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 Crise migratoire : le paquebot idéologique d’Angela Merkel prend l’eau

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tonton christobal

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MessageSujet: Crise migratoire : le paquebot idéologique d’Angela Merkel prend l’eau   Mar 10 Juil 2018, 00:59

Crise migratoire : le paquebot idéologique d’Angela Merkel prend l’eau
Par Auteur Kevin Bossuet / Lundi 9 juillet 2018 à 14:30 6

Pour l'historien Kevin Bossuet, l'ouverture aux migrants prônée par la chancelière allemande l'a amenée à se couper de son électorat, au risque de faire tomber la coalition gouvernementale qu'elle dirigeait.

Il y a une semaine environ, à la suite d’un désaccord sur la question migratoire, la tension était à son comble entre Angela Merkel et son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer. En effet, après que la proposition de ce dernier de mettre en place des mesures de refoulement des migrants sans-papiers à la frontière ait été retoquée par la chancelière allemande, Horst Seehofer a menacé de démissionner et de faire voler en éclats la coalition gouvernementale. Jugeant la politique actuelle de l’Allemagne en matière migratoire beaucoup trop laxiste, c’est une véritable fronde à l’encontre d’Angela Merkel qu’a mené le chef de la CSU bavaroise avec pour objectif de la faire évoluer sur cette question.

Un accord qui constitue une inflexion majeure
Sentant le danger que cet affront pouvait avoir sur l’avenir de sa carrière politique, la chancelière allemande a alors mis à profit ses qualités de négociatrice pour tenter de désamorcer une crise politique aux effets potentiellement dévastateurs. Après plusieurs heures de discussion, elle a finalement réussi à trouver un accord avec son ministre de l’Intérieur. Des « centres de transit » seront instaurés à la frontière germano-autrichienne afin d’y placer les demandeurs d’asile arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans d’autres pays européens en attendant leur expulsion vers ces derniers.

En apparence, on pourrait croire qu’Angela Merkel est ressortie victorieuse de cette confrontation politique puisqu’elle a réussi à sauver sa coalition, mais c’est en fait un véritable camouflet idéologique que lui a infligé son ministre de l’Intérieur. Alors que jusqu’à maintenant, les migrants demandant l’asile étaient, à leur arrivée, répartis dans différents foyers sur l’ensemble du territoire, l’accord conclu entre la chancelière et Horst Seehofer constitue assurément, au niveau de la politique migratoire allemande, une inflexion majeure. La ligne centriste mâtinée d’humanisme compatissant chère à Angela Merkel a alors laissé place, sur cette question, à une ligne davantage intransigeante et beaucoup plus à droite.

Des Allemands de plus en plus inquiets

Il faut dire que depuis 2015, année au cours de laquelle la chancelière a fait le choix politique de faire entrer sur le territoire allemand environ un million de demandeurs d’asile, de l’eau a incontestablement coulé sous les ponts d’une Allemagne qui souhaite de plus en plus aller à contre-courant de la bien-pensance. Beaucoup d’Allemands sont en effet de plus en plus inquiets par l’arrivée continue, sur leur territoire, de migrants (plus de 200 000 chaque année) et ont le sentiment que leur identité et leur sécurité sont, par ces flux migratoires incontrôlés, de plus en plus menacées. Les nombreux faits divers impliquant des migrants qui émaillent régulièrement l’actualité ne font d’ailleurs que renforcer ce sentiment. Par exemple, il y a un mois environ, l’affaire du viol et du meurtre d’une adolescente de 14 ans, Susanna Feldman, à Wiesbaden, par un demandeur d’asile irakien de 20 ans, a fait le tour des journaux et a profondément choqué le peuple allemand. Alice Weidel, une dirigeante du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) avait alors sauté sur l’occasion pour réclamer la démission d’Angela Merkel. "Susanna est une nouvelle victime de la politique d'accueil égoïste et hypocrite de la chancelière Angela Merkel" avait alors déclaré la responsable politique, formalisant ainsi oralement ce que pense une partie de la population allemande.

Loin de ce que la gauche et de certains soutiens de la chancelière tentent de faire passer pour des fantasmes d’extrême droite, la question migratoire pose incontestablement de nombreux problèmes dans une Allemagne qui se montre de plus en plus incapable de gérer, sur son territoire, des migrants toujours plus nombreux.

