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 Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction

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tonton christobal

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MessageSujet: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Mer 01 Aoû 2018, 20:12

Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction
AFP, publié le mercredi 01 août 2018 à 09h38

"On se sent inutiles, il y a une désespérance face à l'arrogance de l'État", confie à l'AFP Philippe Rion, maire démissionnaire de Castillon (Alpes-Maritimes). Usés par leur fonction, de plus en plus de maires jettent l'éponge à moins de deux ans de la fin de leur mandat.

Si la démission la plus fracassante fut sans nul doute celle du maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, en mars, qui dénonçait le "mépris de l'État pour les banlieues", les maires de petites villes, parfois au bord du burn-out, sont tout aussi nombreux à se décourager.

Selon un calcul de l'AFP réalisé à partir du répertoire national des élus en tenant compte de l'effet du non-cumul des mandats, le nombre de maires ayant quitté leur fonction depuis 2014 est en hausse de 55% par rapport à la précédente mandature.

"Il y a des mois où je ne savais plus comment payer les employés", déplore Philippe Rion, qui a dû "tailler sur tout", y compris en "arrêtant les commémorations nationales", avant de finir par augmenter la taxe d'habitation.
"Les communes ne sont qu'une variable d'ajustement financière aux yeux de l'État", critique l'ancien maire dont le village de 380 habitants a enregistré une baisse de 50% en cinq ans de sa dotation globale de fonctionnement (DGF), principale contribution financière de l'État aux collectivités.

Selon l'Observatoire des finances locales (OFGL), la DGF représentait 14,8% des recettes de fonctionnement des communes en 2017, contre 21% en 2013.
Malgré une légère hausse de son montant global en 2018, près de la moitié des communes ont vu leur dotation baisser cette année, selon l'Association des maires de France (AMF), qui a réclamé mi-juillet la création "en urgence" d'un fonds spécial pour les communes les plus en difficulté.

La suppression de la taxe d'habitation, qui représente 34% des recettes fiscales des communes, et la forte baisse des contrats aidés, considérés comme une bouffée d'oxygène dans les campagnes, ont encore accru les mécontentements.

Mais c'est la refonte de la carte intercommunale en 2016, issue de la loi NOTRe, qui a suscité le plus de dissensions, les maires devant se plier à des fusions souvent coûteuses en temps et en énergie pour intégrer des intercommunalités de plus en plus grosses.

"Il y a une concentration des pouvoirs au sein des intercommunalités et les maires ont le sentiment de devenir les exécutants de décisions prises ailleurs", analyse Luc Rouban, chercheur au Cevipof. "Ils se retrouvent noyés dans un ensemble d'élus et voient leur capacité d'imagination et d'impulsion encore plus limitée, avec l'impression d'un dessaisissement", abonde Émeric Bréhier, de la Fondation Jean Jaurès.

Gilbert Parmentier, maire démissionnaire des Aulneaux (Sarthe), a vu passer le périmètre de la communauté de communes à laquelle il appartient de 13.000 à 29.000 habitants et de 43 à 78 représentants.

"C'est très usant, ça fait des réunions à rallonge, et les maires des petites communes sont souvent tournés en dérision quand ils prennent la parole face à des élus dont la politique est le métier", assure cet ancien instituteur, pourtant "dans les conseils municipaux depuis 30 ans".

"Demain, il ne restera plus au maire que le privilège de l'état civil et de l'écharpe", regrette André Laignel, vice-président de l'AMF, pour qui "l'affaiblissement voire la disparition des communes" constitue "un recul de la démocratie et du vivre ensemble".

Parallèlement, la mission du premier édile n'a cessé de se complexifier, avec "beaucoup de travail administratif et d'assistante sociale, et des indemnités très basses dans les petites communes", constate Luc Rouban. Dans un communiqué justifiant sa démission en juin, la maire de Guérande (Loire-Atlantique) explique s'être engagée parfois "au-delà de (ses) forces" et "souvent au détriment de (sa) famille" dans un mandat qui nécessite de "s'investir à 200%".

Face à cette situation, les associations réclament un véritable statut de l'élu, avec une augmentation des indemnités, un retour à la vie professionnelle facilité et une révision des conditions dans lesquelles la responsabilité pénale des maires peut être engagée.

