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 Le maire de Sevran démissionne

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a.nonymous



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MessageSujet: Le maire de Sevran démissionne   Mer 28 Mar 2018, 01:18

Un peu long mais certaines idées sont intéressantes....


Citation :
Le maire de Sevran démissionne pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieue

LE MONDE | 27.03.2018 à 18h09 • Mis à jour le 27.03.2018 à 23h47 | Propos recueillis par Ariane Chemin et Louise

Maire de Sevran, ville de 50 000 habitants qui compte parmi les plus pauvres de Seine-Saint-Denis, Stéphane Gatignon a été successivement communiste refondateur, écologiste et enfin soutien d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017. Ce fin connaisseur des banlieues françaises a annoncé à son conseil municipal, mardi 27 mars, qu’il abandonne son fauteuil de maire, détenu depuis mars 2001. Il explique au Monde les raisons de son départ.


Pourquoi renoncez-vous à votre mandat de maire de Sevran avant son terme ?

J’ai été élu à 31 ans, cela fait donc dix-sept ans que j’exerce cette fonction. Dix-sept ans durant lesquels on s’est battus comme des fous pour transformer Sevran, attirer de grands projets, comme l’arrivée du métro, faire exister la ville en dehors de la rubrique faits divers. Mon but a toujours été de péter le ghetto, mais je crois que, malgré les déclarations qui vont dans ce sens, les gouvernements successifs ne partagent pas cet objectif. On continue à faire de la banlieue un monde parallèle, structuré comme une société précaire qui ne s’en sort que grâce aux solidarités, à la débrouille, à la démerde. Je pense aujourd’hui que cette situation arrange tout le monde. Alors, à un moment, on fatigue, on perd le jus…


Vous n’y croyez plus ?

En novembre 2012, j’ai mené une grève de la faim pour obtenir le remboursement des sommes dues par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, l’ANRU, et de meilleures dotations pour les villes pauvres et notamment pour Sevran. Cette action extrême montrait qu’à ce moment-là j’y croyais encore. J’avais dit, en y mettant fin au bout de six jours, que je démissionnerai le jour où je n’y croirais plus. Nous y sommes. Aujourd’hui, les villes de banlieue sont tenues à la gorge et on nous traite comme si nous étions aussi riches que Puteaux. La loi de finances 2018 nous impose de ne pas augmenter nos budgets de fonctionnement de plus de 1,2 % : si le gouvernement ne revient pas sur cette mesure, on est morts !


Sevran bénéficie pourtant des investissements liés au Grand Paris ?

Je me bats avec mon équipe pour sortir la ville de cette fatalité de cité-dortoir à laquelle l’Etat semble vouloir l’assigner et monter des projets. Mais que de blocages et de situations sur lesquelles tout le monde ferme les yeux ! Pour les grands chantiers comme le métro, par exemple, nous n’avons pas assez de travailleurs formés : 30 000 sur les 70 000 nécessaires. Nous allons donc faire appel aux travailleurs détachés de toute l’Europe. Ce n’est pas fini. Sur les chantiers de BTP, 30 à 40 % des salariés ne seront pas déclarés. Comme il n’y a plus d’inspecteurs du travail, personne ne contrôle, et tout le monde s’en frotte les mains. Les gens ont besoin de vrais métiers, pas de petits boulots précaires. La banlieue, c’est le laboratoire de la France : il faut la réguler autrement que par le travail au noir.


Depuis 2011 – année où vous aviez demandé l’intervention de « casques bleus » dans votre ville – la situation s’est-elle améliorée ?

Quand je suis arrivé en 2001, j’avais 113 effectifs de police. Aujourd’hui, j’en ai 80, et une seule voiture de la BAC après 23 heures pour Aulnay et Sevran, deux plaques tournantes de la drogue. Lorsque, en 2011, j’ai appelé de mes vœux l’intervention de « forces d’interposition », j’avais enterré huit personnes en un an et demi à cause du trafic de stupéfiants qui gangrenait la ville. Au début, cette opération a porté ses fruits. Mais ça n’a rien réglé sur le fond. Le volume des ventes de drogue à Sevran est divisé par trois, mais le trafic s’est déplacé. Les mafias venues de l’Est, comme du Kosovo – gros producteur de cannabis –, prennent la main. De plus en plus de jeunes – et de plus en plus jeunes – trafiquent à petit prix, embauchés à la journée ou à la semaine, venant parfois de loin.


Depuis votre premier mandat de maire en 2001, vous assistez comme partout à un retour du religieux…

Les banlieues sont victimes – et actrices – d’une véritable poussée libérale. Pas parce qu’elles le veulent, mais parce qu’on les a abandonnées. Du coup, les solidarités sur lesquelles les habitants s’appuient pour s’en sortir se communautarisent de plus en plus. Résultat ? Les quartiers se replient chaque jour davantage sur leur communauté ethnique ou locale et donc sur la religion. Aujourd’hui, dans ma ville, tous les lieux de culte sont pleins : les mosquées, mais aussi les églises, et pas seulement évangéliques, les lieux de culte hindouistes, bouddhistes, mais aussi les sectes… Ce n’était pas le cas il y a dix-sept ans. Le religieux redonne un sens face à l’absence de règles et à la précarité, et s’accompagne pour certains d’un fort conservatisme, sur la place des femmes, le rôle de la famille. Je note cependant que nous avons un peu moins de femmes voilées, comme si une sorte d’étiage était atteint.


