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 Autopsie du quinquennat Hollande

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Salamandre

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Date d'inscription : 08/01/2012

MessageSujet: Autopsie du quinquennat Hollande   Jeu 08 Nov 2018, 08:59

"Plusieurs des acteurs auditionnés, ajoute enfin le rapport, « ont insisté sur la faiblesse intellectuelle du PS durant les dix années d’opposition (2002-2012). (…) La gauche de gouvernement a insuffisamment repensé quelques problématiques clés » qu’il s’agisse du rapport à l’économie, de l’Europe ou de l’islam."
et pas que le PS...

"Alain Bergounioux est plus cinglant encore : « Les divisions fortes qui ont porté atteinte à la crédibilité gouvernementale, les ambitions sans retenue qui ont tenu l’intérêt collectif comme quantité négligeable, les hésitations, tactiques ou non, de François Hollande qui a voulu garder le plus longtemps possible ouvertes toutes les options politiques, ont fait éclater les contradictions à un point jamais atteint depuis 1981 et ont conduit à la décomposition du PS »."

Sur le site de la FJJ :
https://jean-jaures.org/nos-productions/inventaire-2012-2017-retour-sur-un-quinquennat-anormal

Citation :
La Fondation Jean-Jaurès fait l’autopsie sans complaisance du quinquennat Hollande
LE MONDE | 08.11.2018 | Par Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)
Le rapport, qui a mobilisé plus de 60 chercheurs, analystes et acteurs de premier plan, fustige le « défaut d’autorité » du président et la « faiblesse intellectuelle » du PS.

Il pourrait être singulièrement masochiste, pour des sociaux-démocrates assumés, de dresser le bilan d’un président socialiste dont le mandat s’est terminé par une déroute électorale. La Fondation Jean-Jaurès (FJJ) a évité cet écueil : l’inventaire qu’elle vient de dresser du quinquennat de François Hollande ne cède pas à l’autoflagellation – et pas davantage à l’acrimonie ou à la complaisance.

Cet exercice clinique inédit a été mené pendant plusieurs mois au sein d’une huitaine de séminaires thématiques consacrés à tous les aspects de la politique gouvernementale. Il a mobilisé plus de soixante chercheurs, analystes mais aussi des acteurs de premier plan de cette période (parmi lesquels Jean-Marc Ayrault, Bernard Cazeneuve, Benoît Hamon, Pierre Moscovici, Laurent Berger, Jean-Christophe Cambadélis, Myriam El Khomri, Marisol Touraine, Michel Sapin, Olivier Faure…). En outre, il a été ponctué par une réunion publique qui a donné l’occasion à François Hollande de livrer sa propre relecture de ses cinq années élyséennes. L’ensemble a été coordonné par Alain Bergounioux, historien du socialisme, et Gilles Finchelstein, directeur général de la fondation.

Le copieux rapport qui en résulte (consultable sur le site Jean-jaures.org) témoigne d’une salutaire exigence de lucidité.Le premier constat est cruel : « Beaucoup a été fait » pendant cinq ans, mais « peu a été mémorisé » et encore moins défendu lors de la campagne présidentielle de 2017.

Ampleur sous-estimée de la crise économique

Le rappel des réformes réalisées est en effet éloquent : par exemple, le mariage pour tous, l’accord sur le climat à la COP 21, le non-cumul des mandats, le compte personnel d’activité, la Banque publique d’investissement, la mise en place des zones de sécurité prioritaire, l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, la création de 54 000 postes supplémentaires dans l’éducation nationale et celle de 150 000 emplois d’avenir, la généralisation du tiers payant, la réforme territoriale et bien d’autres mesures économiques, sociales ou sociétales.

Quant aux résultats économiques globaux, ils sont tout sauf négligeables : un déficit public ramené de 5,2 % à 2,7 % du produit intérieur brut (PIB), la Sécurité sociale pratiquement à l’équilibre quand elle accusait un déficit de plus de 17 milliards d’euros en 2012, la croissance finalement relancée et même, en bout de course, le début de décrue du chômage. Mieux, souligne Gilles Finchelstein, « l’action a été largement conforme au programme » du candidat Hollande.

