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 L’Egypte tout voile dehors

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a.nonymous



Messages : 12380
Date d'inscription : 31/05/2011

MessageSujet: L’Egypte tout voile dehors   Jeu 18 Juin 2015, 00:26

Alors que certains, ici et maintenant, essaient de nous faire croire que nous devons accepter le port du voile par les femmes musulmanes car il s'agit d'une liberté...


"En 1923, une femme courageuse, Huda Sharawi, a eu le cran d’ôter le voile. Ça a été le début de la vraie libération de la femme égyptienne"



Vous avez dit liberté...


"« Je l’ai mis à cause des pressions des autres filles à l’école et des professeurs, explique-t-elle avec le recul. ---/--- J’ai essayé de le retirer plusieurs fois. » Sa famille l’en empêche. Gentiment d’abord, puis, face à son obstination, plus fermement. « Ils me punissaient et me menaçaient de recourir à la violence physique. Je n’avais pas de réponse à leur opposer ni la force de faire face à cette pression, donc je cédais. »"



http://www.lemonde.fr a écrit:
L’Egypte tout voile dehors

Le Monde.fr | 17.06.2015 à 11h41 • Mis à jour le 17.06.2015 à 12h37 | Par Hélène Sallon

Dans un pays où 90 % des femmes portent le foulard, le journaliste Chérif Choubachy a créé la polémique en exhortant, mi-avril, les Egyptiennes à se “dévoiler”.

Chérif Choubachy est un nostalgique de l’Egypte « morale et sans voile » de sa jeunesse, un pourfendeur de l’islamisme. Quand il a lancé sur sa page Facebook, mi-avril, son « Appel urgent à toutes les femmes d’Egypte à ôter le voile pour faire face à l’islam politique », le septuagénaire, écrivain et ancien journaliste du quotidien Al-Ahram, comptait bien créer un électrochoc dans une société où le voile est devenu synonyme de moralité.

« En 1923, une femme courageuse, Huda Sharawi, a eu le cran d’ôter le voile. Ça a été le début de la vraie libération de la femme égyptienne. C’était quatre ans après la révolution de 1919 contre l’occupation britannique, raconte-t-il depuis sa villa luxueuse de la banlieue du Caire. Quatre ans après la révolution de 2011, il est temps que les femmes qui ont été plongées dans une situation de semi-esclavage et de subjugation par cette société patriarcale se libèrent. Dans l’Egypte d’aujourd’hui, où 90 % des femmes sont voilées, c’est la décadence morale et l’hypocrisie. L’Egypte des faux dévots, des bigots et des cheikhs extrémistes. J’ai touché le nerf sensible. »



“Une insulte à l’Egypte”

L’appel a provoqué un tollé et relancé le débat sur le voile en Egypte. Il a valu à Chérif Choubachy des messages de soutien de jeunes filles « dévoilées », mais surtout beaucoup d’invectives et de menaces. Le magazine féminin Nisf Al-Dounia (« La moitié du monde ») l’a caricaturé grotesquement sous un article titré : « L’appel à ôter le voile est une insulte à l’Egypte ». Attisant la polémique, certains journaux ont modifié les propos de l’écrivain pour lui faire dire que « 90 % des femmes voilées sont des prostituées ». Il a été voué aux gémonies par de nombreux hommes de religion. « L’adjoint du cheikh d’Al-Azhar m’a traité de mécréant ; vingt plaintes ont été déposées contre moi pour désordre public et insulte à la religion », énumère-t-il. Il évoque un « terrorisme moral » et assure que « sept femmes sur dix rêvent d’ôter le voile et n’attendent qu’un encouragement pour le faire ».

Sarah Farah a été parmi celles qui lui ont apporté son soutien. Assise dans un café fréquenté par la jeunesse du Caire dans le quartier de Zamalek, ses cheveux de jais lâchés sur les épaules, la jeune femme de 27 ans raconte son double. Celui que l’on reconnaît sur la photo d’une vieille carte d’identité, avec ses grands yeux noirs pétillants en amande, un teint cuivré qui dit ses origines de Haute-Egypte et un voile noir serré sur l’ovale de son visage. Sarah Farah parle sans affect, comme si le combat mené était depuis longtemps derrière elle. Ce n’est pourtant qu’en mars qu’elle a retiré ce voile qui, pendant douze ans, l’a enveloppée de la tête aux pieds.