En septembre 2016, vous avez été pris à partie dans un documentaire de Bernard de La Villardière, sur M6, au sujet d’une mosquée. Que s’est-il passé ?

Je résume. Une salle de prière ouvre dans un quartier. Très vite, des fidèles de la mosquée viennent m’indiquer qu’elle est tenue par des radicaux qui traitent d’apostats les musulmans en discussion avec la mairie. Je découvre que le propriétaire de cette salle aurait été proche du GIA algérien, que le converti qui tient la salle a ouvert un kebab d’où 5, 6 ou 7 jeunes seraient partis vers la Syrie – il y a eu entre 14 et 15 départs pour le djihad à Sevran. La préfecture et la police sont prévenues. Pourtant, après le reportage de Bernard de La Villardière, le directeur du cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis a osé dire que la question n’avait jamais été évoquée avec moi. Ce lâchage, qui m’a valu d’être violemment pris à parti par certains médias et par l’extrême droite, a eu raison de ma foi en la politique. Sans confiance, pas de travail efficace pour lutter contre la délinquance et le terrorisme.


L’humoriste Yassine Belattar vient d’investir dans ce bar de Sevran qui a beaucoup fait parler de lui après un reportage de France 2. Une bonne nouvelle ?

Ça fait de l’animation ! Et s’il peut faire venir des artistes…


Une cinquantaine d’élus et de responsables associatifs ont été reçus par Jacques Mézard le 15 mars dans le cadre de la mission confiée à Jean-Louis Borloo, qui doit remettre ses propositions pour les banlieues au président de la République dans quinze jours. Vous avez semblé déçu…

C’est le moins que l’on puisse dire ! Les bras m’en sont tombés. Cette réunion avait pour but de présenter nos travaux et nos propositions dans les domaines de l’emploi, de l’insertion, de l’éducation, de la culture et du sport – je souligne que les thèmes de la sécurité, de la police ou encore des trafics ont été exclus des discussions par le ministère. M. Mézard est arrivé avec plus d’une heure de retard, sans s’excuser, et n’a pas dit un mot ; le secrétaire d’Etat, Julien Denormandie, était absent ; les fonctionnaires du ministère et du Commissariat général à l’égalité des territoires avaient reformulé nos propositions et on avait du mal à les reconnaître. Une nouvelle fois, j’ai joué la mouche du coche. Quand j’ai pris la parole, le chien de Jacques Mézard, puisque le ministre était venu avec son chien, s’est d’ailleurs mis à aboyer.


Comme le « Chien blanc » du roman de Romain Gary face à ses ennemis…

Je suis maire de banlieue depuis Jacques Chirac, j’ai l’habitude des conflits. Avec tous les ministres de la ville la situation était tendue. Je me suis tapé la gueule avec chacun d’eux, comme avec Fadela Amara, mais au moins ils faisaient de la politique. Avec ce gouvernement, c’est autre chose.


En quoi est-ce différent ?

Le nouveau monde de Macron, c’est le post-politique, des ministres sans expérience. Mézard semblait plus intéressé par son chien que par ce que disaient les maires de banlieue devant lui. Julien Denormandie est brillant, il veut bosser, mais il n’a jamais fait de « popol », comme on dit, il ne connaît pas la dynamique des rapports de force. Le terrain, il ne sait pas ce que c’est. L’appareil se bureaucratise. C’est peut-être parce que j’ai grandi dans le communisme, mais cet entre-deux me fait penser à Berlin en 1989, ou à la stagnation de l’ère Brejnev – cette période d’immobilisme total où le pouvoir était dans les mains de technocrates sans aucune vision. En marche ! me fait penser à Russie unie : les responsables sont nommés pour trois ans. En banlieue, les permanences des nouveaux élus sont vides. En marche ! n’est qu’une écurie pour la prochaine présidentielle.


En marche ! a refusé de vous investir dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis. Cette décision n’a-t-elle pas influencé votre démission ?

J’ai soutenu Macron. Je le soutiens encore, mais maintenant il faut prendre les bonnes décisions, et vite. Il faut que son gouvernement comprenne que la banlieue, sa jeunesse, son cosmopolitisme, son ancrage dans les technologies, son libéralisme, c’est ça le nouveau monde. Or les signes ne sont pas encourageants : coupes dans le budget de la politique de la ville en 2017, gel des emplois aidés, décisions défavorables au financement de l’ANRU et maintenant, ce conseil présidentiel des villes : censé rassembler des gens issus des banlieues, il n’est composé que d’anciennes figures ou de personnes qui, même si certaines font du bon travail, ne représentent pas grand-monde dans les quartiers populaires. Bref, beaucoup d’affichage et de com’, et peu d’action.


Dans deux semaines, Jean-Louis Borloo va présenter ses propositions au président de la République…

Borloo est notre dernier espoir. Et ce plan, celui de la dernière chance. Si Macron ne suit pas les préconisations de Borloo, cela veut dire que l’Etat laisse tomber les banlieues et leurs 5,5 millions d’habitants. Au passage, l’attentat de Carcassonne nous le confirme : on ne peut lutter contre le terrorisme islamiste sans appréhender, comprendre et surtout intervenir concrètement.


Allez-vous arrêter la politique ?

