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 Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905

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tonton christobal

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MessageSujet: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyJeu 03 Jan 2019, 07:49

Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905
Par Auteur valeursactuelles.com / Mercredi 2 janvier 2019 à 17:03 3


Fronde. Dans une pétition, une centaine de personnalités s’oppose au projet de modification de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat.

113 personnalités (comme les 113 ans qui nous séparent de la loi de 1905) ont signé une pétition, lancée par le comité Laïcité République le 1er janvier, appelant à s’opposer aux « modifications de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat », rapporte La Croix.

Une pétition signée par le Grand Orient de France et la Licra
« Par l’esprit et la lettre, [cette loi] œuvre au rassemblement des êtres humains par-delà leurs différences. Avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, elle est au cœur du fonctionnement de notre vie collective », défend le texte qui a réuni 575 signatures, dont celles du Conseil national des associations familiales laïques, du Grand Orient de France et de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Mais aussi par certaines personnalités, comme les historiens Georges Bensoussan et Marcel Gauchet, les essayistes Pascal Bruckner et Caroline Fourest, la journaliste Françoise Laborde, l’ancienne ministre Corinne Lepage et l’écrivain Boualem Sansal.

Ces signataires « sont conscients des inquiétudes soulevées par les menées communautaristes et par les dérives intégristes de l’islamisme politique qui affaiblissent la société française », explique notamment la pétition, avant d’ajouter : « En aucun cas, la modification de cette loi ne saurait être l’un des moyens de droit permettant de résoudre ces graves problèmes ». Le texte fait ensuite référence au mouvement des « gilets jaunes », affirmant qu’« au moment où l’unité citoyenne et la paix sociale sont mises en péril, il ne peut être question d’affaiblir leurs fondations en ouvrant la voie aux exigences de tous les groupes de pression et en relativisant le caractère inviolable de leurs principes ».

Le journal Marianne relaie le texte
Le journal Marianne s’est également investi dans cet appel, en relayant son message. « Nous sommes confrontés à une remise en cause majeure de notre mode républicain d’organisation de l’espace public, non seulement de la part d’un islam dont certains représentants entendent imposer à la République une existence en tant que communauté, mais également, et de façon concomitante, par une vision anglo-saxonne de l’organisation démocratique », souligne sa directrice de la rédaction, Natacha Polony.

Modification des finances et du contrôle des cultes
Toutes ces inquiétudes sont relatives à la volonté affichée du gouvernement d’amender cette loi de 1905, pour l’adapter au « nouveau paysage religieux ». S’il promet de ne pas toucher aux « grands principes », le ministère de l’Intérieur travaille actuellement à la modification de deux aspects, à savoir les finances et le contrôle des cultes. Dans un premier temps, il souhaite élargir la liste des ressources pouvant être touchées par les associations cultuelles, notamment musulmanes : « Il faut partir d’un principe de réalité », expliquait Christophe Castaner à La Croix, en novembre 2018. « C’est en leur permettant de s’assurer des recettes stables que nous les libérerons de toute influence étrangère, publique ou privée », poursuivait-il. Par ailleurs, le ministre souhaite renforcer l’efficacité de la police des cultes, notamment en rendant les auteurs d’infractions passibles de sanctions, comme l’interdiction d’organiser des réunions politiques dans un lieu de culte.

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thierry

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyJeu 03 Jan 2019, 12:25

On est bien en France, on a déjà des groupes de pression (des lobbys) pour s'opposer a un texte dont on ne connait pas le contenu...

C'est formidable: surtout ne rien faire, surtout ne pas bouger.

La loi de 1905 pose des problèmes sur le financement des cultes.
En effet des français musulmans ne disposent pas de lieux de culte en nombre suffisant (par manque de financement), d’où des pratiques dans les rues, dans des caves ou des garages. Ou des financements étrangers non contrôlés avec des contreparties inconnues.

Et en parallèle, la commune de Fontenay assure l'entretien de son église et c'est une forme de subvention aux chrétiens de Fontenay.

C'est un vrai soucis, aucune réponse n'est simple: on continuera à entretenir les églises (car elles ont été construites par les français), et il sera difficile de subventionner des mosquées avec de l'argent public.