Du côté des administrés, les exigences n'ont pas diminué, au contraire. "Si un trottoir est un peu défoncé, il faudrait que le lendemain ce soit réparé", se plaint Claude Descamps, maire démissionnaire de Prayssac (Lot). "Les gens veulent régulièrement vous faire des procès", poursuit-il, ajoutant avoir été "à la limite du burn-out".

Selon le baromètre 2018 du Cevipof, la confiance des Français envers leur maire a baissé de 9 points en un an. "Le niveau d'attente augmente d'autant plus qu'il y a un report de problèmes nationaux sur le local, comme la disparition des services publics", observe Luc Rouban, qui s'inquiète d'une "crise des vocations" pour l'échéance de 2020.

------------------

On devrait s'interroger sur le besoin de conserver de pouvoir de certains maires alors que visiblement le poste n'est pas gratifiant...

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coufsur

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Mer 01 Aoû 2018, 22:41

Grandes Orientations de Politiques Économiques de la Commission Européenne :
« Il serait possible de préserver la capacité d'investissement des collectivités locales en combinant la réduction prévue des dotations de l’État avec un renforcement du contrôle de leurs dépenses » ?
Beaucoup de personnes semblent surprises par la politique de Macron vis-à-vis des collectivités territoriales. 
Le 17 juillet dernier, à l’occasion de la Conférence des territoires devant le Sénat, Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas baisser brutalement les dotations des collectivités territoriales pour l’exercice 2018.
Quelques jours plus tard, les élu(e)s découvrent un décret (n° 2017-1182) daté du 20 juillet 2017, ordonnant l’annulation à hauteur de près de 300 millions d’euros des dotations en crédits de paiement de l’État destinées aux collectivités territoriales pour l’exercice 2017.
Pourtant, Mr Asselineau, lors de son intervention devant l'association des maires de France, avait informé ceux-ci des futures coupes budgétaires qu'ils allaient subir, cela avait fait sourire les Maires, aujourd'hui ils sourient moins.
Minutes 5 à 6,3
https://www.upr.fr/actualite/intervention-de-francois-asselineau-a-lassociation-maires-de-france
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Gérard

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Jeu 02 Aoû 2018, 01:05

Être élu et notamment maire d'une ville est un choix de vie, une sorte de mission contraignante que les intéressés s'imposent tout à leur honneur.
Certes certains ne mesurent pas l'ampleur ni la grandeur de leur tâche mais ils ne sont pas majoritaires.
La politique partisane, les obstacles que sont parfois l'État,  les super collectivités et les oppositions peuvent en effet conduire au découragement des maires peu rétribués pour leurs fonctions.
A Fontenay, sans chercher plus loin, le maire élu en 2014, à démissionné pour faire valoir, selon son expression, son "droit à la paresse".
Il a été remplacé par un maire adjoint à l'issue d'une élection interne comme le prévoit la loi.
Les événements récents de l'affaire Benalla mettent en évidence le rôle essentiel de ce que certains appellent ''la chefferie'' c'est à dire toute ces personnes qui travaillent, impulsent,  décident autour du chef.
Directeur de cabinet, secrétaire général,  conseillers, etc...
On retrouve ces influences agissantes dans les mairies surtout dans les villes moyennes et les grandes villes.
Et, à mon avis, on ne commente pas assez en bien ou en mal le rôle et l'influence de ces non élus souvent discrets.
Le directeur de cabinet souvent porteur et gardien d'un message politique est sous estimé.  Ses prérogatives sont floues, son pouvoir mal connu.
A Fontenay M.Joucla est le directeur du cabinet de M.Gautrais, Front de Gauche.
Le chef de l'opposition, M.Gildas Lecoq élu UDI, à été pendant 14 ans directeur de la communication puis du cabinet de la ville voisine Vincennes.
Ils devraient parler le même langage de combat, ce n'est pas le cas.
Le "dircab" dispose du dir com et surtout de l'exécutif du maire et de sa majorité,  et cela change tout!

