à de petites quantités, peut causer de graves problèmes de santé et constitue une menace pour le développement de l’enfant in utero et à un âge précoce. La présence continue de mercure permet la progression des effets toxiques sur les systèmes nerveux, digestif et immunitaire, et sur les poumons, les reins, la peau et les yeux. La peau, les yeux ? 3e CQFD :

De quoi encore augmenter les doses d’onguents et de pommade pour rester la plus belle des favorites…
Aujourd’hui c’est clair, on sait que les gens sont exposés au méthyle mercure principalement lorsqu’ils consomment du poisson ou des crustacés contenant ce composé organique. Le mercure existe sous différentes formes: mercure élémentaire (ou métallique), inorganique (auquel on peut être exposé dans le cadre d’une activité professionnelle) ou organique (méthyle mercure par exemple, auquel on peut être exposé par l’alimentation), avec un niveau de toxicité qui augmente avec la quantité présente. Qu’il s’accumule biologiquement jusqu’à atteindre une concentration improbable, n’a finalement rien d’improbable au 15e siècle compte tenu des choix personnels de notre Dame de Beauté.
Elle était de fait une parfaite cobaye ; Jeune, porteuse d’un fœtus ; exposée depuis près de deux ans à une solitude peut-être ennuyeuse devant son assiette, sa commode et son miroir ; de quoi devenir tributaire d’au moins trois modes d’expositions distincts « la médication », « l’ingestion » et « le contact avec la peau ».
On peut utilement se documenter ici par ailleurs
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs361/fr/

Mais comme bien souvent dans ce genre d’histoire, un mystère peut en cacher un autre, aussi je vous propose maintenant de découvrir ce dernier lien qui permet de faire des gros plans sur un autre tableau que celui de Fouquet qui sert de support à cet article
http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/172726.jpg
http://www.devoir-de-philosophie.com/dissertation-epoux-arnolfini-van-eyck-172726.html

Que certains passionnés commentent comme suit sachant que son auteur Van Eyck était le peintre attitré du Duc de Bourgogne fils unique du duc éponyme Jean sans Peur et de Marguerite, fille du duc Albert de Bavière… Que ce tableau a été peint du vivant d’Agnès Sorel contrairement à celui de Fouquet et qu’il est signé du peintre « j’y étais », à comprendre, là où se trouve le tableau, en l’occurrence là où la scène s’est déroulée.

Le tableau avant de s’appeler « les époux Anorlfini » s’est tout d’abord appelé « un homme, une femme, se tenant la main par dedans une chambre ».  On en a déduit ceci
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_%C3%89poux_Arnolfini
Je citerai juste l’entame de l’article « Le tableau représente Giovanni Arnolfini, riche marchand toscan établi à Bruges et son épouse Giovanna Cenami, un petit chien aux pieds. (… ) Le sujet exact du tableau est un sujet de discussion pour les historiens de l'art ».

De fait, on n’en est de moins en moins convaincu, car désormais une autre version s’impose doucement : le nom d’Arnolfini ferait référence à Giovanni di Arrigo Arnolfini (nom flamand) plus connu sous celui en France de « Jehan Arnoulphin dit le Jeune », sans doute pour le distinguer de son plus illustre cousin. Né entre 1405 et 1409, il exerça comme tailleur (on disait facteur à l’époque), avec le duc Philippe le Bon comme client. Il lui vendait en effet des tissus de luxe pour des sommes considérables. Un document, retrouvé très récemment (en 1994) dans les archives de la cour de Bourgogne par un chercheur français, atteste les relations suivies entre ce marchand et son noble client : un document comptable atteste en 1447 que le duc offrit un cadeau à Giovanni.
Ceci est à rapprocher de textes écrits en 1860, indiquant que Jehan Arnoulphin le jeune était de fait le facteur de Marc Guidecon drapier installé à Loches. Du coup « les époux Arnolfini » peut être compris comme si aujourd »hui on parlait des « époux Saint Laurent » (comprendre habillé de costumes d’Yves Saint Laurent). La fameuse « fashion » accordée à Agnès Sorel (voir plus haut).

« Comment ne pas être frappé par la ressemblance étonnante du personnage masculin (cet homme mince, avec un long nez, un cou fin, et portant un large chapeau de feutre) avec le roi de France Charles VII ? Et de la femme avec l’intrigante Agnès Sorel ? » est, du coup,  actuellement le commentaire le plus répandu sur ce tableau.
Et d’aller plus loin en s’attachant aux détails : la belle dame est enceinte, -de 7 mois pour le moins- et les symboles liés au mariage sont visibles, ce qui fait que ce tableau sert souvent d’illustration à ces sujets comme « le mariage dans tous ses états »
http://www.herodote.net/De_Charlemagne_au_Siecle_des_Lumieres-synthese-643.php

