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 Comptes alarmants de l’ENA

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a.nonymous



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Date d'inscription : 30/05/2011

MessageSujet: Comptes alarmants de l’ENA   Dim 14 Oct 2018, 13:11

Citation :
Les comptes alarmants de l’ENA

Aurélie Lebelle (@AurelieLebelle) et Matthieu Pelloli (@MatthieuPelloli)| 13 octobre 2018

C’est la fabrique à présidents. Celle qui a formé Emmanuel Macron, François Hollande, Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing. Celle qui forge les élites dirigeantes de l’Etat et de certaines entreprises du CAC 40 : l’ENA.

Mais dans les coulisses de l’Ecole nationale d’administration où les futurs pilotes de la République font leurs classes, les voyants financiers sont au rouge. La masse salariale pèse trop lourd. Les nouvelles missions imposées par l’Etat coûtent cher alors que la subvention publique stagne. Et les trésoriers de l’école peinent à se faire payer les factures des prestations que l’ENA propose.

Résultat, le déficit augmente et si rien ne change, l’école, qui dispose encore d’une petite réserve pour éponger, fera banqueroute d’ici quatre ans. Voilà qui fait désordre à l’endroit même où l’Etat se fixe pour mission d’enseigner les règles de la bonne gestion publique.

La situation se dégrade depuis plusieurs années. La fuite d’une note interne avait déjà mis le sujet sur la place publique par le passé. Mais, pour la première fois, Le Parisien - Aujourd’hui-en-France a eu accès à un bilan de santé détaillé : le compte financier 2017 de la prestigieuse école.

Le déficit a atteint 2,8 millions d’euros l’an dernier, sur un budget de 40,8 millions d’euros. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont été si difficiles à obtenir. Pour se les procurer, la fondation iFRAP, un think-tank libéral, a sollicité la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). « J’ai dû attendre un an entre ma demande initiale à l’ENA et le moment où l’école a été forcée par la Cada à m’envoyer ses comptes », soupire Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’iFRAP, qui a passé au crible les dépenses et les recettes de l’établissement.



Notre journal [ Le Parisien ] aussi a radiographié la comptabilité 2017 et le bilan social. Premier constat, les 30,9 millions d’euros de dépenses de personnels absorbent à eux seuls la quasi-intégralité de la subvention d’Etat (31,1 millions d’euros). Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que boucler un budget à l’équilibre dans ces conditions relève de la mission impossible !

Si les salaires de l’équipe pédagogique et des enseignants sont confortables, ce sont surtout les 9,2 millions d’euros alloués aux élèves qui plombent la ligne « dépenses de personnels ».

Les 117 étudiants qui composent chaque promotion sont payés 1 682 € bruts par mois pendant leurs deux années de scolarité. De quoi faire s’étrangler, par exemple, les élèves des meilleures écoles de commerce. Qui, eux, paient leur scolarité ! Mais ce n’est pas tout. A l’ENA, les frais de mission sont également pris en charge. Une sorte de scolarité « all inclusive ».

L’ENA dépense ainsi chaque année 1,5 million d’euros en frais de déplacement, repas et nuitées accordés aux étudiants lorsqu’ils sont sur le terrain, en stage dans les préfectures par exemple. Avantageux ? Tout dépend. « C’est le jackpot si vous êtes un fils de bonne famille de 20 ans, célibataire, qui fait ses stages logé-nourri-blanchi sans dépenser un rond, confie une ancienne élève. C’est plus compliqué si vous avez 30 ans, un conjoint et déjà un ou deux enfants à charge. Là, le salaire est un peu juste… »

L’ancien ministre des Finances Michel Sapin, élève de la promotion Voltaire sortie de l’ENA en 1980, se souvient qu’il avait mis en place une « caisse de solidarité » pour lisser les écarts de ce type. Délégué des élèves en 1979, l’ex-ministre de l’Economie siégeait au conseil d’administration de l’école. « A l’époque, je n’ai pas souvenir de problèmes liés au déficit », confie-t-il.

Si la situation financière s’est beaucoup dégradée depuis, c’est aussi parce que l’ENA n’est pas douée pour faire rentrer l’argent dans ses caisses. Beaucoup de factures de formations restent en souffrance. Le Koweït est de loin le plus gros débiteur, qui doit 569 700 €. Mais d’autres petites ardoises s’accumulent. Le Brésil a deux paiements en suspens pour 20 500 € et 11 000 €, la République dominicaine pour 22 588 €, la Jordanie pour 7 268 €.

Et l’ENA n’apparaît guère plus pressée pour régulariser la situation des mauvais payeurs français. L’Ecole nationale supérieure de la police et le Commissariat général à l’égalité des territoires lui doivent chacun 10 000 €. L’établissement public AgroParisTech est débiteur de 9 120 €. Et l’Association des maires de France, 5 200 €.

