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 Les racailles, ce sujet d’étude ignoré par les sociologues français

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tonton christobal

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MessageSujet: Les racailles, ce sujet d’étude ignoré par les sociologues français   Jeu 22 Fév 2018, 05:36

Les racailles, ce sujet d’étude ignoré par les sociologues français
Par
Auteur
Majid Oukacha

À quoi sert un dictionnaire ? Avant tout à découvrir ou vérifier le sens (et l’orthographe) d’un mot. Le réflexe didactique consistant à se plonger dans un dictionnaire afin de définir avec clarté et précision un mot auquel vous ne rattachez aucune identité ou réalité va a priori de soi. Cette habitude, dont je pourrais vous recommander la mise en pratique pour la plupart des mots de la langue française, vous pouvez néanmoins totalement l’oublier en ce qui concerne le mot « racaille ».
J’ai rarement vu un mot aussi mal expliqué que ce mot racaille, parmi les dictionnaires les plus connus et démocratisés en France. « Racaille : populace méprisable ». Méprisable selon qui ? « Racaille : partie la plus vile de la population ». La plus vile pour quelle(s) raison(s) ? « Racaille : partie du peuple la plus pauvre, considérée comme la plus méprisable ». Faut-il nécessairement faire partie des plus pauvres du peuple pour faire partie de la racaille ? Et cette pauvreté est-elle un (des) élément(s) justifiant le mépris à l’égard de cette population ? Les dictionnaires de la langue française d’aujourd’hui n’ont-ils donc pas trouvé mieux que la passivité face au jugement de valeur d’autrui pour parler de la version 2.0 des blousons noirs d’antan ? N’ont-ils donc pas su appréhender les membres de cette communauté informelle que tant de Français ont déjà eu le déplaisir de croiser plus d’une fois dans leur vie ?

Lorsque je parle ou que j’entends parler de racailles dans la vie quotidienne, c’est plus en fonction de ce que ces individus font qu’en fonction de ce qu’ils sont ou paraissent être. Oublions un instant le mépris ou les alibis victimaires qui expliqueraient de façon psychanalytique comment on en arrive à devenir une racaille ! De mon point de vue, la racaille s’identifie comme on définit le dieu monothéiste des religions abrahamiques : en fonction de ses actes. Et parce que, comme tout bon républicain qui se respecte, je ne peux pas reprocher à mon prochain toute activité restant dans les limites fixées par la loi, ne comptez pas sur moi pour condamner les racailles sur leurs seuls goûts et affinités. Aimer le rap, le streetwear ou le verlan n’est pas une condition suffisante pour faire de vous une racaille. Le caractère mimétique et culturel de mœurs ou modes de vie partagés par les racailles implique des causes criminogènes bien plus préoccupantes que ces quelques centres d’intérêt esthétiques.

Ce qui caractérise selon moi les actes criminels d’une racaille qui (sé)vit dans notre pays est que ceux-ci sont en général lâches et gratuits. À mes yeux, vous battre au corps à corps et à la loyale avec un inconnu croisé dans la rue qui tente de vous assommer afin de vous voler votre portefeuille ne fera pas de vous une racaille. Votre violence d’autodéfense est légitime puisque vous réagissez à une agression que vous subissez, et vous devez protéger votre intégrité physique en mettant hors d’état de nuire votre agresseur déterminé puisque ce sera lui ou vous. En revanche, attaquer à 10 contre 1 et par derrière un adolescent chétif qui a eu le malheur de passer à côté de votre meute avec un air craintif dans le regard, pour le seul loisir de rire de la souffrance engendrée à plus faible que soi, c’est plus précisément le genre de comportement d’une racaille. Caillasser des pompiers qui ne vous ont rien fait et qui se contentaient d’intervenir pour éteindre un incendie, aussi. Brûler durant la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre les voitures d’honnêtes travailleurs de votre quartier qui ne vous ont rien fait et qui se contentaient de regarder tranquillement la télévision dans leur salon, aussi. Proférer des obscénités à l’encontre d’une demoiselle qui aurait eu le tort d’ignorer votre parade nuptiale dans l’espace public afin de vous éconduire sans fragiliser le peu d’estime que vous avez de vous-même, aussi.

Si vous avez toujours la présence d’esprit de vous abstenir d’attaquer vos proies par surprise aussi longtemps qu’un représentant des forces de l’ordre se trouve dans votre champ de vision, c’est que vos méfaits sont plus réfléchis et rationnels qu’inconscients et maladroits. Je ne suis par ailleurs pas du genre à expliquer le comportement des criminels en commençant par chercher du côté du chômage, de la marginalisation sociale ou de la précarité. Des criminels qui savent voler, violer et tuer en catimini pour leurs intérêts égoïstes, on en trouve même chez les millionnaires et les milliardaires. Ceux qui cachent leur argent dans des paradis fiscaux afin d’éviter de payer trop d’impôts n’ont sans doute pas les mêmes besoins et ambitions que l’opportuniste voleur de selles de vélos qui arrondit ses fins de mois en revendant sur Leboncoin des pièces métalliques jetées à la déchetterie municipale. Les valeurs que l’on possède dans la tête inspireront toujours plus de motivations criminelles que l’argent que l’on ne possède pas sur son compte en banque. Demandez-vous donc pourquoi certains chômeurs souffrant de la marginalité sociale et de la pauvreté économique ont envie de caillasser des pompiers qui ne leur ont rien fait de mal tandis que d’autres chômeurs souffrant de la marginalité sociale et de la pauvreté économique arrivent à se retenir d’agir de la sorte !

Il est possible que les problèmes sanitaires, sociaux et économiques croissants que causent ces racailles dans les écoles, centre commerciaux et rues de notre pays n’inspirent que très peu la plupart des sociologues français précisément parce que les conclusions qu’ils pourraient tirer de l’étude de cette population subversive pourraient remettre en cause certains de leurs dogmes et tabous politiques. Imaginez s’ils en venaient à trouver un lien entre la culture intolérante et tribaliste de certains groupes communautaristes vivant sur notre territoire et la violence liberticide et récréative d’une part non-négligeable d’enfants issus de ces groupes ! Ou une absence d’altération psychiatrique du jugement chez tant de multirécidivistes de la violence pour qui le système judiciaire d’un pays qui peut les condamner 20 fois est d’abord un système judiciaire permissif qui leur a donné 19 nouvelles opportunités de récidiver ! Ou pire : imaginez qu’ils réalisent que les diplômes, la légitimité médiatique et les données statistiques les plus fiables dont disposent les meilleurs sociologues impressionneront toujours moins les racailles que la seule dissuasion par la force. Cela se vérifie avec la philosophie du terrain, en arpentant le même chemin que les racailles arpentent, au-delà des chiffres et des pourcentages, loin des bureaux du 8ème étage de sa tour d’ivoire depuis laquelle il est tellement plus confortable d’avoir des opinions sur la cruauté du monde réel.
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