Comment pourrais-je ? Je suis tombé dedans quand j’avais 15 ans. Je reste conseiller municipal de Sevran, conseiller territorial, conseiller métropolitain, pour être certain que les projets que j’ai portés aboutissent. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de place en politique pour des militants comme moi. Je pense que j’ai une bonne expérience, mais Ils n’en veulent pas. On verra plus tard…
https://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2018/03/27/stephane-gatignon-j-avais-dit-que-je-demissionnerais-le-jour-ou-je-n-y-croirais-plus-nous-y-sommes_5277175_823448.html
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Mer 28 Mar 2018, 09:03

Souvenirs, souvenirs

Citation :
Sevran: Gatignon a attiré l'attention... sur sa mauvaise gestion
Par Corinne Lhaïk, publié le 15/11/2012 à 16:56

Stéphane Gatignon, maire de Sevran, vient de faire une grève de la faim de sept jours pour obtenir des moyens supplémentaires. L'attention suscitée sur son action se porte aussi sur sa gestion de ceux dont il disposait déjà. Aléatoire, voire mauvaise.
Stéphane Gatignon, le maire EELV de Sevran (Seine-Saint -Denis), a cessé sa grève de la faim. Il dit avoir obtenu ce qu'il demandait: des financements supplémentaires. Le gouvernement lui accordera une dotation budgétaire structurelle de 5 millions d'euros. La somme qu'il réclamait pour éviter la faillite.

Un homme qui en vient à de telles extrémités pour défendre sa commune, c'est émouvant! Mais si Gatignon s'est attiré la sympathie des médias, il a aussi attiré l'attention sur la gestion de sa ville et elle n'est pas sans reproches. Dans un rapport publié le 28 mars 2012 (avec la réponse du maire), la cour régionale des comptes Ile-de-France jugeait très sévèrement l'ensemble des activités de la commune.

Les têtes de chapitre de ce rapport (portant sur les exercices 2004 et suivants) en sont un implacable résumé: "Des charges de fonctionnement importantes et non maîtrisées", "Le non-respect des dispositions législatives dans la création de postes de développeurs territoriaux", "Le volet social de la politique de la ville: un projet trop vaste, sans réel pilotage et sans évaluation pertinente", etc.

Le chapitre sur les marchés publics est très révélateur de cette mal-gestion: la cour dénonce l'absence de publication de la liste des marchés, une direction de la commande publique rénovée difficile à mettre en place. Concernant l'éclairage public, elle pointe les irrégularités et défauts du contrat de partenariat public-privé (PPP).

Lors de sa conférence de presse du 13 novembre, François Hollande s'est lancé dans une critique de la dépense pour la dépense. Dépenser plus ne signifie pas se porter mieux, a-t-il déclaré en substance. Le cas de Sevran ressemble à une illustration du propos présidentiel.
https://www.lexpress.fr/actualite/politique/sevran-gatignon-a-attire-l-attention-sur-sa-mauvaise-gestion_1187888.html

Autre (long) article :
Citation :
Accusé de mauvaise gestion, le maire de Sevran met en avant les besoins de sa population
LE MONDE | 04.12.2012 | Par Sylvia Zappi
Stéphane Gatignon , qui a obtenu une aide pour sa commune après une grève de la faim, a essuyé des critiques sur sa "stratégie d'endettement".
(extrait)
rapport de la cour régionale des comptes (CRC) : la juridiction administrative financière, dont l'étude porte sur les exercices de 2004 à 2010, est sans détour avec M. Gatignon : elle dénonce "des charges de fonctionnement trop importantes et non maîtrisées", notamment des évolutions de dépenses de personnel avec une proportion d'agents contractuels et d'agents publics "supérieures à celles des autres communes" de taille comparable.

Elle remet aussi en cause deux projets de partenariat public-privé (PPP) annulés, pour lesquels la commune "n'a pas suffisamment fait valoir ses intérêts". Constatant que la ville ne survit que grâce aux aides exceptionnelles de l'Etat, la CRC lui conseille de "maîtriser les dépenses de personnel" "dans l'attente d'une meilleure dynamique de croissance".

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/12/04/accuse-de-mauvaise-gestion-le-maire-de-sevran-met-en-avant-les-besoins-de-sa-population_1799688_3224.html
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Mer 28 Mar 2018, 11:23

Une (grosse) parenthèse hors sujet.... Quoi que....

Ceci étant, la gestion de Sevran par Stéphane Gatignon n'est effectivement pas exempte de critiques...

A Sevran, les terrains libérés par Kodak mais aussi par Westinghouse ont été utilisés majoritairement pour construire des logements et créer un grand parc dans le cadre du projet Nature 2050....

En 2014 le taux de chômage des 15 à 64 ans était selon l'INSEE de 19,6 %...


Citation :
Kodak et Rochester, combat pour une renaissance

LE MONDE ECONOMIE | 18.11.2017 Par Arnaud Leparmentier (Rochester (Etat de New York), envoyé spécial)

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L'histoire de Kodak Alaris, entreprise de Rochester née sur les décombres de la faillite de Kodak ---/--- résume la douloureuse transformation de Rochester, au nord de l’Etat de New York, qui s’efforce de solder son passé industriel pour embrasser l’ère du numérique et des services. Renaître après l’effondrement d’une entreprise qui a fait travailler dans cette ville plus de 60 000 salariés au début des années 1980 et ne figure même plus dans la liste des dix premiers employeurs de la région. C’est l’histoire de Kodak après Kodak, de Rochester après Kodak.

