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 Encore un an !

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tonton christobal

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Messages : 13859
Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: Encore un an !   Ven 06 Mai 2016, 11:42

Aujourd’hui, chers compatriotes, nous pouvons nous féliciter de notre résistance, de notre cohésion ! Nous sommes encore debout après quatre années de dévastation hollandaise.

80 % du quinquennat de Normal 1 er sont derrière nous !


Certes beaucoup d’entre nous sont au tapis, fracassés par un choc fiscal sans précédent, accablés par une règlementation étouffante, humiliés par des mesures sociétales qui ont foulé au pied leurs valeurs les plus profondes, mais nous commençons à entrevoir le bout du tunnel socialiste. Il est temps que le cauchemar cesse ! Que l’on redonne leurs chances aux forces vives de la Nation, avant qu’elles n’aient toutes quitté la France.

Pour illustrer ce jour finalement plein d’espoir, je me fais l’écho de la chronique de Nicolas Baverez parue cette semaine dans le Point. L’économiste se glisse dans les habits de Hollande pour dresser le bilan de ce dernier à un an de la fin de son mandat. « Destroyed ! » Et savoureux !

Chérie, j’ai rétréci la France !


par François Hollande (avec la plume de Nicolas Baverez)


Le 6 mai, c’est mon véritable anniversaire. Voilà quatre années que j’ai pris en main le destin de la France. Moi, le bricolo du marché de Tulle, j’ai ma boîte à outils. J’ai compris dès le soir de mon élection qu’elle ne me laissait que deux solutions: me hisser à la hauteur de la fonction présidentielle ou bien réduire la France à ma dimension. Là, je me savais souverain et j’ai donné ma pleine mesure. Juges-en plutôt.

Moi, président de la République, j’ai rétréci la population !


D’un côté, j’ai diminué de 20 ooo le nombre annuel des naissances en matraquant les familles à grands coups d’impôts, de coupes dans les allocations pour les classes moyennes, de remises en question des emplois familiaux. De l’autre, j’ai poussé les riches à l’exil avec une fiscalité confiscatoire qui les fait fondre de 8% par an. Je ferai aussi bien que Louis XIV avec la révocation de l’édit de Nantes: 8o ooo hauts potentiels fuient la France chaque année pour le plus grand bonheur de Londres, Bruxelles, Genève, San Francisco ou Hongkong.

Moi, président de la République, j’ai rétréci l’activité …


… au moment où tous les grands pays développés, jusqu’à la zone euro, prenaient le train de la reprise. Agriculture, industrie, services, place financière, construction, il n’est pas un secteur que mon activisme réglementaire et fiscal n’ait gelé ou plongé dans la récession. Avec plus de 6oo fermetures d’usines, j’ai infligé à l’industrie un grand bond en arrière en ramenant sa production à son niveau de 1994.

Moi, président de la République, j’ai rétréci le travail …


… en créant 700 ooo chômeurs supplémentaires quand les Etats-Unis, l’Allemagne ou le Royaume-Uni renouaient avec le plein emploi. Je n’ai pas réussi à inverser la courbe du chômage, mais j’ai parfaitement stabilisé celle de l’emploi marchand, qui a rejoint son niveau de 2002, quand la France comptait 6 millions d’habitants de moins qu’aujourd’hui.

Moi, président de la République, j’ai aussi rétréci l’enseignement …


… en éradiquant les pôles d’excellence. J’ai programmé la disparition des classes européennes et des classes bilangues, du latin et de l’allemand. Moins il saura lire, écrire et compter, plus un jeune sera un client pour la garantie universelle de revenu !

