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 Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification

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a.nonymous



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MessageSujet: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 20 Nov 2017, 02:34

Il y a-t-il encore une politique d'aménagement du territoire dans ce pays ?

On peut se le demander quand on apprend que le siège d'une société comme Nestlé déménage de la Seine-et-Marne vers Paris...

Après maire de Paris et écologistes parisiens nous jouerons une nouvelle fois la grande scène du deux, Paris sans voiture, blablabla...



Citation :
Seine-et-Marne : Nestlé va vendre son siège historique de Noisiel
14 novembre 2017

Le nouveau siège se situera dans un immeuble neuf situé dans le sud de Paris, à cheval sur la capitale et la ville d’Issy-les-Moulineaux.

Sur Facebook, l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) redoute une « casse sociale ». Les dirigeants de Nestlé France ont annoncé mardi aux 2 500 salariés de l’entreprise qu’ils déménageraient d’ici le début de l’année 2 020 de leurs cinq sites disséminés en région parisienne, dont leur siège historique de Noisiel (Seine-et-Marne).

Le nouveau siège se situera dans un immeuble neuf situé dans le sud de Paris, à cheval sur la capitale et la ville d’Issy-les-Moulineaux. A l’origine de l’information, Le Figaro précise que ce déménagement se fera dans le cadre d’un regroupement de différentes activités du groupe, comprenant notamment Herta, Nespresso ou encore le laboratoire pharmaceutique Galderma.


Implantée depuis 22 ans à Noisiel

« Nous allons ainsi créer le premier centre d’expertise agroalimentaire en France, se félicite Richard Girardot, patron de Nestlé France, au Figaro. C’est un signe fort, symbole de notre relance sur le territoire français. »

La filiale du groupe suisse était implantée depuis 22 ans à Noisiel, sur le site de l’ancienne chocolaterie Menier. Mais les rumeurs sur un éventuel départ couraient depuis le début de l’année, Nestlé France ayant évoqué à ses salariés « une étude sur le regroupement de ses cinq sièges sociaux ».
---/---
http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/seine-et-marne-nestle-va-vendre-son-siege-historique-de-noisiel-14-11-2017-7393011.php


Dernière édition par a.nonymous le Jeu 15 Fév 2018, 12:55, édité 2 fois
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 20 Nov 2017, 05:55

En revanche nombre de boites privées internationales traitant d'affaires financières susceptibles de quitter Londres préfèrent migrer vers Frankfort que vers Paris...

Devrait on chez nous s'interroger sur les raisons d'un tel choix ?

Sans doute non ! on ne change pas une politique perdante...
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Jeu 15 Fév 2018, 12:54

Dans le domaine des transports...


Citation :
SNCF : neuf propositions-chocs et une révolution dans le rapport Spinetta

Concurrence, dette, statut des cheminots, petites lignes... Le document remis jeudi au premier ministre Edouard Philippe propose une transformation radicale du rail français.

LE MONDE ECONOMIE | 15.02.2018 à 12h15 • Mis à jour le 15.02.2018 à 12h20 | Par Éric Béziat

---/---
Les petites lignes sur la sellette

Pour M. Spinetta, il faut « recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence : les transports du quotidien en zone urbaine et périurbaine et les dessertes à grande vitesse entre les principales métropoles françaises ». Adieu le tortillard de campagne ! « Il paraît impensable de consacrer près de 2 milliards d’euros à seulement 2 % des voyageurs, grondent les auteurs du rapport. Le maintien des lignes héritées d’une époque où le transport ferroviaire était l’unique moyen de déplacement doit être revu. »
---/---
http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2018/02/15/sncf-neuf-propositions-chocs-et-une-revolution-dans-le-rapport-spinetta_5257410_3234.html
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Jeu 15 Fév 2018, 14:13

Citation :
« Il paraît impensable de consacrer près de 2 milliards d’euros à seulement 2 % des voyageurs ( )  »

Justement, le Roissy Express (liaison directe Paris-Roissy CdG) va consacrer plus de 2 milliards € à bien moins de 2 % des voyageurs...

