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 Gouverner à l’heure des réseaux sociaux

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a.nonymous



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MessageSujet: Gouverner à l’heure des réseaux sociaux   Jeu 13 Déc 2018, 06:25

Un article qui pose de bonnes questions à lire avec ses commentaires sur https://theconversation.com/debat-peut-on-encore-gouverner-a-lheure-des-reseaux-sociaux-108442

Il aurait peut-être judicieux d'aborder aussi le sujet des chaines d'info en continue qui, ayant besoin de matière, donnent parfois une résonance démesurée à certains messages ou débats sur les dits réseaux sociaux...


Citation :
Débat : Peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?
7 décembre 2018, 18:54 CET

Les autorités de l’État et les élus (et pas seulement ceux de la majorité, ne nous leurrons pas) font face à une défiance d’une ampleur inédite, à laquelle il est bien difficile de trouver une réponse, tant les revendications sont à la fois hétérogènes et individualistes (une par sous-catégorie de la population), irréalistes et contradictoires (davantage de services publics, mais moins d’impôts ; plus de croissance, mais moins de concurrence ; plus de sécurité, mais moins de règles), et déconnectées d’enjeux aussi fondamentaux que le réchauffement climatique ou l’endettement du pays.

Comment expliquer qu’on en soit arrivé là aussi vite ? Le premier constat, c’est que la révolte des gilets jaunes n’est qu’un symptôme de plus d’un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques.

A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public.


Mobilisation et action

D’abord, ils permettent, sans le moindre moyen financier, humain ou logistique, d’organiser à large échelle l’action de citoyens qui ne se connaissent pas. Sans les réseaux sociaux, il aurait été impossible à des quidams de coordonner si rapidement une protestation de cette ampleur. Le mouvement des gilets jaunes, parti de mobilisations très limitées et dépourvu de toute ressource, a pu acquérir en l’espace d’un mois une ampleur considérable, laissant penser à certains qu’il a désormais vocation à se substituer aux partis, aux syndicats, et même à la représentation nationale.

C’est le sens des trois pages de « directives » adressées par les gilets-jaunes aux parlementaires français, de leur appel à la démission du Président et à la dissolution de l’Assemblée, et de leur volonté de présenter désormais une liste « gilets jaunes » aux élections européennes.

Ensuite, les réseaux sociaux favorisent un discours de protestation et de révolte. Chacun a pu s’en apercevoir : il est presque impossible d’y entamer un dialogue serein et argumenté. Facebook ou Twitter, c’est émotion contre émotion, colère contre colère, indignation contre indignation, outrance contre outrance. Il s’ensuit, soit un dialogue de sourds entre des gens peu capables d’écoute, sans cesse aiguillonnés par des trolls ; soit la constitution de sphères qui s’autonomisent, peuplées de gens qui partagent les mêmes convictions, ici des citoyens qui pensent que le gouvernement fait une politique pour le seul bénéfice des banquiers, là d’autres qui estiment que les gilets-jaunes sont tous des ahuris.


Primat de l’émotion sur les faits

Ce primat de l’émotion a gagné la sphère publique et médiatique. Ce qu’on entend, ce ne sont pas des arguments ou des idées, mais des émotions (« je suis en colère », « y en a marre ») et des perceptions (« je pense que je gagne moins », « on se moque de nous »). Les faits n’ont plus grande importance. C’est le règne de la croyance sur la connaissance : croyance religieuse ou croyance sociale, il en va de même. Que 2 et 2 fassent 4 importe peu si certains pensent que c’est 5 ou 7. Insister sur le fait que l’arithmétique établit clairement que c’est 4 sera perçu comme du mépris ou de la condescendance…

La légitimité d’un mouvement semblant se mesurer au degré d’émotion de ses protagonistes, ils sont incités à l’outrance et à la surenchère dans les arguments, jusqu’à légitimer la violence : « Monsieur le juge, j’ai lancé un pavé sur le CRS, mais, faut comprendre, j’étais très, très en colère. »

Ce qui frappe aussi, outre les CRS et les casseurs, c’est un dévoiement de la logique démocratique. Celle-ci ne doit, en principe, s’appliquer qu’à des choix politiques : le peuple décide de faire ceci ou cela. Mais, de plus en plus, elle s’applique aussi à bien d’autres domaines : à l’art (Maître Gims est le meilleur chanteur, car le plus écouté) ou même à la science (les Américains pensent que le réchauffement climatique n’est pas d’origine humaine ou que la Terre a 5000 ans, et il faut respecter cela).

Qu’une majorité de citoyens viennent à croire que l’on peut s’abstenir de rembourser la dette de la France et que cela n’aura aucune conséquence, et cela devient une vérité. Que l’idée de doubler le SMIC soit largement soutenue, et ça devient option réaliste. La faisabilité des réformes n’est plus un paramètre pertinent.


Au nom d’une démocratie caricaturée

Au nom d’une démocratie mal comprise et des impératifs de l’audimat, sur quelque sujet que ce soit, les médias consultent d’ailleurs l’homme de la rue ou le chroniqueur atrabilaire, plutôt que le savant. Sur le réchauffement climatique, la dangerosité du glyphosate ou la croissance économique, l’avis du citoyen vaut bien celui du Prix Nobel. Prétendre le contraire, c’est mépriser le peuple.

Au nom d’une démocratie caricaturée, on estime ainsi que l’avis de chaque citoyen, en toute chose, a la même valeur. On considère aussi qu’une foule vociférante est le peuple souverain. Que les gilets-jaunes aient voté à plus de 60 % pour le Rassemblement national et la France Insoumise (sondage Slate, 4 décembre), et ne représentent donc qu’une partie minoritaire de l’électorat, importe peu.

S’ajoute à cela la diffusion sans cesse plus grande des fake news par les réseaux sociaux : on aura rarement vu autant d’affirmations péremptoires et d’informations farfelues alimenter un mouvement social. Il est quasiment impossible d’endiguer ce flot, en raison du caractère émotionnel de la mobilisation, de l’hermétisme des sphères des réseaux sociaux qui ne diffusent que des informations conformes à la pensée qui y domine, et du temps nécessaire à la dénonciation d’une fake news.

S’il faut 10 secondes pour affirmer (comme on l’a beaucoup entendu) que la France n’a plus de Constitution ou qu’elle va être « vendue » à l’ONU, il faut 10 minutes pour expliquer d’où viennent ces idées grotesques et pourquoi elles sont fausses.

En outre, la croyance prenant le pas sur la vérité, et la fin justifiant les moyens, quand bien même on démontrerait que, non, la police n’a pas tué 15 personnes lors de telle manifestation, le mobilisé n’en démordra pas, au nom du « ça pourrait être vrai, alors on peut le dire » ou du « les experts et les journalistes sont aux ordres du pouvoir et des banques ».

Ce rapport élastique à la vérité, qui est une constante du discours des populistes, se diffuse désormais à grande vitesse, y compris parmi des citoyens a priori accessibles à la raison.


Un terrain de jeu idéal pour manipuler l’opinion

Les réseaux sociaux sont aussi un terrain de jeu idéal pour les organisations ou officines qui cherchent à manipuler l’opinion. On sait aujourd’hui le rôle qu’elles ont joué dans la campagne du Brexit ou l’élection de Donald Trump. On connaît le soutien indirect apporté par la Russie à des candidats pendant la campagne présidentielle de 2017 en France.

On en saura sans doute plus d’ici quelques semaines sur le rôle des réseaux antirépublicains d’extrême gauche ou droite, royalistes, anarchistes ou ultra-catholiques, dans la mobilisation des gilets jaunes (ce qui n’implique pas, bien entendu, qu’ils souscrivent à leurs idées).

Il ne serait guère surprenant d’apprendre que des pays qui voient d’un mauvais œil l’existence d’un pays stable et progressiste comme la France – et d’un ensemble pacifique comme l’Union – se sont mobilisés sur le sujet aussi, pour favoriser la diffusion des revendications des gilets jaunes et soutenir leur mobilisation.