Le pire dans cette histoire, c'est de mettre de l'huile sur le feu, de nous sortir les grands principes - je ne sais pas si vous avez remarquer mais à chaque pb on nous sort un grand principe de la république, ou de la morale ou d'absence de bon Dieu.

Et cela a toujours la même conséquence: on ne fait rien, ou on fait une loi inutile avec un haut comité chargé de sa non éxcution.
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyVen 04 Jan 2019, 07:38

si faire des réformes se résume à faire n'importe quoi par principe et désir de "modernité" y compris d'aggraver une situation compromise parce que l'on ne respecte pas les lois en vigueur effectivement il convient de ne rien faire.
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyVen 04 Jan 2019, 12:50

La loi de 1905 a rendu les lieux de culte existant alors (surtout des églises) propriété des communes, chargées d'en assurer l'entretien ; tandis que la construction et l'entretien des lieux de cultes construits après 1905 sont à la charge des cultes, y compris catholique.

On notera que "La grande mosquée de Paris est financée par l'État français à travers la loi du 19 août 1920 (Journal officiel du 21 août 1920) qui accorde une subvention de 500 000 francs pour la construction d'un institut musulman regroupant une mosquée, une bibliothèque et une salle d'étude et de conférences." Motivation alors : "rendre hommage aux dizaines de milliers de morts de confession musulmane" de 14-18.
voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_mosquée_de_Paris
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyVen 04 Jan 2019, 20:25

Si des gens de gauche n'avaient pas voulu que l'état récupère les biens de l'église... en 1905... et par la même en assumer la responsabilité...

Mais lorsque l'on est de gauche on spolie et ensuite il faut faire avec et payer.

Les cocos soviétiques ont procédé ainsi et maintenant on reconstruit les églises, Poutine va à la messe... et les musulmans sont sous contrôle...

Chez nous si les églises sont à la charge des communes il faut savoir qui est responsable de la situation et l'assumer.


Dernière édition par tonton christobal le Ven 04 Jan 2019, 20:34, édité 1 fois
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyVen 04 Jan 2019, 20:34

Salamandre a écrit:
On notera que "La grande mosquée de Paris est financée par l'État français à travers la loi du 19 août 1920 (Journal officiel du 21 août 1920) qui accorde une subvention de 500 000 francs pour la construction d'un institut musulman regroupant une mosquée, une bibliothèque et une salle d'étude et de conférences."

Montage encore utilisé de nos jours pour subventionner des associations cultuelles loi de 1905 au travers d'associations culturelles loi de 1901...
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyVen 04 Jan 2019, 20:39

Une pétition est disponible:

https://www.change.org/p/president-clr-laicite-republique-org-appel-des-113-ne-modifiez-pas-la-loi-de-1905-de-s%C3%A9paration-des-eglises-et-de-l-etat

Citation :
APPEL DES 113

NOUS NOUS OPPOSONS AUX MODIFICATIONS DE LA LOI DE SÉPARATION DES ÉGLISES ET DE L’ÉTAT DU 9 DÉCEMBRE 1905

Depuis 113 ans, la Loi de séparation des Églises et de l’État est un texte fondateur de notre République. Cette loi et nulle autre, assure la liberté de conscience et affirme sans ambigüité ni faux-semblants que la République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte. Elle garantit le libre exercice des cultes assuré par des associations dont l’objet et le patrimoine doivent être strictement cultuels.

Par l’esprit et la lettre, elle œuvre au rassemblement des êtres humains par-delà leurs différences. Avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, elle est au cœur du fonctionnement de notre vie collective, elle est le moteur du développement de nos libertés, elle contribue de manière décisive à l’égalité entre tous les citoyens quelles que soient leurs convictions.

La Loi de 1905 est la clé de voûte de l’édifice démocratique et républicain qui nous abrite et l’expression de l’idéal de justice et de fraternité universelle qui nous anime. Le principe de laïcité qui en découle est si fondamental qu’il a été inscrit à l’article 1er de notre Constitution.