L’argent sort plus vite de l’école qu’il n’y rentre, mais il fait bon vivre à l’ENA. L’institution affiche une politique d’action sociale généreuse. En 2017, elle a accordé 11 405 € d’aides financières non remboursables à ses agents, un poste budgétaire en hausse de + 48,12 %. De quoi faire rêver ceux qui n’ont d’autre solution que de demander une avance sur salaire…

L’ENA délivre aussi généreusement les formations en interne, y compris certaines aux intitulés insolites comme « Comprendre l’UE en une journée », « The Lego serious play method » ou encore la mystérieuse « Praticien en hypnose ericksonienne ».

Enfin, si la décision a été prise de déménager l’ENA à Strasbourg, l’école a fait ses cartons en conservant une antenne parisienne. Une double implantation coûteuse à l’heure des économies d’échelles.

« Nous ne sommes pas en faillite, nous n’avons pas de dettes, insiste Thierry Rogelet, le secrétaire général de l’ENA. L’école est en difficulté financière mais notre objectif est de revenir à l’équilibre en 2020 ». L’établissement travaille avec le ministère de l’Action et des Comptes publics pour mettre en place un plan de redressement.

« Nous avons déjà fait beaucoup d’effort sur nos dépenses, poursuit le secrétaire général. Nous avons également réduit la masse salariale en supprimant 38 postes ces dernières années. Et quatre autres postes ont été supprimés en 2018 », détaille-t-il. Une diète budgétaire d’autant plus cruelle que l’école n’est pas responsable de tout. Absorption de l’Institut international administration publique en 2002, du Centre d’études européennes de Strasbourg en 2005, l’Etat lui a imposé de grossir sans vraiment revaloriser la subvention qu’il lui verse.

Bon élève, Thierry Rogelet veut développer les recettes propres plutôt que de réclamer davantage de deniers publics. « Nous nous sommes réorganisés pour mieux encaisser les factures et nous allons nous recentrer sur des missions à forte valeur ajoutée, explique-t-il. Nous aimerions aussi faire en sorte que la rémunération de la préparation au concours interne ne soit plus uniquement supportée par l’ENA. Notre objectif est que d’autres écoles du service public ou bien les employeurs d’origine (collectivités locales, ministères…) participent ».

La fabrique à président de la République n’entend pas mettre la clé sous la porte. « Selon nos estimations, nous serons à -1,4 million d’euros de déficit en 2018 puis à -400 000 € en 2019. Avant un retour dans le vert à +500 000 € en 2020 », promet Thierry Rogelet. On croirait entendre la France qui défend son budget à Bruxelles.

Citation :
L’ENA EN CHIFFRES


  • 1945 : Création de l’Ecole nationale d’administration. Objectif, démocratiser l’accès à la haute fonction publique de l’Etat.
  • 6 500 anciens élèves français. Auxquels il convient d’ajouter 3 657 anciens élèves étrangers, originaires de 134 pays.
  • 6 % d’heureux élus. L’an passé, le nombre d’inscrits aux trois concours a atteint 1 368 candidats, pour un total de 80 places. En clair, beaucoup d’appelés, peu d’élus, avec une sélectivité d’un sur sept pour le concours interne (agents publics), d’un sur treize pour le concours externe (diplômés de l’enseignement supérieur) et d’un sur huit pour le 3e concours (actifs du secteur privé).

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musicien



Messages : 6
Date d'inscription : 08/07/2018

MessageSujet: Re: Comptes alarmants de l’ENA   Mar 13 Nov 2018, 01:17

Fermer l'ENA, ça fera des économies!!!
5000 énarques à 200KE/ an (traitement et charge)donnent: 200KE x 5000 = 1 MdE/an

Sinon, que l'ENA demande des sous à Edith Chabre, épouse du PM et directrice exécutive de SciencesPo (ts de confiture), qui dispose d'une dotation de 100ME/an d'argent public via la Fondation Nationale des Sciences Politiques (fondation de droit PRIVE) en sus des frais de scolarité de 12500 E/ an en moyenne, sans compter les "oboles" des généreuses grandes entreprises...

Mais on comprend mal l'intérêt de maintenir ouverte une école où les élèves apprennent plutôt à se servir de l'Etat qu'à servir l'Etat, puisque de nos jours 40% des anciens élèves finissent par pantoufler, notamment les inspecteurs des finances qui deviennent présidents de grandes banques ou de compagnies d'assurances - et il n'est pas sûr que ce soit uniquement par leurs compétences...

