Forum d'échanges et de débats concernant les quartiers de Fontenay-sous-Bois (94120), la ville dans son ensemble, son environnement et sa gestion, ou des sujets d'intérêt général.


 
AccueilAccueil  PublicationsPublications  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Partagez | 
 

 Ces électeurs qui dérangent Anne Hidalgo

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
tonton christobal

avatar

Messages : 13861
Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: Ces électeurs qui dérangent Anne Hidalgo   Sam 02 Juil 2016, 07:30

Après le Brexit, les maires de Paris et de Londres ont cosigné une lettre pour dissocier leur ville de leur nation. Mais le Paris d'Anne Hidalgo n'existe pas !
Anne Hidalgo, maire de Paris, et Sadiq Khan, maire de Londres, affolés par le Brexit et trônant, l'un et l'autre, sur des empires urbains, ont fait paraître dans Le Parisien et le Financial Times le même jour une lettre-diatribe qui dissocie Paris (et Londres) de la nation – et d'ailleurs, à les en croire, les nations n'existent pas : seules existent encore les « villes-monde », selon l'expression en cours chez les géographes pour désigner les mégapoles phares de l'économie mondialisée. Une façon pour ces édiles de détacher leurs capitales de pays – le Royaume-Uni ou la France – susceptibles de « mal » voter, dès qu'ils ne votent pas comme eux. La démocratie, c'est toujours mieux lorsqu'on la confisque.

La politique, cette affaire trop sérieuse pour la confier aux électeurs
Dans L e Monde du 6 mai 2005, Giscard d'Estaing commentait l'initiative d'un référendum sur l'Europe – où les Français, faut-il le rappeler, votèrent non – d'une formule qui laissait pour une fois ressortir tout entier l'inconscient des hommes politiques : « C'est une bonne idée d'avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui. » Le Press Club cette année-là lui décerna, pour cet apparent paradoxe d'un cynisme révélateur, son prix spécial du jury de l'humour politique.
Depuis une semaine, la révolte gronde parmi les politiques, outrés que le peuple britannique (forcément imbécile, forcément mineur, forcément perturbé par d'odieux « populistes ») ait choisi de sortir de l'Europe – pas l'Europe géographique, pas l'Europe des peuples, mais l'Europe de Bruxelles qui prend ses ordres chez Angela Merkel et Goldmann Sachs. Et accessoirement auprès d'une foule d'eurocrates méprisants et auto-satisfaits.

Immédiatement, une pétition a été lancée au Royaume-Uni pour faire un second référendum : nous aurions dû y penser, en 2012, quand Hollande élu, bon nombre de Français se sont immédiatement dit que ce n'était pas possible – opinion confirmée par l'expérience, comme le prouvent à satiété les sondages. Une autre a demandé l'« indépendance » de Londres, avec grand succès.

C'est pratique : lorsqu'un résultat ne vous satisfait pas, demandez à l'annuler. Surtout quand il s'agit d'infirmer une décision populaire : la politique est une affaire trop sérieuse pour la confier à des électeurs. Un aréopage d'énarques, de boursiers professionnels, de politiques et de journalistes-bien-informés suffirait à gérer l'Europe – et le monde.

« Villes-monde » et places boursières
Paris et Londres appartiennent, expliquent madame Hidalgo et mister Khan, à ce réseau des « villes-monde » (c'est une impropriété syntaxique qui piétine les règles du français, mais c'est plus chic que le terme géographique de « villes mondialisées », au programme des classes de quatrième). Une dizaine de grandes capitales appartenant à des pays développés (ou à des zones développées dans des pays qui le sont moins, comme Shanghai ou Mumbai) constitue l'« archipel mégalopolitain mondial » – j'aime assez qu'il y ait « mégalo » dans cette appellation. Les invitations à y entrer sont lancées, mais pour Lagos, qui est pourtant la ville la plus peuplée au monde, ce n'est visiblement pas pour demain.
Et nous ? Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grade, habitants de Marseille ou de Trifouillis-les-Oies, Français extrêmement périphériques, comme dit le géographe Christophe Guilluy (le compte rendu de son excellent livre est à lire ici), nous qui nous levons le matin pour faire la queue à Pôle emploi, nous qui n'avons pas de chauffeur dans notre vieille voiture, et qui irons désormais à pied ou en métro parce que le maire de Paris (je tords le cou à quiconque dira « la » maire) vient d'interdire les voitures d'occasion, nous qui risquons de mal voter aux prochaines élections, et même de courir à l'émeute si on nous confisque encore le droit de renvoyer chez eux tous ces politiciens satisfaits, que devenons-nous ?

J'ai écrit par ailleurs, il y a quelque temps, que Paris était un mirage. Une ville qui n'existe pas. Une fiction. Non la capitale d'un pays, mais une étoile dans la constellation des «villes-monde ». D'ailleurs, de pays, d'États, de nations, il n'y en a plus. Hugo parlait des « États-Unis d'Europe » – mais ils nous ont fait l'Europe sans les États, une Europe unie par le réseau des places boursières. Et ils s'étonnent que l'on récuse ce continent désincarné, où ceux qui souffrent, ceux qui ne parlent pas le globish articulé à Bruxelles, sont rejetés dans des périphéries oubliées de Dieu et des politiques.

L'école de Charles-Édouard et celle des « compétences »
Prenez Mme Vallaud-Belkacem. Elle sort de la Rue de Grenelle (7e arrondissement – pas le plus pauvre de la capitale !) dans une voiture aux vitres teintées, parcourt des rues parfaitement propres, voit des gens heureux et bien vêtus – et vêtus à l'occidentale –, des enfants qui s'appellent Charles-Édouard ou Sophie-Prudence, et pour eux d'ailleurs, elle a autorisé toutes les dérogations à sa réforme du collège qui ne concernera vraiment que… nous, nous, les petits, les obscurs, les pauvres, les sans-dents. Nous à qui on interdit dorénavant une école de qualité, une école française où l'on apprendrait la langue et la culture françaises. L'Europe nous a vendu l'idéologie des « compétences », qui est juste l'art de péter avec des cons, et qui n'a aucun rapport avec une vraie culture, avec de vrais savoirs, avec un vrai enseignement. Nous avons refusé Maastricht, on nous l'a imposé. Les politiques sont outrés lorsque le peuple s'exprime – forcément, il y a derrière de vilains hommes avec de vilaines pensées – c'est cela, le « populisme ».

Eh bien, en vérité, je vous le dis : à Bruxelles comme à Londres ou à Paris, ils devraient réviser les programmes d'histoire, que l'on n'a pas encore tout à fait vidés de leur contenu, et se rappeler ce qui est arrivé au marquis de Launay, gouverneur de la Bastille. On peut tromper le peuple un certain temps, mais pas tout le temps.
* Jean-Paul Brighelli est délégué national à l'école de la république du mouvement Debout la France

Revenir en haut Aller en bas
 
Ces électeurs qui dérangent Anne Hidalgo
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Anne Hidalgo : les folies de la reine des bobos
» Bébés lecteurs
» Anne Quéméré récupérée par un cargo
» Intervention d'Anne Laperrouze
» Thiouville +ROUSSEL Marie Anne epouse ROGER

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum du Plateau à Fontenay sous bois :: Expression citoyenne :: Tribune libre-
Sauter vers: