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 Canulars en tout genre - Publications scientifiques

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Basilics

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MessageSujet: Canulars en tout genre - Publications scientifiques   Ven 05 Oct 2018, 06:07

« Culture du viol chez les chiens » : un vaste canular trompe des revues scientifiques américaines
Reprenant les codes des « études de genre », trois Américains sont parvenus à faire publier des articles totalement farfelus dans les revues les plus en vue du domaine.
LE MONDE | 04.10.2018 à 17h04 | Par Pierre Barthélémy

Peter Boghossian et James Lindsay sont de petits farceurs. En 2017, ces deux Américains – le premier enseigne la philosophie à l’université d’Etat de Portland (Oregon), le second, titulaire d’un doctorat en mathématiques, est essayiste – avaient piégé la revue Cogent Social Sciences en lui faisant publier une pseudo-étude tendant à montrer que le pénis ne devait pas être considéré comme l’organe masculin de la reproduction mais comme une construction sociale. Au fil de cet article, que ses auteurs décrivirent ensuite comme « un papier de 3 000 mots d’inepties totales se faisant passer pour de l’érudition universitaire », on caricaturait certaines études de genre en expliquant notamment que le pénis était la source d’une culture du viol, y compris du viol de la nature, et donc en partie responsable du réchauffement climatique…

Ce canular, assez facile car dirigé contre une revue de peu d’envergure, a donné des idées à Peter Boghossian et James Lindsay, qui ont décidé de pousser la farce un cran plus loin, avec l’aide d’Helen Pluckrose, la rédactrice en chef d’Areo. Cette revue en ligne a publié, mardi 2 octobre, un long article signé des trois comparses expliquant comment, depuis un an, ils étaient passés, avec un certain succès, à la phase industrielle du canular en sciences humaines et sociales, rédigeant vingt études bidon en l’espace de dix mois et les soumettant à des revues plus réputées que Cogent Social Sciences.

Les journaux ciblés publient essentiellement des travaux sur les questions du genre, de la sexualité, de l’identité ou de l’origine ethnique, un champ d’étude que Boghossian, Lindsay et Pluckrose estiment « corrompu », au sens où l’idéologie y aurait pris le pas sur la recherche de la vérité. Selon ce trio, ces disciplines sont gangrenées par une culture du « grief », c’est-à-dire une obsession à attribuer les discriminations dont souffrent certaines personnes (en raison de leur sexe, de la couleur de leur peau ou de leur orientation sexuelle) aux machinations d’un groupe dominant – les hommes blancs hétérosexuels, pour schématiser.
Les trois auteurs se sont donc glissés dans le moule qu’ils critiquent, s’imprégnant des notions, du vocabulaire et des codes de ces « études de grief » et flattant « les préconceptions idéologiques des éditeurs », comme l’écrivait le physicien Alan Sokal après son retentissant canular de 1996.
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Basilics

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MessageSujet: Re: Canulars en tout genre - Publications scientifiques   Ven 05 Oct 2018, 06:08

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Seules six études rejetées
Le bilan de l’expérience est à la fois édifiant et inquiétant. Sur les vingt études en question, seulement six ont été rejetées. Sept autres ont été acceptées pour publication – quatre d’entre elles sont effectivement parues et trois autres étaient sur le point de l’être quand les auteurs sont sortis du bois –, et les sept dernières étaient en cours de révision/correction.
Les articles publiés flirtent souvent avec le grotesque. L’un d’eux met ainsi en scène une chercheuse inventée étudiant, dans les parcs canins, la culture du viol chez les chiens et se demandant s’il est possible de réduire les tendances aux agressions sexuelles des hommes en les dressant comme on dresse leurs compagnons à quatre pattes. L’étude a été publiée par Gender, Place & Culture et l’un de ses relecteurs a écrit à son sujet : « C’est un papier merveilleux, incroyablement novateur, riche en analyses et extrêmement bien écrit et organisé », etc. Autre exemple, une étude parue dans Sexuality & Culture, qui encourage les hommes hétérosexuels à s’introduire des godemichés dans l’anus pour faire baisser leur homophobie… Un des reviewers s’est enthousiasmé pour ce « travail », assurant qu’il s’agissait d’« une contribution incroyablement riche et passionnante à l’étude de la sexualité et de la culture, et en particulier l’intersection entre masculinité et analité ». Sic.

