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 « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »

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MessageSujet: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Mer 22 Oct 2014, 23:14

« Depuis plus de trois années, Paris était divisé par la Fronde. En 1652, le 2 juillet, Condé jugea utile de faire occuper par ses troupes le pont de Charenton » Georges Naudet (Histoire de Fontenay sous Bois 1980)

Lieu hautement stragégique comme en témoigne cette carte de 1637  alien  cat Quand on vient d'Etampes pour rejoindre le château de Vincennes.



Le mot « Fronde » est redevenu à la mode ; ce qui m’a donné envie de me replonger dans celle qui marqua la France à l’avènement de  la moitié du XVIIe siècle,  sans oublier de passer par les événements qui marquèrent notre ville à cette occasion.

La Fronde de l’époque n’est rien d’autre qu’une  guerre civile larvée plutôt longue, et plutôt cruelle, puisque, de fait la période de la Fronde qui va de 1648 à 1653 constitue la dernière grande opposition nobiliaire à la montée en puissance de l’absolutisme royal.

C’est cet esprit « frondeur  de la noblesse, qui nous a laissé le doux mot de « réaction » (vocabulaire de la noblesse)  et non de «  Cabale des Importants » jugée plus péjorative (vocabulaire populaire).

 Car c’est bien l’« esprit de résistance accoutumé à l’action »   selon les mots de Benjamin Constant, qui finalement s’est exprimé par une révolte armée.

Avant d'aborder le sujet qui va nous préoccuper (les événements du 2 au 4 juillet 1652



il me parait important de resituer le contexte qui est assez intéressant au regard des analyses de notre crise actuelle en 2014 :

On sort d’une guerre de Trente ans ayant eu pour conséquence une forte augmentation des dépenses de l’État et donc de la pression fiscale.

Trop étant trop, l’élargissement de l’assiette de nombreux impôts suscite le mécontentement dans la population. Un homme joue un rôle majeur sur ces questions, Particelly d’Emery ; intendant des finances, il se voit confier par Mazarin les affaires financières du royaume en 1643. Il eut le premier l’idée de l’octroi : une contribution indirecte perçue par les municipalités à l'importation de marchandises sur leur territoire.

Cette taxe frappait les marchandises les plus importantes et les plus rentables telles que le vin, l'huile, le sucre, le café, etc.

Emery ne s’arrête pas là :  Il devient contrôleur général puis surintendant des finances en juillet 1647. C’est lui qui créa de nouveaux impôts pour ceux qui étaient exemptés de la taille, comme les habitants de Paris ou de Rouen.
Ainsi, en janvier 1644 l’édit du Toisé frappe tous les bâtiments construits depuis Henri II dans la capitale, en août de la même année la taxe des Aisés vise les marchands bourgeois de la capitale, à l’automne 1646, les taxes sur l’entrée des marchandises dans la ville sont augmentées par l’édit du Tarif.

Emprunts forcés et diminutions de rentes font aussi partie des expédients utilisés. Les Parlements s’opposent à plusieurs reprises, souvent avec succès, au prélèvement de ces nouveaux impôts, mais le mécontentement s’accroit et Mazarin s’irrite des résistances parlementaires aux décisions royales.

A cela s’ajoute le mécontentement parmi les officiers de robe, en raison de la multiplication des offices vendus par le roi, ce qui réduit la valeur de leurs propres offices. En outre, le système de la paulette, qui assurait l’hérédité des offices, était menacé de suppression par Mazarin qui l’utilisait comme moyen de chantage.

Enfin, le mécontentement monte parmi les princes et les Parlements devant la montée du pouvoir royal, au détriment des États généraux. La situation est propice à des événements de rébellion, … de fronde, donc.

On distingue généralement trois périodes distinctes dans ce que l’on appelle la « Fronde » ; la Fronde parlementaire,  la Fronde des princes et la Fronde Condéenne, du nom de Louis II de Bourbon, Prince de Condé.

La Fronde parlementaire



Lors de la Fronde parlementaire, les parlementaires parisiens s’opposent à la tentative d’Anne d’Autriche d’imposer, par un lit de justice du 15 janvier 1648 de nouveaux impôts.

Par ce procédé, Anne d’Autriche entendait passer outre l’avis des parlementaires. La contestation menée par le conseiller Pierre Broussel l’emporte temporairement sur Anne d’Autriche et sur Mazarin, malgré les tentatives de ce dernier pour diviser les cours souveraines.

Par les conférences de Saint-Germain, la royauté cède aux revendications des parlementaires réunis dans la Chambre Saint Louis (réduction de la fiscalité, réaffirmation du pouvoir des Parlements en la matière et garantie des libertés individuelles).

Cependant, les paroles ne se traduisent pas dans les faits et les infractions aux accords se multiplient jusqu’à la fin de 1648. Les victoires militaires de l’été 1648 convainquent Mazarin de frapper l’opposition : le 26 août 1648, il fait arrêter les meneurs de la Fronde parlementaire. Les parlementaires et les parisiens se révoltent : plus de mille deux cents barricades s’érigent dans Paris et la reine quitte Paris pour Rueil le 13 septembre pour se soustraire à la pression de la foule.

Elle doit malgré tout se rallier aux parlementaires et les articles votés par la chambre Saint Louis sont entérinés le 24 octobre 1648. C’est une véritable monarchie constitutionnelle qui voit le jour, en théorie. Hélas la Fronde ne s’arrête pas là.

Au début de 1649, les conflits larvés sont de plus en plus nombreux et la situation empire : la première guerre de la Fronde éclate ; Mazarin fait assiéger Paris par Condé et ses mercenaires allemands (8 à 10.000 hommes) pour écraser le Parlement.

Dans ce siège de Paris, les parlementaires sont rejoints par le prince de Conti, déclaré généralissime des troupes de la Fronde, et une partie de la noblesse. Les armées loyalistes perturbent fortement le ravitaillement de la capitale, dans laquelle les mazarinades, libelles contre Mazarin, se multiplient ; on en a recensé plus de 5.000 .

L’échec de Turenne, rallié aux frondeurs, à briser le siège signe la fin de leurs espoirs ; la paix de Saint-Germain du 1er avril 1649 vient mettre un terme au conflit armé et permettre un retour au calme précaire. Les frondeurs sont pardonnés et le roi rentre à Paris, même si les esprits restent échauffés. En sous-main, Mazarin se rapproche des anciens frondeurs pour casser toute velléité future de résistance.

La Fronde des princes



En 1650, la Fronde entre dans une seconde phase, la Fronde des princes. Une paix précaire ayant été restaurée, Mazarin tente d’écarter du pouvoir les anciens frondeurs qui ont pu s’en rapprocher. Le 18 janvier 1650, il fait arrêter Condé, son frère le prince de Conti et son beau-frère le duc de Longueville. Il espère ainsi casser les dernières velléités de résistance mais ne parvient qu’à relancer un conflit qui n’avait pas disparu.

Le prince de Condé avait sauvé la monarchie lors de la Fronde parlementaire face à Conti mais les manœuvres de Mazarin font se rejoindre les deux hommes dans leur opposition commune au cardinal italien. Turenne envisage d’aller les délivrer par la force, tandis que leurs clientèles en province se soulèvent : Normandie, Bourgogne ou Guyenne se révoltent. Les troupes royales parcourent alors le pays pour reconquérir les régions rebelles et réactiver la ferveur monarchiste en montrant la personne du roi encore enfant. Les troupes royales prennent le dessus sur les troupes de la Fronde : Turenne essuie une cuisante défaite face aux armées royales le 15 décembre 1650 tandis que les Espagnols, alliés des Frondeurs et entrés sur le territoire du royaume, sont arrêtés par la débâcle de leur allié.

