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  “Avoir des renseignements sur une personne radicalisée et ne pas pouvoir l'interpeller… Aberrant !”

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tonton christobal

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Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: “Avoir des renseignements sur une personne radicalisée et ne pas pouvoir l'interpeller… Aberrant !”   Sam 16 Juin 2018, 04:48

“Avoir des renseignements sur une personne radicalisée et ne pas pouvoir l'interpeller… Aberrant !”
Par Auteur Louis de Raguenel / Vendredi 15 juin 2018 à 10:25 11

Interview. À la tête du Bureau central d’investigation judiciaire, créé en 2015, Abdelhak Khiame est l’homme fort de l’antiterrorisme marocain. Entretien exclusif.

Valeurs actuelles. Quel est votre bilan à la tête du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ) ?
Abdelhak Khiame. Depuis 2015, nous avons interpellé et remis à la justice 815 terroristes. En 2017, nous avons neutralisé 186 terroristes. Depuis la création du BCIJ, nous avons démantelé 21 cellules terroristes en 2015, 19 en 2016, 9 en 2017 et 4 pour le moment [au 25 avril, NDLR] en 2018.

Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas eu d’attentat majeur au Maroc depuis celui de Marrakech en 2011 ?
Dès 2003, le royaume a été frappé fort lors des attentats de Casablanca qui ont fait 33 morts et 100 blessés. Ce bain de sang a marqué un tournant. Depuis, sous l’impulsion du roi, le Maroc a adopté une politique sécuritaire anticipative. Grâce à une loi votée en 2003, il y a, certes, eu le renforcement de l’arsenal juridique et sécuritaire, permettant d’agir avant qu’un terroriste ne passe à l’acte, mais également la réforme intégrale du champ religieux pour ne pas laisser l’islam à l’emprise des mouvances extrémistes. Cet aspect est essentiel. Il a fallu aussi lutter contre la précarité et la pauvreté, le meilleur terreau de l’État islamique.

Qu’est-ce qu’une politique sécuritaire anticipative ?
C’est simple : le BCIJ, que je dirige, dépend de notre service de renseignements intérieur, la DGST [Direction générale de la surveillance du territoire]. Ce sont les agents de toutes les directions de ce service qui nous communiquent les renseignements avant que les cellules passent à l’acte. On gagne un temps considérable avant d’intervenir. Tout est décloisonné. Nous avons ainsi accès aux renseignements du terrain, que nous pouvons croiser avec des analyses ou avec des renseignements partagés avec d’autres pays. Pouvoir croiser le renseignement local et le renseignement plus éloigné permet d’être efficace pour arrêter de manière préventive des terroristes potentiels.

Justement, en France il y a un débat sur l’internement des fichés S…
C’est surtout l’harmonisation des textes de loi qui permet aux services de renseignements d’être efficaces, dans le respect des droits de l’homme. Mais pour parler par exemple de l’attaque terroriste qui a coûté la vie au colonel Beltrame, je trouve aberrant d’avoir des renseignements sur une personne [Radouane Lakdim, NDLR] qui se radicalise et pouvant passer à l’acte à n’importe quel moment, qu’on fiche S pour ces raisons… et on ne peut même pas l’interpeller !

En France comme au Maroc, la loi ne nous empêche pas de questionner toute personne présentant des soupçons de radicalisation. Je constate que Radouane Lakdim n’avait pas été interrogé depuis longtemps.

Au Maroc, ce type de personne aurait-il été interrogé plus tôt ?
Oui. Même si l’on n’a pas d’éléments compromettants contre quelqu’un, on peut l’interroger et le placer en garde à vue, ce n’est pas une condamnation ! S’il s’avère que la personne n’a aucun lien avec une organisation terroriste, on la libère immédiatement.

Comment jugez-vous la coopération avec la France ?
Excellente. Nous échangeons beaucoup avec les services français, principalement la DGSI [Direction générale de la sécurité intérieure], nos homologues. Mais aussi avec la police judiciaire française. Quand on a un renseignement concernant un ressortissant, on le communique systématiquement.