Le drame se joue en 2013, lorsque l’ancien leader mondial de la photographie Kodak se déclare en cessation de paiements. L’entreprise fondée en 1892 par George Eastman (1854-1932) à Rochester rata le virage du numérique. Pour la ville, ce fut un traumatisme.
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Le génie de George Eastman fut d’inventer dans les années 1880 l’appareil photo moderne, utilisable par les non-professionnels avec son film plastique enroulable et sa chambre noire intégrée. « Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste », proclamait Kodak. Tout le reste : fabrication des appareils photo, des films, développement et tirage papier, bobines cinématographiques, Kodak faisait tout, et tout à Rochester.
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En 1976, après neuf décennies de prospérité fondée sur le film argentique, l’entreprise occupait 90 % du marché américain. A ce moment-là, un ingénieur, Steve Sasson, invente pour Kodak le premier appareil numérique. L’entreprise renâcle, mais il est simpliste de dire qu’elle n’a pas développé le produit, explique la Harvard Business Review, mais elle l’a fait dans une mauvaise direction, essayant d’atteindre la qualité – alors inégalable – de l’argentique alors qu’il fallait miser sur la simplicité du numérique.

Au début des années 2000, la société avait aussi compris que les images s’échangeraient sur les réseaux sociaux, mais de nouveau, obsédé par son métier traditionnel, Kodak cherchait à faire imprimer ses photos par les utilisateurs. En réalité, selon la Harvard Business Review, Kodak aurait pu faire un Facebook avant l’heure. Elle a vu le virage stratégique mais a toujours eu un déclic de retard, obsédée par ce fichu papier.

Ajoutons deux erreurs, pointées par Joel Seligman, président de l’Université de Rochester, qui fut membre du conseil d’administration de Kodak entre 2009 et 2013 : la vente de sa division chimie dans les années 1990 – cette entreprise aujourd’hui prospère, Eastman Chemicals, aurait constitué une vache à lait ; des diversifications manquées, tout comme la tentative de son ultime PDG, Antonio Perez, de copier Hewlett-Packard dans les imprimantes.

Tout Rochester assista à cette longue agonie, comme le rappelle Joel Seligman : « La première chose que j’ai demandée à Antonio Perez, lorsque j’ai été nommé, c’est : quel est le risque de faillite ? » Cet héritage de Kodak est donc un atout mais aussi un poids.
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L’entreprise historique, Eastman Kodak – à ne pas confondre avec Kodak Alaris – est sortie de la faillite après une restructuration drastique. Elle ne vaut en Bourse que 265 millions de dollars (contre 31 milliards en 1996) et a repris ses activités avec un chiffre d’affaires tombé en vingt ans de 17 milliards à 1,5 milliard de dollars (6 000 salariés dont 2 000 à Rochester).
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Des buildings ont été détruits, pour donner un meilleur aspect au parc. « Quand j’ai rejoint Kodak il y a vingt-cinq ans, c’était assez laid, très industriel. Maintenant, il y a des espaces verts », confie Diane Carroll-Yacoby, chef de produit chez Eastman Kodak.
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Désormais, le Kodak Park rebaptisé Eastman Business Park accueille une centaine d’entreprises, dans des domaines allant de l’agroalimentaire à la photonique, nouvelle frontière de l’image.

On a beau quitter le site historique de Kodak pour rejoindre le centre-ville, on reste prisonnier du passé. Tout est Kodak. Ou plutôt George Eastman, révéré pour son génie, son paternalisme et son progressisme, qui lui permirent d’ailleurs d’empêcher qu’émerge le moindre syndicat dans son entreprise. Les soins étaient gratuits – Eastman a créé une école dentaire dans les années 1920 –, les salaires très élevés et les habitants de Rochester aiment à rappeler la période des bonus, en mars de chaque année, quand les employés dépensaient leur richesse en voitures ou en autres biens de consommation.
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Et lorsqu’on se rend dans le centre-ville, la richesse est encore là. On s’attendait à arriver dans une cité sinistrée, on découvre un lieu moderne et étudiant. Aimez-vous Brahms ? Ce mardi après-midi d’octobre, dans la superbe Eastman School of Music, on écoute des étudiants lors d’un concours de piano. Ignoriez-vous le cinéma expérimental d’Andy Warhol ? Le mercredi soir, dans une salle cossue où le rideau se lève, le George Eastman Museum (l’ancienne demeure du fondateur) diffuse le film culte Outer and Inner Space avec l’égérie de Warhol, Edie Sedgwick, filmée en double caméra. Rien à voir avec Detroit ruinée par les déboires de General Motors ou Cleveland et le drame de la sidérurgie.


Cherchons à comprendre comment cette cité a survécu à l’effondrement de Kodak mais aussi de Xerox (photocopieurs) et de Bausch & Lomb (optique), qui connurent un destin similaire.

L’explication se trouve sur le campus du Rochester Intitute of Technology (RIT), l’une des meilleures universités d’ingénieurs après le Massachusetts Institute of Technology de Boston, Caltech en Californie et Georgia Tech à Atlanta, où l’on rencontre Bruce Kahn, chef scientifique du laboratoire AMPrint. Cette technologie du futur permet de créer en trois dimensions n’importe quelle pièce, en plastique aujourd’hui, demain en métal voire en céramique. Ce docteur en chimie travailla pour Kodak jusqu’en 1998 : « Il y avait des plans sociaux tous les deux ans. J’ai survécu aux trois premiers, pas au quatrième », explique M. Kahn. Il devient alors professeur de photographie au RIT, s’aperçoit que cela n’offrira pas de travail à ses étudiants et finit par rejoindre le laboratoire AMPrint.