Malgré ces victoires militaires, le problème politique reste intact : les parlementaires se rapprochent des princes et l’union des deux causes, princière et parlementaire, commence à se réaliser. Gondi, futur cardinal de Retz, qui avait attiré la « vieille Fronde » aux côtés des princes, demande la démission de Mazarin. Ce dernier choisit de s’enfuir dans la nuit du 6 au 7 février 1651, conscient que l’opposition à sa personne est le seul facteur unificateur des Frondes. C’est Anne d’Autriche qui continuer à exercer le pouvoir politique.

Des assemblées informelles de gentilshommes se réunissent et la tenue d’États généraux est prévue. Les cahiers de doléance rédigés à l’occasion expriment le souhait d’ « une monarchie contrôlée par les États, dépourvue de fiscalité centralisée, laissant donc la réalité du pouvoir aux instances locales, un peu les cours de justice, surtout les villes et la noblesse. »

Cependant, une fois éloigné l’épouvantail Mazarin, la désunion s’installe parmi les frondeurs. Le clergé parisien conduit par Gondi s’oppose au parlement et la majorité de Louis XIV le 7 septembre 1651 vient mettre un terme à la régence. Condé se replie sur ses terres de Guyenne tandis que Gondi obtient enfin la pourpre cardinalice et devient cardinal de Retz.

La Fronde Condéenne



Depuis la Guyenne, Condé se révolte, estimant mériter une plus grande part du pouvoir. Ce n’est pas une limitation du pouvoir royal qu’il appelle de ses vœux : il souhaite y être directement associé, pouvoir guider le jeune roi à la place de Mazarin, ennemi toujours exécré. Pour appuyer ses ambitions, il a Bordeaux et la Guyenne, et l’assistance des Espagnols contre la promesse de leur céder Bourg-sur-Gironde. Il négocie aussi pour obtenir le soutien de Cromwell ou de Charles IV, duc  de Lorraine.

Face à la menace, réelle, de Condé, Anne d’Autriche rappelle Mazarin au pouvoir. Turenne lui aussi est rappelé et accepte le commandement des troupes royales, dans la situation opposée à celle des premiers moments de la Fronde. Turenne défait Condé à plusieurs reprises en 1652. Les Lorrains, un temps menaçants, reculent vers la Champagne. Les combats se poursuivent cependant entre les armées de Condé et les armées loyalistes, jusqu’à Paris. Au début de juillet 1652, Condé échoue à entrer dans Paris mais la Grande Mademoiselle fait tirer les canons de la Bastille sur les troupes de Louis XIV pour le faire entrer. Ce sont les combats de la porte Saint-Antoine.

Le 4 juillet, c’est la terreur Condéenne, une journée sanglante à l’intérieur même de Paris, qui a pour effet de faire croitre l’hostilité vis-à-vis de Condé.

La lassitude devient de plus en plus évidente parmi les acteurs de la Fronde mais aussi et surtout parmi la population parisienne et française. Fin calculateur, Mazarin quitte à nouveau Paris pour apaiser la situation et Condé quitte la France pour l’Espagne. Le 21 octobre 1652, Louis XIV rentre triomphalement dans Paris et Mazarin, lui aussi acclamé, rentre le 3 février 1653. La paix revient progressivement dans le pays et Bordeaux, dernière ville rebelle, tombe en juillet 1653. Un lit de justice triomphal, tenu au Louvre et non au Palais, interdit aux magistrats de « prendre aucune connaissance des affaires de l’État ».

Et Fontenay dans tout cela ?


Une lettre nous raconte les événements de juillet 1652

« Le lundi au soir, sur les neuf à dix heures, les troupes des princes commencèrent à décamper de Saint-Cloud. Alors MM. les princes se présentèrent aux portes Saint-Honoré et de la Conférence, où, après leurs menaces, prières et soumissions, ils ne purent enfin obtenir de les faire entrer dans la ville pour les faire passer ainsi qu'ils disaient. Voyant cela ils défilèrent au-dessous de Montmartre, où l'arrière-garde fut attaquée par l'armée du roi à la Nouvelle-France ; mais enfin ils se sauvèrent dans le faubourg Saint-Martin, aux Récollets, où il y eut conflit. Sur les quatre à cinq heures du matin, ils se présentèrent à la porte de la ville qui leur fut fermée.»

L'armée du roi les poursuivit jusqu'au faubourg Saint-Antoine, les harcelant dans l'espace qui est entre les deux faubourgs ; mais le grand choc fut depuis neuf heures jusqu'à quatre au bout du faubourg Saint-Antoine, où les canons jouèrent pour le moins trois heures assez près les uns des autres. Les princes furent repoussés jusqu'à la porte, et, si celle-là leur eût été fermée comme l'autre, il n'y eût eu que les spectateurs qui en eussent pu dire des nouvelles. M. de Beaufort rentra avec le bagage et cria au secours, et pas un ne sortit hormis quelques étourdis volontaires qui s'allèrent faire tuer ou repousser. Son Altesse royale alla à l'hôtel de ville qui ne lui donna point satisfaction, et fut seulement accompagné de quelque bourgeoisie, qu'on dit qui alla par ordre de la ville sur le boulevard  avec Sa dite Altesse voir la sanglante tragédie.

» Il y eut la moitié de Paris qui s'en alla aussi, quand le choc fut passé et que l'on ne craignait plus, sur le rempart du Temple et autres lieux élevés pour considérer ; mais pas un ne s'avisa de sortir, et ce que quelques-uns faisaient c'était de grincer les dents, la plupart ne s'en souciant pas et s'en riant.

»  Je vis sur les onze heures du matin revenir le prince de La Rochefoucauld, qui semblait avoir les yeux hors de la tête, et on ne connaissait rien en son visage. On dit néanmoins qu'il n'en a qu'un crevé. Le duc de Nemours arriva un peu après chez lui atteint de quatre coups, dont l'un lui a cassé la main ou le bras ; lequel des deux, je ne sais ; Clinchamp est blessé à mort, quantité d'officiers tués, et mêmes les soldats qui en sont échappés confessent que la plupart y est demeuré. Il courut un bruit que M. de Turenne était tué, puis blessé, puis prisonnier, puis enfin qu'il s'était sauvé ; que Mancini avait été tué. Pour le neveu de M. Guitaut, il a été vu beaucoup blessé, et on m'a dit qu'on avait tiré huit ou dix coups de canon de la Bastille. J'ai eu de la peine à le croire, celui qui me l'a dit a été témoin oculaire, ainsi qu'il assure, si ce n'est pour mieux établir son mensonge ; les autres disent du boulevard.

»  Les reliques du débris passèrent au travers de Paris, en désordre et sans rang, et chacun se trouva au Pré-aux-Clercs, où ils campèrent hier au soir

»  Ils font courir le bruit que la ville se déclare enfin en faveur du parti, et que ce qui retarde l'exécution, ce fut le gouverneur et le prévôt des marchands ; qu'on va assommer le premier et changer le second ; que Son Altesse royale a mandé aux députés du parlement qu'ils s'en reviennent. Cela est ridicule et je ne vous l'écrirais pas, si ce n'est qu'on est bien aise d'entendre les sentiments de la populace, dont la plus grande partie avec le gros bourgeois souhaitent la présence du roi pour être délivrés de la tyrannie et de la misère ; sans doute qu'il rendrait vains tous les efforts de la faction.»

Le pain de Gonnesse qui a manqué aujourd'hui fait crier, et un convoi, pour petit soit-il, escorté des troupes du roi, faisait beaucoup à son avantage.

La pillerie n'est pas fort à appréhender, et il semble que le calme soit assez grand pour s'y fier. Il est vrai que le bourgeois est en résolution de se garder et d'être neutre, si le roi ne vient à Paris. Beaucoup parleront qui sont muets et qui attendent l'opportunité du temps, parce qu'ils ne sont pas soutenus. On m'a dit que la plupart des conseillers de la cour étaient en résolution de prier Sa Majesté d'interdire le parlement, afin de ne plus s'assembler, et d'éviter la fureur des uns et des autres.

