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 Dans la ville voisine de Montreuil - Les travailleurs maliens du foyer Bara

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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Dans la ville voisine de Montreuil - Les travailleurs maliens du foyer Bara   Jeu 27 Sep 2018, 04:18

2018

La présentation de certains articles est parfois, de par le choix des mots, proche de la "fake news": "Seine-Saint-Denis : un maire réquisitionne un bâtiment de l'État pour reloger des travailleurs migrants"...

Effectivement le maire de Montreuil - aussi appelé Bamako-sous-Bois du fait de la forte population malienne que compte cette ville - a réquisitionné un bâtiment de l'AFPA pour reloger les travailleurs immigrés majoritairement maliens qui logeaient au foyer Bara, foyer proche du métro Robespierre qui n'a pas dû être rénové depuis le milieu des années 1970...

Il ne s'agit pas de réfugiés ou de migrants mais bien de travailleurs immigrés, pour certains en France depuis des décennies, qui pour la plupart occupent des emplois qui nous arrangent bien comme par exemple l'entretien de certains immeubles à Fontenay...



Citation :
Seine-Saint-Denis : un maire réquisitionne un bâtiment de l'État pour reloger des travailleurs migrants

Orange avec AFP, publié le mercredi 26 septembre 2018 à 11h52

La mairie demande le relogement des résidents d'un foyer depuis 2013.

Le maire communiste de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, Patrick Bessac, a pris un arrêté de réquisition administrative du bâtiment de l'Agence de formation des adultes (Afpa), rapporte franceinfo mercredi 26 septembre. Il souhaite utiliser ces locaux inoccupés pour y reloger les résidents d'un foyer de travailleurs migrants.

Vendredi matin, Patrick Bessac avait pris un arrêté "d'extrême urgence pour risque grave de sécurité", rendant le foyer Bara -dans un état de "saleté repoussant"- inhabitable.

"Il y a des rats, ils dorment dans des chambres beaucoup trop petites, dans des couloirs, près des toilettes. C'est vraiment horrible," explique l'élu à franceinfo.

Le maire a donc pris une décision unilatérale, malgré plusieurs mois de négociations avec Matignon et la préfecture, car la situation n'évolue pas sur un dossier en cours depuis 2013. Une convention avait été signée cette année-là entre les services de l'État, la mairie et les gestionnaires du foyer pour reloger les résidents du foyer, détruire le bâtiment puis en reconstruire un autre. La municipalité assure proposer d'utiliser le bâtiment de l'Afpa depuis deux ans. Ce dernier est vide depuis 2015. Mais l'État envisage d'y transférer le tribunal administratif de Montreuil. Un projet qui ne devrait pas aboutir avant 2024.
https://actu.orange.fr/france/seine-saint-denis-un-maire-requisitionne-un-batiment-de-l-etat-pour-reloger-des-travailleurs-migrants-magic-CNT0000016Oczv.html
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a.nonymous



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MessageSujet: Dans la ville voisine de Montreuil - Les travailleurs maliens du foyer Bara   Jeu 27 Sep 2018, 05:35

Le titre du Monde est plus pertinent que le titre de la dépêche AFP relayée par Orange ci-dessus...

Citation :
Le maire de Montreuil réquisitionne des bureaux vides pour y loger des travailleurs immigrés

LE MONDE | 26.09.2018 à 15h25 • Mis à jour le 26.09.2018 à 18h28 | Par Isabelle Rey-Lefebvre

Dès 6 heures du matin, mercredi 26 septembre, Patrice Bessac, le maire (PCF) de Montreuil, et 150 travailleurs immigrés ont investi le vaste immeuble de l’Agence pour la formation professionnelle des adultes (AFPA). Pour être dans la légalité, l’édile a pris soin d’alerter la préfecture de Seine-Saint-Denis et de publier un arrêté pour réquisitionner ce vaste bâtiment des années 1970, inoccupé depuis plusieurs années et qui appartient à l’Etat.

Les services de la ville ont promptement installé des blocs sanitaires, des toilettes et une cuisine. Les nouveaux occupants sont pour la plupart des travailleurs maliens logés parfois depuis des dizaines d’années au foyer Bara de Montreuil, un haut lieu de la communauté malienne francilienne, avec son marché, ses coiffeurs, son restaurant, qui sert 1 200 repas par jour à prix imbattables, aux résidents et à toutes les familles installées dans les parages.