Plus généralement, il faudrait tenir compte à la fois des budgets annuels fonctionnement et de la dette investissement accumulée, et distinguer
. Les usagers de banlieue
. Les usagers de lignes classigues, petites ou moyennes
. Les usagers de TGV,
. Le fret
Et cela ligne par ligne. Sinon, on fait de la pub, pas de l'info
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Mar 29 Jan 2019, 14:03

Citation :
« Le discours sur les métropoles comme locomotives du pays ne passe plus »

Par Pierre Vetz Publié aujourd’hui à 07h00, mis à jour à 07h37

Tribune. En France comme ailleurs, la mondialisation a puissamment renforcé les emplois et les revenus des métropoles. Même si l’indicateur pose problème, on peut estimer que la moitié environ du PIB est produit dans les dix premières villes du pays (un tiers pour la seule région parisienne). Le réseau formé par cette grappe urbaine, fortement intégrée par le TGV, est un atout majeur pour la France. Elle permet en effet de bénéficier des effets d’agglomération urbains tout en limitant les effets de congestion.

Cette concentration soulève aussi de graves difficultés, illustrées par le mouvement des « gilets jaunes ». Une grande partie de la population aux revenus modestes ou moyens est poussée vers une périurbanisation mal organisée, émiettée en d’innombrables bouts de ville sans urbanité, à l’image de la fragmentation communale, qui engendre de fortes tensions sur les modes de vie.

Ces effets occultent le fait que les inégalités territoriales et sociales restent en France nettement plus faibles que dans les pays anglo-saxons, sans parler des pays émergents ou pauvres. Comme l’ont montré les travaux pionniers de l’économiste Laurent Davezies, la redistribution publique (essentiellement par les transferts sociaux) lisse très fortement les écarts spatiaux, créant de fait un transfert massif de ressources des métropoles vers les autres territoires. Mais l’actualité montre que ces effets d’amortissement ont atteint leurs limites. Le discours sur les métropoles comme locomotives du pays ne passe plus, pour de bonnes raisons.

Nous devrions donc réfléchir en priorité à de nouvelles formes actives (et pas seulement passives, résultant des automatismes de l’Etat social) de développement partagé entre les cœurs métropolitains et les territoires de faible densité.

La bonne nouvelle est que les mutations en cours offrent à cet égard des perspectives très positives. Le numérique devrait faciliter au plan régional ce que le TGV permet au plan national, c’est-à-dire des formes de croissance distribuée reposant moins sur les économies d’échelle que sur les économies de réseau.

Les enjeux écologiques exigent de repenser les métabolismes urbains à des échelles allant bien au-delà des zones denses. Pour l’énergie, la biodiversité, la gestion des déchets, les métropoles doivent inclure dans leur fonctionnement, sinon dans leurs périmètres institutionnels, ces espaces naturels avoisinants. Des contrats novateurs peuvent être envisagés, comme celui de l’alimentation en eau de Rennes, qui récompense les agriculteurs vertueux pour la protection des nappes.

L’intégration croissante entre industries et services ouvre la voie à de nouvelles complémentarités. Les liens entre les services, surtout urbains, et les tissus manufacturiers, surtout ruraux, pourraient être densifiés, dans un contexte où les immenses chaînes de valeur mondialisées vont sans doute se rétracter et réhabiliter la proximité. Les jeunes start-upeurs des cœurs urbains pourraient s’attaquer aux problèmes des populations et des PME ou TPE des zones peu denses, au lieu de multiplier les applications destinées à leurs seuls clones urbains éduqués.

Enfin, les grands secteurs de croissance que sont la santé, le bien-être, l’agriculture et l’alimentation, la mobilité, le loisir, l’éducation, sont porteurs de nouveaux paradigmes : ce sont des secteurs centrés sur l’individu, à la fois consommateur et coproducteur, et qui appellent moins, désormais, des biens et des services isolés que des systèmes collectifs fortement territorialisés. Par exemple, après l’âge de l’automobile-objet rangée dans son garage, vient l’âge de la mobilité comme service, multimodale, gérée par des organisations complexes à base territoriale.

Organiser les interdépendances entre ces espaces denses et moins denses n’est donc pas seulement un devoir de cohésion, c’est aussi une voie de croissance. Et pour les pouvoirs publics, il serait plus utile d’explorer ces pistes que de multiplier les politiques d’assistance aux villes moyennes, aux petites villes, aux zones rurales, etc.

Pierre Veltz est l’auteur de La Société hyperindustrielle – Le nouveau capitalisme productif (Seuil, 2017) et de La France des territoires (éditions de l’Aube, à paraître le 7 février).

