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 La révolution, c’est quand la police rejoint le peuple

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tonton christobal

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MessageSujet: La révolution, c’est quand la police rejoint le peuple   Jeu 06 Déc 2018, 10:24

La révolution, c’est quand la police rejoint le peuple
Les révolutions sont impossibles jusqu'à ce qu'elles arrivent

par Guillaume Bigot
- 5 décembre 2018

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Les révolutions populaires et spontanées sont-elles devenues impossibles avec l’apparition de la modernité ? En théorie, les moyens techniques dont disposent les forces de l’ordre sont aujourd’hui suffisants pour repousser une foule. Seulement, la police n’est pas séparée du peuple…


Qu’est-ce qu’une révolution ? Il est simple de répondre à cette question, en apparence, fort complexe et très actuelle. Et, afin de comprendre comment le mouvement des gilets jaunes peut évoluer, il est essentiel d’y répondre. Au sens technique.
L’un des plus grands écrivains italiens du vingtième siècle, Curzio Malaparte, va nous y aider. Dans un petit ouvrage au titre transparent, Technique du coup d’Etat, l’un des esprits politiques les plus pénétrants de l’entre-deux-guerres, expliquait, en 1931, que la geste romantique, à la mode de 1789, était devenue impossible à l’ère moderne.

La mitrailleuse tenant le peuple
Selon Malaparte, la révolution, entendue comme le renversement d’un gouvernement par une foule incarnant le peuple (une vision symbolisée par la toile d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple) aurait été en quelque sorte dés-inventée par la mitrailleuse.
Dans son essai, il s’appuie sur la répression de la Commune, sur l’écrasement de la révolution spartakiste pour asseoir sa démonstration. La révolution serait devenue anachronique. Et l’auteur de Kapput d’enfoncer le clou avec le marteau de la révolution de 1917 dont il montre, sans peine, que le putsch de Lénine n’eut de révolutionnaire que le nom.
Selon l’intellectuel italien, il suffirait, pour tout pouvoir confronté à des émeutes populaires, de positionner, suivant les bons angles de tir, des mitrailleuses devant les bâtiments officiels pour tenir.
Armes modernes contre foules sentimentales
Depuis la révolution d’octobre, les techniques de maintien de l’ordre se sont largement perfectionnées. Il n’est plus indispensable de hacher menu les manifestants pour protéger les bâtiments publics et les principaux centres névralgiques du pouvoir (les sièges des ministères et des grands médias mais aussi les dépôts de carburant, les ports, etc.).
Des compagnies de CRS bien formées, utilisant toute la panoplie du maintien de l’ordre, des grenades au gaz en passant par le canon à eau, sans oublier la matraque et le Taser, peuvent dresser un mur infranchissable face à une foule innombrable et désarmée. Seuls ceux qui ne l’ont jamais vécu croient que des civils, même surmotivés, peuvent résister à une charge de gardes mobiles.
Et même lorsque la foule est prête à en découdre, Malaparte a encore raison : les armes modernes, concentrées entre les mains d’un appareil d’État résolu, peuvent stopper net une émeute. Ce fut le cas en 2004, à Abidjan, lorsque des centaines de milliers d’Ivoiriens fous furieux et munis d’armes de petit calibre et de machettes tentèrent de franchir un pont et d’attaquer l’hôtel. Une section de marsouins bien entraînés et armés de Famas put tenir la foule en respect tandis que l’intervention d’un de nos hélicoptères a achevé de transformer ce bloc de haine humaine en volée de moineaux.

Tous les flics ont une mère
Si la situation inédite créée par les gilets jaunes dégénère, compte tenu de l’exercice du monopole légal de la violence légitime dont il dispose, le président de la République peut espérer calmer la furia francese en activant l’article 16 ou en décrétant l’état d’urgence.
Mais comme disait Lacan, l’espoir précède le désespoir.  Car si le raisonnement de Malaparte semble d’une implacable logique, il omet toutefois un détail essentiel qui doit faire perdre tout optimisme au pouvoir en place. Ce détail, c’est la psychologie sociale.
Nulle part, surtout pas dans notre République, les forces de répression ne demeurent isolées du reste de la population. Même dans les régimes les plus autoritaires, l’armée, les CRS, la police, même les services de renseignement, ne vivent « hors sol ».
Dans l’Iran du Shah, la féroce savak, dans l’Égypte de Moubarak, les très redoutés moukhabaraths, dans l’Allemagne de l’Est de Honecker, la terrible Stasi étaient insérées dans le tissu social et national. Même surpayés et choyés par l’État, ces garants du maintien de l’ordre, appartiennent au peuple qu’ils sont censés surveiller et réprimer. Ils ont des frères, des mères, des oncles et des nièces. Ils ne peuvent donc rester insensibles aux mouvements de l’opinion. C’est ce qui explique la permanence des révolutions.
Comme la chute du mur de Berlin ou les printemps arabes l’ont encore rappelé, les événements se mettent subitement en branle. Sans crier gare, l’opinion publique, qui était encore une mer d’huile 48h plus tôt, peut laisser place à une tempête qui balaye tout. « History is on the move again », disait le grand historien britannique Arnold Toynbee.  Les changements de cette ampleur sont lents à incuber. Ils correspondent à des courants souterrains et invisibles. Et puis soudain, ils débouchent et le décor change alors instantanément.