Avec ce commentaire limpide au chapitre « Les parents reprennent la main » :
Charles VII est le premier roi de France à officialiser sa relation avec une maîtresse, Agnès Sorel. Mais personne ne s’en scandalise outre-mesure.
Avec cette nouvelle question qui peut revenir remplacer la première ; Et si ce n’était pas un empoisonnement, mais une cause entendue ? Agnès Sorel devait avant de mourir et pour rentrer dans la légende, se marier enceinte peu avant qu’une mort certaine ne l’emporte, elle et son enfant, minée qu’elle pouvait être par ailleurs par les conflits de famille et les jalousies dont personne ne devait parler.
De quoi laisser le dernier mot à cette maxime que l'on prête à François 1er : "Gentille Agnès, plus d'honneur tu mérites, la cause étant de France recouvrer. Que ce que peut dedans un cloître ouvrer clause Nonnain ou bien dévôt hermitte".

Confidente, de beaucoup, Agnès Sorel ne leur a donc certainement pas tout dit. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-237_1850_num_11_1_452261
http://www.cosmovisions.com/AgnesSorel.htm

Ni le Roi Charles VII d’ailleurs. http://motslocaux.hautetfort.com/archive/2010/05/29/charles-vii-et-la-naissance-de-l-etat-moderne.html
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Lun 08 Sep 2014, 10:02

Non, non.
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Lun 08 Sep 2014, 19:10

En fait, j'ai appris plein de choses et en particulier que sa 3e fille Charlotte (d'Agnès) est la seule qui soit née  au château de beauté mais le nombre d'anecdotes à rapporter serait trop nombreux tant les liens maritaux et les unions entre seigneurs ont été importants avec des fins de vies violentes où la jalousie prend une grande place. Peut-être en rapporterai-je une ou deux d'ici quelques jours. Il ne faut pas oublier par exemple qu'Agnès est demi-sœur du futur Louis XI.... Et que Charles VII fut très "prolifique en descendance" avec "la reine" aussi. Smile

Pour l'arbre d'Agnès je vous recommande ce lien et fichier http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Agnes_Sorel.pdf où l'on voit les blasons d'origine.

En fait j'ai plutôt voulu concentrer mes recherches sur l'état de santé d'Agnès avant sa mort, qui de fait n'était pas fameuse dès 1445, et qui fut l'une des raisons de son installation audit château. En gros chaque grossesse fut difficile et la vénerie jouait un très grand rôle dans l’approvisionnement de ses tables du fait du rôle de son père auprès de la cour. (A rapprocher du fait que pour les Riches Heures du duc de Berry, le mois de décembre est représenté, faut-il le rappeler par le château de Vincennes, devant lequel se tient un partage de la chasse du mois).

L'auteur étant ..... Les Très Riches Heures du duc de Berry décembre
Barthélémy d'Eyck (fl. 1444-1469) ... que le monde artistique est petit finalement par famille interposée Smile



J'ai par exemple retrouvé ce texte qui décrit les derniers jours de notre Dame locale.

« Et finalement lui prend le flux de ventre dont elle fut malade par longue espace de temps, durant laquelle maladie elle eut moult belle contrition et repentance de ses péchés ,et lui souvenoit souvent de Marie-Magdaleine, qui fut grande pécheresse au péché de la chair, et invoquoit Dieu dévotement et la vierge Marie à son aide. Et comme vraye catholique, après la réception de ses sacrements, demanda ses Heures pour dire les vers saint Bernard qu'elle avait escripts de sa propre main. Et depuys fit plusieurs veux, lesquels furent mis par escript afin de les accomplir par ses exécuteurs avec son testament, qui se pouvoit bien monter, tant pour aumônes que pour payer ses serviteurs, à la somme de soixante mille escus : et ordonna que le roi seul, et pour le tout, fust dessus les trois. Et depuis, la dicte Agnès voyant et sachant sa maladie rengrever de plus en plus, dist au sieur de Tanquarville, à la séneschalle de Poitou, à l'un des escuyers du roy nommé Gouffier, et à toutes ses damoiselles, que c'était pou de chose orde et puante de nostre fragilité. Et aprez qu'elle eust fait un hault cry en reclamant Dieu et la benoiste vierge Marie, se sépara son âme d'avec le corps le lun dyneufième jour de février l'an 1450, six heures après" qui je n'en doute plus mainteant inspira à n'en point douter le peintre Fouquet.