Un rapport commandé par le ministère fédéral de la Famille à un groupe d’experts a récemment mis en avant qu’en Basse-Saxe, un Land du nord-ouest de l’Allemagne, les crimes violents ont augmenté, entre 2014 et 2016, de 10.4%, et que cette hausse est imputable à 90% à l’arrivée massive de réfugiés dans la région. En outre, d’après les derniers chiffres rendus publics par le Ministère de l’Intérieur allemand, alors qu’en 2017 les actes criminels ont reculé de 5.1% par rapport à 2016, la proportion des personnes étrangères parmi les personnes suspectées d’actes criminels a fortement augmenté, passant de 28.7% en 2014 à 40.4% en 2016, avant de redescendre à près de 35% en 2017. Le lien qui existe entre immigration et insécurité et qui anime dans beaucoup de pays européens le débat public apparaît, d’après ces chiffres, comme extrêmement important.


La question des migrants fait plonger le parti d'Angela Merkel

Face à ce constat alarmant qui entache la vie quotidienne d’un bon nombre d’Allemands, il n’est guère étonnant, qu’Angela Merkel paye de plus en plus dans les urnes les pots cassés de sa politique jugée comme étant beaucoup trop généreuse et laxiste à l’égard des migrants. Il n’est pas anodin de noter que lors des législatives de septembre dernier, la CDU, le parti de la chancelière, n’a obtenu que 200 députés sur 598 (soit 28,21 % des voix) et la CSU, l’alliée historique de la CDU, seulement 46 (soit 6,49 % des suffrages). Au total, la CDU a perdu 55 sièges et la CSU 10 sièges. A l’inverse, l’AfD, le parti d’extrême droite, qui est extrêmement ferme sur la question migratoire, a réussi à rafler 94 sièges (13,26 % des voix), alors qu’il n’en n’avait aucun auparavant. De plus, un sondage publié il y a quelques jours par l’institut Forsa prévoit que lors des prochaines élections régionales qui auront lieu en octobre en Bavière, la CSU, le parti d’Horst Seehofer, pourrait réaliser un score qui avoisinerait les 40 % (-3,4 points par rapport à 2013) et l’AfD, le parti d’extrême droite, un score de 13 % (ce qui est très important). Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi le ministre de l’Intérieur fait tout, depuis quelques semaines, pour démontrer à ses électeurs potentiels, qu’il est, contrairement à Angela Merkel, inflexible sur les questions liées aux flux migratoires.

Cette bataille idéologique autour des migrants qui a lieu actuellement sur le sol allemand est également très présente en Europe où « l’idéologie immigrationniste » de Madame Merkel est de plus en plus contestée. Alors que Sébastian Kurz, le chancelier autrichien, vient de prendre la tête de la présidence de l’Union Européenne en promettant de mener une lutte sans concession contre l’immigration, un bon nombre de dirigeants européens, à l’instar de Viktor Orban en Hongrie, de Peter Pellegrini en Slovaquie, d’Andrej Babis en République Tchèque, de Mateusz Morawiecki en Pologne ou de Matteo Salvini en Italie, ont bien l’intention de constituer un contrepoids dynamique et solide face aux partisans d’une Europe ouverte faisant de l’accueil des réfugiés un principe européen intangible.

Pugilat verbal
Jeudi dernier, la rencontre qui a eu lieu à Berlin entre Viktor Orban et Angela Merkel a d’ailleurs, sur la question migratoire, tourné au pugilat verbal. Alors que la chancelière allemande a rappelé à quel point il était nécessaire d’accueillir des migrants en évoquant un devoir « d’humanité », le Premier ministre hongrois lui a répondu qu’il pensait « qu’on aide de façon humanitaire en ne produisant pas d’appel d’air [migratoire]. » Il a ajouté que pour lui, « la seule solution » est de « fermer les frontières » et « de ne pas faire entrer ceux qui apportent le mal » en Europe, tout en incitant Angela Merkel à se montrer davantage reconnaissante à l’égard de la Hongrie qui, en surveillant la frontière méridionale, contribue à limiter les flux migratoires en direction de l’Allemagne.