_________________
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948)


Dernière édition par Gérard le Jeu 02 Aoû 2018, 07:23, édité 1 fois
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Gérard

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Jeu 02 Aoû 2018, 05:25

A.nonymous parfaitement informé de la vie municipale et de ses acteurs pourrait sans doute apporter quelques informations complémentaires.
Salamandre doit avoir une appréciation sur les rôles de la chefferie locale.

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Basilics

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Jeu 02 Aoû 2018, 07:16

Au-delà du cabinet du maire, les directeurs de services administratifs ont souvent une longévité supérieure à celle des maire-adjoints correspondants. Et sont (présumés) être à temps complet à la mairie.

Il faudrait des connaisseurs pour décrire la répartition réelle des pouvoirs entre élus et administratifs, à la mairie, selon les secteurs.
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Lynxie

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Jeu 02 Aoû 2018, 11:22

Gérard a écrit:
Être élu et notamment maire d'une ville est un choix de vie, une sorte de mission contraignante que les intéressés s'imposent tout à leur honneur.
Certes certains ne mesurent pas l'ampleur ni la grandeur de leur tâche mais ils ne sont pas majoritaires.
La politique partisane, les obstacles que sont parfois l'État,  les super collectivités et les oppositions peuvent en effet conduire au découragement des maires peu rétribués pour leurs fonctions.
A Fontenay, sans chercher plus loin, le maire élu en 2014, à démissionné pour faire valoir, selon son expression, son "droit à la paresse".
Il a été remplacé par un maire adjoint à l'issue d'une élection interne comme le prévoit la loi.
Les événements récents de l'affaire Benalla mettent en évidence le rôle essentiel de ce que certains appellent ''la chefferie'' c'est à dire toute ces personnes qui travaillent, impulsent,  décident autour du chef.
Directeur de cabinet, secrétaire général,  conseillers, etc...
On retrouve ces influences agissantes dans les mairies surtout dans les villes moyennes et les grandes villes.
Et, à mon avis, on ne commente pas assez en bien ou en mal le rôle et l'influence de ces non élus souvent discrets.
Le directeur de cabinet souvent porteur et gardien d'un message politique est sous estimé.  Ses prérogatives sont floues, son pouvoir mal connu.
A Fontenay M.Joucla est le directeur du cabinet de M.Gautrais, Front de Gauche.
Le chef de l'opposition, M.Gildas Lecoq élu UDI, à été pendant 14 ans directeur de la communication puis du cabinet de la ville voisine Vincennes.
Ils devraient parler le même langage de combat, ce n'est pas le cas.
Le "dircab" dispose du dir com et surtout de l'exécutif du maire et de sa majorité,  et cela change tout!

Il serait intéressant de mieux connaître les rôles des élus et ceux des fonctionnaires ou chargés de missions plus ou moins définies en contenu, objectifs et durée.
On entend un dircab comme dit Gérard s'exprimer en lieu et place du maire ou d'un adjoint,.
Les non élus sont parfois les tuteurs politiques des élus,  partageant une grande part de leur temps avec les structures du parti et pour en porter la ligne et les éléments de parole. Se créent alors des relations étroites faites de secrets partagés , de connivences,  de tolérances accordées ou pas aux demandeurs.
Le candidat maire pour 2020 Gildas Lecoq pourrait nous informer et expliquer son point de vue pour fonctionner avec une chefferie réorganisée  s'il est élu
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Gérard

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Jeu 02 Aoû 2018, 18:09

Le maire est responsable de tout l'exécutif mais pas seulement .
En son absence il y a en principe un ou des élus d'astreinte mais le Directeur de Cabinet reste opérationnel en décision ou en action. Quand on pense à certains adjoints peu expérimentés c'est plutôt rassurant en cas de grave pépin (incendie, attentat, ...)

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Clovis



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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Jeu 02 Aoû 2018, 20:18


Gérard a écrit:
A Fontenay M.Joucla est le directeur du cabinet de M.Gautrais, Front de Gauche.
Le chef de l'opposition, M.Gildas Lecoq élu UDI, à été pendant 14 ans directeur de la communication puis du cabinet de la ville voisine Vincennes.
Ils devraient parler le même langage de combat, ce n'est pas le cas.