Côté blason, je crois aussi que l'on peut se pencher sur celui de la ville avec un nouveau regard, qu'il s'agisse du chêne au pied duquel Louis XI rendit la justice ou d'un verne-sureau ....



pour mémoire et comparaison http://emblemes.free.fr/site/index.php?option=com_content&view=article&id=1649:armoiries-de-fontenay-sous-bois&catid=17904:fontenay-sous-bois%20&Itemid=187

Pour le côté "fashion" et mode d'une époque vous pouvez consulter ce lien
http://www.gutenberg.org/files/44187/44187-h/44187-h.htm et observer le dessin qui accompagne le commentaire sur Agnès Sorel. Au chapitre III Moyen âge.
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Lun 08 Sep 2014, 21:05

sur les filles d'Agnès Sorel cette communication
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1922_num_66_3_74608
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Mar 09 Sep 2014, 00:38

Merci on en redemande... Agnès ,maîtresse du roi Charles VII, demi-soeur du dauphin futur Louis XI, comment?
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Mar 09 Sep 2014, 00:50

Même père, le Roi Charles VII, mères différentes. Surnom de Charles VII le bien servi (en jolies femmes et enfants) I love you
Les enfants d'Agnès sont de même rang que les enfants de Marie d'Anjou.
http://www.roi-france.com/personnages_histoire_de_France/180/Descendants_de_Charles_VII_Le_Bien_Servi_le_Victorieux

ce que dit par ailleurs la 4e de couverture d'un livre paru en 2007

L'épervier du roi Franck Senninger, Editions Glyphe

Charlotte de France, fille du roi Charles VII et de sa maîtresse Agnès Sorel, grandit sous l’oeil fraternel et bienveillant du futur Louis XI. Son mariage avec Jacques de Brézé consacre sa position à la cour. Sa vie va se trouver brusquement bouleversée par d’étranges et terribles révélations qui l’inciteront, dans le plus grand secret, à commanditer une enquête pour démasquer le meurtrier de sa mère. (...)

Dans la vraie vie Charlotte finira assassinée par son mari, après s'être offert un amant... la justice d'Antan en somme... What a Face

Pour le côté fraternel des relations, on a vu mieux aussi :   Louis à l'époque qui nous intéresse restait insatisfait de sa situation. Il était frustré de n’avoir retiré que le Dauphiné de la Praguerie. À la fin de l'année 1446, ayant conspiré contre Agnès Sorel et Pierre de Brézé, (père de Jacques) il fut chassé de la cour et se réfugia dans son gouvernement, en Dauphiné, d'abord à Romans-sur-Isère, puis à Grenoble où il fit son entrée le 12 août 1447.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Br%C3%A9z%C3%A9

extraits : Fils du grand sénéchal Pierre de Brézé et de Jeanne du Bec-Crespin, Jacques de Brézé épouse en 1462 Charlotte de Valois, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel. Ils ont six enfants : Pierre, Louis de Brézé, Jean, Anne, Catherine et Gaston1,3.

Aussitôt que le roi Louis XI avait été sacré à Reims le 15 août 1461, il lui prêta hommage le 17 août2. Il reçut par lettres datées d'Orléans, le 5 décembre 1466, le revenu de la seigneurie de Mante, au lieu de la capitainerie de Rouen, qui lui avait d'abord été attribuée4.

Il surprend sa femme, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1477 au château de Rouvres près d'Anet, en flagrant délit d'adultère avec son frère de lait et ami Pierre de Lavergne, et tue les deux amants d'un coup d'épée. Condamné par le parlement de Paris, une amende de 100 000 livres tournois1, il voit sa peine commuée en emprisonnement de 1477 à 1481, avec saisie de ses terres par Louis XI qui les rend immédiatement à son fils aîné Louis de Brézé. Ses enfants sont placés sous tutelle. Après la mort de Louis XI, il se pourvut contre cette condamnation et obtient de Charles VIII de France ses lettres de rémission en 14861. Il meurt en 1494.

Grand chasseur, il compose, sans doute après 1481, un poème sur la vénerie, en 55 strophes de 10 octosyllabes, intitulé La Chasse, où il raconte une chasse au cerf. Entre 1483 et 1490, il rédige un poème de 50 vers en l'honneur de son chien favori, les Dits du bon chien Souillard. Ces deux œuvres sont imprimées à Paris vers 1494 par Pierre Le Caron sous le titre : Le livre de la chasse du grant seneschal de Normandie. Les Ditz du bon chien Souillard qui fut au roy de France, XIe de ce nom5. Pendant la régence d’Anne de Beaujeu, il lui dédie un poème, les Louanges de madame Anne de France.


Quant au Louis de Brézé cité l'arbre généalogique nous précise : Louis de Brézé, + 23/07/1531 comte de Maulévrier,
Grand-Veneur de France, 1er Chambellan du Roi, Sénéchal de Normandie, chevalier de Saint-Michel (29/09/1527) mari légitime de Diane de Poitiers, maîtresse du Roi Henri II)
.... Tout se faisant en famille je vous dis  I love you  Idea


A noter pour le blason de Fontenay les deux fleurs de Lys qui renvoie au Roi Louis XI, et l’escarboucle au centre qui pourrait renvoyer à la Bourgogne, en plus de l'arbre  ... voir le renvoi vers l'emblème déposé.

avec maintenant sa reproduction en clair.



