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 Noël en juin, les factures l'an prochain !

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tonton christobal

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MessageSujet: Noël en juin, les factures l'an prochain !   Ven 03 Juin 2016, 15:16

Comment l’Etat habille les chiffres de la dette
Les faits
Sans un tour de passe-passe sur la gestion de la dette, débusqué par la Cour des comptes, François Hollande se serait probablement retrouvé avec une dette atteignant la barre symbolique des 100 % du PIB à la fin de l’année. L’opposition dénonce une « manipulation. » Au gouvernement, on répond qu’il s’agit d’un phénomène de marché largement imputable à la politique monétaire de la BCE, qui profite à tous les pays européens. Une aubaine quoi qu’il en soit pour le chef de l’Etat, qui espère pouvoir démontrer que la dette a moins augmenté sous son quinquennat que lors du précédent.
Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale a tenu mardi un séminaire qui a fait grand bruit au sein des Républicains. Reprenant le rapport de la Cour des comptes sur l’exécution budgétaire de l’État en 2015, Gilles Carrez a démonté méthodiquement le message gouvernemental du « ça va mieux ».
Le retour de la croissance ? La France fait moins bien que ses partenaires de la zone euro. Une réduction des déficits en 2015 ? Retraité des éléments exceptionnels (dotation au Mécanisme européen de stabilité, emprunt exceptionnel pour le deuxième programme d’investissement d’avenir…), le solde budgétaire de la France ne s’est amélioré en réalité que de 300 millions d’euros et pas de 15 milliards comme le prétend l’exécutif. « Question de méthodologie », répond en substance Bercy. Mais pour l’opposition, « le niveau de déficit reste considérable, près de trois mois de dépenses du budget général, ce qui est équivalent au budget de l’enseignement scolaire ou au produit de l’impôt sur le revenu ». Surtout, il est largement supérieur à la moyenne de la zone euro (-2,1 % du PIB).
Un tour de passe-passe !
Mais le point qui a le plus retenu l’attention des élus Républicains mardi reste le tour de passe-passe budgétaire opéré sur la dette publique en 2015 pour éviter d’atteindre la barre fatidique des 100 % du PIB cette année.
Alors que le déficit budgétaire a atteint 70,5 milliards l’année dernière,
la seule dette de l’État n’a augmenté que de 48 milliards d’euros.
Un écart fort bienvenu que la Cour des comptes attribue à une « inflexion de la politique d’émission » des emprunts publics. Le sujet est très technique mais la méthode permet d’afficher un ratio instantané dette/PIB plus avantageux.
En 2015, l’État a en effet encaissé un montant record – 22,7 milliards d’euros – de primes d’émissions en réalisant un tiers de ses levées de fonds à moyen et long terme sur de vieux emprunts à taux d’intérêt plus chers, « des souches anciennes porteuses de coupons plus élevés pour les investisseurs », écrit la Cour des comptes. Pour percevoir un taux de 4 % ou 5 % quand le rendement du marché a glissé à un niveau proche de zéro, l’investisseur paye son obligation avec une prime.
Avec ces ressources immédiates de trésorerie, totalement inédites (les primes d’émission ont représenté entre 2,5 et 9,2 milliards d’euros seulement entre 2009 et 2014), Bercy a racheté pour un montant équivalent (22,6 milliards) de dettes à court terme. Ce qui lui a de facto permis d’améliorer d’environ un point de PIB son ratio de dette publique, qui s’élevait à 96,1 % fin 2015 selon les dernières estimations de l’Insee, reportant sur l’avenir le paiement d’intérêts plus élevés.
Effet d’optique
« Cette technique embellit la situation bilancielle mais pas le compte de résultat, explique Pascal Gilbert, responsable de la gestion obligataire chez La Française AM. En effet, l’État encaisse 22 milliards immédiatement, mais il devra les redistribuer en versant des coupons plus élevés sur la dette correspondante dans les années à venir. La photo est meilleure aujourd’hui, mais il ne s’agit que d’un effet d’optique ».
Sans ce tour de passe-passe, le taux d’endettement aurait atteint 97 % fin 2015. Toutes choses égales par ailleurs, si l’on rajoute à cela l’hypothèse très probable d’un déficit de 60 à 70 milliards d’euros en 2016 – soit 3 points de PIB – la dette française aurait donc atteint le niveau symbolique de 100 % du PIB à la fin de l’année. Du plus mauvais effet à quelques mois seulement de l’élection présidentielle.
Artifice comptable ou gestion opportuniste du risque de taux dans un environnement totalement bouleversé par la politique monétaire inédite de la BCE ? Quoi qu’il en soit, la gestion française de la dette publique n’améliore en rien la soutenabilité à long terme des finances de l’État. Celle-ci s’est même encore dégradée, déplore la Cour des comptes dans son dernier rapport, le différentiel entre les actifs et les passifs de l’État grimpant à -1 115 milliards d’euros.
Carnet de chèques
Reporter l’addition à demain pour embellir la photo dès aujourd’hui, c’est aussi ce qui se passe depuis le début de l’année sur les dépenses. Depuis janvier, François Hollande a sorti un carnet de chèques à paiement différé.
Le coût 2016 sera déjà élevé ! Prime à l’embauche pour les PME : un milliard d’euros. Formation de 500 000 chômeurs, qui du coup vont sortir des statistiques du chômage : 600 millions d’euros. Augmentation des fonctionnaires : 600 millions d’euros. Baisse de cotisations sociales pour les agriculteurs : 500 millions… Au total, plus de 4 milliards d’euros de dépenses que Bercy promet de compenser au centime près par des gels de dépenses.
Mais la vraie bombe explosera en 2017. En année pleine, la facture des fonctionnaires va quadrupler à 2,4 milliards d’euros. Les 60 millions de primes pour les instituteurs seront multiplié par cinq à près de 300 millions. Cette semaine, outre l’annulation de la baisse de 134 millions des fonds pour la recherche, Najat Vallaud-Belkacem a par ailleurs annoncé une revalorisation de 500 millions pour les carrières des enseignants en 2017, et d’un milliard d’euros d’ici 2020. « Ces annonces étaient déjà intégrées dans la trajectoire des finances publiques », affirme-t-on du côté de Bercy. Il n’empêche.
De passage mardi à Paris pour l’inauguration du Congrès des maires de France, le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, n’a pas manqué de rappeler, à plusieurs reprises, l’engagement de la France de ramener son déficit public sous les 3 % du PIB en 2017. « A la France, je ne cesse de délivrer des dérogations », a-t-il pesté, laissant sous-entendre que le temps de la clémence était révolu. Pas sûr que le message a été entendu à l’Elysée. Le Président clôture ce jeudi le congrès des maires. Nul doute qu’il viendra une nouvelle fois le carnet de chèques en bandoulière.
Raphaël Legendre et Muriel Motte pour l’Opinion