Un même langage de combat, cela ne me paraît impossible, il e semble que M. Joucla a un chef, le maire, et donc à ses ordres quelques soient ses opinions et G. Lecoq est dans l'opposition et peu (pas) écouté et sans pouvoir.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Sam 25 Aoû 2018, 20:20

"J'avais l'impression de flouer ceux qui m'avaient élu" : pourquoi les démissions s'accumulent chez les maires

Face au manque de financement, à l'isolement, à la complexification des tâches ou encore à cause de la relation avec l'Etat, le nombre de démissions chez les premiers magistrats a bondi par rapport à la précédente mandature. Franceinfo s'est entretenu avec plusieurs maires à bout de nerfs.



"Arrête tes conneries, ou tu risques de mourir." Cette invective, Claude Descamps l'a reçue de son médecin. Il n'en a pas fallu plus à l'ancien maire de Prayssac (Lot) pour présenter sa démission au préfet. Stress, fatigue, solitude... "Le jeu n'en vaut plus la chandelle", comme le dit un élu. Une résignation symbolisée, au mois de mars, par la démission fracassante du maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon.
La tendance est désormais confirmée par les chiffres : par rapport à la précédente mandature, le nombre de maires démissionnaires a augmenté de 55% depuis 2014, d'après un calcul de l'AFP. L'Association des maires de France (AMF), interrogée par franceinfo, en décompte 500. Pêle-mêle, les premiers magistrats dénoncent la baisse des dotations de l'Etat, l'augmentation du périmètre de décision avec la montée en puissance des intercommunalités, ou encore l'arrogance de l'administration territoriale.
"À la fin, on n'était plus que mon premier adjoint et moi"
Autant d'évolutions qui, mises bout à bout, ont complexifié le travail des élus. "Il y a une grande lassitude. Ce n'est pas nouveau, mais ça s'aggrave", estime Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre (Indre) et président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF). Comme près de la moitié des édiles – une proportion avancée par l'AMF dans Le Point – Claude Descamps a vu la dotation de sa commune décroître. L'ancien maire de Prayssac estime cette baisse à "environ 240 000 euros entre 2014 et 2017". Soit environ 10% du budget communal.
Ce pour quoi j'avais été élu était impossible à réaliser. J'étais aussi frustré que mes concitoyens.Claude Descamps, maire démissionnaire de Prayssacà franceinfo
L'ancien maire avait même renoncé à 60% de son indemnité afin d'embaucher une secrétaire à mi-temps. "Psychologiquement, c'est très dur, on essuie les reproches des uns et des autres, précise-t-il. J'avais l'impression de flouer ceux qui m'avaient élu."
Philippe Rion, maire démissionnaire de Castillon (Alpes-Maritimes), a fait, lui, le choix de supprimer les commémorations nationales. Sans que cela ne suffise à renflouer les caisses : à l'encontre de ses convictions, il s'est finalement résolu à augmenter la fiscalité locale de 20%.
Renoncer à leur programme, même modeste, "prendre des décisions sans avoir tous les tenants et les aboutissants", s'asseoir sur leurs idées politiques, ont été une première source de souffrance pour ces deux anciens édiles. Ces "chefs de village" ont souvent le sentiment de porter sur leurs seules épaules des coupes budgétaires décidées au plus haut sommet de l'Etat. "Quand vous passez votre temps à dire non, au bout d'un moment, votre conseil municipal arrête de s'investir", souligne Claude Descamps, dont l'équipe a fini par abandonner la mairie, le laissant seul avec son premier adjoint.
Les maires ruraux plus exposés
Plus exposés à leurs administrés, les maires de petits villages seraient davantage touchés par la vague de démission, avance Vanik Berberian. Disposant d'une indemnité inférieure au Smic – 658 euros brut pour les communes de moins de 500 habitants, contre 5 612 euros pour les villes de plus de 100 000 habitants – ils affirment ne pas pouvoir compter, comme dans les métropoles, sur une administration, faisant office d'intermédiaires avec les citoyens et "prennent les mécontentements en pleine tête".
Quand quelque chose ne va pas, on me le dit au bistrot.Vanik Berberian, président de l'AMRFà franceinfo
Les élus prennent sur leur temps personnel pour frapper aux portes et "trouver des solutions", que cela passe par dégoter des investisseurs ou mettre en place des systèmes de mécénat : "Maire, c'est sept jours sur sept, 365 jours par an !", aiment-ils à répéter. La panne de téléphone ou de réseau audiovisuel ? L'odeur de merguez qui empêche les habitants de dormir ? La route cabossée ? C'est le maire qu'on appelle, parfois directement sur son portable. "On bosse six jours sur sept, entre huit et dix heures par jour et finalement personne n'est content. Il y a un manque de reconnaissance de tous les côtés", confie Claude Descamps, qui livre avoir ressenti "un grand sentiment d'abandon et un fort sentiment de culpabilité".