« Nous n’aurions pas dû pouvoir publier l’un de ces si mauvais articles dans un journal, encore moins sept », écrivent Boghossian, Lindsay et Pluckrose, qui soulignent à quel point le sacro-saint système de relecture par les pairs est inopérant dans ce domaine. Ils révèlent d’ailleurs avoir été sollicités à quatre reprises pour relire et évaluer les articles de véritables chercheurs. Ils ont décliné de le faire pour des raisons éthiques. Le compte rendu de leur canular dans Areo se termine par un appel « aux plus grandes universités à commencer un examen méticuleux de ces domaines d’étude (…) de façon à séparer les spécialistes et les disciplines qui produisent du savoir de ceux qui produisent du sophisme constructiviste ». Bref à renouer avec la méthode scientifique.

Reste à savoir quel impact réel ces révélations auront dans le monde universitaire. Sociologue au CNRS et lui-même coauteur d’un canular en 2015, Arnaud Saint-Martin s’avoue « partagé » quant au travail des trois Américains. « On sait qu’un certain nombre de disciplines sont infectées par du “bullshit”, dit-il. Ce qu’ils ont fait est très construit, avec une méthodologie où l’on teste un certain nombre de choses avec joie. Mais on peut se demander qui est l’adversaire, s’il est si puissant, si présent que cela. Ils ne donnent pas de noms, pas de départements universitaires, pas de colloques-phares… »
Autre interrogation : l’affaire ne risque-t-elle pas d’avoir des effets délétères sur les chercheurs qui travaillent sérieusement sur les discriminations ? « Il existe un anti-intellectualisme rampant aux Etats-Unis, et cela peut donner des arguments béton à l’“alt-right” », analyse Arnaud Saint-Martin. Quand on ose ce genre de canular pour redonner une santé à la science, on risque aussi d’aider ceux qui la combattent.

https://lemonde.fr/sciences/article/2018/10/04/culture-du-viol-chez-les-chiens-un-vaste-canular-trompe-des-revues-scientifiques-americaines_5364706_1650684.html
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Canulars en tout genre - Publications scientifiques   Ven 05 Oct 2018, 09:20

Basilics a écrit:
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Les journaux ciblés publient essentiellement des travaux sur les questions du genre, de la sexualité, de l’identité ou de l’origine ethnique, un champ d’étude que Boghossian, Lindsay et Pluckrose estiment « corrompu », au sens où l’idéologie y aurait pris le pas sur la recherche de la vérité. Selon ce trio, ces disciplines sont gangrenées par une culture du « grief », c’est-à-dire une obsession à attribuer les discriminations dont souffrent certaines personnes (en raison de leur sexe, de la couleur de leur peau ou de leur orientation sexuelle) aux machinations d’un groupe dominant – les hommes blancs hétérosexuels, pour schématiser.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Canulars en tout genre - Publications scientifiques   Mar 09 Oct 2018, 02:15

Et en France...

Citation :
Paris, 3 octobre 2018
Méconduite scientifique : le CNRS prononce des sanctions à l'encontre de deux directeurs de recherche

Le CNRS a conduit ces derniers mois deux nouvelles procédures disciplinaires pour méconduite scientifique envers deux directeurs de recherche du CNRS. Patrice Dunoyer a été sanctionné d'un abaissement d'échelon et Olivier Voinnet d'un blâme.

Ces deux nouvelles procédures disciplinaires pour méconduite scientifique ont concerné Olivier Voinnet, directeur de recherche au CNRS, actuellement en détachement à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (Suisse), et Patrice Dunoyer, directeur de recherche au CNRS, en détachement auprès du secrétariat général de la province sud de la Nouvelle-Calédonie. Ces procédures font suite à la mise en place d'une commission d'enquête scientifique qui a examiné de manière approfondie les pratiques et les démarches scientifiques des deux chercheurs.

