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 L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse

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Libellule

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MessageSujet: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Mar 26 Jan 2016, 13:11

Rappel du premier message :

Le terme provient, chacun le sait, de l'entreprise Uber qui a généralisé à l'échelle planétaire un service de voiture de tourisme avec chauffeur entrant directement en concurrence avec les taxis. Les taxis, avares de leur monopoles ont d'abord cru à une mascarade qui allait se régler par quelques intimidations frontales faites aux chauffeurs improvisés de personnes pressées d'aller d'un point à un autre, sans passer par la case de la borne locale. Ce faisant ils ne se sont pas rendu compte que les caractéristiques de ce service reposant sur la quasi-instantanéité, la mutualisation de ressources et la faible part d'infrastructure lourde dans le coût du service, les licenciés du volant ne pourraient pas suivre en terme tarifaire. Et puis voilà, ils ont voulu suivre quand même espérant que les arroseurs de tarifs cassés seraient ainsi arrosés à leur tour par une perte de clientèle.

Bref nous assistons à une véritable dérégulation des lois du marché. Et pas qu'un peu : Parmi les services cités comme participant de l'ubérisation de l'économie, on cite Airbnb, Booking.com ou Amazon. Tiens, tiens, un gros machin pourtant ici, mais qui sait faire pour trouver les paradis fiscaux pour défiscaliser son activité là où il faut.
Le mot devient vite à la mode : Il est même maintenant question d'ubérisation en matière de lutte anti-terroriste pour des actions de type hackathonou « incubateur à but non lucratif ».

Pas cher, sous le manteau, sans respect des règles du marché, donc, l'ubérisation commence à toucher de plus en plus de domaines de l'économie, par exemple la rénovation énergétique des bâtiments. À titre d'exemples, un rapport établi par l'association la Fabrique écologique cite le cas de Google, tiens tiens, un autre acteur qui se défiscalise à bien nommé, même s'il commence à se faire rattraper par quelques états en mal de recouvrir les impôts non payés..., qui, ayant racheté le fabricant d'outils domotiques intelligents Nest Labs, est en mesure dans un premier temps d'établir un diagnostic de performance énergétique fonction de l'usage, et grâce aux mégadonnées croisant ces informations avec les conditions climatiques ou le potentiel photovoltaïque du site, d'évaluer les besoins de travaux nécessaires à une amélioration de la performance énergétique du bâtiment ;  on voit même des initiatives type d'Elon Musk, proposant des solutions de stockage d'énergie domestique en crédit-bail.

L’ubérisation nous est décrite à toutes les sauces depuis décembre 2014 et l'apparition du mot qui ne s’userait que si l’on ne s’en servait pas.

Mais le plus étonnant est qu’il existe désormais un site dédié
http://www.uberisation.org/ qui accroche le chaland ainsi

AVÈNEMENT DU NUMÉRIQUE POUR TOUS RECHERCHE D'UNE MEILLEURE EXPÉRIENCE DE CONSOMMATION NOUVEAUX MODES DE TRAVAIL ET INDEPENDANCE

Avec cette définition qui résume peut-être toutes les autres dans sa lecture franco-française :

UBERISATION (nf)  : changement rapide des rapports de force grâce au numérique ; Au carrefour de l'économie du partage, de l'innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d'indépendance des Français, ce phénomène est une lame de fond qui va petit à petit impacter tous les secteurs de l'économie traditionnelle des services.

A côté de cette vague de fond, les quelques retouches que compte apporter Badinter et l'équipe d'experts qui l'entoure au code du travail vont nous paraître bientôt bien dérisoires même si c’est le premier acte de la réforme du droit du travail annoncée en 2015 par le gouvernement.