C’est le secret de Rochester. Les diplômés recrutés par Kodak étaient les plus brillants du pays. On y postulait naguère comme on aspire à travailler pour Apple ou Google aujourd’hui. « La majorité des gens sont restés à Rochester, en raison de la qualité de la vie, et cela a développé un nouvel esprit d’entrepreneur », explique Jamal Rossi, directeur de l’Eastman School of Music.

« L’économie de Rochester a absorbé les destructions d’emplois car beaucoup d’entreprises ont exploité les brevets que Kodak avait déposés mais ne commercialisait pas », se réjouit Vincent Esposito, représentant de l’Etat de New York et directeur du développement de la région. Le coût de la vie y est moins élevé, favorable aux créations d’entreprises, les prix du logement sans comparaison avec New York, les universités et les hôpitaux excellents, le climat agréable en dépit d’hiver rigoureux. « C’est un des secrets les mieux gardés, c’est une région merveilleuse », renchérit Denis Cormier, patron d’AMPrint qui vient pourtant de Caroline du Nord.

De même que Seattle s’est développée après les difficultés de Boeing dans les années 1970, Rochester a engagé sa transition, passant progressivement de l’industrie aux services high-tech. Signe des temps, le premier employeur de la ville est désormais l’université et ses six hôpitaux, qui fait travailler plus de 30 000 salariés. L’état d’esprit, aussi, a changé. « Nous avions besoin de redévelopper une culture entrepreneuriale, explique Heidi Zimmer-Meyer, présidente de l’association du développement du centre-ville de Rochester. Avant, nous avions ces dirigeants bienveillants, paternalistes de Kodak ou Xerox, qui décidaient ce qui était bien pour la ville. Ils étaient très généreux, mais nous ne prenions pas notre destin en main. »

Le sursaut a été organisé sous la férule de l’Etat de New York. AMPrint est ainsi financé pour moitié, à hauteur de 1 million de dollars (environ 850 000 euros) par l’Etat, et l’autre moitié par les entreprises. Andrew Cuomo, le gouverneur de New York depuis 2011, a vu le danger d’avoir une région dépendante de la finance de Manhattan et sinistrée par la chute de l’industrie. Il a forcé neuf comtés de la région de Rochester à s’unir et définir leurs priorités économiques : 500 millions de dollars d’argent public à la clé.

Au total, l’intervention étatique a atteint 5 milliards de dollars depuis six ans : nouvelle station de bus, nouvelle gare de train, réhabilitation du centre-ville, nouvelles écoles, la ville reconstruit. « Downtown a changé… pour le meilleur. Quand je suis arrivé en 1994, il n’y avait pas de vie en centre-ville. Maintenant, il y a partout des restaurants, des bars, des étudiants », se réjouit le musicien d’origine serbe Petar Kodzas, directeur du conservatoire de musique.

La mort du centre-ville fut symbolisée en 2008 par la fermeture après quarante-six ans de service, du Midtown Plaza, le plus grand centre commercial de centre-ville entre New York et Chicago. Rochester, qui comptait 330 000 habitants dans les années 1950, était alors désertée, avec 207 000 habitants. Désindustrialisation mais surtout changement de mode de vie, les Américains ayant fui dans les banlieues pavillonnaires – la population du comté augmente et dépasse largement le million d’habitants, deux fois plus que dans les années 1950.

Rochester a surfé sur le changement sociétal : les millennials veulent vivre, travailler et avoir leurs loisirs au même endroit ; ils veulent marcher et ne plus circuler en voiture. C’est ce qu’a compris Gilbert Winn, PDG de WinnCo, qui rénove un ancien magasin du centre-ville, avec quatre usages : magasins, pépinières d’entreprises, logements de luxe, logements subventionnés pour revenu moyen. Un projet à 200 millions qui doit changer le visage de la ville. Au total, une cinquantaine de bâtiments de bureaux ont été transformés en logement.

Pourquoi ce qui est si dur à Detroit est-il possible à Rochester ? « Rochester est plus petit. Quand vous nettoyez quatre blocs de bâtiments, cela a un gros impact, tandis qu’à Detroit cela ne se voit pas », confie M. Winn. Effectivement, cela se voit. La dictature de la voiture s’estompe. La ville est en train de boucher la moitié de son périphérique intérieur. Le trafic de cette autoroute urbaine, qui remplaça un tramway dans les années 1960, était devenu si faible que les habitants traversaient parfois les six voies à pied. Tous les observateurs font le même diagnostic, tel celui de M. Winn : « Rochester a un long chemin à faire pour retrouver sa gloire passée, mais c’est un bon départ. »

On aurait pu en rester là. Reprendre son chemin après avoir assisté à la transformation réussie de Rochester, qui incarne cette Amérique en mutation, qui passe de l’industrie quasi monopolistique au monde des start-up et des services, avant que le président de l’université M. Seligman nous parle du mal qui affecte Rochester : « Nous sommes une ville en donut. » Oui, comme l’écœurante pâtisserie. Un centre-ville en voie de réhabilitation, une banlieue résidentielle prospère mais une ceinture – un croissant pour être précis – très pauvre qui entoure la ville.