Effets de contamination et de surenchère

Les réseaux sociaux, comme certains médias à leur remorque, favorisent aussi les effets de contamination et la surenchère : les gilets jaunes protestent contre la hausse du gazole et obtiennent un moratoire ? Qu’à cela ne tienne, lançons-nous (lycéens, étudiants, agriculteurs, ambulanciers…) dans la bataille pour obtenir nous aussi la prise en compte de nos revendications, ou du moins éviter d’être les victimes collatérales des concessions obtenues par les autres – car chacun sait qu’il faut que quelqu’un paie.

Les partis d’opposition et les syndicats sont déconcertés par un mouvement qui leur échappe ? A défaut de pouvoir en prendre le contrôle, mobilisons nos troupes pour surfer sur la vague du mécontentement et profiter de la faiblesse d’un gouvernement aux abois.

La logique d’argumentation qui domine les réseaux sociaux, et les médias d’information continue à travers ces plateaux où des chroniqueurs viennent mesurer leur capacité respective d’outrance et de démagogie, conduit à un relativisme du savoir et de la compétence qu’on a vu poindre aux États-Unis dès les années 1990. Les experts ne savent rien. Les (bons) journalistes sont des menteurs. Les élus des voleurs. Les ministres des incompétents…

On reconnaît, pour un temps encore, la compétence de l’électricien, du pilote d’avion ou du chirurgien (personne ne souhaitant qu’un citoyen lambda s’occupe de son installation électrique, prenne les commandes de l’Airbus où il est installé ou l’opère du genou), mais le haut fonctionnaire est un sot, le professeur un farfelu, le parlementaire un imposteur.

On méprise tout autant l’engagement associatif, partisan, syndical, et l’on nie la compétence et la légitimité de ceux qui donnent de leur temps, toute l’année durant, pour faire avancer des idées et des causes, et savent comment mener une mobilisation et une négociation. Aujourd’hui, celui qui crie le plus fort aura le dessus, quelles que soient ses revendications. L’idée est que, puisque tous les responsables et élus sont réputés avoir échoué à régler les problèmes (réels ou fantasmés) de la France, Jacline Mouraud ou n’importe quel porteur de gilet-jaune ne peut pas faire pire. Ils sont le peuple.

Face à tout cela, que pèsent la raison et l’argumentation ? Rien, ou si peu.

Le gouvernement a commencé à faire des concessions aux gilets jaunes, mais les agriculteurs et les routiers, qui vont subir par ricochet les conséquences de ces décisions, se mobilisent à leur tour. Les lycéens et les étudiants en profitent pour lancer leur révolution quinquennale, avec une certaine fascination pour les méthodes extrêmes de certains gilets jaunes.


Le chacun pour soi, plutôt que l’intérêt général

Comment gérer une société dans laquelle chacun veut plus sans se soucier du fait que toute dépense publique doit être financée et que toute décision a des conséquences négatives ? Une société dans laquelle le sens de l’intérêt général a cédé la place au chacun pour soi ? Une société où l’on ne se soucie plus de la cohérence des discours et des revendications ? Une société où les citoyens s’en remettent au premier vendeur d’huile de serpent venu ?

L’optimiste pensera que les apprentis révolutionnaires vont tôt ou tard être confrontés à la réalité, aux difficultés bien concrètes de l’art de gouverner et de faire des arbitrages. Mais c’est oublier que, dans un système où priment émotions, impressions et semi-vérités, il est facile de renvoyer la responsabilité de ses échecs sur d’autres.

Observons les populistes de tout poil partout dans le monde : leur impuissance est toujours imputée aux technocrates qui les empêchent de mettre en œuvre leur programme, aux journalistes qui déforment la réalité, ou à des groupes précis de la population qui nuisent aux intérêts du peuple (Mexicains, Polonais, réfugiés ou banquiers, peu importe).

Il faut garder à l’esprit qu’un nombre croissant de citoyens, en France comme ailleurs, pensent qu’il existe des systèmes politiques préférables à la démocratie (on ne dit jamais lesquels) et sont fascinés par les leaders autoritaires ou populistes. Les responsables qui persistent à attiser le conflit ont tort d’estimer que la démocratie est un acquis définitif et qu’ils seront capables de ramasser la mise électorale au terme de la crise. Les premiers sondages montrent qu’ils n’en tirent aucun profit. Ils ne font que le jeu des groupuscules antirépublicains qui ont compris très tôt le parti qu’ils pouvait tirer de ce mouvement social.