Ces deux scientifiques avaient déjà fait l'objet d'une procédure disciplinaire en 2015. Suite aux manquements alors identifiés, les auteurs avaient publié des correctifs concernant les articles incriminés. Les deux procédures de 2018 portent sur certains de ces correctifs, ainsi que sur de nouvelles publications.

L'enquête a établi qu'avaient été envoyés aux revues scientifiques plusieurs correctifs incomplets dans lesquels n'étaient pas corrigées des images précédemment manipulées et qui contenaient au moins une nouvelle manipulation d'image. Ces manquements, qui relèvent de la méconduite scientifique, ont porté atteinte à l'image du CNRS et, plus largement, à la communauté scientifique dans son ensemble.

Suite à un examen approfondi des pratiques et des démarches scientifiques des deux chercheurs, le conseil de discipline a considéré que la responsabilité de Patrice Dunoyer était avérée dans ces nouvelles méconduites scientifiques. S'agissant d'Olivier Voinnet, sa participation active à la fabrication des correctifs incriminés n'a pas été établie ; toutefois, la direction du CNRS a estimé qu'il ne pouvait s'abstraire de sa responsabilité de chef de groupe.

Sur décision du président-directeur général du CNRS, Patrice Dunoyer a été sanctionné d'un abaissement d'échelon et Olivier Voinnet d'un blâme.
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/5708.htm


Dernière édition par a.nonymous le Mar 09 Oct 2018, 02:21, édité 1 fois
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Canulars en tout genre - Publications scientifiques   Mar 09 Oct 2018, 02:21

Toujours en France...

Citation :
Le rapport accablant contre l'ex-patronne du CNRS
Anne Jouan, publié le 08/10/2018

L'Express révèle que le CEA a commandé un rapport évaluant les travaux d'Anne Peyroche qui a conclu à des fraudes scientifiques.

L'ancienne présidente par intérim du CNRS, le plus grand organisme public de recherche française et ex-conseillère au ministère de la Recherche, Anne Peyroche, a-t-elle signé des articles dans lesquels des données ont été trafiquées ? Pour l'Académie des Sciences, la réponse est claire : oui.  

A moins de 50 ans, cette spécialiste en biologie cellulaire est une étoile montante de la recherche hexagonale. Ancienne élève de l'Ecole Normale supérieure de Cachan (promo 91), elle est reçue major à l'agrégation de biochimie en 1994. Cinq ans plus tard, elle soutient une thèse de doctorat avant d'entrer au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). En 2010, elle reçoit des mains de la Nobel Françoise Barré-Sinoussi le prix Irène Joliot-Curie de la "scientifique de l'année" décerné à "une jeune femme qui se distingue par un parcours et une activité exemplaire".

Une distinction alors assortie de la somme de 10.000 euros. En 2013, Anne Peyroche devient directrice adjointe du laboratoire de génétique moléculaire du CEA et, l'année suivante, elle intègre le secrétariat d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la recherche de Geneviève Fioraso comme conseillère en charge, justement, de la recherche. Toujours sous la tutelle du CEA, elle a été mise à la disposition du CNRS.

Mais cette carrière fulgurante s'est arrêtée subitement en début d'année alors qu'Anne Peyroche était pressentie pour prendre la tête du CNRS après son intérim. Quelques temps avant, le site Pub Peer [ https://pubpeer.com/ ], connu pour dénoncer des fraudes scientifiques, avait relevé des images retouchées dans ses publications, laissant supposer que les données avaient été bidouillées. Après ces révélations, ses chances de prendre la tête du CNRS se sont envolées. Or, grâce au rapport que nous révélons, on découvre que le CEA avait demandé à l'Académie des Sciences d'enquêter sur le dossier. Pour autant, depuis mai, il a tenu secret ce travail très critique envers sa salariée.