Mazarin parle de ce combat avec rapidité et simplicité dans une lettre datée de Saint-Denis (3 juillet 1652), et adressée à La Croisette, gouverneur de Caen :

« J'ai été depuis deux jours à l'armée avec le roi. Les nouvelles que je vous puis donner, c'est qu'il n'y aurait plus de troupes des princes, si les diligences de M. le duc d'Orléans, assisté de Mademoiselle et de M. de Beaufort, n'eussent fait agir le menu peuple, qui contre le gré et la bonne volonté des bourgeois fit ouvrir la porte Saint-Antoine pour sauver lesdites troupes, qu'on avait attaquées. Girardin m'a dit qu'il vous en a déjà mandé les particularités ; ce qui m'empêche de le faire, et je vous dirai seulement que, hors M. le Prince et Tavannes, presque tous les autres chefs, tant François qu'étrangers, sont tués ou blessés. Ce qui leur reste, qui ne se monte au plus qu'à deux mille hommes, est à présent au delà de la rivière de Seine, qu'elles ont passé sur le pont au Double. »

Le pont au double est le premier pont de pierre à trois arches construit en 1643. On le voit ici derrière le petit pont.



Il était surmonté d'un bâtiment à deux étages destiné aux malades.

Les riverains avaient obtenu après bien des difficultés, l'autorisation d'emprunter ce pont car le Petit-Pont voisin est trop embouteillé. Ils devaient cependant s'acquitter d'un droit de passage fixé à "un double denier pour chacun des hommes de pied et six deniers pour chaque homme de cheval". C'est en référence à ce péage qui a subsisté jusqu'à la Révolution, que le pont porte encore ce nom.

Or c’est bien cette piste qu’il convient de suivre pour comprendre pourquoi notre ville fut parmi les plus pillées.
Uné étude publiée à la 41e assemblée de la Sociéty for French Historical Studies en mars 1995 à Atlanta nous explique les tenants et les aboutissants :


Tout commence le 30 avril. Sur les collines de Montmartre à Fontenay sous Bois, ont été installées huit colonelles, autrement dit « des milices pour éviter que des désordres se tiennent sur les marchés » . Il faut assurer le libre passage des meuniers et des vignerons : l’enjeu assurer la libre circulation du pain et du vin, car la contestation contre le prévôt des marchands grandit.

Après la mauvaise récolte de 1651, en blé et froment,  il fallait garantir l’approvisionnement de la capitale. Le vin par ailleurs était frappé par des aides aux barrières et aux portes, mobilisant l’action populaire. Le 2 juillet 1652 la populace des hauteurs jusqu’alors alliée e à la bourgeoisie contre l’absolutisme, se sent trahie, parlant du "reniement des pères du peuple". Les masses d’agriculteurs se trouvèrent donc prises dans un élan spontané contre le pouvoir devenu « l’ennemi naturel ».

Les troubles du vin devinrent « anti-fiscaux » ; sachant que le capitaine du Faubourg Saint Antoine, François Gervaisot, était précisément juré courtier de vin. C’est lui donc qui était chargé depuis mai de « tenir la main à faire payer les entrée des portes sur les denrées ».  Mais d’autres mandés agissaient alentours : ils étaient 56, dont 33 bénéficiaient du double sta tut de « capitaine de la milice ». Les marchands de vin de leur côté prenant le parti de « briser les barrières».

Le vin devint dès lors un « instrument politique ». Sur le faux bruit que le Roi allait coucher à Vincennes, un de ces capitaines écrit à Mazarin : «  faisant boire les bateliers, on pourra avec les autres moyens que nous avons, se rendre mettre de cette côte-là » Tout fut donc fait pour « offrir du vin » au insurgés au leu de leur soutirer un quelconque octroi… sur les coteaux faisant face au château. Ce qui fait qu’au soir du 3 et du 4 juillet, beaucoup d’entre eux se retrouvèrent dans un état d’ébriété avancé. En bloquant le Pont de Charenton, il n'y avait plus d'échappatoire possible.

Il n’y avait plus qu’à organiser la répression « pour la sûreté du roi,  de la ville et de la justice », la bourgeoisie prenant dès lors le parti de représenter « toute la communauté urbaine » ; des « bourgeois mandatés » par quartier remplaçant ici les « curés » et imposant la présence et le rôle des « capitaines de la milice »  parmi les députés de quartier.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6548055z/f332.image

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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Jeu 23 Oct 2014, 03:36


cette carte de 1630 pour apprécier le champ de bataille



et ce tirage partiel



Avec dans la première boucle à gauche, le château de Vincennes, puis dans la deuxième le Faubourg Saint Antoine des Champs et plus à droite, le pont de Charenton.
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Gérard

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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Jeu 23 Oct 2014, 03:51

Je ne savais pas que ce Pont de Charenton avait eu une telle importance pour Paris

La ville de Charenton doit son nom à la présence du pont de Charenton, mentionné dès le viie siècle et qui est certainement l'un des plus anciennement bâtis pour faciliter l'arrivage à Paris. Il a toujours été regardé comme la clef de Paris. Située à un emplacement stratégique (proximité de la capitale, existence d’un pont permettant de franchir le confluent de la Marne et de la Seine), la ville fut le théâtre de nombreux combats.

En 865, les Vikings s'emparèrent du pont et le rompirent.

En juin 1358, le dauphin Charles s'en rendit maître pour se diriger sur Paris occupé par les Anglais.

Sous Charles VII, les Anglais, maîtres de Charenton, en furent chassés, le 11 janvier 1436, par le capitaine de Corbeil nommé Ferrière.

En 1465, l'armée de la Ligue du Bien public l'attaqua, et s'y porta pour protéger ses opérations contre Louis XI.

Les calvinistes le prirent en 1567.

Le 25 avril 1590, Henri IV l’enlève aux soldats de la ligue mais en septembre 1590, lors du siège de Paris, l’Espagnol Alexandre Farnèse reprend la ville, ce qui permet de ravitailler la capitale assiégée par Henri IV (huitième guerre de religion)[1].

Pendant les guerres de la minorité de Louis XIV, les frondeurs y repoussèrent le prince de Condé, qui le reprit la même année.

Après quelques hésitations, elle est désignée pour abriter le Temple protestant de Paris attribué par l’édit de Nantes. Lors du soulèvement protestant de 1621, les protestants y sont massacrés après l’échec de Luynes au siège de Montauban[2].

En 1631 s’est tenu un synode national de l’Église réformée de France à Charenton pour discuter ses principes et sa discipline (voir : Synode national de Charenton).

Pris et repris pendant plusieurs siècles, le pont de Charenton avait été rebâti plusieurs fois ; il le fut en 1714, et subit quelques réparations en 1812.

De 1790 à 1795, Charenton était un canton du district de Bourg-de-l'Égalité.

Au mois de février 1814, les armées ennemies s'approchant de Paris, la défense du pont de Charenton fut confiée aux élèves de l'école nationale vétérinaire d'Alfort. Le 30 mars, accablés par le nombre, ils furent obligés de céder à la force. Charenton-le-Pont fut pris, et le lendemain les troupes wurtembergeoises et le corps autrichien du comte de Guilay campèrent à Charenton.

En 1815, le pont est coupé pour arrêter la marche de l'ennemi. Il sera reconstruit de fond en comble.

Depuis 1975, l’autoroute A4 emprunte le tracé du Canal de Saint-Maurice, comblé en 1952.

On y voit le château de Conflans et le pavillon d'Antoine de Navarre.

_________________
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948)
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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Jeu 23 Oct 2014, 22:40

Son importance tient au fait qu'il n'y avait pas d'autre pont traversant la Seine entre le Petit Pont et le Pont au Double (premier cercle) et celui de Charenton, (second cercle).



et que comparé à ceux de Paris il était de taille impressionnante



Maintenant je vous propose de nous attarder sur la première carte diffusée (1637) où l'on voit au dessus du Château de Vincennes, la mention de "Grenelle". Si de nos jours le quartier de Grenelle s'identifie peu ou prou à une partie significative du XVe arrondissement de Paris, il s'agissait à l'époque de nommer plutôt "les jaillissements d'eaux de sources" qui coulant "avec véhémence" pouvaient gagner les plaines en contre bas.