En addendum, un inventaire testamentaire d'Agnès Sorel retrouvé récemment mais qui ne concerne pas le chateau de Beauté
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1956_num_114_1_449539
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Mer 10 Sep 2014, 18:56

Et pour répondre spécifiquement à la remarque d'Espoir, voici le chemin généalogique qui mène à Louis XV

Agnès Sorel, dame de Beauté-sur-Marne 1422-1450 & Charles VII, roi de France 1403-1461
|
Charlotte de Valois 1446-1477/1476 & Jacques de Brézé, comte de Maulevrier  1430-1494
|
Louis de Brézé, comte de Maulévrier 1463-1531 & Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois 1499-1566
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Louise de Brézé, dame d'Anet 1520-1577 & Claude de Lorraine, duc d'Aumale 1526-1573
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Charles Ier, duc de Lorraine-Aumale 1555-1631 & Marie de Lorraine 1555- 1603
|
Anne de Lorraine-Aumale 1600-1638 & Henri Ier de Savoie, duc de Nemours 1572-1632
|
Charles-Amédée de Savoie, duc de Nemours 1624-1652 & Élisabeth de Bourbon 1614-1664
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Marie Jeanne Baptiste de Savoie-Nemours 1644-1724 & Carlo-Emanuele II, duca di Savoia 1634-1675
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Vittorio-Amedeo II di Savoia, roi de Sicile 1666-1732 & Anne d'Orléans 1669-1728
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Marie-Adélaïde di Savoia 1685-1712 & Louis de France, duc de Bourgogne 1682-1712
|
qui donnèrent naissance à Louis XV, roi de France 1710-1774

Ce qui me permet de dire un mot sur la tombe de la belle dame qui précise « Cy gist noble damoyselle Agnès Seurelle (une troisième orthographe) en son vivant dame de Beaulté, de Roquesserière, d'Issouldun et de Vernon-sur-Seine piteuse envers toutes les gens et qui largement donnoit de ses biens aux eglyses et aux pauvres laquelle trespassa le IXe jour de février l'an de grâce MCCCCXLIX, priies Dieu pour lame delle. Amen » On notera qu'il est dit 1449 tout comme dans l'arbre que j'ai reproduit, et non 1450, car partant d'une première datation (de Chatrier) qui fut corrigée par la suite... (vers 1860) après expertise de son testament.

Elle est vêtue d’un surcot bordé d’hermine et ses cheveux sont ceints d’une couronne signifiant le titre de duchesse que le roi Charles VII, lui avait décerné, mais qu’elle avait refusé, probablement pour ne pas attiser les jalousies et les ressentiments dont elle était l’objet à la cour de Charles.



Conformément aux dernières volontés de la Dame de Beauté, sa dépouille, déposée dans un triple cercueil de chêne, de plomb, et encore de chêne, surmonté de son gisant d’albâtre, fut installée au milieu du chœur de la collégiale Saint-Ours de Loches.

Mais dès le règne de Louis XI, les chanoines, oubliant les dons de leur bienfaitrice, demandèrent au fils de Charles VII, le déplacement du mausolée, sous prétexte que celui-ci les gênait dans la célébration du culte.

Louis XI, qui pourtant détestait la favorite de son père, refusa l'autorisation car les chanoines avaient hérité une partie des biens d’Agnès et s'étaient engagés à dire des messes pour le repos de son âme.

Pendant quelques siècles, le tombeau d’Agnès ne bougea pas, et les chanoines durent s’en accommoder. Or, on ne s'en étonnera pas c'est, et oui, sous Louis XV que la demande fut réitérée , qui, lui aussi refusa que le gisant de la Dame de Beauté fut déplacé.... comme quoi!

C’est finalement Louis XVI qui, en 1777, autorisera le transfert dans la nef. Avec la permission de l'archevêque de Tours, on descelle le monument, qui donne sur un caveau contenant les trois cercueils. C'est à cette occasion que les restes non décomposés, une denture en parfait état et des cheveux blond cendré, coiffés en tresse dans le dos et crêpés sur le dessus, en sont ôtés et transférés dans une urne de grès. Le tout est remis solennellement dans le tombeau que l'on a réédifié à droite du chœur.

Pour comparaison la robe des époux Arnolfini.


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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Ven 12 Sep 2014, 20:27

Sur les raisons qui ont poussé Agnès Sorel-Soreau à s'installer au château de Beauté au lieu de rester à la cour, on peut peut-être se fier au commentaire qui illustre cette photo.