Pourtant, « la perception est diamétralement opposée ». Tout y a contribué. D’abord un premier semestre qui a d’emblée imprimé une marque indélébile sur le reste du quinquennat. L’ampleur sous-estimée de la crise économique, le respect assumé des engagements européens et l’effort annoncé de restauration de la compétitivité des entreprises françaises ont rendu, dès l’été 2012, l’équation budgétaire impossible.

Les conséquences ont été calamiteuses pour la « crédibilité » présidentielle : une ponction fiscale brutale et le « ras-le-bol » immédiat des contribuables, le renoncement à la promesse de renégocier le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) signé par Nicolas Sarkozy et les autres chefs d’Etat européens en mars 2012 (qui a immédiatement rouvert la fracture ancienne du Parti socialiste en la matière et semé les germes des frondes ultérieures), enfin la promesse consolatrice mais irréalisable d’inverser la courbe du chômage en l’espace d’un an.

Absence d’un « récit » donnant du sens aux réformes

Quatre ans plus tard, l’année 2016 ajoutera à ce choc initial, aux déconvenues intermédiaires et au traumatisme des attentats djihadistes de 2015, une « rupture idéologique » irrémédiable provoquée d’abord par la proposition sur la déchéance de la nationalité, ensuite par la préparation, le contenu et l’adoption aux forceps de la loi travail. Dans les deux cas, le « procès en trahison des valeurs de la gauche » était inévitable.

Au-delà du réexamen critique des épisodes les plus marquants du quinquennat, la FJJ pointe une autre faiblesse structurelle. Qu’il s’agisse de la politique économique de l’offre, mal assumée jusqu’en 2014, ou de la plupart des politiques publiques dont le rapport fait un bilan précis (éducation, écologie, laïcité, sécurité, justice, immigration, aménagement du territoire, institutions, culture…), l’action menée s’est focalisée sur des mesures éparses sans s’inscrire dans une cohérence d’ensemble et une vision mobilisatrice.

Revient sans cesse, sous la plume des rapporteurs, l’absence d’un « récit » convaincant capable de donner sens aux réformes.

Ce n’est qu’accessoirement affaire de communication, mais plus gravement de « gouvernance » et de « pratique chaotique du pouvoir ». La responsabilité de M. Hollande en la matière est « éminente », note sans ménagement le rapport : il « n’a trop souvent pas pu, ou plus sûrement pas voulu, imposer des choix, voire indiquer ses choix ». Ce « défaut d’autorité » a été d’autant plus dommageable qu’aucun dispositif de « pilotage efficace de la fabrique de la décision politique entre l’exécutif, le Parlement et le parti » n’a été mis en place.

« Divisions et contradictions »

Mais la Fondation Jean-Jaurès fustige également « un excès d’irresponsabilité collective » de la part de tel ou tel partenaire social (patronat et CGT notamment), des Verts et, d’abord et avant tout des socialistes, au premier rang desquels les « frondeurs » qui, « emportés dans une surenchère sans fin », ont contribué à convaincre « que les socialistes étaient divisés sur tout, y compris sur l’essentiel ».

Plusieurs des acteurs auditionnés, ajoute enfin le rapport, « ont insisté sur la faiblesse intellectuelle du PS durant les dix années d’opposition. (…) La gauche de gouvernement a insuffisamment repensé quelques problématiques clés » qu’il s’agisse du rapport à l’économie, de l’Europe ou de l’islam.

Alain Bergounioux est plus cinglant encore : « Les divisions fortes qui ont porté atteinte à la crédibilité gouvernementale, les ambitions sans retenue qui ont tenu l’intérêt collectif comme quantité négligeable, les hésitations, tactiques ou non, de François Hollande qui a voulu garder le plus longtemps possible ouvertes toutes les options politiques, ont fait éclater les contradictions à un point jamais atteint depuis 1981 et ont conduit à la décomposition du PS ». Le reconnaître et le comprendre, ajoute-t-il, est « le fondement d’une reconstruction intellectuelle et politique ». On mesure l’ampleur de la tâche.

https://lemonde.fr/politique/article/2018/11/08/la-fondation-jean-jaures-fait-l-autopsie-sans-complaisance-du-quinquennat-hollande_5380482_823448.html
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a.nonymous



Messages : 13999
Date d'inscription : 30/05/2011

MessageSujet: Re: Autopsie du quinquennat Hollande   Mer 09 Jan 2019, 02:52

2019

La question qui sert de titre à cet article est pertinente...