Par l’universalité des principes qu’elle affirme et des dispositions qu’elle édicte, la Loi de séparation s’applique à tous les cultes et pose le principe de leur adaptation à la société républicaine. Non l’inverse.

Les signataires de l’appel sont conscients des inquiétudes soulevées par les menées communautaristes et par les dérives intégristes de l’islamisme politique, qui affaiblissent la société française. L’organisation du culte musulman, la transparence de ses financements et le contrôle du respect de l’ordre public par les organes cultuels sont les trois préoccupations que met en avant le gouvernement pour envisager la révision de la Loi de séparation.

En aucun cas la modification de cette Loi ne saurait être l’un des moyens de droit permettant de résoudre ces graves problèmes. L’organisation d’un culte et a fortiori ses principes théologiques ne regardent pas l’État mais les croyants et les pratiquants. La transparence du financement privé des cultes peut être assurée par des mesures de police fiscale et par des contrôles étroits autorisés par les lois françaises. La police des cultes est déjà entièrement contenue dans la Loi de 1905. Quant à la lutte contre les menées subversives et terroristes, elle ne relève pas de cette loi.

Au moment où l’unité citoyenne et la paix sociale sont mises en péril, il ne peut être question d’affaiblir leurs fondations en ouvrant la voie aux exigences de tous les groupes de pression et en relativisant le caractère inviolable de leurs principes.

C’est pourquoi les signataires demandent à tous les citoyens et toutes les citoyennes, toutes les associations, tous les syndicats, tous les partis politiques républicains de se rassembler autour de cet appel pour en faire une très large pétition nationale exigeant le respect de la Loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905.

Voir la liste des signataires: https://www.change.org/p/president-clr-laicite-republique-org-appel-des-113-ne-modifiez-pas-la-loi-de-1905-de-s%C3%A9paration-des-eglises-et-de-l-etat
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyVen 04 Jan 2019, 20:40

Entre la mosquée, l'école coranique et le centre culturel... on a du mal à discerner qui fait quoi et à qui il faut imputer les dépenses... et attribuer les subventions.

Il y a des nuances délicates à comprendre.

Le clientélisme résout bien des problémes.
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thierry

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyDim 06 Jan 2019, 07:24

On peut sûrement dire la même chose à propos de l’église de Fontenay et du catéchisme du curé vis à vis des jeunes.

Juste un rappel: la loi de 1905 ne s’applique pas en Alsace Moselle, et pourtant la république s’applique dans les 3 départements.

La loi de1905 n’est donc pas un fondement éternel et intangible de notre république et on peut donc légitimement s’interroger sur sa pertinence et veiller à son adaptation

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyDim 06 Jan 2019, 08:31

Oui c'est vrai vu les exactions commises par les enfants de Marie piégées qui se font exploser au milieu de la foule et les boys scouts munis de sulfateuses... on devrait réagir.

On peut effectivement changer les lois et décréter au titre de la réciprocité que la religion musulmane est interdite en France tout comme les religions chrétiennes le sont dans les pays musulmans.

Dans les "changements" possibles on peut tout aussi bien déclarer les religions interdites ou décider que toutes seront illégales sauf la religions officielle du pays...
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 09:58

MACRON CHERCHE-T-IL UNE GUERRE CIVILE RELIGIEUSE ?
(L’Imprécateur)

Jamais la France n’a connu un président aussi doué pour se faire haïr en divisant les Français, en les montant les uns contre les autres. On attendait de lui qu’il redresse l’économie de la France malmenée par 40 ans de socialisme s’ajoutant à 50 ans d’énarchisme, comme il l’avait promis dans sa campagne électorale sans programme – ce dont il s’était vanté. « On se fout des programmes, ce qui importe c’est la vision ». Ayant échoué sur ce terrain là, il botte en touche pour jouer sur le terrain religieux.

L’ennui, c’est que de cette fameuse vision il n’a pas dit grand-chose à l’époque, notamment que son projet était de dissoudre la souveraineté française dans l’Europe qu’il fantasme. Cette vision-là (car ainsi que Sainte Thérèse d’Avila et Bernadette Soubirou, Macron a des visions), on l’a apprise par le godillot Aurélien Taché : « Le fait de transférer une grande partie de la souveraineté nationale au niveau européen, c’est le cœur de ce qu’on proposera aux élections européennes, ça c’est très clair » (1).
Et aussi, et c’est encore plus grave : « Que la France laisse son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, je suis pour« .