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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Ven 12 Sep 2014, 20:59

Trouvé sur un site polonais .... l'étude photographique des restes...





et ici des commentaires en français http://www.pinterest.com/plaville79/charles-vii-agn%C3%A9s-sorel/
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Sam 13 Sep 2014, 10:25

Epilogue pour a part pour ce sujet http://gallica.bnf.fr/m/ark:/12148/bpt6k5788300d
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Lun 15 Sep 2014, 21:39

En rangeant mes notes je m'aperçois que j'ai oublié de vous dire un mot sur le château de Beauté lui même.
Je me réfère à un texte de Parizot et Boileau (1860) dont le sujet premier est les abords de Vincennes :

Du bord de Marne, le promeneur était charmé par le délicieux versant appelé Fond de Beauté surplombant les Iles. En 1203 le Roi de France reçut l'hommage des propriétaires des molendina Bellitatis (les moulins de Beauté). Dans sa liste des palais et maisons des Rois de France, M J. Guadet place au XIVe siècle la première mention conservée de Bellitas, domus regia (Beauté , maison royale). L’île de Beauté, s'appelait alors l’île de la Reine. Le pain du Roi se faisait dans le château au moyen d'un moulin à bras. Charles V en fut le premier rénovateur. Charles VI en fit son séjour favori, Charles VII y installa sa favorite après embellissements. Suit ce texte un peu plus loin qui explique probablement le changement du nom de l'Ile.

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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Ven 19 Sep 2014, 21:19

Un mot sur la « ligue du Bien public » et son  manifeste, publié le 10 mars 1465, celui-ci ayant vocation à vouloir remédier au « désordonné et piteux gouvernement », « masquant des intérêts féodaux, que Louis XI s'apprête à abolir, sous un nom d'intérêt général ». On se croirait à notre époque Smile

En entrant en guerre contre le roi, la coalition projette d'installer à sa place un régent, qui serait Charles de France, duc de Berry  et frère de Louis XI. Le roi répond  dès le 16 mars, par un contre-manifeste.

Ce  « manifeste du Bien public », est en fait une révolte nobiliaire contre le roi de France Louis XI. Les grands (Jean II de Bourbon, Charles de Berry, René d'Anjou, Jean II d'Alençon, François II de Bretagne, Albret, Jean V d'Armagnac), dirigés par Charles le Téméraire, comte de Charolais, et sous la direction nominale du frère du roi, Charles de Berry, souhaitant la mainmise sur les finances royales, sur la distribution des offices, sur l’armée, sur la personne royale (qu’on envisage de limoger) et sur son gouvernement.

Cet événement nous permettant de recroiser les deux sieurs Bureau (De la Rivière) qui vont être remplacés par Charles de Melun, après l’échec de la ligue, dans leur rôle de gouverneurs du château de Beauté et (...) de la prison de la Bastille

Historie des ducs de Bourgogne de la maison de Valois  Par M. de BARANTE (extraits) 1836



http://perso.numericable.com/rconnat/bondy2012/Abondy/Les_familles_Bureau.html

Et puis pour les amateurs de piano, cette partition de 1846



ou celle ci qu'on peut consulter comme un livre en zoomant http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1159166p pour découvrir les paroles study qui nous renvoie à Pierre Jean Béranger évoqué par ailleurs déjà une première fois dans une autre page d'histoire... ici http://www.plateaufontenay.net/t1710-30-31-mars-1814-le-plan-pour-l-intelligence-echoue-a-fontenay-sous-bois
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Lun 22 Sep 2014, 21:27

Ai récupéré, à l'occasion des journée du Patrimoine, ce plan datant de 1751 (le château de Beauté a été rasé en 1626 et donc n'y figure plus) qui a l'avantage de pouvoir identifier le périmètre qui appartenait à Fontenay sous Bois (le rectangle) et le territoire d'implantation du domaine de Beauté à l'intérieur, sachant que la limite extrême "collait" alors à Joinville le Pont sur la gauche en regardant la carte.



Quant à la première longue bande qui se trouve au milieu de la Marne, à l'aplomb, il s'agit de 'Ile de Beauté proprement dite.
On voit bien le chemin qui partant de la porte de Nogent du Parc de Vincennes, permettait à la reine de la rejoindre, (d'où  sa première appellation)

Quant au mur du Parc de Vincennes, il résista jusqu’aux années 1860, la rive droite de la Marne, comprise entre la limite actuelle avec Nogent-sur-Marne et le Pont de Joinville, ne comprenant absolument aucune construction. Seul le mur d’enceinte du Parc du Château de Vincennes, qui descendait jusqu’ici afin que le gibier royal ne s’échappe pas, pouvait être visible. Jusqu’en 1897, il constituera la limite entre Nogent et Joinville, une sorte de diagonale partant du siège actuel de la Fédération Française des Sports d’Aviron, jusqu’à l’emplacement du pont de l’autoroute A4.