Ceux qui rêvaient d’un coup de barre à gauche ou, à l’inverse, d’une dérégulation ­totale en seront pour leurs frais. La réflexion pilotée par M. Badinter aboutit à une sorte de voie moyenne, qui chemine entre deux exigences contradictoires : protéger les salariés tout en permettant aux entreprises d’affronter « la révolution numérique et l’irrésistible mondialisation des échanges », selon la formule retenue dans l’introduction du rapport. Reste à savoir si l'ubérisation va rentrer dans les termes de cette base moyenne, alors que de nombreux chômeurs se lancent dans l'aventure de leur conversion illico presto du statut dématérialisé de chômeur via pôle emploi à celui d'auto entrepreneur voulant casser la dure loi du marché qui les en a évincés.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/01/25/badinter-remet-les-droits-des-salaries-au-c-ur-du-code-du-travail_4853015_823448.html#woc57Wz6zd51asI4.99 et le rapport http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/01/25/le-respect-des-droits-fondamentaux-premiere-exigence-du-droit-du-travail_4853020_823448.html

Cette notion du travail partagé en temps de crise, on va peut-être le payer cher in fine. Au mieux 1 000 000 des  3 500 000 chômeurs français vont peut être se lancer d'ans l'aventure de l'auto entrepreneuriat, mais pour combien de salariés qui risquent de perdre en parallèle leur emploi? That is the question.

Après les phénomènes d'automatisation et d'intensification des années 1970, voici venu le temps de l'ubérisation, qui risque de faire beaucoup de dégâts à la valeur ajoutée qui structure notre économie depuis au moins l'invention de la tva. On en reparle dans 45 ans, ou tout de suite?
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Mer 16 Mar 2016, 14:10

Libellule a écrit:
Dans Marianne

######

Lundi, le cap du million de signatures électroniques contre la loi El-Khomri est franchi. La plus grande autonomie accordée aux entreprises aux détriments des accords de branches, l'élargissement des critères de licenciements économiques ("baisse des commandes ou du chiffre d’affaires"), ou la modulation de la rémunération des heures supplémentaires sont quelques-uns des paramètres qui ont embrasé une fraction de l'opinion. La flexibilité assurée par l'avant-projet de loi étend la précarisation du travail, dans ses conditions d'exercice comme de sortie. Il suffit de considérer une à une les "avancées" du texte pour réaliser le futur quotidien du salariat précarisé.
---/---
######


Certains aspects de la réforme du code du travail sont critiquables mais ce que ne prennent pas en compte ceux qui émettent les critiques les plus vives c'est l'unionisation et le mondialisation de l'économie avec la concurrence entre entreprises et salariés qui en résulte...

Quand un salarié de droit roumain remplace un salarié de droit français que ce soit suite à une délocalisation ou parce qu'il est détaché,il prend réellement l'emploi d'un salarié français poussant celui-ci au chômage...  

Il n'y a rien de xénophobe à dire cela, c'est une réalité....

J'ai dit salarié de droit roumain mais j'aurais pour dire salarié de droit indien, chinois, bangladeshi, égyptien, marocain, ....  tant sont nombreux les pays où partent nos emplois....

Je serais personnellement d'accord pour que le code du travail soit réformé si le gouvernement luttait aussi en parallèle contre toute cette concurrence en embauchant des inspecteurs du travail, du fisc, de la consommation,  ... pour contrôler que cette concurrence est réellement "non faussée"...




tonton christobal a écrit:
Au bout de bientôt 4 années de Hollande nos problèmes sont causés par Sarko...
Giscard n'est pas innocent ! Peut être même que De Gaulle voire Pompidou ne sont pas clairs !

Pour la part des problèmes causés part les derniers élargissements de l'Union à des pays low cost, sans réforme des règles de l'Union n'importe quel gouvernement aurait eu les mêmes problèmes... Après certains gouvernements n'auraient peut être pas fait systématiquement le dos rond devant notre partenaire allemand...
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Mer 16 Mar 2016, 15:09

Pour la part des problèmes causés part les derniers élargissements de l'Union à des pays low cost, sans réforme des règles de l'Union n'importe quel gouvernement aurait eu les mêmes problèmes... Après certains gouvernements n'auraient peut être pas fait systématiquement le dos rond devant notre partenaire allemand...