Prévu pour 150 personnes, le foyer géré par Coallia en héberge plus de 400 dans des chambres étriquées et le long des couloirs dans des lits pliants, moyennant 140 euros par mois. Le maire de la ville a passé une nuit dans ce bâtiment qui s’est fortement dégradé ces derniers mois. « C’est indigne, sale, avec des rats, et même dangereux, s’insurge M. Bessac. Il y a urgence à évacuer ! L’Etat se comporte en marchand de sommeil. »

« C’est une insulte », rétorque Jean-François Carenco, qui préside depuis peu Coallia (ex-Aftam), cette association créée en 1962 et qui gère vingt-trois foyers de migrants. « Patrice Bessac a certes raison sur le fond, mais instrumentalise nos résidents. Il refuse de concéder un terrain qui lui appartient dont nous avons besoin pendant deux ans pour accueillir des Algeco et loger les résidents le temps de rénover le foyer Bara. Je vais demander que l’Etat réquisitionne le terrain », tonne M. Carenco. Cet ancien préfet de la région Rhône-Alpes puis d’Ile-de-France, connu pour son énergie et son franc-parler, a été placé là pour reprendre en main Coallia.

Depuis 2013, ce foyer fait l’objet d’une réhabilitation et d’une opération de desserrement, mais l’opération est aujourd’hui à l’arrêt. « Nous avons signé en 2013 un protocole. La municipalité a fait sa part du boulot et même plus, nous avons cédé des terrains, négocié avec une entreprise pour en acquérir un autre. A l’Etat de faire son job », s’emporte le maire, justifiant ainsi son coup d’éclat. Deux nouveaux foyers édifiés sur des terrains municipaux ont déjà ouvert en 2016 et deux autres sont en construction avec plusieurs mois de retard. Mais la rénovation du foyer Bara est bloquée tant que les occupants ne sont pas provisoirement relogés.

Depuis trois ans, Etat et mairie avaient identifié cet immeuble de l’AFPA qui, pour un coût modéré (1,5 million d’euros), peut être transformé en foyer. « Pourquoi l’Etat a-t-il changé d’avis ?, s’interroge le maire. Notre terrain est petit, situé dans le Haut-Montreuil, loin des transports et exige deux fois plus d’argent pour être viabilisé. Il faut maintenant se détendre, prendre sa tisane et se mettre autour de la table. »

Dans l’attente, CRS et gendarmes ceinturent l’immeuble, empêchant tout ravitaillement, tandis que la municipalité appelait à un rassemblant populaire en fin d’après-midi. Cela promet un face-à-face intéressant, sans tisane au menu.
https://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2018/09/26/bras-de-fer-entre-la-mairie-de-montreuil-et-la-prefecture-de-la-seine-saint-denis_5360575_3224.html
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Dans la ville voisine de Montreuil - Les travailleurs maliens du foyer Bara   Ven 28 Sep 2018, 12:10

Au risque d'être incompréhensible pour certains, j'approuve ponctuellement quand notre maire soutient l'action du maire de Montreuil pour un relogement décent des travailleurs maliens du foyer Bara dont certains sont en France depuis des décennies....

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Salamandre

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MessageSujet: Re: Dans la ville voisine de Montreuil - Les travailleurs maliens du foyer Bara   Ven 28 Sep 2018, 18:34

Citation :
Prévu pour 150 personnes, le foyer géré par Coallia en héberge plus de 400 dans des chambres étriquées et le long des couloirs dans des lits pliants, moyennant 140 euros par mois.

Une fois rénové, il est douteux que le foyer Coalla "prévu pour 150 personnes" puisse reloger correctement les 400 qui s'y trouvaient. Les 250 autres vont-elles rester à l'AFPA ? Où sinon ?

Pour 140 euros par mois, combien peut-on espérer de m2 (en bon état) en proche banlieue ?
Si les locataires refusent une augmentation de loyer, cas fréquent dans les logements sociaux, qui va payer ? Les maires réquisitionnent, manifestent plus souvent qu'ils ne paient à la hauteur des besoins.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Dans la ville voisine de Montreuil - Les travailleurs maliens du foyer Bara   Ven 28 Sep 2018, 22:21

Salamandre a écrit:
Une fois rénové, il est douteux que le foyer Coalla "prévu pour 150 personnes" puisse reloger correctement les 400 qui s'y trouvaient. Les 250 autres vont-elles rester à l'AFPA ? Où sinon ?