Le Parc du Château de Beauté était inclus dans cette enceinte, et l’on sait que les daims de la Dame de Beauté y étaient fort nombreux. Il n’y avait donc que des prés et quelques arbres dans ce paysage champêtre de 1626 à 1860. Des prés, des arbres, le quai de halage et un tronçon du mur d'enceinte du bois de Vincennes. Aucune maison." Extrait du "Tour de Marne" 1865. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84324442 A partir de la page 15
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Mer 24 Sep 2014, 02:16



Avec cette vue aérienne, il est possible de positionner le chateau de Beauté (dessin de Castillon datant de 1610, où l'on voit la demeure déjà en ruine. Ce qui nous permet de constater que 'Ile de Beauté a fait l'objet d'un comblement côté Nogent.

Seules restant désormais les deux Iles adjacentes (celle du milieu du dessin de 1710 étant aujourd'hui celle des Loups.

Autre superposition possible, celle-ci.

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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Ven 03 Oct 2014, 00:21

A l'occasion des journées des jardins, je me suis rendu à l'Arboretum de Paris et à l'Ecole du Breuil qui se trouvent non loin de l'arrêt de bus Carrefour de Beauté, dans la mesure où ces terrains marquaient la limite du territoire de Beauté à l'Ouest du domaine (sans en faire partie). (jusqu'au S majuscule que l'on voit dans le rectangle sous le Bois lui-même, mais pas au delà..

Voici une carte de l'Abbé de la Grive qui permet d'en avoir une vue d'ensemble.



On y voit très nettement les trois emplacements des trois châteaux : de Plaisance, du Perreux, et de Beauté.
On voit un petit point Noir en bord de Marne qui marque l'emplacement du Moulin (mentionné en toute lettre) qui existait encore à cette époque.

En 1734 ces terrains dépendant toujours de la paroisse de Fontenay, le transfert de propriété vers Nogent datant de 1861.

On distingue aussi que le bras de la Marne n'est pas encore comblé par des alluvions au niveau de l'Ile de Beauté. (réalisé en 1924).

Aujourd'hui si vous vous rendez sur place, vous verrez que le grand rectangle a été rongé si on peut dire par le passage de l'embranchement de l'A86, le pont passant sur la Marne Pour lA4 venant quelque peu dénaturer cette zone par ailleurs plutôt paisible.

Plus haut dans les terres passe le RER qui va de Nogent sur Marne à Joinville le Pont  et dont la ligne se poursuit en contournant le Bois par Fontenay Moreau David, puis Vincennes.

http://www.ecoledubreuil.fr/

plan du site http://www.ecoledubreuil.fr/index.php?page=dub_info_pratiques&id_rubrique=51
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Mar 21 Oct 2014, 22:02

J'ai enfin eu l'occasion d'échanger avec Michel Diousset président de
http://joinville.asep.free.fr/ et par ailleurs propriétaire du Chalet du canotier marquant l'ancienne limite de la propriété de Beauté (la pointe boisée de la carte). Il fixe à 1865 la date jusqu'à laquelle ces terrains sont restés non construits.

Carte et photo pour en témoigner. (après le transfert des terrains vers Nogent donc)





L'anecdote retiendra que ces zones étaient inondables, et qu'elles le furent donc par trois fois depuis, dont par la grande crue de 1910.
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Mer 10 Déc 2014, 23:10

Ceci dit j'ai essayé de tracer comment les eaux de ruissellement étaient "gérées" pour aller de Fontenay au château de Beauté, vue l'hypothèse d'un empoisonnement par des eaux ayant reçu du mercure, ce qui m'a fait découvrir un "journal des artistes locaux" de 1834 où il est écrit ceci sous l’appellation "Aqueduc de Vincennes".


Le système d'assainissement finit par passer les barrières et se fait adopter dans les communes avoisinant Paris; la salubrité devenant une nécessité, va s'étendre aux petites villes, aux villages et aux hameaux, et maintenant que le principe des rues larges, des voies pavées et ferrées en tous pays est reconnu indispensable, il y encore tout a faire pour expliquer aux habitants des campagnes qu'au lieu d'enterrer au-dessous du sol leur habitation, comme ils- y bâtissent également leurs écuries ou leurs étables, en montant deux degrés pour entrer chez eux et en faisant sortir facilement les eaux de leur métairie, ils assureront la santé de leurs enfants et leurs animaux viendront mieux, et leurs champs seront plus fertiles, parce qu'ils auront su tirer profit des engrais qu'ils laissaient perdre dans des marres â la porte de leur chaumière ou sur la voie 'publique.

La ville ou le village de Vincennes va ainsi enfin être pourvu d'un aqueduc souterrain et nouvellement construit, qui est désormais destiné à conduire jusqu'à la Marne les eaux ménagères et insalubres qui, de temps immémorial, formaient dans le parc des marres pestilentielles.

Le jeudi 23 octobre a eu lieu l'ouverture de cet aqueduc, en présence des autorités civiles du département, de celle de la commune de Vincennes et de celle de Fontenay-sous.