Citation :
François Hollande aurait-il pu voir venir la crise des gilets jaunes?
08/01/2019

Pour une enquête publiée ce lundi sur le site AOC, deux politistes ont étudié les lettres envoyées à François Hollande durant son mandat. Ils voient dans cette correspondance les prémices du mouvement. Mais pour une bonne part, ces lettres n'ont pas été présentées à celui qui était alors le chef de l'Etat.

C'est sans doute le reproche le plus couramment formulé à l'encontre des personnalités politiques: l'hypothèse d'être "hors-sol", la déconnexion vis-à-vis du quotidien des Français, souvent particulièrement difficile. Et le mouvement des gilets jaunes est une illustration particulièrement criante non seulement du fossé de plus en plus douloureux entre les Français, mais aussi entre ceux-ci et le sommet de l'Etat.

Deux politistes, respectivement professeur à l'université Paris I et professeur émérite à l'Ecole Normale Supérieure, Julien Frétel et Michel Offerlé, ont relevé dans une étude publiée sur le site d'AOC (pour Analyse Opinion Critique) que l'Elysée disposait de moyens non négligeables pour prendre le pouls de l'époque, et au-delà, garder le contact avec la population. Mieux, ils estiment que les Français ont émis des signes avant-coureurs de leur colère sociale et politique en direction du palais présidentiel tout au long du mandat de François Hollande.

Les Français peuvent en effet s'adresser à la présidence de la République, soit en envoyant un mail via le site internet, soit en lui destinant un courrier à son adresse du 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, dans le huitième arrondissement de Paris. Et ce sont dans ces milliers de lettres reçues chaque jour par le "Château" entre le printemps 2012 et le printemps 2017 (un million sur la totalité du quinquennat), que les deux chercheurs se sont plongés.

Décrivant les éléments en présence, les auteurs de l'étude ont noté que la correspondance présidentielle mobilisait environ 70 agents. C'est à ces agents que revient la tâche ardue de répartir les innombrables lettres, selon plusieurs catégories. Les lettres directement politiques sont ainsi confiées au service "opinion". Une sélection est opérée au sein de cet ensemble pour que certains de ces courriers politiques soient présentés au président de la République ou à ses collaborateurs. L'essentiel de la correspondance établie entre les Français et le chef de l'Etat ne relève cependant pas du service "opinion" mais des "requêtes", c'est-à-dire des sollicitations d'ordre plus personnel et social. Les expéditeurs peuvent y parler de leurs problèmes fiscaux, d'allocations, de retraite, de leur situation financière, etc. En général, ces documents quittent l'Elysée aussi vite qu'ils sont arrivés. On les reverse vers les services compétents: organismes sociaux ou ministères par exemple.

Cette réorientation ne signifie pas que le personnel élyséen s'en désintéresse. Ces lettres souvent empreintes de détresse sont traitées sans délai. Lorsque l'auteur du pli est désespéré au point de parler de suicide, son appel à l'aide est pris en charge en priorité. Mais cette répartition implique en revanche que la possibilité pour une lettre labellisée "requête" de parvenir aux yeux du président de la République est infime.