Pierre Vetz (Ingénieur et sociologue)
https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/29/le-discours-sur-les-metropoles-comme-locomotives-du-pays-ne-passe-plus_5415981_3232.html
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 04 Fév 2019, 17:39

Citation :
Emploi, le défi du logement

Par Béatrice Madeline

Publié le 03.02.2019

Les emplois qui se concentrent de plus en plus dans des grandes villes aux loyers élevés sont hors de portée de certains salariés.

Au cœur du quartier historique du Marais, à Paris, à quelques pas des Archives nationales et de l’enceinte de Philippe-Auguste, se niche le siège de Famoco, une entreprise de haute technologie spécialisée dans la sécurisation des transactions sur mobile. Créée en 2010, la start-up intervient aujourd’hui dans le monde entier et compte étoffer encore son équipe d’une centaine de collaborateurs.

Pourquoi alors s’installer dans un immeuble historique de ce quartier colonisé par les boutiques de luxe, infréquentable en voiture, plutôt que dans un quartier d’affaires mieux adapté au business ? Lionel Baraban, directeur général et cofondateur, est catégorique : « Aujourd’hui, si vous proposez à de jeunes ingénieurs de travailler à La Défense, vous êtes sûrs qu’ils ne viendront pas. Avoir des locaux sympas, au cœur de Paris, fait partie de l’attractivité de la boîte, au même titre que les salaires. »

Un constat que fait aussi Audrey Barbier-Litvak, directrice générale de WeWork pour la France et l’Europe du Sud, alors que l’entreprise vient d’ouvrir son cinquième immeuble parisien sur l’avenue de France, dans le 13e arrondissement, et s’apprête à en inaugurer deux autres cette année, à Saint-Lazare et porte Maillot. « Des entreprises qui avaient fait le choix de s’installer dans des centres d’affaires en périphérie prennent des bureaux chez nous pour revenir au cœur de la capitale », explique la jeune femme, en citant Carrefour, LVMH, Thalès… « Pour un grand groupe, c’est un vrai facteur d’attractivité et de recrutement. »

Liée à la tertiarisation de l’économie et à la mondialisation, la concentration croissante des emplois à l’intérieur des grandes villes, qui accueillent un nombre toujours plus important de start-up, espaces de coworking et autres pépinières, est attestée par différentes études. « Entre 2000 et 2010, la croissance du pays a été générée aux trois quarts sur les grandes aires urbaines », confirme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Depuis la crise de 2008, et le très fort recul de l’emploi salarié privé du pays, seuls quelques rares grands territoires voient le nombre de leurs emplois progresser, grâce aux créations d’activités dans les secteurs de services supérieurs/numériques, à fortes qualifications. Et ces activités se concentrent au cœur de nos quelques métropoles « gagnantes » : plus de la moitié des créations nettes d’emploi dans ces secteurs se situe dans une douzaine des 36 000 communes françaises (Paris, Toulouse, Lyon, Saint-Herblain et Nantes en Loire-Atlantique, Blagnac en Haute-Garonne…), expliquaient l’économiste Laurent Davezies et le géographe Philippe Estèbe dès 2015.

Corollaire de cette concentration des emplois, une pression sur les prix de l’immobilier, qui atteignent des sommets. En vingt ans, les prix au mètre carré ont été multipliés par 3,7 à Paris, par 3 dans les départements limitrophes et 2,4 dans ceux de grande couronne, selon les données issues de la chambre des notaires de Paris.

Contenus par des mesures d’encadrement, les loyers parisiens sont malgré tout deux fois plus élevés que dans une grande ville de province et hors de portée de nombreuses bourses. Ainsi, avec un loyer médian de 23,40 euros le mètre carré hors charges, un 50 m2 dans la capitale coûte 1 170 euros hors charges – soit l’équivalent du smic mensuel net (1 203 euros) !

Si ces chiffres ne découragent pas les jeunes ingénieurs ou cadres recherchés par les grands groupes ou les start-up, aux rémunérations confortables, ils constituent un repoussoir pour les personnes peu qualifiées, aux salaires modestes. « Aujourd’hui, la plus grosse difficulté pour les travailleurs, c’est le logement. D’autant qu’ils subissent une forme de double peine, puisque 80 % des emplois aujourd’hui sont en CDD, ce qui rend l’accès au marché locatif quasiment impossible », constate Stéphanie Delestre, fondatrice de Qapa.fr, site de recherche d’emploi en ligne.