Pour 140 euros par mois, combien peut-on espérer de m2 (en bon état) en proche banlieue ?


Sachant toutefois que "culturellement" les besoins ne sont pas les mêmes pour 400 africains que pour pour 400 étudiants européens...

Montreuil dispose déjà d'une expérience avec le foyer du Nouveau Centenaire qui a succédé au foyer du Centenaire....



Citation :
A Montreuil, un foyer en habitat social et solidaire
Publié le 12 septembre 2017 | Caroline Trouillet Caroline Trouillet

Inauguré en grande pompe le 8 avril 2016, avec la Ministre du Logement et l’Habitat durable Emmanuelle COSSE, le Nouveau Centenaire est, ainsi, une première expérience d’habitat relogeant des travailleurs immigrés suivant un système bien rodé de cogestion. Pensé avec l’association Pour Loger, sous l’impulsion de la municipalité de Dominique Voynet (2008-2014), et les habitants eux-mêmes, structurés en l’association Nouvelle France, cet habitat social intelligent est le fruit d’une longue histoire.

A gauche, Mundo Montreuil. Façade toute de bois, 4 étages et toit-terrasse, vaste espace de travail pour une dizaine d’associations, coopératives, entrepreneurs sociaux engagées en faveur du progrès sociétal. A droite, séparé par une large cour, le Nouveau Centenaire. Le bâtiment ressemble à s’y méprendre à un foyer de travailleurs migrants transformé en résidence sociale, pourtant plusieurs éléments interpellent le regard, lorsqu’on est habitué aux standards de ces habitats rénovés. Sur la vitre du bureau d’accueil, un grand « Bienvenue chez vous » multicolore est peint, au-dessus d’un potager où légumes et plantes aromatiques s’épanouissent. Passant la porte d’entrée, un vaste espace se dévoile, nous guidant naturellement vers un bar associatif où une exposition retraçant l’historique du lieu habille les murs. Et ce n’est qu’un début, car à chacun des six 6 étages,  les codes de la résidence sociale auxquels les réhabilitations de foyers de travailleurs migrants nous avait habitués, respectant une réduction des espaces collectifs au profit de logements strictement individuels, sont bousculés.


35 années de lutte pour un logement

Ville au passé ouvrier, surnommée « Mali sous-bois », Montreuil est une banlieue d’ancrage privilégiée, depuis les années 1970, par les travailleurs du cercle de Yélimané [ https://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_Yélimané ]. Ainsi, selon la Mairie, entre 6 000 et 10 000 immigrés maliens y vivent en 2005. Marcel Dufriche, maire de la commune entre 1971 et 1984, serait l’un des artisans de ce lien privilégié. « Spécialiste des questions coloniales » au sein de la CGT, l’homme s’est lié d’amitié, lors de ses différents voyages, avec Modibo Keïta, premier président de la République du Mali. En 1985, son successeur Jean Pierre Brard signe une coopération décentralisée avec le cercle de Yélimané. Cette histoire d’accueil est aujourd’hui marquée par les huit foyers de travailleurs migrants que compte à elle seule la ville.

Mais le Centenaire, lui, n’a jamais été de ces foyers officiels, gérés par les entreprises et associations Adoma, Adef et Coallia. Il émane d’une organisation collective d’autogestion, construite dans l’adversité. Son histoire remonte à 1980, lorsque 600 travailleurs migrants du foyer Léon Gaumont, situé à la Porte de Montreuil [ à l'emplacement de l'actuel magasin Decathlon ], sont évacués suite à la démolition de ce site, insalubre. 200 d’entre eux négocient d’être relogés dans le foyer qui doit être reconstruit au même endroit. En attendant, ils sont hébergés dans des baraquements en préfabriqué, sur un terrain vague du haut Montreuil, rue de la Nouvelle France. Ce provisoire ne devait durer que deux ans, il sera leur quotidien pendant 15 années, pourtant. En effet, le Maire d’alors, Jean Pierre Brard, abandonne le projet de reconstruction du foyer, et propose des relogements aléatoires aux hommes, visant leur dispersion en Ile-de-France. Ces propositions sont rejetées en masse par les habitants, qui restent dans la précarité, rue de la Nouvelle France, jusqu’à un matin de mars 1995, où 200 CRS les expulsent suite à un arrêté préfectoral d’insalubrité. S’ensuit un an d’errance dans les rues du Bas Montreuil :