Olivier Costa
Directeur de recherche au CNRS / Directeur des Etudes politiques au Collège d'Europe –, Sciences Po Bordeaux
https://theconversation.com/debat-peut-on-encore-gouverner-a-lheure-des-reseaux-sociaux-108442
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Gouverner à l’heure des réseaux sociaux   Sam 05 Jan 2019, 15:36

Un article intéressant sur les résultats de la consultation en ligne lancée le 15 décembre par le Conseil économique, social et environnemental (Cese)...

Je doute fortement que la première préoccupation de ceux qui ont occupé des rond-points pour protester contre l'augmentation des taxes sur les carburants, le nouveau contrôle technique, l'interdiction des chaudières au fioul, ...... soit l'abrogation de la loi autorisant le "mariage pour tous"....


Citation :
05/01/2019
Gilets jaunes: L’abrogation du mariage pour tous, revendication N°1 de la consultation en ligne
La consultation citoyenne initiée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a été fermée ce vendredi.

   Le HuffPost avec AFP

POLITIQUE - C'était un vote autonome, qui devait donner le pouls du grand débat national à venir sur la crise des gilets jaunes: la consultation en ligne lancée le 15 décembre par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui s'achève ce vendredi 4 janvier, a livré ses premiers résultats.

En tout, quelque 9000 contributions avaient été déposées vendredi soir sur cette plateforme censée recueillir les inquiétudes des citoyens, "gilets jaunes ou non", et lister les thématiques ayant émergé avec la crise et sur lesquelles des débats pourraient être ouverts.

Chacun a pu "donner son avis" sur six sujets: "inégalités sociales", "justice fiscale", "inégalités territoriales", "pouvoir d'achat", "participation des citoyens" et "transition écologique". Chaque "contribution" est une proposition faite sur l'un de ces sujets et pouvant être "votée" par chacun pour être soutenue.

À la clôture de la consultation, les contributions les plus votées étaient souvent celles issues de réseaux militants très marqués à droite comme celles de l'Institut pour la justice ou de collectifs opposés au mariage pour tous ou à la PMA.

C'est d'ailleurs une contribution pour l'abrogation de la "loi Taubira" qui a recueilli le plus de voix, avec près de 5900 votes sur un total de 260.879 votes exprimés, tous sujets confondus. La contribution a été formulée par le collectif "On ne lâche rien", opposé à la loi pour le Mariage pour tous votée en 2013. Sur son site internet, le groupe appelait d'ailleurs à voter sur le site du Cese pour peser dans le débat sur le mariage homosexuel.

Comme le souligne le journaliste de Libération Vincent Glad, le mariage pour tous ne figure pas parmi les revendications affichées par les gilets jaunes. Difficile, donc, de considérer que les résultats de cette consultation traduisent les inquiétudes des manifestants qui se revendiquent comme gilets jaunes.

Une quinzaine d'autres propositions visent à "abroger la loi Taubira", contre deux seulement destinées à la protéger.

Dans les contributions les plus votées figurent également des textes pour demander "la fin des subventions dans l'éolien", "le retour à l'universalité des allocations familiales", "la prise en compte du vote blanc" ou "la création d'un référendum d'initiative citoyenne" (RIC, 900 votes). Une proposition "pour un RIC sur le projet de loi bioéthique", dans lequel figure l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, a recueilli plus de 3000 votes.

"Sur la base des résultats de cette consultation, mais aussi d'auditions et de la consultation de citoyens tirés au sort, un avis sera élaboré et présenté au vote en mars 2019, afin d'apporter une réponse globale aux enjeux révélés par le mouvement des gilets jaunes et s'inscrire dans le débat national", avait précisé le Cese, une assemblée constitutionnelle de représentants sociaux et associatifs.