Parfois, la situation prend un tour dramatique, comme à Bordeaux, où le dynamisme de l’emploi attire des personnes venues du reste de la région. « Sur mon portefeuille de demandeurs d’emploi, un quart des personnes est sans domicile ou en situation d’être expulsée », explique Angélique Bourget, conseillère Pôle emploi à Bordeaux-Nord. « J’ai même deux à trois personnes qui, tout en ayant un travail, sont logées par le 115 ou dorment dans leur voiture. »

A l’échelle macroéconomique, cette difficulté à se loger à distance raisonnable de son lieu de travail serait même l’une des causes du chômage structurel en France. Selon les chiffres du Laboratoire de la mobilité inclusive, un quart des demandeurs d’emploi renoncerait à prendre un poste en raison de problèmes de transport et près d’un Français sur quatre aurait déjà renoncé à un travail ou une formation pour la même raison.

Le coût financier représenté par le déplacement – exprimé au début de leur mouvement par les « gilets jaunes » – n’est pas étranger à cet arbitrage. Pour Pôle emploi, le logement apparaît au deuxième rang des difficultés rencontrées par les demandeurs, après les difficultés financières. « Peut-être que la principale politique de l’emploi aujourd’hui devrait-elle être une politique du logement », note Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Pour les entreprises aussi, la question du logement et de l’éloignement est un handicap : « Quand on leur propose des profils de candidats qui habitent à plus de 60 kilomètres, les entreprises refusent, car elles savent que le salarié va en avoir assez un jour ou l’autre et qu’il va partir », déplore Mme Delestre. Or, un manque de main-d’œuvre se traduit, selon les secteurs, par des chantiers en retard, une moindre qualité de service, voire des contrats ou des activités stoppées.

Preuve de l’importance de cette préoccupation, la SNCF vient d’annoncer un investissement de 20 millions d’euros par an pour loger les cheminots nouvellement embauchés en Ile-de-France.

« Nous avons de plus en plus de retours négatifs d’agents ou de personnes que l’on aurait voulu embaucher, mais qui refusent car il est trop cher de se loger en Ile-de-France », explique Alain Krakovitch, directeur général de Transilien. « Nous avons donc décidé de garantir aux nouvelles recrues un logement à moins de 20 km de leur lieu de travail, dans un délai de quatre mois maximum après leur entrée dans l’entreprise. »

Dans le même esprit, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé vouloir doubler le nombre de studios mis à disposition des professionnels pendant leur première année à Paris et augmenter le nombre de logements disponibles.

Sans aller aussi loin, d’autres entreprises proposent des aides financières. Enedis, elle aussi confrontée à des difficultés de recrutement pour des emplois en tension, propose à ses salariés une aide au logement calculée selon la cherté de la région d’emploi, pouvant aller jusqu’à 30 % du salaire. Des dispositifs louables, mais qui s’adressent par nature à des publics restreints et qui ne remplaceront en aucun cas une politique globale en faveur d’un logement accessible à tous.

Certes, « créer des bureaux près des logements, cela ne se commande pas, ne se décrète pas », reconnaît Stéphane Lecler, directeur adjoint de l’urbanisme à la Mairie de Paris. Mais il existe néanmoins des leviers, souligne-t-il.

En Ile-de-France, la procédure d’agrément des permis de construire pour l’immobilier d’entreprise se double d’une obligation de compensation des surfaces de bureaux par des surfaces de logement. Autre dispositif, créé par la loi ALUR, celui des organismes de foncier solidaire (OFS). Ils permettent à des ménages modestes de devenir propriétaires en ne payant pas la valeur du foncier, ce qui fait baisser le prix du mètre carré de 20 % à 40 %.

Une demi-douzaine d’opérations de ce type sont déjà lancées dans le pays. « Deux sont situées en Ile-de-France et les 46 logements qui seront livrés en 2020-2021 sont déjà tous vendus », précise Vincent Lourier, directeur de la fédération nationale des coopératives HLM. « On pense qu’à échéance de trois à quatre ans, on pourrait atteindre une cinquantaine de projets par an », assure-t-il.