Mais laissons pour le moment de côté l’histoire de l’abandon à l’Allemagne du siège de la France au Conseil de Sécurité, c’est peut-être un avis personnel et stupide du petit Taché, quoi que… Par contre, l’obsession maladive de dissoudre la France dans une Europe Fédérale dont elle ne serait plus qu’une province soumise est bien au cœur du projet Macronien. Et son projet de « réforme » de la Loi de 1905 fait partie de ce projet puisque son urgence subite découle directement d’un avis récent de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

La CEDH était jusqu’au 18 décembre dernier hostile à une introduction de la charia dans le droit européen, estimant que la charia est incompatible avec les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme. Et puis l’occasion de changer de position lui a été donnée par la plainte d’une musulmane anglaise ayant abandonné l’islam après son mariage et privée d’héritage après la mort de son mari par un tribunal islamique voulant punir cette mauvaise musulmane. Elle a porté plainte auprès de la justice britannique, et le tribunal civil anglais l’a déboutée au prétexte qu’étant musulmane, c’est la charia qui s’appliquait à elle bien qu’elle soit citoyenne britannique et athée. Et donc aussi, le jugement du tribunal islamique l’ayant privé de succession parce qu’elle était une mauvaise musulmane. Il faut connaître ce cas pour comprendre ce qui nous attend du fait du tropisme islamique de Macron.

En effet, dans la foulée, la CEDH a publié un avis disant qu’un État peut s’il le souhaite, «créer un cadre juridique déterminé pour accorder aux communautés religieuses un statut spécial impliquant des privilèges particuliers». En d’autres termes, un État européen peut accorder à sa communauté musulmane la liberté d’être régie par des normes de la charia, sans que cela soit, en soi, contraire à la Convention européenne des droits de l’homme. Ajoutant cependant que les intéressés doivent être d’accord.

L’avis ne concerne pas que la communauté musulmane, c’est clair, mais les musulmans ont aussitôt habilement interprété la clause sur l’accord des intéressés comme le droit de choisir sa juridiction en cas de crime ou de délit. Par exemple, un musulman qui lapide sa fille parce qu’elle a fauté avec un garçon de son âge sans être mariée, ou poignardé un mécréant croisé dans la rue et dont la tête lui déplaisait, demandera à être jugé par le tribunal islamique du quartier qui le félicitera pour avoir appliqué la charia ; par contre, s’il doit être jugé pour un vol, il demandera à être jugé par le tribunal correctionnel officiel qui le condamnera à une peine légère, amende ou prison, pour éviter d’avoir la main tranchée sur ordre du tribunal islamique.

Ce « statut spécial impliquant des privilèges particuliers » accordé aux religions est contraire à la Loi de 1905. D’où l’urgence compulsive que ressent brusquement Macron de modifier la Loi très républicaine de 1905. Officiellement, ce n’est pas le but. Macron est assez intelligent pour comprendre qu’invoquer l’introduction de la charia dans ou en parallèle du droit français est voué à l’échec dans le climat de contestation actuel. Donc: « Le gouvernement envisage de modifier la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, afin de mieux organiser et encadrer le financement de l’islam en France« . Un but louable, mais qui peut être atteint par d’autres moyens.

D’autre part, et ce n’est pas mieux, ce qui est fondamental dans la loi de 1905, c’est la séparation des Eglises et de l’Etat. Cela implique que l’Etat ne s’ingère pas dans l’organisation d’un culte. Or là, sous des prétextes qui sont tout à fait corrects (l’organisation de l’islam, la volonté d’avoir un islam apaisé et de contrôler certaines dérives), le pouvoir exécutif envisage de modifier la loi pour permettre un financement du culte par l’Etat, et une réorganisation du culte islamique. Parce que ce que Macron veut, c’est un islam qui ne ferait plus peur pour faciliter dans un premier temps son intégration dans la République, le second temps étant, par l’injection lente mais irrévocable de la charia dans l’organisme républicain, de le transformer en république islamique.