Elément à prendre en compte pour aborder maintenant le second envahissement de notre ville qui eut lieu en octobre 1652 et que Georges Naudet, toujours lui, évoque en ces termes






avant de les rapprocher des écrits de Mademoiselle de Montpensier... petite fille d'Henri IV... surnommée la Grande Demoiselle...

[fin septembre] (…) M. le Prince nous fit fort grand chère, quoique M. de Lorraine ne lui eût mandé que le matin que j'irois dîner. Les dames qui étoient venues avec moi, M. le Prince, M. de Lorraines, le duc de Beaufort et le chevalier de Guise, qui étoit venu au-devant de moi à Charenton, [y dînèrent aussi].

Ils burent ma santé à genoux, firent sonner les trompettes, enfin firent toutes les simagrées que l'on a accoutumé de faire à l'armée en pareille occasion ; même je crois qu'ils firent tirer quelques petites pièces de canon, qui étoient dans ce château. M. le Prince reçut la réponse des maréchaux de Turenne et de la Ferté, qui firent mille civilités pour moi, lui mandant que je pouvois commander ; que j'étois maîtresse dans leur armée comme dans la nôtre.

(…) Aussitôt après dîner, je montai à cheval, et je m'en allai voir l'armée. Je trouvai celle de M. de Clinchamp fort grossie : car les Espagnols avoient envoyé beaucoup de troupes nouvelles ; le duc Ulric de Wirtemberg étoit venu, mais il étoit malade à Paris dans l'hôtel de Condé, où M. le Prince avoit logé. Il avoit deux sergents de bataille, savoir : le comte d'Hennin, fils aîné du duc de Bournonville, et le frère du comte de Saint-Amour. Je les avois vus à Paris, où ils m'étoient venus faire la révérence ; ils me suivirent toujours.

Je parlois aux officiers, que j'avois vus à Étampes : je leur parlois de ce temps-là. Ces messieurs étoient très-étonnés que je les connusse et que j'eusse retenu leurs noms.

(…) M. le Prince me dit : « Vous connoissez tous nos régiments. Quoiqu'il y ait une trêve, encore est-il bon de laisser quelqu'un à garder le quartier, pendant que tout est dehors ; c'est pourquoi je n'en ai point fait sortir. » Pour la cavalerie, elle étoit dehors avec le reste de l'armée. Je vis les escadrons où étoient mes gendarmes et mes chevau-légers ; ils escadronnoient avec ceux de Son Altesse royale et de Valois. Cela n'est pas trop honorable à dire, que trois compagnies ne fassent qu'un escadron ; mais la vérité me force à le dire.

Les officiers, après qu'ils m'eurent saluée, vinrent me dire le déplaisir qu'ils avoient eu de ne point venir au-devant de moi ; que M. le Prince leur avoit défendu, disant que, comme c'étoit un honneur que de m'escorter, il le falloit laisser aux Lorrains. Après avoir passé notre grand'garde, je passai plus avant, et même notre garde avancée ; j'allai jusques à celle des ennemis

(…)Après avoir tout vu, je m'en revins à Paris, escortée par les troupes lorraines. Je ne voulus pas que M. le Prince vint à Charenton ; je le laissai à l'armée, et M. de Lorraine revint avec

[LETTRE DE L'ABBÉ FOUQUET AU CARDINAL MAZARIN]

« Ce matin 3 octobre il  avoit promis de venir ; il a appris que M. de Turenne avoit envoyé deux mille chevaux au fourrage : il est allé après. J'ai été au Palais-Royal, où il est venu un grand nombre de bourgeois qui pour signal avoient mis du papier à leurs chapeaux. Me voyant, ils sont venus à moi avec la dernière joie, me demandant ce qu'ils avoient à faire, et quel ordre il y avoit pour eux, voulant aller au palais d'Orléans et exciter des séditions par les rues. Je n'ai pas cru que l'affaire se dût mal embarquer ; j'ai cru qu'il étoit nécessaire que j'envoyasse en diligence demander les hommes de commandement que l'on vouloit mettre à leur tête. Il n'y faut pas perdre un moment de temps.

Le maréchal d'Étampes (il est maréchal de France) passa : ils l'ont obligé à prendre du papier, dont il a été assez embarrassé ; et sur ce que je lui ai dit qu'il en verroit bien d'autres, il m'a répondu qu'il ne falloit point faire de rodomontade, et qu'il falloit faire la paix. M. le duc d'Orléans a souhaité de me voir : j'ai été une heure avec lui ; j'ai trouvé seulement qu'il a un peu insisté sur les troupes, disant qu'il ne vouloit que sortir honorablement de cette affaire. Je lui ai dit que quand même on les accorderoit, elles seroient cassées au premier jour. Il m'a dit que, si l'on en réformoit d'autres, il consentoit que celles-là le fussent aussi.

(…) A l'instant, M. de Lorraine appela Clinchamp qui étoit dans ma chambre ; nous entrâmes dans mon cabinet pour lui dire ce que nous venions de dire. Nous résolûmes force choses, qui étoient que l'on paieroit les garnisons de Ham et de Péronne à M. de Hocquincourt ; que l'on lui donneroit encore trois régiments de cavalerie, savoir le sien, celui d'un de ses fils, et un autre pour un gentilhomme de ses amis, nommé Blainville, qui serviroit de maréchal de camp ; son régiment d'infanterie et ses dragons, et une compagnie de gendarmes et de chevau-légers. J'aurois mis sur pied mon régiment de cavalerie et celui d'infanterie ; je n'avois encore destiné personne pour en être le mestre de camp ; mes deux compagnies de gendarmes et chevau-légers eussent servi dans cette armée : car ç'auroit été la mienne. Monsieur avoit [la sienne] et M. le Prince aussi ; de sorte que celle-là l'on l'eût appelée celle de Mademoiselle

[octobre 1652]  Peu de temps après, M. de Lorraine partit avec l'armée. Je pense que cette marche et le retour du roi à Paris firent connoître au maréchal d'Hocquincourt qu'il étoit trop tard de s'engager avec nous ; de sorte que nous n'eûmes point de réponse, et tout ce beau dessein fut rompu.

(…) Je recevois tous les jours des nouvelles de M. le Prince et de M. de Lorraine, et je leur en mandois de Paris. Monsieur me manda un jour de m'aller promener à cheval avec lui dans  Grenelle ; je lui dis les mauvais bruits qui couroient, et comme l'on disoit que pour moi je serois reléguée à Dombes ; que cela ne me plaisoit guère. Il m'assura fort du contraire.

Du côté de la cour, ils avoient levé tous les obstacles qui pouvoient empêcher le roi d'être agréablement reçu : car le cardinal Mazarin s'en étoit retournée en Allemagne. Les capitaines des quartiers furent mandés par le roi, et donnèrent avis à Son Altesse royale qu'ils s'en alloient à Saint-Germain. Je m'en allai à Luxembourg pour lui représenter ce qu'il avoit promis à M. le Prince et à M. de Lorraine. Je trouvai M. de Rohan affairé, me disant : « Il faut que Monsieur empêche cela. » Comme je lui en parlai, il me répondit : « Je n'ai rien promis à M. le Prince ; il est en état de traiter quand il voudra, et moi je suis ici tout seul abandonné. » Cela ne me plut guère ; je l'écrivis à M. le Prince.
Ils partirent, ces capitaines, et M. de Rohan me dit : « Il faut que Son Altesse royale monte à cheval et aille aux portes pour les empêcher d'entrer. » (…)

Je fus voir le logis de M. d'Emery, que l'on vouloit louer. Son Altesse royale me vit dans cet embarras de n'avoir point de logis et de ne savoir quasi où loger, sans m'offrir une chambre à Luxembourg. J'étois si peu accoutumée à recevoir de lui aucune marque d'amitié, que je ne m'apercevois pas qu'il dût m'offrir un logement. Je m'en allai coucher chez la comtesse de Fiesque, assez étourdie de tout ce que je voyois.