Les grandes institutions comme le Conseil d'Etat et les cours administratives d'appel pourraient recruter sur titres des docteurs en droit, la Cour des comptes des experts comptables, les directions des organismes publics ou parapublics des docteurs ou des ingénieurs dans les spécialités requises etc... CE QUI AURAIT POUR EFFET BENEFIQUE DE METTRE FIN A CETTE MAFIA QUI A RUINE, NON SEULEMENT SA MAISON MERE, MAIS HELAS, LA FRANCE, PAR INCOMPETENCE ET CONSANGUINITE.
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scola



Messages : 171
Date d'inscription : 05/06/2014

MessageSujet: Re: Comptes alarmants de l’ENA   Jeu 15 Nov 2018, 13:42

La 'bonne' gestion de l'ENA est à l'image de ceux qui sortent de cette école et qui bien souvent ont dirigé le pays vu que cela fait depuis 1974 qu'aucun budget de l'état n'a été validé à l'équilibre entre les recettes et les dépenses, la preuve via le graphique ci dessous



Pour rappel, Le déficit public correspond à un solde annuel négatif (dépenses supérieures aux ressources) du budget des administrations publiques (l’Etat, les administrations publiques locales, la Sécurité sociale et des organismes divers d’administrations centrales).

Si le déficit est un flux, la dette est un stock
Les ressources sont constituées par les impôts, les taxes, et autres recettes non fiscales (par les dividendes des entreprises dont l’État est actionnaire).Les dépenses intègrent non seulement les dépenses courantes de fonctionnement (salaires, achats de fournitures et de services…),  les opérations de redistributions (cotisations sociales, contribution sociale généralisée (CSG)…) mais aussi les investissements (travaux d’équipement, acquisitions immobilières et mobilières des collectivités locales…) et les dépenses en capital (charges de la dette des différentes administrations publiques par exemple).

À la différence des ménages ou des entreprises, les administrations publiques empruntent peu auprès des banques. Elles émettent des titres de créances, essentiellement des obligations (OAT), sur les marchés via l'agence France Trésor.

Chaque année, les administrations publiques s’endettent pour un montant qui couvre le déficit de l’année.

Pour 2017, s’agissant de l’État, son déficit se monte à 64 ,3 milliards d’euros.  Ce déficit (un flux) va mécaniquement faire augmenter la dette publique (un stock).

Plus de détails sur : https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/deficit-et-dette-publique/
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musicien



Messages : 6
Date d'inscription : 08/07/2018

MessageSujet: Re: Comptes alarmants de l’ENA   Ven 16 Nov 2018, 16:07

Un déficit public n'est pas obligatoirement une mauvaise chose; ce qui est une aberration, c'est cette "règle d'or" débile que certains voudraient inscrire dans la Constitution!

Depuis Keynes et sa théorie du multiplicateur, on sait que des sous injectés dans l'économie, même pour employer des gens à creuser des trous et à les reboucher, induit une création de richesses supérieure à la dépense.

Le Royaume Uni, et les USA, qui disposent d'une monnaie nationale, ne se privent pas de faire fonctionner la planche à billets pour mener une politique keynésienne pour sortir des crises économiques, et réussir...

L'Allemagne, qui dispose régulièrement d'excédents commerciaux de 100MdE, a évidemment tout intérêt à imposer - via Bruxelles - l'orthodoxie budgétaire, pour asphyxier ses concurrents.

La France aurait au contraire intérêt à utiliser un déficit pour mener une politique de relance à la fois par la consommation et l'offre, à condition que les banques françaises financent l'économie réelle, au lieu d'utiliser l'épargne pour spéculer: c'est la grande différence entre la France et ses voisins.

A Berlin ou à Londres, n'importe quelle entreprise peut trouver des financements, évidemment avec des garanties, ce n'est pas le cas à Paris.

D'où l'échec de BPI France qui n'est PAS une banque, car elle ne dispose pas de licence bancaire (La Banque Publique d'Investissement, promesse de Hollande, a été mise au tapis par Macron, ministre de l'économie, qui s'était opposé à cette licence bancaire - défense des ses copains banquiers oblige!), et qui ne fonctionne que par contre-garantie en faveur des empunteurs.

Mais les banques françaises se moquent des contre-garanties; pourquoi prêter à 4% à des entreprises sans risque, alors qu'elles peuvent avoir des rentabilités à 2, voire 3 chiffres, sur les marchés spéculatifs en jouant si possible des milliards en vertu du principe "Too big to fail"?

Cf l'affaire de la Société Générale que le gouvernement a sauvé - avec l'agent du contribuable: l'énarchie n'allait quand même pas laisser mettre en prison l'ex-inspecteur des finances, Daniel Bouton, pour faillite frauduleuse avec une perte de 50 MdE...
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Salamandre

Salamandre

Messages : 4234
Date d'inscription : 08/01/2012

MessageSujet: Re: Comptes alarmants de l’ENA   Ven 16 Nov 2018, 18:27

Rien n'est gratuit : un déficit présent est un impôt futur.
La relance de l’économie par le déficit public, recommandation centrale de Keynes, s'applique à une situation de récession économique attribuée à une demande globale insuffisante.
Mais il ne s'agit pas d'augmenter la dette tous les ans pendant plus de 30 ans : si l'économie se pilote de façon contracyclique, l'équilibre doit être maintenu sur la durée. En période de crise, l'Etat s'endette en investissant ; en période de croissance, il doit rembourser sa dette.
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