Cet aqueduc est précédé par un développement de rigoles pavées d'environ 800 mètres; sa longueur totale est de 2,350 mètres; il traverse l'étang de Beauté par un haut remblais pour déboucher dans la Marne. Les terrassements ont été faits par tranchées jusqu'à la profondeur de 10 mètres; au-delà, sur un développement de 1,500 mètres, l'aqueduc a été percé en galerie souterraine, au moyen de puits d'extraction qui ont eu jusqu'à 21 mètres de profondeur.

Dans la plupart des puits, on rencontrait les eaux au tiers de leur hauteur, et leur abondance était telle, qu'elle a souvent fait naître de graves difficultés et qu'elle a constamment donné lieu a des travaux très difficiles.

Des galeries ont été ouvertes, tantôt an milieu de rochers que l'on exploitait, tantôt au milieu de sables fluides sur lesquels cheminaient des équipements de soutènement.

J'en suis à l'instant à rechercher quelques vestiges possibles (bornes par exemple, ou puits d'entrée) qui pourraient nous donner plus de détail sur l'itinéraire suivi par cet aqueduc souterrain.

Par ailleurs j'ai trouvé une indication comme quoi cet Aqueduc serait l'oeuvre d'un certain Alphonse Beaude ; j'étudie actuellement la possibilité qu'il s'agisse d'Alphonse Beau de Rochas, mort à Vincennes et qui semble-t-il était un ingénieur en hydrographie. Piste où pour l'instant je piétine un peu.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Eug%C3%A8ne_Beau

La Nouvelle histoire de Paris et de ses environs écrite par Jules de Gaulle ,Nodier en 1841 précisant que ces aménagements venaient en remplacement de ceux mis en place par Charles V pour alimenter tant le Château de Vincennes que celui de Beauté, reliant même celui, encore visible, mais plus en état et en aucun point comparable, de Fontenay sous Bois. Il parle de petits canaux qui traversaient les champs des fontenaysiens, les mettant sous servitude du Roi jusqu'alors..
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Jeu 11 Déc 2014, 23:47

Faute de pouvoir m’appuyer sur les plans de cet aqueduc,  je suis donc parti en quête de cartes qui puissent me permettre d’apprécier l’aspect géologique mais aussi hydraulique de Fontenay sur sa pleine étendue, à l’époque d’Agnès Sorel, quand notre ville et sa paroisse avait encore la gestion du quartier de la pissote, de certaines parcelles de Montreuil, de l’ensemble du parc de Vincennes incluant pour le moins le couvent des minimes (aujourd’hui lac), jusqu’à l’ile et le château de beauté en contre bas (voir mes commentaires précédents) d’un côté, et les bords de Saint Mandé de l’autre.



Avec cette idée en tête : Pouvait-il y avoir un lien « aggravant » de causes à effets entre la présence de la maladrerie pour lépreux attestée depuis 1377, la décision du Roi Charles V de contraindre les habitants à alimenter les châteaux de Beauté et de Vincennes grâce aux sources qui jalonnaient leurs terres, et l’intoxication au mercure « hors de proportion des attentes » de notre héroïne locale, clef de l’énigme actuelle ? http://www.plateaufontenay.net/t1722-les-ossements-rue-du-parc-et-de-la-croix-boissee-vestiges-de-la-maladrerie

Cette idée m’étant venue après avoir lu sur un site spécialisé en paléo-pathologie que des textes historiques indiquaient que les traitements de la lèpre et de la syphilis au moyen-âge reposaient aussi sur des médicaments à base de mercure… Alors que ce minéral est désormais présenté comme très toxique à une haute affinité pour les tissus dont les os.

Extraits de l’anatomie du corps humain avec ses maladies et les remèdes pour les guérir 1680 – de Saint Hilaire : « Dissoudre le sel mercurien et procéder par évaporation en le chauffant, jusqu’à obtenir une liqueur, par distillation à un feu gradué, d’apparence d’huile, qu’il convient d’appliquer pour guérir et soigner les fistules à toute âme d’ulcères malins et rongeant »

Plus récemment, Rasmusen et Coll – Journal of archeological science 2008- ont, pour conforter cette piste, découvert des taux de présence du mercure anormalement élevé dans des ossements humains médiévaux danois conservés dans 6 sites dont les squelettes présentaient des lésions de lèpre. 79% des os étaient infectés de mercure…

J’ai voulu consolidé cet a priori après avoir compris que le chlorure de mercure (la forme médicale du produit) était l’une des formes les plus toxiques… parce que -bien que solide cristallin sous sa forme d’origine-,…  il se révèle « bien plus soluble dans l’eau que la plupart des autres composés du mercure » et que sa dangerosité tient donc à sa capacité à se répandre par toute voie d'eau.