Les chiffres, édifiants, ont été écrits fin 2013 par un rapport non contesté : avec un taux de pauvreté de 31 %, Rochester est la cinquième ville la plus pauvre des Etats-Unis, derrière notamment Detroit et Cleveland. Ce taux est trois fois supérieur aux comtés alentours ; la moitié des enfants sont pauvres ; la ségrégation y atteint des records. La ville entièrement blanche en 1950 fut désertée, elle est désormais majoritairement noire, tandis que les hispaniques progressent. Et les meilleures écoles de l’Etat sont séparées des plus mauvaises par moins de 2 kilomètres.

« Nous vivons l’histoire de deux villes. Ce rapport, c’était une blessure que les gens ne voulaient pas voir », estime Mme Zimmer-Meyer. La maire de la ville Lovely Warren, 40 ans, deuxième maire afro-américaine de Rochester, rectifie : « Ce ne fut pas un choc pour ceux qui vivent dans la ville, ce le fut pour ceux de la région du grand Rochester. Vous pouvez vivre à Rochester et ne jamais voir la pauvreté. »

On a donc pris sa voiture pour arpenter la ville. Curieusement, beaucoup de surfaces vertes. Ce sont les maisons abandonnées qui ont été détruites par milliers, pour ne pas donner de sentiment d’abandon propice à la criminalité. Avec la chute de Kodak et Xerox, la région a perdu le tiers de ses emplois industriels, et laissé les moins qualifiés derrière. « Kodak était le moteur de l’économie de Rochester. Sa disparition a enlevé des dizaines de milliers d’emplois et contracté la classe moyenne », confie Marlene Bessette, directrice du Catholic Family Center, qui emploie 400 personnes et vient en aide à 23 000 personnes par an avec un budget de 33 millions de dollars.

Elle nous indique le centre de formation pour adultes, Oaces, financé à hauteur de 5 millions de dollars sur fonds publics. L’enjeu est décisif, former des jeunes sortis du lycée ou de l’université sans diplôme ni qualification et les remettre dans le circuit, telle Shabery, Afro-Américaine de 17 ans, qui a quitté son lycée où seuls 30 % des élèves sortaient bacheliers : « Les garçons n’étaient pas là pour travailler et avoir leurs examens. Ils ne s’intéressaient qu’au sport », explique la jeune femme qui suit des cours de cuisine tout comme Ayakanah.

A 32 ans, cette femme qui élève seule ses deux enfants a décidé de reprendre sa vie en main après des années de difficultés : la ville lui paye son logement, elle reçoit 160 dollars cash d’allocation par mois et 173 dollars en bons d’achat. « Je suis très intelligente pour gérer mon budget », confie-t-elle.

Enfin, Philip, 21 ans, un des rares Blancs de l’école, veut être électricien. Son entreprise lui a dit d’aller se former avant de revenir. On parcourt les locaux du centre où sont enseignés l’électricité, la mécanique, la menuiserie, la cuisine, les métiers d’aide-soignant et l’anglais, notamment pour les réfugiés, nombreux à Rochester. « On ne propose que pour les métiers en pénurie. On ne va pas former des gens s’ils ne peuvent pas trouver de job », précise Terri Woodard-Tennant, qui nous fait visiter l’association.

La formation n’est qu’un des ingrédients pour sortir les plus pauvres de leurs difficultés, il faut tout gérer à la fois : formation, transport, logement, garde d’enfants. « Il n’y a pas une solution miracle », poursuit Terri Woodard-Tennant. C’est l’approche poursuivie par la maire de la ville Lovely Warren et l’Etat de New York qui essayent d’attaquer le problème tous azimuts, en confiant une mission à chaque institution.

L’Université de Rochester a ainsi pris en charge une des écoles les plus dures de la ville, et cessé d’exclure systématiquement les garçons qui se retrouvaient inéluctablement dans la rue. Le chemin sera long, très long. « Notre objectif est de réduire la pauvreté de moitié en quinze ans. On n’en est qu’à la deuxième année, c’est trop tôt pour voir les résultats », précise Vincent Esposito, de l’Etat de New York.

La disparition de Kodak, qui organisait des collectes avec ses salariés, a réduit de 10 millions de dollars par an les fonds touchés par les associations de la ville. « Cela a impacté dramatiquement le niveau des donations », déplore Marlene Bessette (familles catholiques). Et pourtant, Kodak demeure au cœur de tout. L’entreprise a vendu le tiers de son immense siège historique au Monroe Community College, l’université technique de la ville, qui offre des formations en deux ans et qu’espèrent rejoindre une partie des jeunes du centre de formation Oaces. Pour construire l’avenir. Mais en haut du building, cinq lettres immuables dominent toujours la cataracte de Rochester : Kodak.
https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/11/18/kodak-et-rochester-combat-pour-une-renaissance_5216870_3234.html
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 11:41

Certains croient à la justice immanente... peut être en avons nous une illustration avec les déboires du maire de Sevran.

Il est toutefois dommage que pour tirer les conclusions d'une politique déplorable il ait été nécessaire que les ennuis arrivent et que le maire explose.

Pour ce qui concerne les électeurs, malheureusement pour eux, mais entre ceux qui à une époque ont profité du système et l'ont soutenu et ceux qui n'ayant jamais voté pour le démissionnaire ne sont  pas partie prenante au naufrage de la ville... il reste les abstentionnistes qui auraient sans doute été en mesure d'éviter la catastrophe mais avaient autre chose à faire lors des élections que de se bouger jusqu'au bureau de vote.