La conjoncture étant connue... il aurait été objectif et raisonnable de la prendre en compte et de ne pas l'utiliser stupidement (on fait selon et avec ses moyens pour arriver à ses fins) pour des besoins de basse politique afin de discréditer un adversaire.

Lorsque pendant des années on raconte des sornettes aux électeurs qui de manière assez stupide se laissent enfumer (c'est plus confortable) arrivé au pouvoir il faut assumer... et là il n'y a plus grand monde pour ne pas dire plus personne sauf le mercredi pour aller à l'Elysée pendant 2 heures jouer au ministre.
C'est sérieux, il y a la retraite en perspective !

Je ne reproche pas aux politiciens d'avoir des projets, je reproche aux politicards de mentir aux électeurs et un peu à ces derniers de faire semblant de croire au Père Noël alors que n'importe quel individu doué du bon sens minimum sait fort bien qu'il n'y a a pas de miracle et que notre situation ne peut se rétablir sans remise en question.
Entre les bateleurs vendeurs de vent, ceux qui protègent leurs prébendes et les faux naïfs qui refusent de voir les évidences l'affaire ne peut que péricliter.

C'est pourquoi je ne suis pas indulgent !
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Libellule

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Mer 16 Mar 2016, 19:57

Anonymous si vous connaissez le nombre de roumains qui conduisent en étant uberisés, n'ayez pas peur, sans phobie, déclarez vos sources.

Sinon pour rester dans le sujet initial quelques explications sérieuses à lire :

Uber : illégal ?

Uber est une entreprise américaine qui développe et opère des applications mobiles de mise en contact d'utilisateurs avec des conducteurs. Ce n’est pas une entreprise de transport. Uber a mis sur le marché trois applications :

Uber : pour l’utiliser, il faut être détenteur d’une carte professionnelle et donc posséder une voiture de tourisme haut de gamme. De nombreuses entreprises de VTC l’utilisent.
UberX : c’est la version économique d'Uber : pour l’utiliser, il faut aussi être détenteur d’une carte professionnelle mais on peut avoir un véhicule moins luxueux. Le prix de la course est réduit.
UberPOP : c’est la version qui fait débat depuis ses débuts puisque qu’il s’agit à la base d’une forme de covoiturage urbain. N’importe quel particulier pouvait exercer avec l’application. Vu son succès et le nombre de commandes grandissant, nombreux sont les chauffeurs amateurs à y avoir proposé des courses. Si à l’origine, l’idée du covoiturage urbain n’était pas mauvaise, UberPOP est finalement très vite devenu concurrent discount des taxis et des VTC. Face à la colère des taxis, Uber a renforcé les conditions pour devenir chauffeur UberPOP début 2015 en imposant entre autre d’être autoentrepreneur et de passer un test de sécurité routière. Il ne demeure pas mois que ces chauffeurs ne détiennent pas la carte professionnelle de transport de personne, ce qui les rend coupable d’exercice illégal d’un métier réglementé. Les courses sont tout de même déclarées et le chauffeur règle des cotisations prélevées sur son chiffre d’affaires.

En gros de la tva mais guère de charges sociales.

Le monopole des taxis avec licences obligatoires est atteint, la présence de crc compliquant encore le niveau de concurrence, la part du gâteau des courses n' étant pas extensibles. Les " en place" y perdent en revenus, les nouveaux arrivants ne gagnant pas leurs croutes.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Mer 16 Mar 2016, 20:43

Libellule a écrit:
Anonymous si vous connaissez le nombre de roumains qui conduisent en étant uberisés, n'ayez pas peur, sans phobie, déclarez vos sources.

Sinon pour rester dans le sujet initial quelques explications sérieuses à lire :


Mon message venait en réponse à votre poste 16 mars 2016 à 11h47 dans cette même discussion d'un article de Marianne critiquant la réforme du travail.... Voir: www.plateaufontenay.net/t2487p150-l-uberisation-du-chomage-a-l-auto-entrepreneuriat-de-masse#809631

Après, en ce qui concerne délocalisations, travailleurs détachés, concurrence entre entreprises et salariés des différents pays, il n'y a aucune phobie de ma part mais juste une réalité qu'aujourd'hui plus personnes ne peut nier...