A l’échelle régionale, deux villes sont cependant parvenues à résoudre l’équation logements/emplois. Grenoble, en plus d’une politique volontariste de transports en commun (le tramway y a été construit dès 1987), s’est efforcée de conserver une mixité en centre-ville, entre logements et activités. Ainsi, l’usine Caterpillar est-elle restée dans le centre. « Nous avons également accueilli, il y a deux à trois ans, une nouvelle usine de compteurs électriques, elle aussi installée en ville », explique Eric Piolle, maire (Europe Ecologie-Les Verts) de Grenoble. Le nouveau centre de tri postal, lui, a été volontairement implanté dans un quartier en difficulté.

A l’autre bout de l’Hexagone, Rennes a misé sur un développement « en archipel », avec des villes moyennes en périphérie. « On accompagne le développement de ces communes avec un système de droits et de devoirs », précise André Crocq, président du Schéma de cohérence territoriale (SCOT). Résultat, des villes qui construisent des logements en « contrepartie » de l’implantation d’activités, et un habitat réparti de manière équilibré sur le bassin de 520 000 habitants.

Pas suffisant, cependant, pour convaincre les entreprises comme la start-up du Marais Famoco ou les grands groupes de s’installer en périphérie des villes. « Selon certaines théories, plus une économie est avancée, plus elle se concentre d’un point de vue géographique au cœur des grandes agglomérations, et c’est un phénomène mondial », note l’urbaniste Stéphane Cordobes.

De fait, les grandes métropoles françaises ne sont pas les seules à connaître le problème du logement des salariés les plus modestes. La Silicon Valley est emblématique de ce point de vue. San Francisco détient le record des loyers les plus élevés au monde : même les employés de Google ont du mal à se loger. A tel point que la firme a fait installer des appartements modulaires type conteneurs pour loger certains de ses collaborateurs et a lancé, fin 2018, un plan de construction de 8 000 logements. Londres, Shanghaï, Hongkong ou New York connaissent peu ou prou le même phénomène.

Avec une petite exception et un modèle, l’Allemagne. Celle-ci est moins touchée pour deux raisons majeures : plus décentralisé, le pays possède un tissu économique mieux réparti sur le territoire. Et les loyers à Berlin, qui accueille les entreprises de la nouvelle économie, étaient historiquement bas, même si un rattrapage est en train de s’effectuer. Comme le souligne Nicolas Colin dans son dernier ouvrage (Hedge, Family Stories, 2018, non traduit) : « La question du logement est un facteur majeur d’insécurité économique. » Un défi qui devrait figurer en bonne place dans tous les débats politiques actuels…
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/03/emploi-le-defi-du-logement_5418634_3234.html
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 11 Fév 2019, 16:39

Citation :
A Châlons-en-Champagne, après le départ de l’armée et le redécoupage régional, tout un avenir à réécrire

Par Pierre Jaxel-Truer Publié 11.02.2019

C’est en quelques mois, au tournant de 2014 et de 2015, que Châlons-en-Champagne (Marne) a vu son ciel, plutôt paisible jusqu’alors, lui tomber sur la tête. Brutalement, comme une vilaine grêle, qui ravage les grappes avant les vendanges, dans les vignes voisines. « Cela a été un triple choc. Un choc psychologique, un choc économique, et un choc démographique », énumère Bruno Bourg-Broc, le président (naguère RPR, UMP, puis LR, aujourd’hui sans étiquette) de l’agglomération.

La première tempête a été la dissolution du 1er régiment d’artillerie de marine (RAMa) et de l’état-major de la 1re brigade mécanisée (BM) : 1 003 militaires ont plié bagage, selon les chiffres officiels, avec leurs 338 conjoints et conjointes, et leurs 612 enfants. Une saignée, pour une ville d’environ 45 000 habitants et une agglomération de 80 000 âmes.

Puis, comme si cela n’était pas suffisant, voilà qu’est arrivée la réforme territoriale, où François Hollande a décidé à Paris de redécouper les régions à la hâte. La capitale de la Champagne-Ardenne, prise de court, a dû rendre les armes face à un poids lourd. C’est Strasbourg, avec son aura de métropole européenne et ses atours de belle bourgeoise, qui a gagné la bataille du nouveau Grand-Est, agglomérat XXL composé de feu les Champagne-Ardenne, Alsace et Lorraine. Déjà groggy, Châlons-en-Champagne s’est pris un nouvel uppercut.