"On nous prend de haut"
La loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), votée en 2015, figure également sur le banc des accusés. Elle oblige les communes à procéder à des "fusions forcées", selon les mots de Philippe Laurent, secrétaire-général de l'AMF, c'est-à-dire le regroupement en intercommunalités aux compétences de plus en plus importantes. Une concentration qui permet aux petites communes de bénéficier de nouveaux services, mais qui met à mal la pertinence de l'échelon communal. Sans compter la multiplication des réunions. "Cette loi a donné des périmètres insupportables. Je connais une maire de l'Aveyron qui doit faire trois heures de voiture aller-retour pour une heure de réunion intercommunale. Elle a arrêté d'y aller", raconte Vanik Berberian, particulièrement remonté contre "la vision parisienne qui veut que plus c'est gros, mieux c'est".
Par ailleurs, la coopération avec les élus de plus grandes villes ne serait pas de tout repos. "On nous prend de haut", estime Philippe Rion. Dans bien des cas, les "petits maires" se font discrets lorsqu'ils assistent aux réunions de travail de l'intercommunalité. "Il n'y a que les grandes gueules qui parlent. C'est comme ça que les présidents des intercommunalités peuvent imposer leurs vues", abonde le président de l'AMRF, soulignant une forme de "complexe" des petits maires.
On laisse parler celui qui a eu plusieurs mandats, qui a plus d'expérience, devant lequel le préfet marque le plus de déférence.Vanik Berberian, président de l'AMRFà franceinfo
Une relation à l'État détériorée
La montée en puissance des intercommunalités se poursuit : l'Assemblée nationale a acté, fin juillet, le transfert de la compétence eau et assainissement aux intercommunalités. La goutte de trop pour Vanik Berberian, qui dénonce une gouvernance se passant des élus. "On nous avait annoncé un nouveau monde, beaucoup imaginaient que le changement de président allait apporter une nouvelle manière de faire de la politique. Un vrai désenchantement", critique-t-il.
Ultime vote ce jour d'une loi privant les communes d'une liberté fondamentale / protégeons ensemble la démocratie avec les @maires_ruraux https://t.co/4mOqlM7Bl3
— AMRF (@Maires_Ruraux) 31 juillet 2018
Pour les édiles, la suppression des emplois aidés ainsi que, surtout, celle de la taxe d'habitation ne passent pas. "Il y a une déception vis-à-vis de la relation que l'Etat impose aux communes", avance Vanik Berberian, soulignant que la légitimité et la responsabilité des maires passe par la collecte de l'impôt.
Le sentiment c'est qu'Emmanuel Macron est le président des villes. Le schéma qu'on voit venir, c'est la concentration des richesses sur quelques grandes métropoles.Philippe Laurent, président de l'AMFà franceinfo
Le président de l'AMRF affirme que "l'aristocratie de la haute administration" a du mal à saisir le quotidien des maires. Au moment de sa prise de parole devant Édouard Philippe lors de la conférence nationale des territoires, Vanik Berberian raconte n'avoir pu s'empêcher d'esquisser un sourire en pensant à ce qu'il faisait la veille : "Le Premier ministre devait être à 1 000 lieux d'imaginer que je débloquais une jeune fille coincée dans les toilettes publiques !", s'amuse-t-il. Philippe Rion abonde : "Je n'ai pas fait l'ENA, mais je sais gérer une commune !"
Vers un déficit de candidats en 2020 ?
Convaincus que mener le moindre projet "est trois fois plus compliqué qu'il y a trente ans", de plus en plus de maires jettent l'éponge, parfois proches du burn-out. "Quand je rentrais chez moi, je ne parlais plus", confie Philippe Rion, qui avoue, même si cela lui "fend le cœur", bien mieux dormir depuis sa démission. Son cas n'est pas isolé. La maire de Guérande (Loire-Atlantique), Stéphanie Phan Thanh, qui a démissionné début juin, explique dans son communiqué "s'être investie parfois au-delà de ses forces, au détriment de sa famille".
Honnêtement, je m'étonne qu'il n'y ait pas encore eu de suicide.Philippe Rion, ancien maire de Castillonà franceinfo
Tous s'inquiètent de plus en plus ouvertement de la disparition de la fonction, ou du moins de sa réduction "à l'état civil" et aux affaires "de voisinage". "Je ne sais pas si la finalité, ce n'est pas d'user les maires, de dégoûter tout le monde pour faciliter la disparition des communes", s'interroge Vanik Berberian. Déjà, lors des dernières municipales de 2014, certaines villes avaient peiné à trouver des volontaires. Sans pour autant régler le problème de fond : "Des candidats se sont présentés pour dépanner, en prévenant dès le départ qu'il ne fallait pas compter sur eux pour s'investir", raconte le président des maires ruraux. Une situation qui risque de ne pas s'améliorer lors des prochaines élections municipales, en 2020, où l'AMRF craint déjà un déficit de candidats.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Jeu 30 Aoû 2018, 21:01