Un procès qui s'est tenu la semaine dernière à Valence (France)...

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/norbert-dentressangle-le-dumping-social-a-la-barre-11-03-2016-5616047.php a écrit:
Norbert Dentressangle, le dumping social à la barre

SOCIAL. Trois ans de prison avec sursis ont été requis hier à l'encontre de six cadres de l'ex-transporteur poursuivis en justice pour avoir abusivement utilisé plus de 1 000 chauffeurs étrangers à moindre coût.
Louisette Gouverne, notre correspondante à Valence, dans la Drôme | 11 Mars 2016, 07h00 | MAJ : 11 Mars 2016, 09h19

L'ex-mastodonte européen du transport routier Norbert Dentressangle - racheté par l'américain XPO Logistics en 2015 — a-t-il contourné les règles pour employer à moindre coût un millier de chauffeurs étrangers ? Cette question est au cœur du dossier complexe jugé cette semaine au tribunal correctionnel de Valence (Drôme), après une longue enquête ouverte en mai 2012.

Pour le parquet, il ne fait aucun doute que les pratiques étaient illégales. Hier, il a requis trois ans de prison avec sursis et 45 000 € d'amende à l'encontre de six cadres, poursuivis, comme des entreprises du groupe, pour « marchandage », « prêt illicite de main-d'œuvre » et « travail dissimulé ». Le jugement sera rendu le 26 mai.



La défense plaide « la vraie vie » contre le droit national

Durant quatre jours, les débats ont décortiqué les liens de subordination établis entre les filiales étrangères du transporteur et la direction française du groupe. Toutes les parties se sont entendues sur un point : il ne s'agissait pas de travail détaché. En revanche, les parties civiles ont plaidé pour « défendre la dignité des salariés européens » et mettre en évidence l'organisation d'activités de sous-traitance qui relevaient, selon elles, du dumping social. En clair, une fausse sous-traitance aurait été mise en place entre le donneur d'ordres qui assumait, depuis la France, l'organisation et la répartition du travail de trois filiales, en Pologne, en Roumanie et au Portugal.

« Les dirigeants roumains de la filiale Transcondor consultaient en permanence la France pour la gestion de notre travail, et l'indépendance de nos outils de travail était théorique. Notre technique embarquée, sur laquelle nous recevions nos ordres de chargement et déchargement, était gérée par la France, personne n'avait accès au système en Roumanie », confirment Florin Catana, un routier de Transcondor, et un collègue. Les chauffeurs étrangers « auraient dû être considérés comme des travailleurs français », a asséné l'un des procureurs, Nicolas Julia.

Une vision contestée par le groupe. « Le parquet s'est focalisé sur les textes de droit commun nationaux sans tenir compte du fait que nous étions dans le domaine du transport international », a assuré Me Joseph Aguera, avocat du transporteur. Et de poursuivre : « Il ne faut pas poser le débat en termes de dignité et d'exploitation des salariés, l'organisation de Norbert Dentressangle correspond aux us et coutumes du transport international... c'est la vraie vie. »



« Je percevais 1 000 € de moins par mois que les chauffeurs français »
Yacek Malinowski, routier polonais, partie civile au procès

Près de 300 chauffeurs, qui se sont constitués partie civile, réclament des dommages et intérêts pour une période comprise entre 2009 et 2014. Cette semaine, cinq Polonais et Roumains sont venus à Valence (Drôme) pour suivre les débats et témoigner. Parmi eux, Yacek Malinowski, un routier polonais. « Entre 2006 et octobre 2011, j'ai été salarié par ND Polska (NDLR : société sous-traitante en Pologne pour Norbert Dentressangle). Je quittais la Pologne pour trois semaines, parfois quatre, dans un minibus avec cinq ou six autres chauffeurs pour aller à Chalon-sur-Saône, le plus souvent. En ajoutant les primes de transport au salaire de base, je percevais 1 200 € par mois, soit environ 1 000 € de moins que les chauffeurs français, alors que nous faisions le même travail. » Ces navettes en minibus duraient plus de quinze heures.