Beaucoup de villes ont subi la perte d’équipements publics – une poste, une gare, un tribunal, une perception, une maternité… Mais peu de cités ont eu à affronter, coup sur coup, deux pertes qui remettent en cause, au fond, plus que des services ou des emplois : une part de son identité.

M. Bourg-Broc, vieux gaulliste de 73 ans, a été maire de la ville de 1995 à 2014. Il a connu les belles heures et les plus sombres. Pour décrire ce que fut naguère Châlons, il en appelle aux « vieux dictionnaires ». « La définition était toujours la même, raconte-t-il. Une ville épiscopale, militaire et administrative. » Un havre de stabilité, donc, même si cela fait longtemps que l’évêché a perdu de son aura. L’Etat jouait les amortisseurs, douillet édredon protecteur, quand bien même la désindustrialisation, ici comme ailleurs, faisait doucement son œuvre.

Il y a quatre ans, le réveil a donc été rude. « Le déclin a commencé dans les années 1970. Mais on était anesthésié. On pensait qu’il ne pouvait rien arriver dans une ville de fonctionnaires. On marchait sur une jambe. Aujourd’hui, cette jambe, elle a une entorse à la cheville et une autre au genou ! », s’emporte Bruno Forget, le président de l’Union commerciale, industrielle et artisanale (UCIA).

Benoist Apparu, maire (ex-LR, désormais sans étiquette) depuis 2014, s’est retrouvé sitôt élu à la tête d’une ville blessée. « L’Etat avait deux grandes réformes en cours. Et personne ne s’est rendu compte qu’il n’y avait qu’une seule ville où elles se télescopaient. C’est le fonctionnement de l’Etat : chacun court dans son couloir, sans se parler. Quand je suis allé voir Jean-Pierre Jouyet, alors secrétaire général de l’Elysée, pour l’avertir, il est devenu tout blanc. Mais c’était trop tard », raconte l’ancien ministre du logement (2009-2012).

Avec le départ de l’armée, c’est un peu de l’âme de cette vieille ville de garnison qui s’en est allée. « On était habitué à voir les militaires, ils faisaient partie du paysage. Ils faisaient leur jogging dans les rues, consommaient dans les magasins, remplissaient les associations et les classes », raconte Rudy Namur, chef de file local du PS. Huit écoles ont depuis fermé. « Les militaires, c’était aussi un esprit. De la rigueur, de la qualité », regrette M. Forget. C’était, enfin, des terrains et casernes, comme l’immense quartier Corbineau, beau, raide, et désormais vide, en attendant que s’installe ici une nouvelle prison.

Avec la perte du statut de capitale régionale, c’est ensuite beaucoup de sa fierté que Châlons-en-Champagne a dû ravaler. « C’est le pouvoir, qui est parti. Il était là, à quelques mètres, il est désormais à 300 kilomètres », pointe M. Forget, l’œil tourné vers Strasbourg. En Champagne, l’équilibre des forces reposait jusqu’alors sur un triangle, devenu bancal : Reims la puissante, accrochée à son histoire ; Epernay la riche, avec ses caves regorgeant de champagnes millésimés ; et Châlons la « capitale », le lieu des décisions.

Le départ de l’assemblée de la région, toutefois, à l’inverse de la fermeture des régiments, n’a pas entraîné d’exode. La plupart des salariés sont restés et continuent de gérer les affaires administratives courantes. Mais les directions régionales des services de l’Etat ont déménagé. Ne reste plus que la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF). « Ce sont beaucoup de gens favorisés, des CSP +, à fort pouvoir d’achat, qui sont partis », estime Bertrand Bonnetier, un ancien militaire devenu le référent local de La République en marche (LRM). M. Apparu, en outre, estime que la messe n’a pas encore été dite. « Pour l’instant, la région préserve les emplois. Mais il faut voir ce qui va se passer dans les dix ans à venir. A quoi sert la réforme, si les effectifs restent constants ? A rien. Les choses vont se faire progressivement, à bas bruit. »

Quatre ans plus tard, pourtant, les chiffres ne racontent pas vraiment le désastre annoncé. Le chômage, entre 2015 et 2017, a même reculé : il est passé de 8,4 % à 7,8 %, en deçà de la moyenne nationale. « Attention au trompe-l’œil, prévient cependant M. Apparu. D’une certaine façon, je préférerais un chômage à 15 %. S’il n’augmente pas, c’est parce que la population active s’atrophie. Les emplois disparaissent, mais moins vite. »

La santé des commerces sert souvent de baromètre à la santé d’une ville. Ici, comme ailleurs, beaucoup ont tiré le rideau, depuis 2015. Mais il est difficile de savoir ce qui relève du mal-être ordinaire des centres de villes moyennes, soumis à la concurrence des zones commerciales périphériques, et du cas d’espèce.