Restait à trouver des éléments « de terrain » à même de « valider ou non » le chemin de la cause à l’effet. Je me suis appuyé ici sur un rapport Datant d’avril 1984 mais réactualisé en 2012 s’appelant « état des écosystèmes hydrauliques sur la confluence de la Marne » mené par l’établissement éponyme dédié (110 pages très bien documentées par ailleurs) dans le cadre du projet SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux).

J'y ai trouvé 4 cartes, marchant deux à deux.

Pour y accéder c'est par là http://www.sage-marne-confluence.fr/content/download/22334/310707/file/4.%20L/'%C3%A9tat%20des%20%C3%A9cosystemes%20et%20leur%20fonctionnement.pdf

Le vous laisse les chercher (les indices étant dans les premières pages pour le bois de vincennes et le plan intégrant le tracé des rus essentiels et vers la page 50 pour les (la) carte manquante.

Les deux premières nous présentent les cours et plans d’eau du bois de Vincennes où l’on comprend comment l’alimentation en eau se fait par la méthode des flux lents d’une réserve d’eau à l’autre ; les eaux souterraines étant acheminées (Traits bleus = eau potable) jusqu’à un système de pompage au pied des lacs, celui de Gravelle servant de réserve pour irriguer le lac de Saint Mandé et de Dausmesnil, tandis que le lac des minimes tient son irrigation de points de puisage aujourd’hui sur Nogent, mais historiquement sur Fontenay, l’un deux étant, on peut le noter, à côté du « carrefour (ou ex porte) de Beauté ». L’autre permettant de repérer vers quelle direction se trouvent (aient) être rejetées les eaux des lacs… (Trait vert = eaux usées), et en particulier la flèche qui descend direct sur les terres du château de Beauté. CQFD.

Les deux autres permettent d’identifier

1) les circuits d’arrivée d’eau « en amont » -les bleus de la première carte- assez ancienne pour restituer par ailleurs l’état des lieux au temps ou Paris n’est encore qu’une ville à 12 arrondissements, où l'on peut parmi les deux dessinés reconnaître le ru de la pissote (ou ru de Vincennes) -tout près du lieu présumé de la léproserie-.

2) les « zones humides » de notre ville (comprendre contenant le plus grand nombre de source souterraines à même d’alimenter les rus principaux dont celui de la pissote) –le rose de la deuxième carte-. ou ici en bleu http://fontenayplateau.net/COURBESRELIEF.jpg

Si l’on rapproche cela au fait que les travaux voulus par Charles V en 1377 avaient pour vocation
1) d’amener les fontaines de la cote de Fontenay au vivier du bois de Vincennes, en passant par la léproserie, et qu’un vivier était alors le plus sûr moyen d’avoir du poisson à sa table…
2) puis de fournir des points d’eaux aux animaux du domaine pour les chasses et les festins,
je vous laisse imaginer ce qui pouvait se déverser dans la Marne au pied du château de Beauté, en fin de parcours des eaux usées… CQFD non ?

Si vous en doutez encore, il faut savoir qu’en 1711 les eaux des lacs sont tellement corrompues qu’elles provoquent une épidémie pendant l’été, et qu’un ordre assèchement temporaire du lac de Saint Mandé, où précisément ce trouvait ce vivier est ordonné. Une chronique de l’époque disant « l’eau sale domine sans partage, on s’en aperçoit aisément car la surface produit des exhalaisons méphitiques peu agréables ». Comprendre une odeur de charogne.

Si j’ai bien compris, de nos jours les anciens circuits (par la Pissote, ou par les points de Nogent) ont été obstrués définitivement avec les travaux de Belgrand (instauration du tout à l’égout général), et il n’y a plus d’eau sale qui arrive jusqu’à la Marne, les dernières canalisations ayant été comblées avec la mise en service de l’autoroute A4 et de son raccordement à l’A86, les plus anciennes l’ayant été lors de la mise en place du canal de jonction valant raccourci par voie fluviale de la méandre Saint Maur –Champigny) cf. l'insert du Mar 21 Oct 2014, 12:02 où on en voit le tracé, partant juste après le pont de Joinville (Canal St Maur) avec son coude (Canal Saint Maurice).
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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Ven 12 Déc 2014, 20:46

Un petit rajout, une aquarelle qui fait ressortir les reliefs et in fine les pentes de ruissellement vers le Chateau de Vincennes et un croquis allant dans le même sens mais ciblant plus les pentes menant à la pissote.



en sus des trois croquis manquants


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MessageSujet: Re: Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté   Jeu 18 Déc 2014, 20:59

cette dernière carte



Tout cela me conforte dans l'idée que l'empoisonnement de la Dame de Beauté n'est pas l'oeuvre d'un complot, mais bien une série de circonstances où tout le monte a cru bien faire... Espérant vous avoir convaincu. a+ pour une autre page d'histoire.
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Agnès Sorel : De la demoiselle de Fromenteau à la Dame de Beauté
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