«  Le doyen à l’époque a demandé si on voulait rester ensemble dans notre lutte, et tout le monde était d’accord. Donc on s’est installé devant la Poste, la mairie puis la Bourse du travail. Le Maire a envoyé ses chiens. La Maison Verte nous a accueillis ensuite trois mois, avant qu’on se retrouve encore devant la mairie, d’où on nous a évacués. Beaucoup de montreuillois nous ont soutenus, il y avait même le Président de SOS Racisme. Le comité de soutien s’est formé à ce moment-là. On est partis rue Emile Zola, et on nous a envoyé les CRS. Puis rue de la République. Deux personnes du comité de soutien ont finalement trouvé ce lieu, rue du Centenaire » racontait Bakary Sissoko, en 2015, depuis cette même rue du Centenaire où leur chassé-croisé a donc pris fin en 1996. Le groupe squatte un ancien entrepôt dont le propriétaire, sensible à leur cause, leur fait signer un bail. C’est à cette époque qu’ils constituent l’association Nouvelle France, s’organisant pour vivre le plus décemment possible dans le lieu, qu’ils font fonctionner pendant 10 ans comme un foyer informel et autogéré. Des dortoirs sont improvisés, libérés le soir pour que la grande salle commune serve de restaurant, les décisions sont prises de manière collégiale, avec un délégué pour chacun des 5 cantons représentés dans le foyer, et 30 % des habitants sont par ailleurs syndiqués.

En 2008, la Maire nouvellement élue, Dominique Voynet, visite le Centenaire et s’engage à rompre le calvaire des habitants en leur trouvant une solution de relogement digne. La rigueur et la cohésion avec laquelle les habitants du Centenaire se sont organisés et adaptés à leur précarité quotidienne, optimisant au mieux leurs espaces, refusant tout nouveau entrant, leur valent le soutien renouvelé de la communauté montreuilloise. Aussi, en 2009, avec l’aval de la préfecture de Seine-Saint-Denis, l’association Pour Loger est missionnée par la Mairie, après un appel d’offre, pour réaliser un diagnostic social du Centenaire. « Personne ne les croyait ici » confie Bakary, « mais Pour Loger a dit ‘on ne vous lâchera pas’. On a seulement commencé à y croire au moment de l’enquête sociale ». Et pour une fois dans l’histoire du Centenaire, les promesses ont été tenues. Car sept ans plus tard, les 200 hommes déménagent dans une résidence sociale respectueuse de leurs besoins : le nombre et le type de logements, l’équilibre entre espaces privatifs et collectifs, la circulation et les usages, les matériaux et les volumes, le choix du mobilier et des équipements, le fonctionnement et la répartition des rôles, l’organisation interne, tout ceci a été le fruit d’une relation dont les termes sont ceux d’un véritable partenariat, et non d’une consultation.

« Nous avons l’habitude de travailler dans des lieux dont personne ne veut s’occuper » reconnait Marie-France Vaurès, directrice de Pour Loger, association spécialiste en relogement des squats. Pendant six années, cette militante d’une cinquantaine d’années, caractère bien trempé, a pris son temps pour comprendre le fonctionnement démocratique et social du collectif et imaginer une solution de logement dans la continuité de ce qu’ils avaient construit au terme de 30 années. Et n’a jamais compté les heures pour se faire. Un respect mutuel, une relation exigeante de partenariat se dévoile ainsi lorsqu’on les croise ensemble, dans les ruelles du Nouveau Centenaire, et l’amitié s’invite volontiers, même, on le devine, à une main sur l’épaule.


Centenaire, le nouveau. Du « sur mesure » aux normes

« Attention, c’est le premier et dernier Centenaire à Montreuil », avait prévenu le préfet de Seine-Saint-Denis à la Mairie après avoir donné son soutien pour la construction du projet. La résidence a ainsi couté 7 millions d’euros, répartis entre la Région, la Préfecture (sur du crédit logement) et la Mairie, qui a donné quasi gracieusement le terrain actuel sur lequel s’est érigé le Nouveau Centenaire. Car, défini dans une concertation exigeante entre l’OPHM (Office Public de l’Habitat de Montreuil) l’architecte, Pour Loger, et les habitants, le projet du Nouveau Centenaire est rapidement écrit sous la forme d’une cogestion. Format qui n’est pas conforme aux directives de l’Etat émises dans le plan de traitement des foyers de travailleurs migrants, où le logement strictement individuel est préconisé.