Dans son agence immobilière, à deux pas de la mairie, Dominique Vatel, par ailleurs élu municipal communiste, se veut ainsi plutôt optimiste, malgré les vents contraires. « Pendant deux ans, je n’ai rien vendu. Tout le monde était tétanisé, se demandait ce qui allait se passer. Mais le marché repart doucement », estime-t-il. Selon le baromètre immobilier des notaires, le prix au mètre carré des appartements a toutefois chuté de 22,6 % en cinq ans, à 1 100 euros en moyenne. Contre 2 050 euros à Reims et 1 390 euros à Epernay.

[ Prix moyens PAP Fontenay-sous-Bois 4.867,23 € / m2 - Paris 20ème 6.967,09  € /m2 - Paris 6ème 13.354,63 € /m2 ]

De fait, si le désastre reste peu palpable, c’est probablement parce que l’armée et la région n’ont pas déserté sans compensations. Châlons-en-Champagne a été mise sous perfusion jusqu’à la fin de l’année 2020. Ce protocole médical de choc, renouvelable un an, porte un nom dont tout le monde connaît ici l’acronyme : le CRSD, pour contrat de redynamisation de site de défense. Un produit miracle : 70 millions d’euros d’aides (alimentées à part à peu près égales par l’Etat et les collectivités locales) ont été mis sur la table, pour financer près de 130 millions d’euros de projets. L’argent a été utilisé tous azimuts : pour rénover le centre-ville, soutenir les entreprises (notamment avec des avantages fiscaux et des aides à l’emploi), ou encore financer l’amélioration d’équipements publics, comme le campus de la ville…

Pour autant, Châlons-en-Champagne a-t-elle réussi une mue en profondeur ? Le vrai mur risque d’être la fin du CRSD. « Ce sera une nouvelle étape, préfère dire M. Apparu. Mais il faut réussir à revenir au droit commun. » L’opposition, M. Namur en tête, estime que la transition a été ratée. « On a utilisé seulement la moitié de l’enveloppe ! », pointe l’élu PS. « Les deux tiers », corrige M. Apparu. Faute de candidats pour s’installer ? La pêche aux gros investisseurs n’a pour l’heure pas porté ses fruits. « Plusieurs projets arrivent. Je ne peux pas en parler, mais ce sont des projets sérieux, pas une fiction », se défend M. Bourg-Broc.

La ville, en réalité, doit faire face au défi de son attractivité. Comment exister, comment se « vendre », à 40 km d’Epernay, 50 km de Reims, 80 km de Troyes, et à 150 km de Paris, dans une orbite lointaine de la capitale ? « Il faut résister à la double aspiration Est-Ouest, entre Strasbourg et Paris », constate M. Apparu. Un échec a marqué les esprits : celui de l’aéroport de Vatry, à quelques kilomètres de la ville, qui rêvait de chiper une grosse part du fret aux aéroports parisiens lors de son lancement, en 1994. Il survit aujourd’hui grâce à l’argent public.

Tout le monde connaît ici l’équation. Châlons-en-Champagne a des atouts : une bonne ligne de chemin de fer, l’autoroute A4… Mais rien ne la singularise. « Il ne faut pas rêver de faire venir Ikea. Ils sont déjà à Reims, c’est mort. Il faut plein d’entreprises. Quinze emplois multipliés par cinquante, ça fait plus que 500 emplois d’un seul coup ! », estime M. Forget. Tout le monde sait, aussi, qu’il est compliqué pour la cité champenoise de convaincre ses enfants de faire leur vie ici, de sédentariser ses étudiants. « Ma fille n’a qu’une envie, c’est de se barrer. Il faut bouger, faire la fête, sauter sur toutes occasions », poursuit le patron de la Foire de Châlons-en-Champagne.

