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 Noblesse d’Etat : le tableau au vitriol de Marylise Lebranchu

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a.nonymous



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Date d'inscription : 31/05/2011

MessageSujet: Noblesse d’Etat : le tableau au vitriol de Marylise Lebranchu   Dim 08 Juil 2018, 10:10

Citation :
Noblesse d’Etat : le tableau au vitriol de Marylise Lebranchu

Publié le 05/07/2018 • Par Jean-Baptiste Forray

Entendue par la commission d’enquête sénatoriale sur la haute fonction publique, l’ancienne ministre [ PS ] de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et de la Décentralisation a dénoncé la domination des grands corps. En bonne place dans son viseur : la direction du Budget, coupée des réalités territoriales.



Ministre de la Fonction publique, de la Réforme de  l’Etat et de la Décentralisation, Marylise Lebranchu a été au cœur de la machine gouvernementale quatre ans durant (2012-2016). Une période marquée par un big-bang territorial, un coup de rabot historique dans les concours financiers de l’Etat et quelques changements de pied élyséens mémorables…

Fidèle au bon vieux précepte chevènementiste selon lequel « Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa  gueule », Marylise Lebranchu a épousé la courbe sinusoïdale des réformes. Aujourd’hui dépourvue de toute responsabilité publique, elle a retrouvé sa liberté de parole et sa finesse d’analyse.

Répondant à l’appel de la commission d’enquête sénatoriale sur les mutations de la haute-fonction publique et leurs conséquences sur le fonctionnement sur les institutions de la République, Marylise Lebranchu décrit l’Etat de l’intérieur. Dans sa ligne de  mire : la domination de grands corps de l’ENA (L’inspection générale des finances, le Conseil d’Etat et la Cour des Comptes). Une passionnante plongée au cœur de l’administration centrale. Morceaux choisis.


« L’impossible réforme des grands corps »

« La haute fonction publique reste très pyramidale. Comme dans un grand groupe, ceux qui prennent la décision sont les plus éloignés du produit final. On n’a pas réglé le problème de ce que j’appelle l’impossible réforme des grands corps. Lors d’un conseil des ministres, j’ai proposé d’enlever deux postes dans le classement de sortie à l’ENA, l’un à la Cour des Comptes, l’autre au Conseil d’Etat pour les flécher vers le ministère de  l’Environnement et le Secrétariat général de  la modernisation de l’action publique qui avaient de forts besoins. Le Président m’a dit ‘Bien sûr, il faut le faire’. Cela n’a jamais été fait, parce que dans ces cas-là, il y a des coups de fil entre le directeur de cabinet, le secrétaire général de l’Elysée, celui en  charge du Gouvernement… Quand j’ai souhaité, à la sortie de l’ENA, que les lauréats des grands corps exercent 4 ou 5 ans dans les territoires, si possible dans une collectivité, j’ai vu aussitôt le mur se lever. L’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat, la Cour des Comptes et tous les  chefs de corps se sont dressés. J’ai réuni leurs représentants. Lors de cette réunion, la seule personne qui se sentait intruse, c’était moi. Naturellement, cela ne s’est pas fait non plus. Sur les textes sur la décentralisation, dont tout le monde connaît la courbe sinusoïdale, je me demandais parfois comment les choses se construisaient… Cela n’a pas empêché un haut fonctionnaire de me dire que j’étais en train de déstabiliser la République. »


«L’enfer pour obtenir la liste des plus hautes rémunérations »

« Ministre de la fonction publique, je croyais qu’il fallait trois minutes pour que j’obtienne la liste des plus hautes rémunérations… Et bien non. Cela a été l’enfer. Le secrétaire général du Gouvernement vous rappelle en vous demandant si c’est vraiment utile, si vous avez vraiment besoin de ça… Toute rémunération publique doit être publique ! Il y a eu aussi la bagarre de la « RH Etat ». Le secrétaire général du gouvernement considérait que c’était son dossier. Le ministère de l’Intérieur estimait que c’était à lui de faire ça. Du coup, le comité interministériel à la modernisation de l’action publique s’est arrêté… Au final, c’est la direction du Budget qui rabote.  En un peu moins de quatre ans, je n’ai eu que trois ou quatre discussions interministérielles. Le ministère de la Réforme de l’Etat devrait être ministre d’Etat pour convoquer ses collègues en interministériel. »


« Une méconnaissance totale des collectivités »

« Il y a une pensée unique de la dépense publique. Les collectivités, pour Bercy, sont une machine à dépenser, pas à gérer des compétences. Il y a une méconnaissance totale des collectivités territoriales à la direction du Budget. On croit qu’elles sont d’une très grande richesse parce qu’elles ont des gros dépôts au mois de décembre. Mais c’est simplement parce qu’elles sont entre le débat d’orientation budgétaire et le budget primitif ! Il n’empêche, quand on parle de donner de nouvelles responsabilités aux élus locaux, ces fonctionnaires répondent : ‘Ils ne sauront pas faire’. Je regrette que l’INET n’ait pas été enthousiaste sur le rapprochement avec l’ENA. Quand on rapproche les jeunes et les moins jeunes quand ils sont en formation, on a une chance qu’ils se connaissent ensuite. »
http://www.lagazettedescommunes.com/572514/noblesse-detat-le-tableau-au-vitriol-de-marylise-lebranchu/
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Basilics

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Messages : 179
Date d'inscription : 20/11/2015

MessageSujet: Re: Noblesse d’Etat : le tableau au vitriol de Marylise Lebranchu   Dim 08 Juil 2018, 17:09

Dans le même sens : ce n'était donc pas mieux "avant" (2017). Et ensuite ?