Sortes de colocations, 22 « unités de vie » hébergent dans la résidence 3 à 11 résidents, lesquels partagent un grand salon, une cuisine et une salle de bain. Dans ce cas, la chambre individuelle, de 12m², est à 312 euros, celle à deux, de 17 m² et à 253 euros. Mais aussi, conformément aux besoins exprimés par une partie des habitants d’avoir un logement complètement autonome, lorsqu’ils pouvaient en supporter le coût, 12 studios existent dans la résidence. D’une surface de 16 m², leur redevance est de 365 euros. Des prix largement en dessous des moyennes dans les résidences sociales Adoma ou Coallia, sachant qu’au Nouveau Centenaire les services comprennent l’accès à une grande cuisine collective pour chaque étage, à une salle de réunion, un bureau associatif, une laverie, un bar et une bagagerie.

Le principe de co-gestion respecte une répartition claire du rôle de chacun. Pour Loger s’occupe, à la demande des habitants, de l’aspect administratif et financier. Autrement dit, gérer les redevances, le paiement des charges et fluides, et assurer son rôle d’employeur, car l’association salarie quatre personnes, une assurant les permanences et l’accueil, un homme pour la gestion et le gardiennage, et deux autres sur du ménage, nettoyage et maintenance. Ces deux derniers étant habitants eux-mêmes du Centenaire, choisis par le collectif pour leurs compétences.

L’association Nouvelle France, quant à elle, est l’entité représentante de l’ensemble des résidents. Son conseil d’administration est ainsi formé des délégués de chaque canton. Elle, gère, en lien avec Pour Loger,  les différents aspects de la régulation interne, des rapports sociaux au sein de la résidence. Ainsi, lorsqu’il y a un impayé, chaque canton le gère en interne, avant qu’il n’y ait contentieux. Le respect des usages de l’ensemble des parties communes : collectives (laverie, salle polyvalente, bar accueil,..) ou semi collectives (cuisine d’étage, salons partagés,..) sont également de leur ressort, comme l’entretien des espaces et équipements, privatifs et collectifs. L’argent de la laverie et du bar associatif sont ainsi gérés par la caisse de l’association.

La répartition des habitants dans la résidence a elle aussi été définie par les habitants eux-mêmes, en respect de leur organisation collective. Ainsi, chaque bâtiment correspond à un canton, et les chambres à chaque étage sont également réparties et habitées suivants des logiques familiales. Mais cette répartition répond aux besoins individuels, puisque la répartition actuelle est en respect des souhaits émis par les habitants face à Pour Loger, en dehors du groupe, au moment du diagnostic social.

Plusieurs fonctionnements solidaires sont également comptabilisés dans le fonctionnement de la résidence. Ainsi, des chambres navettes, financées par les cotisations de tous les résidents, permettent aux « anciens » de passage en France de loger au Nouveau Centenaire. Conçus pour 11 personnes, ces espaces sont un temps de repos pour les retraités qui viennent effectuer leurs démarches administratives, ou visiter la famille. Ils restent le temps qu’ils souhaitent, finançant 80 euros de leur poche par mois pour participer aux frais d’entretien et aider l’association Nouvelle France.

« Comme nous sommes social, il y a beaucoup de réflexions » explique Yéli Doucouré, vice-président de Nouvelle France. Lui qui revient de quatre mois au Mali nous explique le système d’entraide mis en place pour que ces absences ne pèsent pas trop sur certains budgets « Nous tous nous allons en vacances plusieurs mois au pays, et on doit payer le loyer avant de partir. Chacun mets 200 euros sur la caisse de Nouvelle France. Si je pars deux mois au pays, la caisse me paye l’autre mois, si je pars trois mois, on me finance 2 mois etc. On n’a pas réussi à appliquer ce système d’entraide à tout le foyer parce que tout le monde n’adhère pas, mais un canton l’a tout de même appliqué ».