Peut être une réflexion à engager ... au regard des abstentions dans notre ville.





peut être un début de réflexion... si toutefois nous sommes encore capables de nous y coller...


Dernière édition par tonton christobal le Jeu 29 Mar 2018, 12:06, édité 5 fois
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 11:51

tonton christobal a écrit:
Certains croient à la justice immanente...

Immanence ou Transcendance, le sujet aurait pu intéresser Libellule
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 12:32

Une ville se compose de différents espaces que l'on peut résumer à habitations, emplois, services et loisirs...

Un équilibre entre ces espaces est nécessaire en particulier entre habitation et emplois sauf à accepter que les habitants restent sans emploi...

Si une municipalité décide pour des raisons idéologiques que la majorité des espaces dédiés à l'emploi qui se trouvent  libérés du fait de l'évolution industrielle seront désormais consacrés à l'habitation, même si il s'agit d'écoquartiers, et aux loisirs au lieu d'y réimplanter de nouveaux emplois, elle court à la catastrophe...


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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 12:59

a.nonymous a écrit:
Une ville se compose de différents espaces que l'on peut résumer à habitation, emplois, services et loisirs...

Un équilibre entre ces espaces est nécessaire en particuliers entre habitation et emplois sauf à accepter que les habitants restent sans emplois...

Si une municipalité décide pour des raisons idéologiques que la majorité des espaces dédiés à l'emploi qui se trouvent  libérés du fait de l'évolution industrielle seront désormais consacrés à l'habitation, même si il s'agit d'écoquartiers, et aux loisirs au lieu d'y réimplanter de nouveaux emplois, elle court à la catastrophe...

si l'urbanisme et les aménagements de la ville se font en fonction du clientélisme, des convenances électorales et de paramètres politico idéologiques le tout contre toute logique on retombe sur le postulat de base :

il faut voter pour changer les élus et éviter les ennuis... lorsque l'affaire se plante chacun doit assumer sa part de responsabilité y compris ceux qui n'ont pas pris conscience à temps de l'erreur et ceux qui avaient autre chose à faire que d'aller voter.

Certes il est plus simple de se retirer après avoir conduit la bagnole dans le décor et de tout mettre sur le dos de l'état.


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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 13:02

Salamandre a écrit:


Immanence ou Transcendance, le sujet aurait pu intéresser Libellule

Je n'ai jamais eu d'échange positif avec libellule et la situation actuelle ne va rien y changer.

En revanche je n'ai aucun gout pour les interventions déplacées ou irrespectueuses.

Ce sera tout pour moi...
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 13:29

a.nonymous a écrit:
Une ville se compose de différents espaces que l'on peut résumer à habitation, emplois, services et loisirs...

Un équilibre entre ces espaces est nécessaire en particuliers entre habitation et emplois sauf à accepter que les habitants restent sans emplois...

Si une municipalité décide pour des raisons idéologiques que la majorité des espaces dédiés à l'emploi qui se trouvent  libérés du fait de l'évolution industrielle seront désormais consacrés à l'habitation, même si il s'agit d'écoquartiers, et aux loisirs au lieu d'y réimplanter de nouveaux emplois, elle court à la catastrophe...

En ajoutant :
Pour des raisons idéologiques, des maires de banlieue rouge ont longtemps voulu que des friches industrielles soient remplacées par des emplois d'ouvriers.
Mais pour des raisons de fiscalité excessive, il n'y avait pas d'entreprises candidates. Plutôt des candidates au départ.
Et monter les impôts sur les particuliers a aussi fait fuir les propriétaires dès qu'ils pouvaient.
A la fin, il reste une ville pauvre. Candidate à la solidarité, pour longtemps. Le premier (?) contre-exemple étant P. Braouzec, qui a su tirer profit à Saint-Denis de l'implantation du Stade de France et d'entreprises tertiaires.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 13:50

reste à déterminer que ce soit la municipalité se St Denis qui a financé le stade de France... si c'est comme les JO de Paris payés par les Français on comprend mieux l'économie.
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 14:45

Disons que l'ex maire de Saint-Denis a su profiter de la présence d'un terrain libre proche de Paris (pour le Stade de France) pour le négocier cher, gare RER en prime, financés par l'argent public.
L'ancien maire de Fontenay a, lui, profité de l'implantation de la gare RER Val de Fontenay (RER A et RER E) et A86 en prime, pour développer une vaste zone de bureaux. Mais faut-il encore l'agrandir à l'excès ? Qui a envie de vivre dans une Défense à l'est de Paris ?
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 20:10

pour faire bref les contribuables français ont payé le stade de St Denis.

Etre maire dans ces conditions c'est confortable.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 20:26

tonton christobal a écrit:
pour faire bref les contribuables français ont payé le stade de St Denis.

Etre maire dans ces conditions c'est confortable.


Si le financement de ce stade, qui était nécessaire pour les évènements sportifs et culturels, sur des friches industrielles permet une redynamisation économique de Saint Denis mais aussi de La Plaine Saint-Denis et d'Aubervilliers c'est très bien et il n'y a pas lieu de critiquer cet investissement....