Yacek demande un salaire égal à travail égal

Comme ses collègues, il affirme qu'il vivait la plupart du temps dans sa cabine, sur des parkings sécurisés des sites du transporteur, où ils avaient droit à des douches. Après ces trois semaines, il rentrait auprès de sa famille pour une semaine. « Cette pause n'était pas payée. » Aujourd'hui, Yacek Malinowski est toujours routier. Il travaille pour un petit transporteur allemand qui emploie 30 salariés, non loin de la frontière polonaise. « Je suis traité exactement de la même manière que mes collègues allemands », précise-t-il. A Valence, il est venu réclamer 80 000 EUR de dommages et intérêts au groupe Norbert Dentressangle. « J'ai travaillé normalement et autant que les chauffeurs français. Je demande à bénéficier du même traitement. »
Source: http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/norbert-dentressangle-le-dumping-social-a-la-barre-11-03-2016-5616047.php
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Libellule

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Jeu 15 Déc 2016, 19:05

Bon, on y est, les nouveaux esclaves d'Uber se disent eux mêmes Uber-arnaqués.

Les chauffeurs VTC ont manifesté leur colère jeudi à Paris contre les plates-formes de réservation de voitures avec chauffeur, Uber en tête, et les ravages de "l'ubérisation", synonyme d'esclavage moderne. "Uber a saigné les chauffeurs", ou encore "non aux déconnexions arbitraires", pouvait-on lire sur les banderoles déployées à la porte Maillot.

Les manifestants étaient divisés entre ceux qui souhaitaient "passer à l'action" en rejoignant le siège d'Uber dans le nord-est de Paris et ceux qui préféraient rester sur place pour éviter des débordements ou un éparpillement.

Ils dénoncent "l'humiliation" que leur feraient subir les plates-formes de réservation, en pratiquant notamment une politique tarifaire jugée défavorable aux chauffeurs indépendants et décidée sans concertation. "Zéro TVA, zéro charges sociales, Uber dégage", pouvait-on lire (CAPA-VTC), ou encore "en France, on embauche ou on se casse".

"Uber nous a vendu du rêve, la réalité est un cauchemar", a affirmé Jean-Luc Albert, président d'Actif VTC, qui demande des tarifs "concertés" et un "droit de réponse" pour les chauffeurs qui subissent des déconnexions "arbitraires", parfois après un seul avis négatif de client. "On travaille pour rien" avec tous les frais, par exemple c'est "100 euros pour une petite rayure" sur une voiture en location, explique un chauffeur.

Sur le pare-brise des berlines, un tract de l'Unsa-VTC dénonçant la "servitude du numérique" et le "chantage au chômage", appelait tous les "UberUsés" à débattre "dans un colloque à ciel ouvert". "On avait un métier en or, ils l'ont transformé en un job archi-précaire", a tonné au micro Sayah Baaroun, (Unsa-VTC).

A ses côtés, la conseillère de Paris Danielle Simonnet (Parti de gauche) s'est livrée à une charge contre l'ubérisation, synonyme de "paupérisation" pour des travailleurs qui font "plus de 70 heures par semaine pour à peine toucher le Smic".

"La paupérisation des chauffeurs est une réalité. Uber a défié l'Etat, aujourd'hui les chauffeurs VTC mettent Uber au défi de les respecter", "en refusant le dialogue avec certains syndicats, Uber a créé les conditions de la grève".

La récente hausse des tarifs d'Uber à Paris n'a pas calmé la colère des associations de chauffeurs car le géant américain a aussi relevé la commission prélevée sur chaque course. Cette annonce n'effaçant pas la baisse unilatérale de 20% du tarif en octobre 2015, qui avait donné lieu à une vague de protestation, soulignent-elles. Une fois les frais déduits (entretien et location de la voiture, assurance, etc.), "il nous reste 3,75 euros de l'heure", affirme Jean-Luc Albert.