Le lendemain, comme je revins de la messe des Feuillants, où j'étois allée par les Tuileries à pied, l'on me vint dire que Monsieur avoit eu ordre de s'en aller. J'envoyai à Luxembourg, et je lui écrivis un billet. Il dit au page qui le lui avoit rendu : « Dites à ma fille qu'elle ne sait ce qu'elle dit. » Madame de Châtillon entra comme je dînois ; mes violons jouoient. Elle me dit : « Avez-vous le cœur d'entendre des violons ? nous serons tous chassés. » Je lui répondis : « Il faut s'attendre à tout et s'y résoudre. » (…)  : « Quand j'ai été à Orléans, ç'a été par votre ordre ; je ne l'ai pas par écrit, parce que vous me le commandâtes vous-même ; mais j'en ai [de vos ordres par écrit] pour toutes les choses qui y étoient à faire, et mêmes des lettres de Votre Altesse royale plus obligeantes qu'il ne m'appartenoit, où elle me témoigne des sentiments de bonté et de tendresse, qui ne m'eussent pas fait croire que Votre Altesse royale en dût user comme elle en use présentement.

Et l'affaire de Saint-Antoine, me dit-il, ne croyez-vous pas, Mademoiselle, qu'elle vous a bien nui à la cour ? Vous avez été si aise de faire l'héroïne, et que l'on vous ait dit que vous l'étiez de notre parti, que vous l'aviez sauvé deux fois, que, quoi qu'il vous arrive, vous vous en consolerez, quand vous vous souviendrez de toutes les louanges que l'on vous a données. »

(…) J'étois dans un grand étonnement de le voir en telle humeur. Je lui répartis : « Je ne crois pas vous avoir plus mal servi à la porte Saint-Antoine qu'à Orléans. J'ai fait l'une et l'autre de ces deux choses si reprochables par votre ordre ; et, si c'étoit encore à recommencer, je le ferois, puisque c'étoit de mon devoir de vous obéir et de vous servir. Si vous êtes malheureux, il est juste que j'aie ma part à votre mauvaise fortune ; et, quand je ne vous aurois pas servi, je ne le lairrois pas d'y avoir participé.

C'est pourquoi, il vaut mieux, à ma fantaisie, avoir fait ce que j'ai fait, que de pâtir pour rien. Je ne sais ce que c'est que d'être héroïne : je suis d'une naissance à ne jamais rien faire que de grandeur et de hauteur en tout ce que je me mêlerai [de faire], et l'on appellera cela comme l'on voudra ; pour moi, j'appelle cela suivre mon inclination et suivre mon chemin ; je suis née à n'en pas prendre d'autre. »

» Je veux croire néanmoins que l'on trouvera quelque expédient pour le réparer et que vous n'oublierez rien au près de M. de Chavigny et de M. Goulas, qui témoignent avoir bonne intention et qui sont intéressés à la chose, afin qu'ils pressent S.A.R. à ne marchander plus en cette occasion de se séparer de M. le Prince, qui fait voir clairement n'avoir autre but que la continuation de la guerre, et ce seroit le plus grand service que vous puissiez rendre à l'État.

» Pour ce qui est de M. le Prince, quand il seroit autant de l'avantage du service du roi, comme il est tout à fait opposé, qu'on lui accordât tout ce qu'il demande, ce relâchement seroit attribué à l'impatience que j'aurois de mon retour, puisque déjà l'on dit qu'il me le fera acheter par l'établissement de la fortune de tous ses amis ; mais cela ne me mettroit guère en peine ; car si M. le Prince avoit une véritable envie de s'accommoder et que l'intérêt du roi obligeât sa Majesté à consentir à toutes les choses qu'il demande, je serois le premier à prendre la hardiesse de les conseiller à sa Majesté. Il me seroit aisé de faire voir que ce n'auroit pas été par le motif de mon retour à la cour, puisque je ne bougerois pas d'ici.

» J'écris au long à M. Le Tellier sur toutes les choses que vous avez rapportées. C'est pourquoi je ne vous fais pas une longue lettre, vous priant seulement m'aimer toujours et de croire que vous n'aurez jamais un meilleur ami que moi et d'assurer monsieur votre frère de la même chose. »
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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Sam 25 Oct 2014, 05:15

Un point anecdotique ... Georges Naudet écrit deux choses à propos de deux membres de la famille lefebvre, à deux endroits distincts

Il évoque tout d'abord une mention qui figure dans notre Eglise : "Elle est presque entièrement cachée par la boiserie du confessionnal de M. le curé. En voici le texte : « A la gloire de Dieu » « Et à la mémoire de Damoiselle Marie Lefebvre, fille majeure demeurante à Paris".

Et nous parlant des curés connus de notre paroisse il écrit : "Denis Lefebvre fut nommé curé au registre en 1649. En 1651 il se trouve en désaccord avec la communauté des Fontenaysiens au sujet du presbytère. Je ne sais pas comment se termina l’affaire."

Ces deux dernières dates couvrant la période de la Fronde, j'ai regardé si, par hasard..... et voici ce que j'ai trouvé... dans
Richelieu, Mazarin, la Fronde et le règne de Louis XIV, Volume 8 Par Capefigue (Jean Baptiste Honoré Raymond, M.)

L'histoire est plus longue, mais cet extrait me semble-t-il se suffit à lui-même



Il y avait conflit autour de la désignation dudit sieur comme prévôt des marchands entre le candidat des frondeurs et celui du Roi.

Finalement ce fut le sieur Lefebvre qui fut quitte et dut se démettre.

La chute de l'histoire étant : "Après cette démission un peu tremblante (celle de Broussel) on procéda à une nouvelle élection ; et soit que personne ne voulut se charger d'être prévôt, soit que Broussel chef du mouvement, fut le seul qui parût capable, de se mettre à la tête, il fut encore réélu à une immense majorité de suffrages ; l'ancien prévôt Lefebvre n'eut que deux voix"

On est le 16 août 1652.

De là à ce que ceci explique cela... qui sait?


Dernière édition par Libellule le Mar 28 Oct 2014, 01:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Sam 25 Oct 2014, 10:56

Pour apprécier les distances 2 cartes qui se complètent

La première donnant un point de vue à partir de la barrière "Saint-Antoine" et le Château de Madame d'Orléans, avec sa portion de route vers "Vincennes", poursuivi par l'embranchement d'un chemin vers Fontenay-sous-Bois ("Fontenay"), d'un autre vers Nogent-sur-Marne ("Nogent") et d'un autre vers Saint-Maur-des-Fossés ("Saint-Maur").



La seconde prolongeant la représentation de la partie manquante du bas par laquelle ont peut identifier Charenton et son Pont, et les éléments fournis par Gérard, y compris le château de Conflans



En bas est mentionné la route de Gravelle qui gagne Fontenay Sous Bois. Sachant que c'est Emile de la Bédollière, élève de l'Ecole des Chartes, qui a démontré comment le nom de Grenelle, avait progressivement dériver vers granella, à gravelle. L'écoulement des sources ayant avec le temps déposé des petits grains, devenus graviers dans la plaine et non pas sur les hauteurs.
source : Le Bois de Vincennes Par Emile de La Bédollière

Enfin, on peut jeter un coup d’œil sur cette dernière carte postale allemande du début du xxe siècle, montrant le plan des fortifications défendant Paris : la ligne de défense incluant la redoute de Gravelle et la redoute de la Faisanderie y est figurée de façon anonyme sous la forme d’un croissant proche de la ligne imaginaire reliant le fort de Charenton et le fort de Nogent.



Un mot sur la Grande Demoiselle Montpensier

L'Histoire la désigne sous le titre de « La Grande Mademoiselle », qu'elle tient de son père, Gaston de France (1608-1660), qui portait celui de Monsieur en tant que frère cadet du roi Louis XIII, puis « Le grand Monsieur » lorsqu'il fallut le distinguer de Philippe, frère cadet de Louis XIV, appelé lui « Le petit Monsieur » ; sa fille devint alors « La Grande Mademoiselle ».