http://www.lopinion.fr/edition/economie/comment-l-etat-habille-dette-103851

http://www.lopinion.fr/edition/economie/gilles-carrez-lr-gouvernement-maintient-artificiellement-niveau-dette-103835

http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/021684425009-deficit-la-france-ne-doit-pas-relacher-leffort-selon-la-cour-des-comptes-1199164.php

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Conseil d'ami : faites des économies (si vous le pouvez ) parce qu'après les élections il faudra payer !


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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Noël en juin, les factures l'an prochain !   Dim 05 Juin 2016, 17:36

AFP, publié le vendredi 03 juin 2016 à 06h22
Congrès des maires: la presse souligne que le temps des cadeaux, de la redistribution, du saupoudrage à haute dose est venu pour Hollande
La presse souligne vendredi que le temps des cadeaux, de la redistribution, du saupoudrage à haute dose est venu pour François Hollande, à un an de la présidentielle et au lendemain du congrès des maires de France.
Congrès des maires : pour Hollande, la baisse de l'investissement local «ne doit pas durer»

"C'est Noël tous les jours. Et d'autant plus facilement, dans le cas spécifique des maires, que la droite, majoritaire depuis les municipales de 2014, était la première à demander un geste de l'Etat", souligne Cécile Cornudet dans Les Echos.
"François Hollande ne résiste plus à aucune demande catégorielle, arguant que le +temps de la redistribution+ est arrivé. Une redistribution qui a toutes les chances de durer encore un an, même si elle est assise sur des résultats économiques encore bien fragiles. Demeure une question, toujours la même avant chaque élection: est-ce que dépenser ramène ne serait-ce qu'une voix ?" poursuit-elle.

"Le vrai-faux cadeau de Hollande aux maires", titre Le Parisien/Aujourd'hui en France. Et le quotidien de noter que "face à la grogne des élus, Hollande a donc fait un geste en diminuant de moitié l'effort demandé aux communes" en 2017.  

Pour Michel Urvoy dans Ouest-France, "leur mobilisation a payé. Eux, qui hurlaient à l'étranglement, avaient raison de ne pas rêver, mais tort de se désespérer. La guerre des maires n'aura pas lieu".

"Le chef de l'Etat est clairement en campagne. En campagne, dans tous les sens du terme, justement. Le prochain président de la République sera élu avec les voix des villes. Evidemment. Mais il ne lui faudra pas oublier que toute la frange rurale du pays a aussi des choses à dire. A reprocher. A revendiquer. A espérer", écrit Christophe Bonnefoy dans le Journal de la Haute-Marne.

- Calinothérapie électorale - Philippe Marcacci, dans l'Est Républicain, affirme que "la présidentielle étant en ligne de mire, le chef de l'État a desserré le carcan budgétaire, remisé une rigueur dont le nom ne fut jamais prononcé pour basculer dans la calinothérapie électorale. Un remède en forme de saupoudrage... mais à haute dose. Enseignants, intermittents, SNCF ou bien encore recherche. Rien que cette année, la facture des dernières promesses s'élèvera à 4 milliards. Et ce n'est qu'un début".

"Dès qu'il est question de chiffres, tout est dans la présentation, c'est-à-dire dans la communication", souligne Bruno Mège, dans La Montagne/Centre France.

"À coup sûr, les maires veilleront: que ce qu'on leur promet d'une main, on ne leur reprenne pas de l'autre", avertit Hervé Chabaud dans l'Union/L'Ardennais.

"Après la recherche, puis les enseignants dont les salaires ont été revalorisés, c'était hier au tour des maires de bénéficier de la manne préélectorale de François Hollande. (...) Il est vrai que la grogne ne cessait de monter, particulièrement dans les petites communes", remarque Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées. "Mais peut-être faudrait-il, avant tout, s'attaquer à cette exception française, à ces 36.000 communes, puisqu'on remarque que celles qui ont fusionné s'en tirent bien mieux puisqu'elles peuvent mettre en commun leurs moyens !", prévient-il.
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