Mais solidarité rime aussi avec respect des règles et du contrat social. Sur la question, toujours épineuse, de la surocupation notamment, des limites sont clairement posées. 60 personnes surnuméraires sont hébergées sans bail dans la résidence, sur des lits pliants disposées dans certaines chambres. Rapidement, ils devraient devenir résidents en titre, et les chambres se convertiront ainsi en chambres doubles. « Dans chaque chambre il y a un lit pliant en plus. Par exemple, mon grand frère est avec un cousin. Un autre cousin est avec son fils. Son petit frère est avec le fils de mon cousin, comme ce sont des frères. Un autre cousin est dans la chambre avec le petit frère de mon cousin. Le garçon qui faisait les repas dans l’ancien Centenaire, c’est le seul étranger parmi nous. Il vient de Côte d’Ivoire, mais avec son sérieux, son honnêteté, on lui a dit de venir avec ma famille, parce que mon grand frère est le doyen ».

Ces personnes ont toutes été identifiées dans une liste que les autorités publiques, ville et sous-préfecture, ont signée. Par ailleurs, une liste d’attente existe pour les proches des résidents. Cinquante personnes, souvent en déplacement, qui avaient besoin d’une adresse pour recevoir leur courrier, ont été domiciliées également à la résidence. Mais en dehors de ce cadre, aucun nouvel arrivant n’est admis : « On n’a pas voulu autoriser la sous-location par exemple lorsqu’il y a des départs au pays, des absents, parce que la surpopulation commence comme ça. Et on ne sera plus dans la norme. Déjà, à l’ancien Centenaire, on était carré, il n’y avait pas de nouveaux venus, sauf des personnes très proches comme mon fils. Mais quelqu’un qui vient d’Espagne et qui ne connait personne par exemple, non » explique Yéli.

Ce système n’est pourtant pas au goût de tous les résidents, et depuis l’ouverture du Centenaire en printemps 2016, des conflits s’enracinent au sein du collectif sur les termes de la cogestion.

« Peut-être va-t-on se rendre compte que les prix ne sont pas assez chers », reconnait même Marie-France, 6 mois après l’ouverture du lieu, questionnant l’équilibre financier du projet.

Reportage réalisé en septembre 2016
http://africultures.com/a-montreuil-foyer-habitat-social-solidaire/
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Dans la ville voisine de Montreuil - Les travailleurs maliens du foyer Bara   Sam 20 Oct 2018, 10:51

Il serait intéressant de dresser le bilan de l'héritage de Cécile Duflot...


Citation :
Montreuil : les Bara vont devoir quitter l’Afpa
Hélène Haus| 19 octobre 2018

Les migrants du foyer Bara vont devoir quitter les anciens locaux de l’Afpa à Montreuil d’ici samedi prochain. Le tribunal administratif de Paris a donné raison, vendredi soir, à l’Etat en suspendant l’exécution de l’arrêté pris par Patrice Bessac, le maire (PCF) de Montreuil.

Le 26 septembre, l’édile avait réquisitionné les locaux vacants de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes, place du Général-De-Gaulle, afin d’y reloger les travailleurs migrants du foyer Bara, une résidence dans un état d’insalubrité avancé.

Le tribunal « enjoint à tous les occupants présents sur le site d’évacuer ces locaux, d’enlever tous les matériels entreposés et de remettre les lieux en état, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance », a indiqué la préfecture de Seine-Saint-Denis dans un communiqué.

« Même si je prends acte des décisions du tribunal administratif de Paris, ce soir, j’ai mal pour mon pays et pour ses institutions qui décident de mettre des centaines de travailleurs à la rue, ferment les yeux sur les conditions de vie indignes et dangereuses de centaines d’autres et laissent des milliers de mètres carrés vides en attendant des projets qui ne verront le jour que dans six ans », a réagi Patrice Bessac dans un communiqué.

Le foyer était frappé depuis le 21 septembre d’un arrêté municipal d’extrême urgence rendant les lieux inhabitables. L’élu avait décidé de prendre cet arrêté quelques jours après la journée portes ouvertes organisée par les résidents pour montrer l’insalubrité qu’ils subissaient au quotidien.

Un protocole signé en 2013 avec la ministre du Logement de l’époque, Cécile Duflot, prévoit pourtant la destruction et reconstruction complète de ce foyer abritant plus de 250 personnes. Mais pour cette opération qui nécessite le relogement temporaire des locataires, aucun site n’avait été trouvé.

Vendredi soir, Patrice Bessac à appeler « toutes les parties d’accepter de renouer le dialogue au plus vite » et annoncé faire appel de la décision de justice. Un appel qui ne sera cependant pas suspensif.
http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/montreuil-les-bara-vont-devoir-quitter-l-afpa-19-10-2018-7923672.php
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