A 15 ans, Sarah avait fait comme toutes les camarades de son école à Mohandessin, quartier cairote où réside la classe moyenne. « Je l’ai mis à cause des pressions des autres filles à l’école et des professeurs, explique-t-elle avec le recul. Il y a les clichés sociaux : “Tu seras une fille respectable”. Certains vous menacent de finir pendue par les cheveux le jour du Jugement dernier. » A cet âge-là, seul compte le regard des autres. « Les autres me disaient que ça m’allait bien. Mais ce n’était pas moi. J’avais le sentiment qu’on voulait me rendre “normale”, comme s’il me manquait quelque chose que le voile allait m’apporter. J’ai essayé de le retirer plusieurs fois. » Sa famille l’en empêche. Gentiment d’abord, puis, face à son obstination, plus fermement. « Ils me punissaient et me menaçaient de recourir à la violence physique. Je n’avais pas de réponse à leur opposer ni la force de faire face à cette pression, donc je cédais. »

A la faculté de commerce de l’université du Caire, la pression des autres étudiantes est devenue plus forte encore. A l’âge où il faut penser mariage, le voile garantit la respectabilité de la future épousée. Il y a un an, Sarah a commencé à affûter ses arguments. « J’ai beaucoup lu, écouté les opinions d’hommes de religion pour essayer de comprendre si c’est une affaire de choix ou d’obligation », dit-elle. Et de trancher : « Il n’y a pas de texte dans le Coran qui dit que je dois me couvrir la tête. » Elle a perdu quelques proches, comme sa tante, qui refuse de la revoir, elle et ses neveux.

Puis il a fallu passer à l’acte, une étape douloureuse. « Je me suis sentie comme quelqu’un qui se découvre un nouveau membre. Au début, on se sent faible, quelque chose manque. C’est là que le soutien des gens est important. » Un soutien qu’elle a trouvé sur Facebook, auprès du groupe Le voile n’est pas une obligation. Dans ce groupe – une infime minorité – qui s’est étoffé après la révolution de 2011, elle s’est fait des amies et quelques amis avec lesquels elle partage ses doutes et cultive, au travers des vieux films, la nostalgie de l’Egypte des années 1960 où « on pouvait porter des robes et être une “lady” ».



L’obsession du contrôle des femmes

La révolution a amené des femmes à ouvrir le débat sur les réseaux sociaux et dans leurs familles. « Il y a une tendance croissante chez les jeunes Egyptiennes à se dévoiler, note Dalia Abdel Hamid, responsable des questions de genre à l’Initiative égyptienne pour les droits personnels. La révolution a permis de questionner les idées reçues et de démocratiser le féminisme. » Si la question du choix du port du voile se pose évidemment pour de nombreuses femmes discriminées et violentées, d’autres dynamiques entrent néanmoins en compte : politique, sociale, identitaire et même… la mode. Or, regrette Dalia Abdel Hamid, le débat est miné entre les extrémistes qui monopolisent le discours religieux et les féministes au discours orientaliste. « Il y a une obsession du contrôle des femmes, de leur corps, que ce soit par le mari, la famille, la société, la nation. Chérif Choubachy aussi impose sa vision de ce que doit être la femme égyptienne », estime la chercheuse.

La rappeuse Mayam Mahmoud, dont un voile coloré entoure le visage, revendique le droit de chacune de faire ce choix pour elle-même. La jeune femme de 20 ans, par ailleurs étudiante en économie et « mannequin voilé », a tranché, toute jeune, en 2007, contre l’avis de ses parents. « Porter le voile m’apporte une sorte de salut, mais ça ne me dérange pas de le retirer s’il le faut même si je n’ai jamais eu à le faire. J’agis en fonction de ma personnalité et je parviens toujours à faire ce que je veux. » Quand, en 2013, elle a vu les vidéos de sa prestation à « Arabs’ Got Talent », la version libanaise de Star Academy, circuler sur Internet sous le titre « La première rappeuse voilée », elle s’est sentie blessée d’avoir été réduite à ce cliché.

Hélène Sallon
Moyen-Orient
Source et article complet illustré: http://www.lemonde.fr/m-moyen-format/article/2015/06/17/l-egypte-tout-voile-dehors_4655971_4497271.html#YPPhXAjL8kup4J2O.99
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tonton christobal

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Messages : 14258
Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: Re: L’Egypte tout voile dehors   Jeu 18 Juin 2015, 01:25

En matière de voile et d'Egypte, laissons parler NASSER... en principe il devait avoir quelques qualification en ce domaine.

https://www.youtube.com/watch?x-yt-ts=1422327029&x-yt-cl=84838260&v=D-DZUnh8-Ro

Belle démonstration de l'efficacité de la machine à remonter le temps !

Nos humanistes de salon vont encore nous expliquer l'inexplicable ! pour justifier l'injustifiable... comme d'habitude!
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