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 En Egypte, les illusions perdues de la révolution

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Basilics

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MessageSujet: En Egypte, les illusions perdues de la révolution   Lun 25 Jan 2016, 23:35

« En Egypte, les illusions perdues de la révolution » titre le Monde :
« Le 25 janvier 2011, la révolution égyptienne éclatait dans les rues du Caire. Dix-huit jours qui allaient se solder par la destitution de Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. Cinq ans plus tard, quel bilan tirer de ce vaste mouvement populaire ? »
Destitution de Moubarak après plusieurs centaines de morts, arrivée ultérieure au pouvoir par les élections d’un proche des Frères musulmans, instaurant un régime autoritaire lui-même destitué après de nouveaux troubles et un coup d’Etat, implantation entre-temps de combattants intégristes au Sinaï notamment…

Dans ce paysage où il est surtout question d’intégrisme religieux et de répression du terrorisme, je voudrais dédier une pensée à une des jeunes démocrates qui ont manifesté la-bas au péril de leur vie : Chayma ou Shaima a été tuée il y a un an.
Pour que l'on n'oublie pas leur existence. Même si je ne sais pas vraiment ce que nous pouvons faire pour leur avenir, les oublier au nom de la realpolitik est difficile à avaler.


Égypte: Shaimaa al Sabbagh, icône d'une révolution assassinée
Une militante a été tuée samedi par balle alors qu'elle voulait commémorer les quatre ans de la révolution, place Tahrir. La police nie toute implication mais les militants assurent que les forces de l'ordre ont ouvert le feu. Dimanche, plus de 15 personnes sont mortes en marge de rassemblements, notamment au Caire.

Avec sa coupe au carré et son visage ensanglanté, elle est devenue la nouvelle icône d'une révolution assassinée. Ce samedi 24 janvier, à la veille de l'anniversaire de la fronde anti-Moubarak, qui mena il y a 4 ans à la chute du raïs, Shaimaa al Sabbagh voulait déposer des fleurs sur Tahrir, la «place de la liberté» en mémoire des quelque 800 martyrs de la révolte. En un tir de chevrotine, son dernier rêve s'est brisé sur les pavés du Caire. «Elle est morte pour avoir voulu chanter la liberté», s'emporte, effondré, Medhat al Zahed, l'actuel président de l'Alliance populaire socialiste, la mouvance politique à l'origine de cette mini-commémoration qui comptait, en cette fin d'après-midi, quelques dizaines de personnes.

La police, présente en force ce jour-là aux alentours de Tahrir, nie toute implication. «Aucune arme, qu'il s'agisse de fusils à chevrotines ou à balles de caoutchouc n'a été utilisée. Il s'agissait d'une petite manifestation qui ne nécessitait pas le recours à de telles armes. Il n'y a eu que deux tirs de gaz lacrymogènes», insiste Abdel Fattah Osman, un responsable du ministère de l'Intérieur. Sur sa page facebook, le même ministère va même jusqu'à insinuer que des «éléments terroristes», sous-entendus des Frères Musulmans - bêtes noires du pouvoir depuis l'éviction par l'armée du président Morsi, en 2013 - auraient «infiltrés» le rassemblement.

Mais la version des militants pacifistes est tout autre. Selon les témoignages de ses proches, Shaima al Sabbagh, 31 ans et mère d'un garcon de quatre ans, était arrivée d'Alexandrie, sa ville, peu avant le rassemblement. Fidèle à ses habitudes, l'activiste chevronnée avait bravé l'interdit de manifester en se glissant en tête de cortège, sur la place Talat Harb, au centre du Caire, et à quelques encablures de Tahrir. Espérant amadouer les forces de l'ordre, le secrétaire général de l'Alliance populaire socialiste serait d'abord parti en éclaireur. Alors qu'il venait de faire demi tour en direction de son groupe, une pluie de gaz lacrymogène s'est abbattue sur les manifestants. L'homme ainsi que cinq autres membres du parti ont été arrêtés. Shaimaa, elle, est tombée sous les balles devant le bureau d'Air France.

Sur les nombreuses photos et vidéos qui circulent sur twitter, on voit clairement des membres des forces de l'ordre masqués de noir tirer sur la foule. «L'assassinat de Shaimaa est un message du ministère de l'Intérieur à l'attention de toute voix divergente du pouvoir», déplore Hana Shukrallah, la présidente du parti libéral Al Dostour. La veille, une jeune manifestante de 17 ans avait déjà trouvé la mort à Alexandrie. Ce dimanche 25 janvier, la violence est montée d'un cran lors de nouveaux accrochages entre la police et les manifestants dans la ville méditerranéenne, mais également au Caire et à El Bouhera, dans le Delta. D'après un bilan provisoire du Ministère de la Santé, plus de quinze personnes sont décédées en cette journée de commémoration. «En quatre ans, rien n'a changé: les mêmes armes qui ont tué les manifestants de 2011 tuent aujourd'hui les derniers protestataires», déplore Tarek Negeida, member du Courant Populaire, un autre parti d'opposition.