De son côté, la fédération CFDT des transports a appelé les chauffeurs à "se déconnecter massivement" de la plate-forme jeudi, sans appeler à manifester. Le syndicat et Uber ont décidé d'ouvrir des discussions visant à améliorer la rentabilité et la protection sociale des chauffeurs.

(Avec Afp)
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Jeu 15 Déc 2016, 20:39

Finalement ceux qui ont mis au point leur mode de travail en flanquant une belle pagaille chez les chauffeurs de taxis sont maintenant ceux qui n'en veulent plus...

et on va tous pleurer sur cette situation... effectivement le milieu du mois de décembre ne doit pas être la période des embellies financières... il faut faire la saisons dans les stations de sports d'hiver ou attendre le festival de Cannes, le grand prix de Monaco... et là on se la fera belle !
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Libellule

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Mar 10 Jan 2017, 08:52

La question de la dépendance économique des chauffeurs est enfin posée. Le critère pourrait peut-être suffire pour obtenir une requalification en contrat à durée limitée auprès des tribunaux compétents. Cette requalification a déjà été opérée par plusieurs pays dont les Etats-Unis et l'Angleterre.

Ainsi, une décision du Tribunal du Travail de Londres en date du 28 octobre 2016 (Y Aslam, J. Farrar, c/ Uber BV, Uber London Ltd, Uber Britania Ltd) qualifiant de "workers" les chauffeurs Uber. De même, aux Etats Unis, dans un jugement en date du 17 juin 2015 (Uber Technologies Inc. c/ Barbara Berwick), rendu par la commission du travail de l'Etat de Californie, il avait été jugé que les chauffeurs Uber n'étaient pas des travailleurs indépendants mais bien des salariés. En revanche la France ne s'est pas encore prononcée sur cette question.

S'agissant de la réglementation, la Loi Thévenoud du 1er octobre 2014, relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeurs (VTC), a apporté peu de réponses. Pourtant, ce texte avait pour objectif d'encadrer, protéger et moderniser les droits et devoirs des taxis et des VTC. Le 19 décembre, le Parlement a définitivement adopté la proposition de loi Grandguillaume visant à pacifier les relations dans le transport public de la personne. Ce texte pourrait enfin permettre un apaisement des tensions notamment entre taxis et VTC, qui alimentent l'actualité.

Pour essayer de rétablir un rapport de force plus juste entre la plateforme et les chauffeurs, Bernard Cazeneuve, est intervenu dans le débat, en demandant à la société de "s'engage[r] dans la voie du progrès". mardi 20 décembre, Uber avait refusé de revenir sur l'augmentation de la commission. Alain Vidalies, secrétaire d'État aux Transports "déplore vivement ce choix, qui ne favorise pas le bon déroulement des discussions à venir" dans un communiqué. il faut néanmoins s'interroger quant à l'intérêt et la légitimité du gouvernement à s'ingérer dans des affaires privées.

Le bras de fer semble loin d'être terminé mais plusieurs solutions pourraient être envisagées. En effet, le statut des chauffeurs est à redéfinir, ces derniers devraient bénéficier d'un régime social des travailleurs indépendants plus protecteur, à défaut d'une requalification en contrat à durée indéterminée.

Enfin, il apparaît également intéressant d'envisager l'émancipation des chauffeurs, par la création d'une plateforme open-source qui serait détenue et exploitée par les chauffeurs eux-mêmes.

Tiré de Huffingston extraits
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Libellule

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Ven 31 Mar 2017, 19:20

La Tribune donne cette information : l’entreprise Uber lance UberBack, le transport de personnes à dos d'homme, lent mais écologique.
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Gérard

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Ven 31 Mar 2017, 20:02

Encore du machisme Embarassed affraid

_________________
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948)
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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Jeu 01 Juin 2017, 17:18

Arrive-t-on à la limite du low cost entrepreunarial?