Le Cese a pour première mission de conseiller le gouvernement et le Parlement par ses avis, qui ne sont que consultatifs.
https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/04/gilets-jaunes-l-abrogation-du-mariage-pour-tous-revendication-n01-de-la-consultation-en-ligne_a_23633909
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Gouverner à l’heure des réseaux sociaux   Sam 05 Jan 2019, 15:51

L'affaire va tourner court lorsque l'on va découvrir que l'on met sur la table massivement la peine de mort, l'immigration, le fonctionnement de la justice... et quelques autres sujets qu'il est interdit d'évoquer et dont la simple pensée suffit à envoyer le facho en rééducation.

Je ne suis pas certain que la liste des sujets de débats dressée par la majorité habituellement silencieuse soit celle à laquelle les politicards nationaux ou à un niveau plus modeste les militants politiquement engagés et agités s'attendent...

Lorsque l'on fonctionne en vase clos on est surpris à la sortie du bocal.
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Gouverner à l’heure des réseaux sociaux   Lun 07 Jan 2019, 03:50

Citation :
Un journaliste porte plainte contre Richard Ferrand pour l’avoir bloqué sur Twitter
Jean-Michel Décugis| 05 janvier 2019

Une personnalité politique peut-elle bloquer son compte Twitter à des citoyens ? On connaît la réponse aux Etats-Unis après la plainte déposée par sept citoyens américains contre Donald Trump. En mai dernier, la Cour fédérale a considéré que le président des USA n’avait pas le droit de les empêcher de le suivre, au nom de la liberté d’expression protégée par le 1er amendement de la constitution américaine.

La France, plus restrictive dans l’exercice de ce droit, va devoir à son tour trancher la question alors que de plus en plus d’élus bloquent leurs opposants sur les réseaux sociaux. Ce vendredi 4 janvier, Guillaume Tatu, 32 ans, journaliste indépendant et proche de La France Insoumise, a déposé plainte pour « discrimination » auprès du procureur de la République de Paris contre Richard Ferrand, 56 ans, président de l’Assemblée nationale et 4e personnage de l’Etat.


« Une restriction à sa liberté d’être informé »

Depuis le mois de septembre 2018, le président de l’Assemblée nationale restreint l’accès à son profil Twitter à ce journaliste. Un blocage que le producteur de l’émission « l’Oreille de Tatu » sur YouTube explique par le fait d’avoir relayé sur les réseaux sociaux, dont « Twitter », des articles de presse évoquant l’affaire des « Mutuelles de Bretagne » (NDLR : Richard Ferrand est visé par une information judiciaire relative à des soupçons de prise illégale d’intérêts via sa compagne lorsqu’il dirigeait les Mutuelles de Bretagne). Or Guillaume Tatu, qui possède une carte de presse, considère ce blocage « comme une restriction à sa liberté d’être informé et de pouvoir informer le plus grand nombre », au motif que le compte Twitter du président de l’Assemblée nationale représente « un profil d’intérêt général ».


« Une discrimination fondée sur des opinions politiques »

« La seule et unique raison est que Richard Ferrand n’apprécie pas les informations négatives à son encontre ainsi que les critiques » relève Me Arash Derambarsh, l’avocat du journaliste. « Mon client n’est pas le seul dans ce cas. D’autres journalistes ou certaines organisations syndicales comme la CGT ont également été bloqués par le président de l’Assemblée nationale. »

Dans sa plainte, l’avocat relève que Richard Ferrand, qui compte plus de 56000 abonnés sur Twitter, « utilise et diffuse sur ce réseau social comme un média à part entière. D’où le délit présumé de discrimination commis par le président de l’Assemblée nationale d’interdire à une personne, plutôt qu’à une autre, de surcroît journaliste, d’avoir accès aux informations qu’il diffuse. C’est une discrimination fondée sur des opinions politiques. Cela pose un problème d’inégalité à l’accès à l’information », constate Arash Derambarsh. Contacté, Richard Ferrand n’a pas donné suite.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/un-journaliste-porte-plainte-contre-richard-ferrand-pour-l-avoir-bloque-sur-twitter-05-01-2019-7981515.php
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