Citation :
La fin des « castes administratives » n’est pas pour demain
Le Monde | 12.02.2018 | Soazig Le Nevé
Il y a fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, explique la journaliste du « Monde », Soazig Le Nevé.

Analyse. C’était au temps de la campagne présidentielle, au printemps 2017. Emmanuel Macron promettait de « mettre fin au système des grands corps en les rapprochant de corps existants et exerçant des fonctions similaires ». Cette réforme allait sonner le glas du classement de sortie de l’ENA qui donne à quinze élèves un accès direct à l’Inspection générale des finances, au Conseil d’Etat et à la Cour des comptes, précisait-il en avril 2017 dans un entretien à Acteurs publics. Un classement qui, depuis 1945, détermine la carrière des meilleurs d’une promotion, ceux qui forment « la botte », avant même qu’ils aient fait leurs preuves sur le terrain. L’ordre du jour du candidat était alors au décloisonnement, à la mobilité et à l’adaptation de l’administration aux besoins des Français.

Moins d’un an plus tard, la montagne a accouché d’une souris. Il n’est plus question de supprimer les « grands corps », l’expression n’a même jamais plus été prononcée depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Le classement de sortie est lui aussi indemne. Il y a donc fort à parier que les grands corps perpétueront l’entretien d’« une forme d’aristocratie de la fonction publique », selon l’expression du politologue Luc Rouban, au sein de laquelle un administrateur civil en poste à l’éducation nationale a peu de chances de rejoindre la direction du Trésor.

La fin des « castes administratives », comme les nommait le candidat Macron, n’est donc plus à l’agenda. Est-ce vraiment surprenant ? Quand il était à la tête de l’Etat, Nicolas Sarkozy – qui n’est pas énarque – avait mis du cœur à l’ouvrage pour renverser la citadelle. Il souhaitait la création de listes d’aptitude afin de mieux concilier la demande des administrations et les attentes des fonctionnaires, et qu’une commission valide ou non les recrutements. Mais le texte de loi puis le décret envisagés n’avaient pas résisté aux filtres successifs de Matignon, du Parlement, du Conseil d’Etat ou encore du Conseil constitutionnel et, selon les témoins, aux coups de rabot des énarques qui peuplent ces institutions.

Sous François Hollande, le gouvernement a aussi tenté de s’atteler à une réforme : un groupe de travail a planché sur la question de l’accès des énarques aux grands corps, sous la houlette de la ministre socialiste de la fonction publique Marylise Lebranchu. Laquelle a repassé le dossier à sa successeure Annick Girardin qui, un an plus tard, a enterré la question, faute de consensus.

« La chose de ses anciens élèves »
La réforme annoncée par le premier ministre, Edouard Philippe, le 1er février, explore une piste alternative. Elle consiste à contraindre au détachement (durant deux années), dans un ministère ou un territoire prioritaires, les anciens élèves de « la botte » deux ans après leur affectation dans un grand corps. Une bifurcation qui, en tant que telle, ne fera rien d’autre qu’anticiper leur premier changement de poste qui intervient généralement après quatre années d’expérience.

La réforme est donc beaucoup moins ambitieuse que celle promise par le candidat Macron. Pourquoi une telle pusillanimité ? Pour le professeur d’histoire du droit François Saint-Bonnet, l’ENA n’appartient ni au président de la République ni à son directeur : elle est en réalité « la chose de ses anciens élèves ». Il souligne l’omniprésence des énarques dans l’entourage d’Emmanuel Macron, lui-même ancien élève sorti dans « la botte ».

Si bien que non seulement la réforme se fera a minima, mais les détachements de deux ans dans les ministères et les services déconcentrés à forts besoins risquent même de décourager certains candidats de se présenter aux concours de l’ENA. Plusieurs observateurs anticipent ainsi une adaptation des parcours élitaires à cette nouvelle donne, le vivier optant davantage qu’auparavant pour les écoles de commerce, qui garantissent des carrières rémunératrices et des responsabilités à un plus grand nombre de diplômés.

Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, croit au levier de la rémunération pour attirer les meilleurs. Selon lui, il faudrait « rendre du lustre » aux carrières dans les ministères sociaux (travail et santé), raisonnement qui vaut également pour le logement, les transports ou l’éducation. Que tous les ministères offrent les mêmes perspectives de carrière que l’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes est désormais une nécessité, si toutefois le gouvernement y place réellement ses « priorités ».

Ecouter les élèves
Une dernière voie n’a jamais été retenue : écouter les élèves de l’école. Depuis 1972, en moyenne tous les deux ans, ils plaident collectivement en faveur d’une réforme de la scolarité à l’ENA. Nombre d’entre eux aspirent notamment à choisir un corps, au cours de leurs deux années de formation, en fonction de leurs compétences mais aussi de leurs appétences.

Quatre filières ressortent régulièrement de leurs propositions : un corps d’administration composé des administrateurs civils (qui représentent 70 % d’une promotion) ; un corps d’inspection et de contrôle composé des inspections générales et des juridictions administratives et financières ; un corps de la préfectorale, de l’administration territoriale et des services déconcentrés ; et un corps diplomatique.

Selon ces projections, les grands corps, quant à eux, ne seraient accessibles qu’après cinq ans d’expérience de terrain post-ENA. A l’image d’un rendez-vous de carrière, ils constitueraient une marche supplémentaire à franchir, mais en toute connaissance de cause cette fois. Des mesures qui auraient un triple avantage : professionnaliser l’école, couper court aux stratégies d’accès direct aux grands corps, et constituer, enfin, une véritable réforme.

http://lemonde.fr/idees/article/2018/02/12/la-fin-des-castes-administratives-n-est-pas-pour-demain_5255711_3232.html
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