En revanche ce qui est plus critiquable c'est quand des fonds publics servent à financer sur des friches industrielles des écoquartiers ou des écoparcs qui n'apportent pas grand chose en terme de redynamisation économique...
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Jeu 29 Mar 2018, 21:17

a.nonymous a écrit:



Si le financement de ce stade, qui était nécessaire pour les évènements sportifs et culturels, sur des friches industrielles permet une redynamisation économique de Saint Denis mais aussi de La Plaine Saint-Denis et d'Aubervilliers c'est très bien et il n'y a pas lieu de critiquer cet investissement....

En revanche ce qui est plus critiquable c'est quand des fonds publics servent à financer sur des friches industrielles des écoquartiers ou des écoparcs qui n'apportent pas grand chose en terme de redynamisation économique...

Ce système de vases communiquant à sens unique n'en reste pas moins pénalisant pour les gens qui gèrent leurs finances raisonnablement... on se lance dans des dépenses démesurées et on présente l'addition aux autres et lors des bilans on se targue de réussites dont le coût est supporté par autrui.

Les JO attribués à Paris sont payés par les gens de La Rochelle, de Gap ou de Rennes... mais les retombées financières sont au crédit de Paris...qui en plus aura des installations neuves gratos.
Itou pour le stade dit de France.

On s'étonnera que la "province" s'estime désavantagée. Sous peu le plouc de Poitiers passera à la caisse pour que la RATP parisienne soit gratuite curieusement les manants de province pensent que macron et quelques autres se payent leur tête.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Sam 31 Mar 2018, 02:16

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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Sam 31 Mar 2018, 06:25

a.nonymous a écrit:
A lire cet article de 2012: https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20121121.RUE3948/sevran-visite-guidee-d-une-ville-en-quasi-faillite.html

Le plus fort étant que cet habile gestionnaire donne satisfaction à ses électeurs puisqu'il repasse...

Il faut noter que s'il quitte son poste de maire ce n'est pas parce qu'il a été viré mais de son propre chef parce qu'il n'est pas aidé...
Par qui devrait il être aidé afin de continuer à gérer sa boutique serait se poser une question intéressante et surtout à combien reviendrait l'aide à fournir ?
Etant entendu que si on l'aide il restera évidement en place pour continuer l'oeuvre de sa vie : diriger SA ville.

Magnifique ! du "cul par dessus tête" emblématique ! on atteint des sommets.
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Gérard

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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Sam 31 Mar 2018, 08:33

Demain les FAQ seront dans la tradition du 1er avril.
Faites preuve d'imagination....

_________________
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948)
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Le maire de Sevran démissionne   Ven 18 Mai 2018, 22:18

Citation :
Sevran : les musulmans sommés de démonter les tentes du ramadan
Carole Sterlé et Sébastien Thomas| 18 mai 2018

« S’ils viennent démonter les barnums mardi, ça va mettre le feu dans le quartier. » La colère est contenue mais elle est perceptible parmi les fidèles venus prier, ce vendredi midi, sous les tentes installées sur une partie des parkings de la Cité Basse, à Sevran, dans le cadre du ramadan. Le bailleur, la Logirep, a attaqué cette installation en justice estimant qu’elle était illégale et a gagné la manche ce vendredi.

« L’organisation de cette manifestation sur un terrain privé, sans son autorisation, prive la société Logirep de l’utilisation de son parking, porte atteinte à son droit de propriété et fait courir des risques de troubles à l’ordre public », motive le jugement signé ce vendredi, exécutoire à partir de mardi, 9 heures, sous peine de 2 000 € d’astreinte journalière pour la ville.

Interrogé, le bailleur s’est borné au silence. « Aucun commentaire de la décision de justice », a fait savoir un communicant, sans s’étendre sur une situation qui paraît électrique. L’incompréhension est d’autant plus forte dans les rangs des musulmans que ces tentes n’avaient pas posé de problème avant. « Cela fait quatre ans que nous installons les barnums sur ce parking, à l’endroit le plus éloigné des habitations pour déranger le moins possible, insiste Mostefa Arar, secrétaire général de l’association du conseil des sages. Et cette année, alors que les tentes sont montées, que le ramadan a déjà commencé, on vient nous dire que notre installation est illégale ? » Il se souvient même des encouragements du bailleur l’an passé sur cette installation à l’écart…

Au plus fort de la prière, entre 400 et 500 personnes se déplacent sur le site. « Dans tous les autres quartiers de Sevran [NDLR : une douzaine] les bailleurs laissent les associations installer des barnums, pourquoi n’aurions-nous pas le droit de le faire, s’emporte un fidèle qui assimile cette assignation en justice à de la provocation pure et simple ».

L’ambiance est d’autant plus tendue que, cette année, les fidèles assurent avoir dû louer un barnum. Jusqu’à présent, la mairie en mettait trois gratuitement à leur disposition, moyennant une caution. Or, « deux étaient en trop mauvais état, ça nous coûte 5 000 € et nous n’avons pas encore réussi à réunir toute la somme alors si en plus on annonce que les frères ont payé pour rien, ça va mal finir », prédit Ahmed*.

Les violences du 14 juillet 2017 dans ce quartier hantent encore les esprits. Le maire (SE), Stéphane Blanchet, et la députée (FI), Clémentine Autain, ont saisi le préfet pour réquisitionner le lieu et permettre aux fidèles de le conserver, le temps du ramadan.
http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/sevran-les-musulmans-sommes-de-demonter-les-tentes-du-ramadan-18-05-2018-7724013.php
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Le maire de Sevran démissionne
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