Moi, président de la République, j’ai rétréci les libertés …


… en inventant l’état d’urgence permanent. Ce qui restait d’autorité judiciaire a été transféré au pouvoir exécutif. Et puisqu’on m’a privé de la constitutionnalisation de l’état d’urgence, je l’ai introduit dans le droit commun. Il est injuste de prétendre que je n’ai pas réformé. J’ai redessiné les droits de l’homme dans leur patrie. Désormais, tout ce qui n’est pas défendu par la loi peut être interdit. La force publique est utilisée pour l’utilité exclusive de ceux auxquels elle est confiée. Enfin, la propriété étant un vol, chacun en est privé par l’impôt. Voilà la liberté des vrais modernes.

Moi, président de la République, j’ai rétréci les armées …


même si je n’encours pas le reproche d’avoir joué petit bras en matière d’interventions militaires. Du Sahel à la Syrie en passant par la Centrafrique et par le déploiement de Sentinelle sur le territoire national, je fais la guerre sur tous les fronts. Mais les moyens n’ont jamais suivi. Pour la défense comme pour l’économie, j’aurai consommé en cinq ans tout le capital  accumulé par les générations précédentes. A ce rythme, d’hommes et de matériels il ne restera plus rien en 2020. Mais je ne doute pas que la paix perpétuelle se sera imposée d’ici là.

Moi, président de la République, j’ai rétréci la diplomatie.


Bien sûr, il y a l’accord de la COP21 que tous signent d’autant plus volontiers qu’il ne comporte aucun engagement contraignant. Pour le reste, j’ai bâillonné la voix de la France. Au G2o ou à l’Onu, plus une initiative ! Dans les négociations sur la Syrie, le conflit israélo-palestinien ou l’Ukraine, ma place est sur le strapontin.

Moi, président de la République, j’ai rétréci l’Europe.


J’ai presque trouvé mon maître en démagogie avec David Cameron et son référendum sur le Brexit. Mais c’est bien moi qui ai fait exploser le couple franco-allemand en mobilisant l’Europe du Sud contre l’austérité, en encourageant Alexis Tsipras dans sa surenchère sur la réduction de la dette grecque – répétition générale pour celle de la France – , puis en sapant le leadership d’Angela Merkel autour de la crise des migrants. Ma petite France n’a nullement besoin d’une Europe forte.

Moi, président de la République, j’ai rétréci l’Etat.


Non pas ses dépenses ou ses dettes. Là, j’ai été grand seigneur grâce à mon amie la finance. Vivent les taux négatifs de Mario Draghi : plus j’endette la France, moins je paie, plus l’ardoise, à terme, sera salée pour les Français. Non, ma vraie cible, ce sont l’autorité et l’efficacité de l’Etat. Les libéraux devraient me dresser une statue. Quel autre président de la V ème République a fait plus pour désintoxiquer les Français de l’Etat en le transformant en objet de rire et de mépris ? Avec moi, fini la monarchie républicaine. Retour à la bonne vieille IV ème République, avec son impuissance, ses jeux partisans et son mouvement incessant de culbuto. Dans mes gouvernements, nul besoin de légitimité ou de compétence. Tout parlementaire inconnu peut connaître sa minute de célébrité ministérielle en se voyant confier le portefeuille de l’Egalité réelle ou de la Biodiversité. Quant aux nominations aux postes clés de l’Etat, j’applique une condition simple: l’appartenance à ma promotion Voltaire de l’Ena.

Moi, président de la République, j’ai rétréci la politique.


Comme je l’ai rappelé à cet insolent d’Emmanuel Macron, elle n’est pas faite de projets au service du pays. La politique, la vraie, n’est pas affaire d’idéaux, mais d’intérêts. Elle est tissée d’un réseau d’allégeances et de clients. Présider, c’est distribuer !

Moi, mini président d’une mini-France, je fais le minimum.


Mais j’entends bien continuer à le faire longtemps. Depuis quatre ans, j’ai rétréci la France. Pour être réélu, je vais rétrécir les Français. Le général de Gaulle se fourvoyait avec ses rêves de grandeur; mais il visait juste en affirmant que les Français sont des veaux.

Hé oh! chérie, elle n’est pas belle, ma France ?

Nicolas Baverez pour le Point.
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