Sa signature était « Anne Marie Louise d'Orléans ».

Anne Marie Louise rejoint son père dans le clan des Frondeurs contre le pouvoir royal. Le 2 juillet 1652, lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine, c’est elle qui fait tirer les canons de la Bastille sur les troupes royales pour sauver son cousin le prince de Condé, pour lequel elle nourrit également des projets matrimoniaux. Pour le reste je vous ai donné son récit des journées d’octobre.

Elle est inhumée dans le caveau des Bourbons en l'église abbatiale de Saint-Denis.

La Grande Mademoiselle possédait de très nombreux titres, terres et seigneuries. Elle avait droit en France au prédicat d'Altesse Sérénissime, du fait de son rang de première princesse du Sang de France ; Son appellation officielle à la Cour était d'ailleurs "S.A.R. Mademoiselle". Ce rang a été créé par Louis XIII à l'instigation du père de la Duchesse, pour lui accorder un rang supérieur aux autres princesses du sang.

De son côté la Grande Demoiselle supportait mal que le titre de Duchesse d'Orléans soit passée de Madame sa Mère à sa belle-mère suite à un remariage. Avec la jeune Marguerite, sœur du duc de Lorraine et de Bar, un prince aussi fantasque que lui, alors en guerre contre la France et dont il fréquente alors la cour car il y est en exil politique. Il surnomme sa seconde épouse, auparavant coadjutrice de l'abbesse du chapitre noble de Remiremont « l'Ange ». Il l'épousa secrètement dans un couvent de Nancy le 2 janvier 1632 mais le Parlement de Paris déclara ce mariage nul. Il fit célébrer son mariage une deuxième fois par l'archevêque de Malines dans les Pays Bas espagnols, là encore l'assemblée du clergé de France, poussée par Richelieu, annule ce mariage. Les fiancés purent, à la mort de Richelieu, se retrouver à la cour de France et se marier en mai 1643. Ils eurent cinq enfants : De quoi devenir franchement jalouse, non?

Pour comprendre son implication dans un tel conflit, on peut aussi remonter un peu en arrière : La minorité du roi avait mis le pouvoir légal entre les mains d'Anne d'Autriche, et le pouvoir réel était exercé par Mazarin, le plus Italien des Italiens, qui s'était fait universellement détester par ses intrigues, par sa facilité à faire des promesses et par son habileté à ne jamais les tenir. Cependant c'était un digne élève, un digne successeur du grand cardinal de Richelieu : bien qu'Italien d'origine et de langage, il avait le coeur d'un Français ; même lorsqu'il était obligé de quitter furtivement la cour, il continuait à imposer à l'étranger, par des victoires diplomatiques et militaires, le respect de la France. C'était à lui surtout qu'en voulaient Gaston et sa fille, la Grande Demoiselle donc. Mazarin tenait auprès du petit roi une place que ces deux personnages considéraient comme la leur, et n'ayant pu l'obtenir par droit de naissance, ils croyaient l'enlever par droit de conquête.

Le roi avait des partisans, lui aussi, mais les uns lui étaient attachés par intérêt, les autres par une sorte d'instinct chevaleresque qui n'avait rien de commun avec le patriotisme. A cette époque, l'idée de patrie, qui nous semble si naturelle, n'existait point encore, ou du moins était le privilège de quelques hommes de grand coeur, isolés et mal compris, qui eussent passé pour de singuliers originaux s'ils n'avaient osé mettre tout haut la France au-dessus des partis, au-dessus de la royauté elle-même ; on les eût peut-être même regardés et punis comme des traîtres, tant les idées vraies ou justes ont de peine à naître et à vivre. Le grand Condé, le grand Turenne commandèrent tour à tour les armées de révoltés. CQFD



Gravure allégorique montrant Mademoiselle terrassant Mazarin sous les remparts d’Orléans ; la fille de Gaston d’Orléans vient, à la tête d’une petite armée, de gagner la ville à la cause des Frondeurs (1652). Derrière elle, ses deux maréchales : à gauche la comtesse de Fiesque, à droite Madame de Frontenac (les noms sont écrits au-dessus des personnages).

Cabinet des Estampes (BN - Paris)



L'ordre de tirer de la Bastille.
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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Dim 26 Oct 2014, 03:57

Pour compléter : Ce commentaire trouvé sur la page d'un passionné d'histoire montrant l'importance par ailleurs de la remise en cause par le sieur Lefebvre de l'autorité du dénommé Broussel

Arrestation de Broussel. Les Barricades.

Ce fut l'arrestation d'un conseiller au Parlement, appelé Broussel, qui fit éclater la révolte. Broussel était très aimé, parce qu'il soutenait toujours le peuple. Aussi quand on vint l'enlever dans la maison qu'il habitait dans la Cité, rue Saint-Landry, les rues se couvrirent en un clin d'œil de barricades et tout le monde fut sous les armes. La révolte était dirigée par un homme ambitieux et habile, Paul de Gondi, célèbre sous le nom de cardinal de Retz. Il était coadjuteur (c'est-à-dire suppléant avec promesse de succession) de l'archevêque de Paris, son oncle, et ambitionnait ardemment la dignité de cardinal, qu'il n'obtint que longtemps après. Il fallut qu'Anne d'Autriche cédât et rendit aux Parisiens leur idole, Broussel, que l'on porta en triomphe jusqu'à sa demeure. Ce fut là l'origine d'une longue guerre civile qui s'appela la Fronde.

Voici l'origine de ce nom. Vers cette époque, les enfants du peuple s'amusaient à lancer des pierres avec des frondes dans les terrains encore peu habités de la butte Saint-Roch. En vain les archers du roi s'opposaient à ce jeu dangereux ; à peine s'étaient-ils éloignés que les jeunes espiègles revenaient aussitôt se livrer à leur plaisir favori.

Les Frondeurs politiques ne faisaient pas autrement : soumis en apparence aux volontés de la régente et du premier ministre, ils ne manquaient aucune occasion de dénigrer, de fronder le gouvernement quand ils étaient sûrs de l'impunité.


http://fernandbournon.free.fr/paris/livre-1-chapitre-10.php

et ce que des sites étrangers (anglais, allemands et espagnols) m'ont permis de trouver

Tout d'abord diverses versions de la première arrestation de Broussel



Puis sur les événements de la porte Saint Antoine et de la justification triviale d'utiliser les canons du fort de la Bastille au regard de franchir la porte du même nom.



Enfin sur l'emprisonnement de Condé à vincennes en 1650



(traduction du texte allemand) Emprisonnement de Condé à Vincennes, le 18 janvier 1650 C'est l'un des épisodes marquants de la Fronde.

Depuis 1643 la France est gouvernée par Anne d'Autriche, veuve de Louis XIII et mère de Louis XIV, dont elle assure la régence avec Mazarin.

Lorsque ce dernier décide d'augmenter les impôts pour financer la Guerre de Trente Ans, le parlement refuse et en profite pour réclamer une réforme de l'Etat.

La Reine Mère fait arrêter l’un des principaux conseillers du Parlement, Pierre Broussel, mais aussitôt, la population se révolte et la Cour est contrainte de fuir la capitale. Anne d’Autriche n’aura pas le choix : elle devra signer la charte du Parlement.

Mais avec la fin de la Guerre de Trente ans et le retour des troupes royales, Anne d’Autriche et Mazarin pensent que le rapport de forces leur est à nouveau favorable et ils lèvent une armée contre le Parlement. Ils proposent alors au prince de Condé d’en prendre la tête. Celui-ci accepte et assiège la capitale. La paix de Rueil met fin à la Fronde parlementaire. Mais elle n'achève pas le mécontentement et Mazarin est maintenu dans ses fonctions. Le Prince de Condé, qui attendait de grands privilèges en retour, est très déçu et rejoint les rangs des frondeurs. Mazarin le fait arrêter et enfermer à Vincennes ainsi que son frère Conti et son beau-frère Longueville.