Vous avez pourtant regretté que la France ne vous ait pas prévenu de la radicalisation de Radouane Lakdim, qui a fait plusieurs séjours au Maroc après y être né ?
Il ne s’agit pas d’un problème de coopération mais de communication, sans doute lié à l’évaluation de la menace concernant cette personne, fichée S depuis 2014 et inscrite depuis novembre 2015 au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

Nous n’avons été informés à aucun moment de sa radicalisation. Nous aurions aimé être avisés, dans la mesure où le Maroc est son pays d’origine et qu’il y est venu plusieurs fois. À chaque fois qu’une personne d’origine marocaine est mêlée à un attentat terroriste, nous menons une enquête chez nous pour connaître son environnement, savoir quels sont ses liens, sa famille, ses contacts quand il vient ici. J’ai simplement été un peu surpris, c’est pour cela que j’ai réagi.

Depuis, en savez-vous plus sur les personnes originaires du Maroc fichées S ou signalées au FSPRT ?
Je ne peux pas répondre à cette question, pour les raisons que vous imaginez.

Comment jugez-vous l’efficacité de votre dispositif ? Est-il possible de déradicaliser quelqu’un ?
Même s’il ne faut pas crier victoire trop vite, nous observons une baisse de la radicalisation au Maroc depuis quelques mois. Avant la prison, de nombreuses équipes constituées de juristes, psychologues, sociologues, oulémas [plus haute autorité religieuse au Maroc, chargée de conseiller le roi sur les questions islamiques, NDRL] interviennent pour toucher les populations à risque. Ces spécialistes interviennent aussi dans le milieu carcéral pour amener les terroristes à réviser leur opinion sur le djihad.

Cela fonctionne plutôt bien, certains ont même été graciés après leur déradicalisation ; aujourd’hui, ils sont quelques-uns à s’investir en politique et à s’adresser aux publics fragiles pour les sensibiliser. À noter que chez nous le rapport à la religion est diff érent, puisque le roi est commandeur des croyants. Un imam intégriste n’a donc pas sa place dans la société marocaine et ne peut pas s’exprimer dans une mosquée.

Où en est le Maroc dans son combat contre le mouvement séparatiste du Polisario, soutenu par l’Algérie ?
Derrière cette organisation terroriste - le Polisario – des citoyens marocains se trouvent dans des situations de grande précarité. Il faut savoir qu’il existe un lien établi entre le Polisario et les réseaux terroristes dans la région. Nous avons recensé 100 séparatistes du Polisario évoluant dans des mouvements islamistes. Ce conflit déstabilise la région et offre à Daech, une opportunité pour continuer d’exister. Quand on découvre après le crash de l’avion militaire algérien le 11 avril dernier, que figuraient sur la liste des passagers 26 membres du Polisario, qui étaient donc transportés par les autorités algériennes…Cette hostilité de l’Algérie doit cesser.

Comment établissez-vous les liens entre la criminalité et le terrorisme ?
Les organisations terroristes profitent des réseaux des trafics des cités, la cocaïne, mais aussi l’immigration clandestine, le trafic des pièces d’identité et d’armes. Tous ces crimes financent le terrorisme.

Et entre la contrefaçon et le terrorisme ?
Les mouvements terroristes cherchent des ressources. Des mouvements religieux extrémistes, assurent régulièrement l’escorte d’acheminement de produits contrefaits ou prohibés. Il y a une vraie connexion. On a observé récemment, pour financer le départ de volontaires en Syrie, un cas de réseau de contrefaçon de produits alimentaires et de santé. Avec des produits périmés comme des laits en poudre pour enfants, dont les dates de péremption avaient été falsifiées.

Il paraît que vous menez vous-même certains interrogatoires…
Bien sûr, souvent même. C’est mon devoir comme directeur de savoir ce qui se passe mais aussi pour montrer l’exemple à mes hommes. Ça m’apporte beaucoup de satisfaction professionnelle.

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Décidément il faut apprendre aux Marocains à bosser à la française !
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