Or, les flots de requêtes adressées à François Hollande et examinés par les deux politistes sont souvent en prise directe avec les événements qui bousculent actuellement le mandat de son successeur. Ainsi, cette missive, dont on sait qu'elle a été écrite par un retraité vivant en régions, est prise en exemple:

   "En cette dernière année de votre mandat, je constate que mes pensions de retraite (1.272 euros et 12 centimes mensuels) n’ont connu aucune revalorisation depuis votre arrivée au pouvoir. Soyons précis: la CNAV m’a accordé une généreuse augmentation de… 80 centimes en janvier 2016, tandis que l’IRCANTEC, à la même période, une augmentation de 35 centimes. Vous comprendrez que je ne remercie personne de cette situation. D’autant que dans ces mêmes quatre années écoulées, les augmentations ont été fréquentes pour les loyers, pour tous les services publics, pour les mutuelles, pour l’alimentation, etc. Je dois ajouter que la CAF m’a supprimé toute aide au logement en 2015 (…) Je doute de votre capacité à réparer un tant soit peu cette injustice et ce mépris à mon égard et donc à l’égard de beaucoup d’autres de nos concitoyens (…)."

Julien Frétel et Michel Offerlé ont prêté attention à cette récurrence des détails chiffrés dans ces lettres, où abondent extraits de compte, examens médicaux, voire photos pour conférer une force particulière au témoignage apporté. Une retraitée a fourni un autre exemple par sa lettre dominée par l'ironie:

   "Vous trouverez ci-joint un chèque de 1,44 euro correspondant à l’augmentation mensuelle du montant de ma retraite depuis octobre dernier. Plusieurs éléments m’ont poussé à prendre cette décision. Tout d’abord mon éducation, mes parents n’ont jamais demandé l’aumône (…) Le comportement inapproprié, à mon sens, de grands patrons en général, et de bon nombre de politiques au regard de la situation financière de notre pays, m’a finalement aidé à faire ce pas (…) Je pense qu’il est grand temps que les plus pauvres qui sont aussi les plus nombreux montrent l’exemple et fassent un geste certes petit, mais les petits ruisseaux ne font-ils pas les grandes rivières (…) Chaque mois je vous adresserai ce chèque preuve de la volonté de prendre le taureau par les cornes (…)."

La lecture de ces lettres a inspiré un autre enseignement aux chercheurs. Peu importe la perception suscitée par l'individu qui occupe la fonction, le président de la République "fonctionne comme une figure centrale et emblématique d’un pouvoir souvent indéterminé auquel on s’adresse à propos de toute chose", analysent-ils. "Le président est le recours pour exprimer une situation qui est jugée économiquement et socialement insupportable", écrivent-ils encore.

Des motifs sérieux qui pourraient amener le patron de l'exécutif à piocher dans le monceau d'enveloppes venues le trouver.

Robin Verner
https://www.bfmtv.com/politique/francois-hollande-aurait-il-pu-voir-venir-la-crise-des-gilets-jaunes-1606498.html#xtor=AL-68
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tonton christobal

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Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: Re: Autopsie du quinquennat Hollande   Mer 09 Jan 2019, 06:54

Nos dirigeants sont ils bien informés ? excellente question à  laquelle on peut répondre par une étude technique longue et documentée qui malheureusement permettra de dire oui ou non avec autant de motifs pertinents justifiant les deux positions.

Le problème se pose selon d'autres angles en matière de connaissance d'une information cohérente :
Ont il les moyens techniques pour être informés ?
Les moyens humains qui font "remonter" l'information sont ils fiables dans la négative pourquoi ?
L'information reçue est elle brute de décoffrage, "rewritée" si possible objectivement ? dans la négative pourquoi ?
Le destinataire final souhaite t il connaitre la vérité qui pourra être difficile à accepter ?

En bref y a t il une culture de l'information (si on la souhaite utile donc objective et exploitable) à tous les niveaux à commencer par son recueil jusqu'à celui du décideur à qui il revient de l'exploiter ? Si l'un des étages "foire" ça fout tout par terre !

Je vais arrêter là cette liste qui pourrait (ce serait intéressant) avantageusement être complétée et illustrée d'exemples réels sans verbiages superfétatoires.

Un ex président de la république Française après avoir nommé un nouveau chef des services dit spéciaux lui a demandé en priorité de lui faire l'amitié de toujours lui annoncer les mauvaises nouvelles car les nombreux membres de son entourage se chargeaient de lui donner connaissance des bonnes...

A l'époque de nos monarques républicains actuels peut on penser qu'une telle démarche puisse être envisageable ? ceci expliquant cela...
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