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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Dim 26 Oct 2014, 10:13

L’étude de la journée de l’arrestation de Broussel nous apprend qu’il ne fut pas le seul arrêté ce jour là et que Beaufort l’accompagnait.

Comprendre le Duc Beaufort, François de Vendôme, fils de César de Vendôme, donc petit-fils, lui aussi, comme Mademoiselle de Montpensier, de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, son ascendance valant à Beaufort d'être relativement épargné lors de la répression des incessants complots contre Richelieu et Mazarin tout comme sa parente.

Les autres personnages que l’on va rencontrer dans le récit sont  : Dans le désordre Gaston d'Orléans, déjà évoqué, Antoine III de Grammont qui est pair et maréchal de France, et qui nous renvoie au fait que Fontenay sous Bois disposait d'un ancien couvent dit des  Minimes, d'abord habité par des religieux de l'ordre de Grammont connus sous le nom de Bons-Hommes, toujours en place au moement des faits puisque dissous seulement un siècle plus tars comme l'atteste ce document ( http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8614252g  puis Guillaume de Pechpeyrou-Comminges, qui est comte de Guitaut et marquis d'Époisses, Monsieur de Chavigny qui est Gouverneur du château de Vincennes, et La Ramée, qui semble être un officier du Roi, si on s'en tient à la description qu'en fait Dumas dans « vingt ans après » pour ce dernier alors qu’il relate l’événement ainsi :

Mais Votre Éminence ne sait donc pas où est M. de Beaufort ?
— Si fait, Monsieur, je sais qu’il est au donjon de Vincennes.
— Oui, Monseigneur, dans une chambre dont les murs ont sept pieds d’épaisseur, avec des fenêtres à grillages croisés dont chaque barreau est gros comme le bras.
— Monsieur, dit Mazarin, avec de la patience on perce tous les murs, et avec un ressort de montre on scie un barreau.
— Mais Monseigneur ignore donc qu’il a près de lui huit gardes, quatre dans son antichambre et quatre dans sa chambre, et que ces gardes ne le quittent jamais.
— Mais il sort de sa chambre, il joue au mail, il joue à la paume !
— Monseigneur, ce sont les amusements permis aux prisonniers. Cependant, si Votre Éminence le veut, on les lui retranchera.
— Non pas, non pas, dit le Mazarin, qui craignait, en lui retranchant ces plaisirs, que si son prisonnier sortait jamais de Vincennes, il n’en sortît encore plus exaspéré contre lui. Seulement je demande avec qui il joue.
— Monsieur, il joue avec l’officier de garde, ou bien avec moi, ou bien avec les autres prisonniers.
— Mais n’approche-t-il point des murailles en jouant ?
— Monseigneur, Votre Éminence ne connaît-elle point les murailles ? Les murailles ont soixante pieds de hauteur et je doute que M. de Beaufort soit encore assez las de la vie pour risquer de se rompre le cou en sautant du haut en bas.
— Hum ! fit le cardinal, qui commençait à se rassurer. Vous dites donc, mon cher Monsieur La Ramée ?…
— Qu’à moins que M. de Beaufort ne trouve moyen de se changer en petit oiseau, je réponds de lui.
— Prenez garde ! vous vous avancez fort, reprit Mazarin. M. de Beaufort a dit aux gardes qui le conduisaient à Vincennes, qu’il avait souvent pensé au cas où il serait emprisonné, et que, dans ce cas, il avait trouvé quarante manières de s’évader de prison.
(…)
— Et que faisait-il avant d’être près de vous à Vincennes ?
— Mais il était en province, à ce que m’a dit celui qui me l’a recommandé ; il s’y est fait je ne sais quelle méchante affaire, à cause de sa mauvaise tête, et je crois qu’il ne serait pas fâché de trouver l’impunité sous l’uniforme du roi.
— Et qui vous a recommandé cet homme ?
— L’intendant de M. le duc de Grammont.
— Alors, on peut s’y fier, à votre avis ?
— Comme à moi-même, Monseigneur.
— Ce n’est pas un bavard ?
— Jésus-Dieu ! Monseigneur, j’ai cru longtemps qu’il était muet, il ne parle et ne répond que par signes ; il paraît que c’est son ancien maître qui l’a dressé à cela.
— Eh bien ! dites-lui mon cher Monsieur La Ramée, reprit le cardinal, que s’il nous fait bonne et fidèle garde, on fermera les yeux sur ses escapades de province, qu’on lui mettra sur le dos un uniforme qui le fera respecter, et dans les poches de cet uniforme quelques pistoles pour boire à la santé du roi.

(…) Sur ce, il avait écrit à d’Artagnan de presser son retour.

Le prisonnier qui faisait si grand peur à M. le cardinal, et dont les moyens d’évasion troublaient le repos de toute la cour, ne se doutait guère de tout cet effroi qu’à cause de lui on ressentait au Palais-Royal.

Il se voyait si admirablement gardé qu’il avait reconnu l’inutilité de ses tentatives ; toute sa vengeance consistait à lancer nombre d’imprécations et d’injures contre le Mazarin. Il avait même essayé de faire des couplets, mais il y avait bien vite renoncé. En effet, M. de Beaufort non seulement n’avait pas reçu du ciel le don d’aligner des vers, mais encore ne s’exprimait souvent en prose qu’avec la plus grande peine du monde. Aussi Blot, le chansonnier de l’époque, disait-il de lui : Dans un combat il brille, il tonne ! On le redoute avec raison ; Mais de la façon qu’il raisonne, On le prendrait pour un oison. Gaston, pour faire une harangue, Éprouve bien moins d’embarras ; Pourquoi Beaufort n’a-t-il la langue ! Pourquoi Gaston n’a-t-il le bras ?

Ceci posé, on comprend que le prisonnier se soit borné aux injures et aux imprécations.

Le duc de Beaufort était petit-fils de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, aussi bon, aussi brave, aussi fier et surtout aussi Gascon que son aïeul, mais beaucoup moins lettré. Après avoir été pendant quelque temps, à la mort du roi Louis XIII, le favori, l’homme de confiance, le premier à la cour enfin, un jour il lui avait fallu céder la place à Mazarin, et il s’était trouvé le second ; et le lendemain, comme il avait eu le mauvais esprit de se fâcher de cette transposition et l’imprudence de le dire, la reine l’avait fait arrêter et conduire à Vincennes par ce même Guitaut que nous avons vu apparaître au commencement de cette histoire,

(…) Un jour que M. de Beaufort se promenait au préau, on enleva son feu, avec son feu ses charbons, avec son charbon ses cendres, de sorte qu’en rentrant il ne trouva plus le plus petit objet dont il pût faire un crayon.

(…) Le donjon de Vincennes passait pour fort malsain : madame de Rambouillet avait dit que la chambre dans laquelle étaient morts Puylaurens, le maréchal Ornano et le grand prieur de Vendôme valait son pesant d’arsenic, et le mot avait fait fortune. Il ordonna donc que le prisonnier ne mangeât plus rien sans qu’on fît l’essai du vin et des viandes. Ce fut alors que l’exempt La Ramée fut placé près de lui à titre de dégustateur.


Sinon cette dernière trouvaille


Et cette explication Alors que la foule crie  «Vive le roi! Libération pour Broussel!

«Ah, misérable, si ton père te voyais »

Le coadjuteur a été reconnu, et la foule se pressait autour de lui, le faisant glisser vers la place du marché. Il répétait partout : «la reine a promis de rétablir Broussel."  «Madame», a déclaré le maréchal  "ici est celui à qui je dois la vie, et Votre Majesté la sécurité du Palais-Royal." La reine se mit à sourire. "Le maréchal se mit en colère, et dit avec un serment, madame, aucun homme bon peut hasarder à vous flatter dans l'état dans lequel les choses sont, et si vous ne le faites pas ce jour mettre Broussel en liberté, il demain ne sera pas laissé une pierre en pavé dans Paris. Je voulais parler à l'appui de ce que le maréchal a dit, mais la reine m'a coupé, en disant d'un air railleur: «Allez vous reposer, monsieur;. Vous avez travaillé très dur"
[Mémoires de Matthieu Mole,  p. 255.]