Nous nous sommes procurés le courrier envoyé le 3 mai dernier en recommandé par Jean-François Bach, secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie des Sciences, à l'administrateur général François Jacq ainsi qu'au haut-commissaire Yves Brechet et au directeur du CEA Vincent Berger (patron de la recherche fondamentale). "Le CEA m'a mandaté il y a quelques mois pour présider un comité d'audition chargé d'examiner cinq articles publiés par Anne Peyroche. Ces articles avaient fait l'objet d'allégations d'inconduite scientifique sur le site Pub Peer. Le comité avait la mission d'analyser la réalité de ces allégations et de rencontrer de façon contradictoire les principaux auteurs des articles. Le comité s'est réuni à cinq reprises et vient de terminer son rapport que vous trouverez ci-joint". Bach ajoute qu'il n'a pas été possible d'auditionner la mise en cause "pour des raisons médicales", en l'occurrence, une hospitalisation pour burn-out.

Le "rapport d'étape sur 5 articles publiés de Madame Anne Peyroche" de l'Académie compte 31 pages [ https://www.scribd.com/document/390384581/L-ex-patronne-du-CNRS-accusee-de-fraude-scientifique-par-l-Academie-des-Sciences ]. Les "inconduites scientifiques" comme l'écrivent joliment les académiciens pour parler d'anomalies sont "classées en cinq niveaux de gravité croissante", allant de "l'embellissement" à la "fabrication de résultats" en passant par la "manipulation" et la "falsification". Les simples erreurs traduisant "un certain niveau de négligence, voire d'incompétence" ne sont pas prises en compte. Or dans cinq articles signés par Anne Peyroche entre 2001 et 2011, l'Académie relève en tout 22 inconduites dont 6 falsifications de niveau 4.  

Page 31, les académiciens notent : "Le problème se pose de savoir si certains de ces articles devraient faire l'objet d'un erratum ou d'une rétraction. C'est, selon l'avis du comité d'audition, le cas des articles de 2003, 2007 et 2009. Pour conclure, il paraît peu douteux que des inconduites difficilement acceptables aient été commises dans la rédaction des cinq articles incriminés. La responsabilité partielle ou totale de Madame A. Peyroche apparaît clairement (...)".

Malgré la gravité de ces conclusions, les directions du CNRS et du CEA ont décidé d'enterrer le rapport de l'Académie des Sciences. Cette attitude suscite colère et incompréhension de certaines huiles des deux organismes mais aussi à l'Académie des Sciences, d'ordinaire très feutrée, sidérée que l'on ait pu s'asseoir sur un rapport portant des accusations de fraude aussi lourdes. Selon nos informations, Daniel Verwaerde, l'ancien administrateur général du CEA, commanditaire du rapport, avait décidé de mettre Anne Peyroche à la porte.

Mais son successeur, François Jacq, récipiendaire du travail des académiciens, n'a pas donné suite. Il faut ajouter que Frédérique Vidal, la ministre de la Recherche a tout fait pour protéger la chercheuse fautive. Ainsi lors d'une réunion au ministère tenue au printemps dernier, la ministre a expressément demandé à Daniel Verwaerde et Vincent Berger de suspendre les sanctions en cours, dont le licenciement prévu.

Verwaerde a plaidé que de tels comportements scientifiques étaient contraires à l'éthique. Sans succès. "Si un étudiant faisait la même chose au cours de son stage de master, il serait viré automatiquement", s'insurge un chercheur du CEA. La dernière fois qu'un agent CEA a été licencié pour des motifs similaires c'était il y a une vingtaine d'années à cause d'éléments trafiqués dans sa thèse.  

Dans une interview en 2016, Anne Peyroche déclarait : "Ce que j'aime en biologie, c'est qu'on n'invente pas de système. On essaie de comprendre ce qui existe en dehors de soi-même, et ça demande une certaine humilité. On peut échafauder toutes les hypothèses qu'on veut, il n'empêche que la réalité est là pour vous rappeler à l'ordre".
https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/l-ex-patronne-du-cnrs-accusee-de-fraude-scientifique_2038868.html#xtor=AL-447
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