http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/25/01003-20150125ARTFIG00255-egypte-shaimaa-al-sabbagh-icone-d-une-revolution-assassinee.php
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Basilics

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MessageSujet: Re: En Egypte, les illusions perdues de la révolution   Sam 30 Sep 2017, 13:16

C’est pire d’ailleurs… 17 mois après

En Egypte, le régime de Sissi porte un coup fatal à la société civile
Opposants, ONG, médias... Le président muselle un à un tous les espaces d’expression libre et de dissidence.
Par Hélène Sallon, le 31.05.2017
L’espace d’expression se réduit jour après jour pour la société civile et les rares voix encore indépendantes en Egypte. Depuis qu’il s’est imposé en homme fort du pays, à l’été 2013, le président Abdel Fattah Al-Sissi a, au nom de « la sécurité nationale », remis en cause une à une les libertés acquises à la faveur de la révolution de 2011.
Et le chef de l’Etat semble déterminé à porter le coup de grâce. Lundi 29 mai, il a promulgué la loi qui encadre l’activité des organisations non gouvernementales (ONG). Ce texte, voté au Parlement en novembre 2016, condamne à la disparition les associations de défense des droits de l’homme et met de sérieuses entraves à l’action des groupes caritatifs, même apolitiques.

Les membres des 46 000 ONG égyptiennes devront limiter leurs activités aux secteurs du développement et des questions sociales, sous peine de cinq ans de prison. Une autorisation préalable est requise pour mener un travail de terrain ou une enquête d’opinion, ainsi que pour « coopérer de quelque manière que ce soit avec des instances internationales ». Les ONG étrangères seront, quant à elles, contrôlées par une instance composée de représentants de l’armée, du renseignement et du ministère de l’intérieur.

« C’est la pire [loi] de l’histoire », a commenté à l’AFP Mohamed Zaree, directeur de l’Institut pour les études des droits de l’homme du Caire, sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire et dont l’organisation est poursuivie « pour avoir reçu des fonds d’entités étrangères nuisant à la sécurité nationale ». Les militants pour les droits civiques, nombreux à être inquiétés par les autorités, s’attendent au pire. « On pourrait finir en prison (…) et voir disparaître toute la société civile bâtie au cours des trente dernières années », alertait, avant le vote, Hossam Bahgat, qui a fondé l’Initiative égyptienne pour les droits personnels.
(à suivre…)
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Basilics

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MessageSujet: Re: En Egypte, les illusions perdues de la révolution   Sam 30 Sep 2017, 13:17

(suite…)
L’encadrement des médias et des réseaux sociaux devrait suivre. Il est à l’ordre du jour au Parlement. Le pouvoir n’a toutefois pas attendu que des lois soient votées pour mettre les médias en coupe réglée. La censure a été rétablie au nom de « la sécurité nationale » et des instances de contrôle créées. Soixante-deux journalistes sont emprisonnés, selon le Réseau arabe pour l’information sur les droits de l’homme (Anhri).
Le 25 mai, 21 sites Web de médias ont été bloqués par les autorités. Une majorité d’entre eux sont liés au Qatar, avec qui l’Egypte et ses alliés dans le Golfe (Arabie saoudite et Emirats arabes unis) sont en conflit, ou à la confrérie des Frères musulmans, classée organisation terroriste. Le journal en ligne indépendant Mada Masr en a aussi fait les frais, comme le quotidien libéral anglophone Daily News Egypt, qui ont publié des articles sur les violations des droits de l’homme et les dérives de la lutte antiterroriste, ainsi que le site économique Boursa News.

« Ecraser toute opposition »
Selon Amnesty International, une nouvelle vague d’arrestations a visé, en mai, au moins 36 personnes dans 17 villes d’Egypte, dont 26 sont toujours détenues pour des charges antiterroristes ou pour « insulte au président » sur les réseaux sociaux. Toutes appartiennent à des partis et à des groupes de jeunes liés à l’opposition de gauche et libérale. Le 19 mai, le ministère de l’intérieur avait déjà annoncé l’arrestation de 40 personnes accusées d’« incitation à la violence » sur les réseaux sociaux. Le Parlement entend désormais légiférer pour contrôler l’accès à des sites comme Twitter et Facebook.

« La répression contre les militants politiques est un nouveau signe du désir des autorités égyptiennes d’écraser toute opposition pacifique et d’étouffer toute vision alternative », déplore Najia Bounaim, directrice d’Amnesty pour l’Afrique du Nord. Des dizaines d’anciens révolutionnaires croupissent déjà en prison pour avoir défié l’interdiction de manifester. Cette fois, pour Amnesty, l’objectif est d’écarter tout rival potentiel du président Sissi en vue de l’élection présidentielle de 2018.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/31/l-egypte-porte-un-coup-fatal-a-la-societe-civile_5136292_3212.html
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