Pour la journée du 4 juillet 1652 je ne peux que recommander ce lien
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1999_num_54_2_279751

Reste un point encore un peu obscur : qui a été responsable des pillages de juillet et octobre 1652 ? Néanmoins, en passant cette histoire à la loupe, on comprend que ce sont les Lorrains qui furent les plus grands pilleurs de la période allant de juin à décembre 1652. Georges Naudet a du accéder à ces textes quand il rédigea ses notes, à n'en point douter.

D’Harcourt à qui Mazarin a confié la direction de l’armée lui écrit : « dans les huit ou dix lieues où nous avons séjourné depuis deux mois, nous avons mangé le pays sans rien laisser ». Si les pillages sont tolérés dans les armées du Roi, lorsque la solde ne peut être assurée, ils ont semble-t-il été érigés en principe permanent dans l’armée de Charles IV qui se distingue sur ses rivales par un acharnement particulier à détruire. Ses soldats ne se contentent pas de moissonner les récoltes et d’enlever le cheptel, ils ravagent les contrées qu’ils traversent.

Dans une lettre du 28 juin 1652, la Mère Angélique Arnaud, religieuse française, abbesse et réformatrice de Port-Royal, en tant que figure majeure du jansénisme. écrit ; « la maison de mon frère d’Andilly a été non seulement pillée par les Lorrains, mais presque démolie, les arbres arrachés et tous les pauvres paysans estropiés ».

Aux ruines et aux exactions que font subir les soldats, s’ajoutent les maladies qu’ils véhiculent. La concentration humaine et le manque d’hygiène des camps propagent la peste à travers le royaume. Le mot ne figure pas dans le mortuaire tenu par Jehan Turquan, mais la progression du taux de mortalité enregistré entre juin et décembre 1652, ne peut pas trouver d’autre explication que dans la propagation d’une épidémie, facilitée par le manque de nourriture, la désorganisation du tissu social, la promiscuité animale et humaine des lieux où se concentrent les fuyards qui, comme les habitants de Tremblay et alentours, ont déserté leur logis pour échapper aux exactions de leurs tortionnaires.

Si donc toutes les armées se sont rendu coupables de pillages, celle de Turenne, celle de Condé, celle de Gaston d’Orléans, il semble bien que ce soit celle de Charles IV de Lorraine qui ait été incontestablement la plus terrible. La plupart des témoignages consultés s’accordent à situer en 1652 le point culminant des exactions subis par les campagnes autour de Paris. Les faits rapportés sont si terribles que le lecteur se pose la question d’une éventuelle exagération. Pour se donner l’apparence d’avoir sauvé l’armée des Princes enfermée dans Etampes, -j'y reviens- on comprend que le Lorrain a fait mouvement et établi son camp intermédiaire à Villeneuve-Saint-Georges, avant de se rendre à Tremblay après avoir franchi la Seine début octobre 1652.

Si je voulais tout simplifier, je serais tenté de dire que chez les Bourbons, il y eut une période où il fut bien difficile de s'y retrouver. http://gilles.maillet.free.fr/histoire/famille_france/bourbons.htm

Même en lisant la source clef de tout cela émanant de la branche cadette http://penelope.uchicago.edu/mlle/
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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Lun 27 Oct 2014, 21:07

Tremblay? Pain de Gonesse? Les huit points de passages ou colonelles pour permettre aux meuniers d'alimenter Paris?

Ici un petit texte éclairant. http://www.jstor.org/discover/10.2307/20528067?uid=3738016&uid=2&uid=4&sid=21104902913047

Outre cet éclairage sur le rôle du pain de Gonesse pendant la Fronde, il est attesté par ailleurs que "Gonesse"  est un mot wallon malmédien (dialecte près de Liège) qui signifie "petit-pains".

Ainsi à Paris au  XVI siècle , on ne pouvait plus construire  de   four  à   cause  du   danger potentiel   d'incendie.  Le   matériau  de construction de l'époque était principalement le bois . Les 7/8 de la ville d'Aix-la-Chapelle (Aachen) furent détruit en 1656 par un feu qui avait pris naissance dans une boulangerie. Dix ans plus tard, c'est les 4/5 de Londres qui subirent le même sort en 1666, et cela également par une incendie qui prit naissance dans une boulangerie et dura 4 jours.  De là découla des réglementations urbaines contraignantes pour l’installation de fours de boulangerie dans les grandes agglomérations. On s'imagine aisément  l'étendue des ravages que le feu pouvait  produire. En ces temps, il n'y  avait  que les  seules  chaînes humaines  se passant  des  seaux  d'eau  pour empêcher la propagation de l'incendie à des quartiers entiers .

Pas de fours possibles en ville donc ; d'où l'idée de faire  appel à  des  boulangers "forains" (c.à.d. venus de l'extérieur  de la Ville et vendant dans ce que l’on appelait «foires» plutôt que «marché» ). Sur des hauteurs et non en plaine. Très  vite , la renommée de cette  pratique spécifique à la périphérie des villes se fit.

En France, Le pain ainsi produit donna un jour son nom au faubourg... CQFD
Le  pain de Gonesse arriva par ailleurs à devenir l'appellation du petit-pain.... blanc «fait à la  façon de "Gonesse" près de Paris» ailleurs dans le monde ; ancêtre de la baguette, qui fut rallongé, pour faire des économies d'énergie pendant la cuisson...  study

Ce sont ces mêmes incendies qui sont à l'origine de l’expression « A l'êwe amon l'Gonèse » Traduction littérale:   A l'eau chez «Gonesse»". Traduction du sens "Venez vite aider à porter les seaux d'eau. Il y a le feu chez «Gonesse»
Source : Du pain de gonesse au « gonèse », Marc Dewal


Ce qui permet ce rapprochement avec un autre extrait de l'hIstoire de Fontenay sous Bois telle que nous la livre Georges Naudet (p 86 et 87)

A leur Charte de Fondation, les Bons Hommes reçurent de Louis VII, le droit de prendre 6 muids et demi de froment sur la grange royale de Gonesse. En 1527 ses droits sont confirmés, un autre jugement des Trésoriers de France et de la chambre des domaines le confirmant de nouveau en 1599 et le mars mars 1674...

Ce qui recouvre bien la période de la Fronde. CQFD.

Avec ces précisions : les agents du domaine désignaient les cultivateurs chez lesquels devaient se servir les Minimes ; ceux-ci devant composer avec les paysans de Gonesse; Ce n'est que par lettre patente du 19 mars 1753 que les charges du domaine furent reportés sur le vicomté de Paris.

Voilà, je pense que je n'ai rien oublié de mes diverses notes.
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MessageSujet: Re: « Plusieurs fois envahi, le village fut pillé sous la Fronde »   Jeu 30 Oct 2014, 01:04

Voici un lien des plus intéressants puisqu'il mène à une carte représentant les environs de Paris / par le Sr Jouvin de Rochefort ; Gravée par François de La Pointe, sa date d'édition : 1690 ; elle permet de couvrir toute la zone qui va de Etampes au Sud au Tremblay (en Gonesse, pas celui du bord de Marne) au Nord avec la possibilité de zoomer sur tout ou partie de la carte.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84903099/f1.zoom
Source : Bibliothèque nationale de France, GE D-13575 (RES)

J'ai par exemple fait celui là (de zoom) qui montre que pour gagner les quartiers Saint Antoine et Saint Antoine des Champs par le pont de Charenton, il fallait soit passer par la droite ou la gauche du mur d'enceinte du Château de Vincennes.

Y figurent par ailleurs les emplacements des moulins et d'autre lieux ayant fait l'objet de textes sur notre histoire locale.

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