Servir et fraterniser
Pour comprendre ce qui va se passer dans les semaines et les mois à venir en France, il faut garder à l’esprit que les forces de l’ordre habitent le même pays et vivent dans le même présent que les émeutiers. Ce cordon de sécurité que forment les forces de l’ordre, le pouvoir actuel et les pouvoirs depuis des décennies ont beaucoup tiré dessus. Effectifs réduits, peu ou pas augmentées, peu ou mal considérées (cf. l’épisode du général de Villiers) : les épisodes de fraternisation avec la foule risquent de se multiplier.

Malaparte a raison : si des soldats ou des policiers déterminés à appuyer sur la queue de détente veulent tenir le peuple en joug, il ne se passe rien. Et le pouvoir politique est souvent prêt à réprimer au nom du maintien de l’ordre. Mais Malaparte a tort car le véritable changement d’époque implique qu’un matin, les soldats ou les policiers refusent de tirer. C’est ce qui s’était passé en 1789.

Nous arrivons donc à notre conclusion : qu’est-ce qu’une révolution ? C’est la situation où les forces de l’ordre, les CRS, les policiers et les gendarmes mettent la crosse en l’air, soulèvent la visière de leur casque et disent à la foule : nous sommes avec vous.
Nous n’en sommes plus très loin.

Macron n’a donc plus que deux choix réalistes : se soumettre (dissoudre ou a minima changer de gouvernement pour organiser des élections) ou se démettre (démissionner). La révolution de 2018 a débuté.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: La révolution, c’est quand la police rejoint le peuple   Jeu 06 Déc 2018, 19:17

"Gilets jaunes" : un syndicat de police appelle à une grève illimitée par solidarité

Le syndicat Vigi-Ministère de l’Intérieur appelle les "personnels administratifs, techniques et scientifiques" à cesser le travail à partir de samedi.


Mis à jour le 05/12/2018 | 23:24
publié le 05/12/2018 | 23:24

Le syndicat de police Vigi a rejoint, mercredi 5 décembre, le mouvement des "gilets jaunes". Il appelle à une grève illimitée des fonctionnaires exerçant des missions supports à partir de samedi 8 décembre, date de l'"Acte IV" de la mobilisation.

Le préavis déposé par ce syndicat minoritaire concerne "les personnels administratifs, techniques, scientifiques et ouvriers d'état/cuisiniers du ministère de l'Intérieur", dans la mesure où "les personnels actifs n’ont pas le droit de se mettre en grève", comme le souligne Alexandre Langlois, le secrétaire général du syndicat, auprès de 20 Minutes.

Droit de retrait
"Les revendications portées par le mouvement des 'gilets jaunes' nous concernent tous. Il est temps de s'organiser légalement et d'être solidaire avec eux, pour l'avantage de tous", peut-on lire dans un communiqué diffusé par le syndicat Vigi-Ministère de l'Intérieur.

Vigi dénonce par ailleurs la façon dont la crise est gérée par la hiérarchie et le gouvernement, alors que la mobilisation de samedi a été émaillée de nombreuses violences. Il appelle donc les fonctionnaires de police "qui n'ont pas reçu de formation en maintien de l'ordre (à) faire valoir leur droit de retrait".

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Salamandre

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MessageSujet: Re: La révolution, c’est quand la police rejoint le peuple   Ven 07 Déc 2018, 06:17

Les Gilets jaunes sous l'œil taquin des Tunisiens
Publié le 06/12/2018
Les images des manifestations françaises ont ravivé les souvenirs des ratés de la diplomatie tricolore lors de la révolution de 2011. Provoquant ironie et plaisanteries.

Janvier 2011. La révolution n'a pas encore atteint son acmé, mais la diplomatie française manque singulièrement de discernement. Face aux images d'affrontements et de manifestations constatées dans toute la Tunisie, Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, propose au régime de Ben Ali « le savoir-faire reconnu dans le monde entier des forces de l'ordre françaises ». Une prise de position en mesure de créer des problèmes aux 30 000 résidents français en Tunisie.

La ministre, une première pour la France, a l'idée de fournir aux policiers tunisiens des pandores tricolores. Drôle d'idée, drôle de calendrier, drôle de politique qui s'expliquera ultérieurement par les liens personnels entre MAM et des hommes d'affaires du régime Ben Ali. Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avancera ultérieurement avoir eu des regrets. La communauté française de Tunisie n'aura pas à en souffrir, les Tunisiens sachant faire la différence entre dirigeants et citoyens, la dictature le leur a appris.

2018. Les Champs-Élysées sont submergés par des Gilets jaunes. Ça casse, ça caillasse, ça vandalise l'Arc de Triomphe. Les CRS chargent, ça sent le gaz lacrymogène. On se croirait avenue Bourguiba, au cœur de Tunis, certains jours de janvier 2011. Les images des voitures brûlées, du mobilier urbain transformé en puzzle, sont largement diffusées au Maghreb. Et on savoure sur Facebook, le premier média tunisien. Une ironie salutaire, un simple rappel à l'Histoire récente.

Dans un premier temps, certains internautes proposent que le gouvernement tunisien propose « le savoir-faire mondialement connu dans le monde arabe des forces de l'ordre tunisiennes » aux dirigeants français, « savoir-faire reconnu durant plusieurs décennies de dictature ». La mémoire est vive, le trait taquin, l'humour aiguisé. L'humiliation de 2011, avec une diplomatie française soutenant la dictature jusqu'au 14 janvier 17 h 40 – heure de la chute du régime –, se lave dans les commentaires acerbes sur ces Gilets jaunes dont les doléances – pouvoir d'achat en berne, trop petites retraites, inflation trop forte – font écho à celles des Tunisiens.
(..)
http://afrique.lepoint.fr/actualites/les-gilets-jaunes-sous-l-oeil-taquin-des-tunisiens-06-12-2018-2277136_2365.php
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