Tous les ans, cet événement annuel, plus grande foire agricole de France, redonne un peu de sa fierté à la ville, en septembre. A cette occasion défilent les ténors de la politique nationale, dans un ballet bien rôdé. Marine Le Pen a fait sa rentrée 2018 sur ces anciennes terres communistes où elle obtient désormais des scores flatteurs. Un an plus tôt, Benoist Apparu a joué au baby-foot avec Edouard Philippe, entre anciens « Juppé boys ». Comme au bon vieux temps.

L’agriculture, c’est justement l’horizon vers lequel veut désormais se tourner le maire. « Il faut faire avec ce qu’on est. Au bout de chaque rue, ici, il y a des champs », appuie M. Forget. En juin 2018, a eu lieu le premier Forum planet A, un événement qui rêve de devenir le « Davos de l’agriculture ». En parallèle doit germer une Cité dédiée à l’agriculture de demain, hébergée dans un bâtiment emblématique. M. Apparu, rompu à la com politique, promet un « geste architectural fort ». « Notre atout, aujourd’hui, c’est notre rigueur budgétaire. On a baissé les dépenses de fonctionnement. Depuis 2014, on n’a pas fait d’emprunt public. On a dégagé une capacité de 15 millions d’investissements par an. Parce qu’il faut investir ici plus qu’ailleurs », explique le maire.

En attendant, alors qu’approchent les élections municipales de 2020, l’opposition affiche son scepticisme. « Le Forum, c’est 2 millions d’euros pour deux jours, avec des gens qui arrivent en train le matin et repartent le soir. Quel intérêt pour Châlons ? », cingle M. Namur. M. Apparu, officiellement en retrait de la politique nationale et désormais président d’In’li, une filiale d’Action logement installée à Paris, laisse planer le mystère sur son envie de se représenter.

Dans son agence immobilière, à l’ombre des coquettes maisons à colombages du centre-ville, insensibles aux soubresauts de l’époque, M. Vatel observe les changements avec une philosophie bonhomme. « On traverse un processus de transformation. C’est lent. C’est long. C’est difficile. C’est la vie. » « A Châlons, on ne parle pas que de régénérescence économique. On doit se créer une nouvelle identité. C’est passionnant, mais c’est aussi beaucoup plus complexe », conclut M. Apparu.

Pierre Jaxel-Truer
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/11/quand-chalons-en-champagne-a-perdu-ses-militaires-et-sa-fierte_5421863_823448.html
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 11 Fév 2019, 17:46

Pourquoi Châlons-en-Champagne (45 000 habitants) était-elle chef-lieu (préfecture) de la région Champagne-Ardenne, et pas Reims (180 000 habitants) ? Un cas unique en France, je pense : "le chef-lieu de région ou département, dit préfecture, est généralement la commune la plus importante démographiquement du département ou de la région". Par ailleurs, Châlons-en-Champagne est toujours préfecture du département Marne (51) dont Reims est sous-préfecture.

Évolution démographique
Châlons : (1793) 12 139 ; (1800) 11 120 ; (1962)   41 705
Reims    : (1793) 32 334 ; (1800) 30 225 ; (1962) 133 914


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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 11 Fév 2019, 17:56

Longtemps dans le Var la préfecture était Dragignan et non Toulon...pourquoi ? Bonne question.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 11 Fév 2019, 18:57

Salamandre a écrit:
Pourquoi Châlons-en-Champagne (45 000 habitants) était-elle chef-lieu (préfecture) de la région Champagne-Ardenne, et pas Reims (180 000 habitants) ?

Au niveau du seul département de la Marne, Châlons-en-Champagne est central alors que Reims est excentré à l'Ouest. Il se dit qu'à la création des département la règle était qu'il soit possible de faire l'aller-retour à cheval de ou vers n'importe quel point du département dans la journée.

Et au niveau des quatre départements qui composaient Champagne-Ardennes c'est la Marne qui était centrale.


L'aménagement du territoire était, est et sera toujours un vaste débat qui ne va pas se simplifier avec la métropolisation en cours...
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Aménagement du territoire - Métropolisation - Désertification   Lun 11 Fév 2019, 19:57

On appréciera la différence avec la version due à Hollande : aujourd'hui, dans la vaste région Grand Est, ex-(Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace) c'est Strasbourg la métropole régionale. On ne peut pas faire plus excentré... Strasbourg est au bord du Rhin, frontière avec l'Allemagne. Mais bon, c'est sans doute pour faire accepter aux Alsaciens la disparition de leur région Alsace.
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