La coalition anti-migrants dirigée par Sebastian Kurz et Viktor Orban, est progressivement en train de prendre des allures de coalition anti-Merkel et rebat avec fracas les cartes idéologiques d’une démocratie chrétienne qui, en ayant choisi pendant des années la voix du centrisme mou, est arrivée aujourd’hui à bout de souffle. C’est bien sous la pression de cette coalition qu’Angela Merkel a dû définitivement enterrer son projet de quotas de répartition des demandeurs d’asile dans l’Union Européenne, faisant dire au magazine allemand Der Spiegel que c’est désormais Viktor Orban « qui dicte ses conditions » à la chancelière.

Une chancelière complètement dépassée

Cette défaite politique est finalement assez symptomatique du grand bouleversement idéologique, culturel et philosophique qui est progressivement en train de s’emparer de l’Europe. En réussissant à faire passer l’idée qu’ils incarnent les valeurs authentiques de la démocratie-chrétienne (la nation, la famille, la souveraineté nationale, la lutte contre l’immigration ou encore la défense de l’identité chrétienne…) contre une Angela Merkel, qui les auraient galvaudées, les leaders de la coalition anti-migrants s’imposent de plus en plus comme les seuls représentants légitimes du camp démocrate-chrétien européen. La chancelière allemande apparaît alors, face à ces derniers, comme complètement dépassée et ringardisée et n’a plus que comme seule solution, pour ne pas décrocher d’une opinion publique de plus en plus intraitable, de courir après ce processus de droitisation qu’elle exècre par-dessus tout.


Et si Angela Merkel avait définitivement fait son temps ? Celle qui dirige l’Allemagne d’une main de fer depuis maintenant treize ans et qui était jusqu’à présent indéboulonnable apparaît plus que jamais en danger tant elle n’incarne plus aux yeux de beaucoup d’Allemands, et plus largement d’un grand nombre d’Européens, la dirigeante lucide et pragmatique capable de résoudre leurs problèmes et de répondre à leurs aspirations. « Mutti », comme les Allemands aiment la surnommer, ne semble effectivement plus vraiment être en phase avec les grands enjeux du temps présent. Celle qui a connu comme chancelière trois Présidents américains, quatre Premiers ministres britanniques et quatre Présidents français, et qui n’a finalement jamais mené aucune grande réforme structurelle d’envergure, appartient de plus en plus à l’histoire de la démocratie-chrétienne qui, en se recentrant beaucoup trop, n’a assurément pas réussi à rénover un logiciel idéologique que les Kurz, les Seehofer et les Orban sont en train, notamment sur la question migratoire, de repenser de manière abrupte et tapageuse.

Ce qui se passe actuellement en Europe est assurément inédit. C’est bien, sous la pression d’une partie des pays de l’Est et de l’opinion publique, une page importante de notre histoire qui se referme progressivement sur l’idéologie sans-frontiériste d’Angela Merkel.


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pendant ce temps notre macron agite ses petits bras et dit "et moi et moi"...
Comme tout le monde se moque de lui il augmente les impôts des Français !
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Crise migratoire : le paquebot idéologique d’Angela Merkel prend l’eau   Mar 10 Juil 2018, 01:03

Salvini : “Soros veut remplir l’Europe de migrants parce qu’il aime les esclaves”
Par Auteur valeursactuelles.com / Lundi 9 juillet 2018 à 13:03 13

Europe. Le ministre italien de l’intérieur Matteo Salvini s'en prend au milliardaire George Soros.

Le chef de file de la Ligue du Nord ne mâche pas ses mots. Matteo Salvini a accusé Georges Soros, lors d'une interview pour l'émission transalpine In Onda, de vouloir remplir l'Europe et l'Italie de migrants, "parce qu'il aime les esclaves".

Le ministre de l'Intérieur italien accuse celui qui est à la tête d'organismes philanthropiques de financer l'arrivée de migrants en Europe. Notamment via les ONG qui parcourent les côtes de la Libye en bateau pour récupérer les migrants avant les gardes-côtes pour les transporter en Europe.

Ce n'est pas la première fois que Salvini s'en prend à George Soros. Mais cette fois, par l'intermédiaire d'un communiqué de sa fondation Open Society Foundation, le milliardaire a demandé à ce que le ministre italien « cesse immédiatement les attaques répétées à son encontre », tout en rappelant les investissements réalisés en Italie par sa fondation. « L'Open Society Foundation ne finance pas les opérations de recherches et secours des migrants en mer Méditerranée, bien qu’elle encourage ces efforts humanitaires », a tout de même précisé l’organisation de Georges Soros.
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