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 Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement - Tribune dans le Parisien

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a.nonymous



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Date d'inscription : 31/05/2011

MessageSujet: Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement - Tribune dans le Parisien   Lun 28 Mai 2018, 08:00

Citation :
Benjamin Griveaux : «Nous ne jouons pas la prochaine élection mais la prochaine génération»
26 mai 2018

Dans une tribune au Parisien - Aujourd’hui en France, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, affirme que « l’homme pauvre » est au cœur du projet d’Emmanuel Macron, qui vise à « attaquer les inégalités à la racine ».



Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Il y a 2500 ans déjà, Confucius mettait en lumière ce qui est aujourd’hui la principale raison de la faillite de notre modèle social, faillite à laquelle tous les gouvernements ont contribué depuis plus de 20 ans : aider à survivre plutôt que permettre de vivre.

Une faillite collective, sans circonstance atténuante, tant les faits sont accablants. Faillite dans l’éducation, avec 100 000 élèves qui sortent de notre système scolaire sans aucun diplôme chaque année. Faillite sur l’emploi, avec un chômage endémique. Faillite de la justice sociale, avec 9 millions de personnes pauvres, dont 3 millions d’enfants, 4 millions de mal logés et une espérance de vie inférieure de 10 ans pour les plus modestes.

Ces chiffres, je les distillais consciencieusement dans mes copies d’étudiant. C’était il y a 20 ans. Depuis, les majorités successives ont saupoudré, subventionné, multiplié les plans et organisé méthodiquement l’aumône républicaine d’un Etat-providence sans boussole. La droite coupée en deux, l’une d’inspiration chrétienne, encourageant les solidarités parapubliques et associatives, l’autre fustigeant l’assistanat, cancer de la société.

La gauche, en créant à l’envi des droits formels. La définition d’un droit formel ? C’est un droit qui ne fait du bien qu’à celui qui le donne, car il ne change rien pour celui qui le reçoit. Deux naufrages dont nous payons le prix fort, résultats de deux vérités qui dérangent.


La première de ces vérités, c’est que la lutte contre la pauvreté est un très mauvais investissement électoral. Car sortir les plus fragiles de la précarité prend du temps, des années, parfois une génération. Investir dans l’éducation et la santé d’un enfant qui est né dans un quartier populaire produira des effets positifs sur notre société dans 10, 15 ou 20 ans. C’est un horizon trop lointain pour une classe politique qui n’a eu bien souvent comme seul cap que la prochaine élection. Cerise sur le gâteau, les quartiers les plus pauvres enregistrent les plus forts taux d’abstention. Inutile donc d’en faire trop !

Les politiques sociales se sont ainsi limitées à un seul objectif : éviter l’explosion en achetant la paix sociale à coups de subventions, d’allocations, de compromissions. Le monde associatif a tenté de pallier tant bien que mal cet abandon de l’Etat. Les élus locaux, parfois, se sont battus, refusant la fatalité que la République avait faite sienne. Les habitants des quartiers populaires, eux, ont payé l’addition. Un prix insoutenable.


La seconde vérité, c’est que les inégalités les plus insupportables dans notre pays sont les inégalités de destin. C’est l’assignation sociale. C’est la quasi-certitude, quand on naît dans la précarité, qu’on y restera toute sa vie - et de savoir que le plus probable est que ses enfants y resteront eux aussi. La liberté de construire sa vie par le travail et le mérite est devenue un luxe, la promesse de l’émancipation, l’apanage de quelques-uns, la réussite le monopole des initiés.

Alors, à ceux qui, chaque jour, interpellent le gouvernement sur sa jambe sociale et qui voudraient que nous traitions par une dépense publique pavlovienne les symptômes d’un profond malaise social, je veux dire que nous attaquons les inégalités à la racine. Que nous ne jouons pas la prochaine élection, mais la prochaine génération.

Face aux défis posés par les désordres de la mondialisation, les mutations du monde du travail, l’irruption du numérique dans nos vies, il n’y a qu’une seule solution qui soit à la fois juste et efficace : bâtir de nouvelles protections pour chacun.

En commençant par le travail - souvenez-vous de Confucius ! La meilleure des politiques sociales, c’est de permettre à chacun, jeune sans formation comme chômeur de longue durée, de trouver un emploi. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé une transformation sans précédent de la formation professionnelle et de l’apprentissage pour en débloquer le potentiel, jusqu’ici largement inexploité.

C’est pour gagner cette bataille des compétences que nous investissons massivement dans l’école, dès le plus jeune âge, et d’abord dans les endroits où les difficultés sociales sont les plus fortes. Parce que c’est là que les destins se nouent. En réduisant de moitié le nombre d’élèves par classe de CP et de CE1 dans les territoires les plus en difficulté, en cessant d’y envoyer systématiquement les enseignants les moins expérimentés, en s’assurant que tous les enfants de 3 ans y soient scolarisés, nous ne dépensons pas, nous investissons.

Et parce que les accidents de parcours arrivent, et qu’ils ne doivent en rien décourager ceux qui veulent essayer, nous avons fait le choix, rompant en cela avec une logique d’assurance individuelle, d’un modèle de protection universelle contre le chômage. Ouvert à tous, salariés comme travailleurs indépendants.

D’autres chantiers sont à l’œuvre pour faire de ces nouvelles protections une réalité pour nos concitoyens : dans la santé, pour nos retraites, pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Ces transformations ne doivent rien à l’idéologie. Elles partent du réel. Elles dessinent un Etat d’investissement social, condition nécessaire à l’émergence d’une société de l’émancipation.

Dans le pays des droits de l’Homme, nous remettons au cœur de notre combat les droits de l’homme pauvre. Cet homme pauvre, sans doute, n’a pas voté aux dernières élections. Mais c’est pour lui que nous nous battons ».
http://www.leparisien.fr/politique/benjamin-griveaux-nous-ne-jouons-pas-la-prochaine-election-mais-la-prochaine-generation-26-05-2018-7737159.php
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