Élections municipales : vers une pénurie de maires en 2020 ?
6Medias, publié le lundi 27 août 2018 à 17h30

Selon Les Échos, la crise des vocations chez les maires inquiète l'État et les associations locales. À tel point que plusieurs communes pourraient se retrouver sans maires lors de l'élection en 2020.
La situation est alarmante.

En quatre ans, le nombre de maires ayant abandonné leur poste a augmenté de 50 % par rapport à l'ancienne mandature. Une crise des vocations qui s'explique notamment par la baisse des dotations et la suppression de la taxe d'habitation qui engorgent les communes financièrement. Et c'est désormais au tour de l'État de s'inquiéter de la situation raconte Les Échos, mais également les associations d'élus locaux.

"Il y aura bien plus de communes dans cette situation la prochaine fois. Nous rencontrons une crise des vocations", indique d'ailleurs aux Echos Stéphane Béaudet, président de l'Association des maires d'Ile-de-France. "Cette situation" ? C'est celle qui fait écho à la commune de Gironde-sur-Dropt (Gironde). Une ville de plus de 1 000 habitants qui a failli se faire absorber par sa voisine puisqu'aucun candidat ne voulait se présenter (le maire sortant ayant décidé de jeter l'éponge).
renouvellement possible ?

Récemment, en mars dernier, c'est le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, qui disait stop. Une situation qui tend à se multiplier d'ici 2020, date des futures élections municipales. Le préfet de la Somme, lui, tire la sonnette d'alarme, chiffres à l'appui. Dans son département, il y a déjà eu "100 démissions sur 779 communes". Des abandons en plein mandat, qui pourraient être suivis de ceux en fin de mandat, car beaucoup arrêteront à la fin, affirme l'association des maires de France.
Difficultés financières donc, mais aussi des normes administratives qui ont complètement changé : les communes ne s'en sortent plus. Et les Échos de préciser que les maires sont aussi "dépossédés de leurs pouvoirs au profit des intercommunalités".

Les vocations seront toujours présentes, concède-t-on à l'AMF. Reste à savoir si l'effet de surprise portera toujours ses fruits chez les "jeunes premiers".
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coufsur

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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    Ven 31 Aoû 2018, 04:43

QUAND ALZHEIMER ATTEINT LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES MAIRES DE FRANCE.
Personne n'est à l’abri, même des personnes à hautes responsabilités .
https://youtu.be/gLzEg-CgI3I
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MessageSujet: Re: Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction    

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Forte vague de démissions chez les maires, de plus en plus "usés" par leur fonction
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