Démission de son directeur financier Gautam Gupta. Elle a également enregistré une perte de 708 millions de dollars (685 millions de francs) au premier trimestre.

Lire aussi: Uber a sous-payé ses chauffeurs à New York

«Après quatre ans à Uber, Gautam Gupta a décidé de prendre un rôle de directeur exécutif dans une jeune pousse qu'il décrit comme 'Uber il y a 4 ou 5 ans'», a précisé Uber dans un email à l'AFP.

Uber a également confirmé une perte de 708 millions de dollars pour les trois premiers mois de l'année qui avait été annoncée un peu plus tôt par le Wall Street Journal. Le groupe, qui n'est pas coté en bourse, ne publie pas de résultats complets, mais fait part à intervalles réguliers de ses performances financières.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Jeu 01 Juin 2017, 20:44

Là c'est grave ! je suis très inquiet pour uber qui il y a quelques mois flanquait la pagaille avec les taxis...

Vite un uber médiateur !

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MessageSujet: Re: L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse   Jeu 01 Juin 2017, 22:34

Exploration des mécanismes économiques sous-jacents au système Uber. Par Bernard Guilhon, SKEMA Business School – UCA
L'économie digitale repose sur des algorithmes et des données. Leur utilisation reconfigure les situations de marchés, aussi bien celui des services que celui du travail. La stratégie d'Uber est mise en œuvre dans le cadre de fortes asymétries créées par l'organisation de la chaîne de valeur sur le marché des transports de personnes.

S'agissant des plateformes collaboratives, la technologie et la globalisation ont favorisé la création de marchés quasi-monopolistiques qui, dans le cas d'Uber, ont abaissé à la fois les barrières à l'entrée pour les chauffeurs et les coûts d'information pour les usagers.

Les positions traditionnellement acquises ont été contestées, l'augmentation du nombre des véhicules a accru la concurrence, entraîné une redistribution des rentes et favorisé la création de nouvelles opportunités d'emploi et de revenu pour des personnes peu ou pas qualifiées.

Les nouvelles opportunités se réalisent d'autant plus facilement que les coûts d'ajustement sont faibles, la main-d'œuvre étant souvent issue du chômage, donc recherchée même « sans expérience préalable ». Cela a conduit les organisations en place (en particulier G7 à Paris) à demander aux pouvoirs publics d'égaliser les conditions de la concurrence de façon à maintenir leur activité.

Les formats de la prestation de services se modifient
Uber fait coexister, selon J. Mokyr, C. Vickers et N. Ziebarth (2015), un marché du travail centralisé avec un emploi flexible. Grâce à la technologie, les décisions relatives à chaque course sont gérées à partir de la plateforme de manière identique (parc homogène de voitures, gestion des appels, mécanisme des prix et des prélèvements). La flexibilité de l'emploi se réalise par la réputation qui se déplace d'un cran. Uber assure la vente de services, mais n'engage pas sa réputation.

La réputation engagée est celle des chauffeurs individuels qui peuvent être remerciés (déconnectés de l'application) à partir des évaluations fournies par les clients. L'application précise en effet : « Notez votre chauffeur et commentez anonymement votre course. Vos avis permettent aux chauffeurs d'améliorer leur service. » La technologie permet la construction d'effets de réputation individuels à partir de séries statistiques anonymes.

Si l'effet de réputation est positif, cela se fait au bénéfice de la firme. La seule façon d'accroître les revenus pour les chauffeurs (les primes existent, mais sont très difficiles à obtenir), Uber fixant les prix et les commissions qui ont augmenté de cinq points récemment, est d'augmenter leur temps de travail en multipliant les courses.

On retrouve ici une notion bien connue de la pensée de plus-value absolue. Cette organisation favorise l'apparition de nouvelles formes de challenge et ouvre de nouvelles brèches sociales puisque le travail indépendant ne bénéficie pas de la protection sociale.
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L'ubérisation ; du chômage à l'auto entrepreneuriat de masse
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