Cela n’est évidemment pas dit clairement par Macron, mais ressort en filigrane de nombreuses de ses déclarations, depuis son livre Révolution jusqu’à ses derniers discours : la progression de l’islam est inéluctable, la solution intelligente et progressiste est de l’accepter tout en l’adaptant de gré ou de force à la société française. « En même temps », il ne faut pas faire peur aux Français, donc avancer masqué, d’où l’intitulé de son projet de réforme de la loi de 1905.

Ce que ne voit pas et en comprend pas Macron, c’est que ce faisant, il risque fort de provoquer une nouvelle éruption du conflit civil et religieux qui couve en France depuis le milieu du XVIIIème siècle quand les Lumières ont soulevé le problème de la laïcité, qui a connu plusieurs explosions et qu’Aristide Briant avait, après plusieurs années d’action diplomatique (qui politiquement lui ont coûté cher), réussi à éteindre avec cette loi de 1905, un joyau d’intelligence dans le compromis.

Au point qu’aujourd’hui, voyant ce texte remarquable de simplicité et de clarté menacé par la bêtise islamo-compatible macronienne, aussi bien les communautés religieuses qui avaient eu du mal à l’accepter dans les premières années avant de découvrir ses aspects positifs, que les mouvements laïcs qui ne le trouvaient pas assez dur comme les extrêmes laïcards de la Libre pensée, se dressent contre le projet de modification du texte.

Tous ont compris qu’il s’agit avant tout pour l’Etat de prendre le contrôle des religions et la communauté musulmane elle-même, qui pourrait financièrement en bénéficier, refuse que l’Etat se mêle de l’organisation du culte mahométan. Pour elle, c’est impensable coraniquement parlant. Et du point de vue franc-maçon aussi mais pour une autre raison : « Ce qui est fondamental dans la séparation des Eglises et de l’Etat, c’est que l’Etat ne s’ingère pas dans l’organisation d’un culte » (2).

La loi de 1905 est parfaitement adaptée, même aujourd’hui, à la gestion de l’islam, il suffirait de l’appliquer avec la même rigueur que ce qui fut fait pour le catholicisme et les trois autres religions (3) après la a promulgation de la loi, dès 1906.

Si le seul problème est, comme le prétend LREM de « mieux organiser et financer l’islam« , il suffit de refaire ce qui a été fait en 1920 pour la Grande mosquée de Paris qui fut financée par l’Etat, le terrain faisant l’objet d’une « donation perpétuelle et gratuite » par la mairie, le tout garanti par une loi d’exception (4).

Ce que craignent les religieux et les laïcs, c’est que Macron profite de  cette réforme pour réintroduire le religieux dans le domaine public, ce qui toucherait au fondement de la loi de 1905.

Dans la modification qu’envisageait Nicolas Sarkozy en 2004 (5), il n’y avait aucune atteinte aux fondements de la loi, seulement un renforcement du contrôle de l’Etat sur les financements étrangers pour libérer l’islam en France de la tutelle des pays étrangers. C’était à la fois intelligent et suffisant pour régler le problème que dénoncent LREM et Macron. Mais tout le monde a compris que c’est autre chose que souhaite Macron, quitte à prendre le risque d’une guerre civile et religieuse.

L’Imprécateur
6 janvier 2019


1: 2 décembre 2018, déclaration publique d’Aurélien Taché à Salut les Terriens en présence de N. Dupont-Aignan et Natacha Polony

2: Source Grand Orient de France.

3: En 1905 quatre religions étaient concernées : catholicisme, la religion très nettement dominante à l’époque, protestantisme calviniste, protestantisme luthérien (on pourrait rajouter aujourd’hui un protestantisme libéral) et judaïsme.

4: Loi du 19 août 1920

5: La République, les religions, l’espérance, par Nicolas Sarkozy
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joseph1



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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 10:33

thierry a écrit:
On peut sûrement dire la même chose à propos de l’église de Fontenay et du catéchisme du curé vis à vis des jeunes.

Juste un rappel: la loi de 1905 ne s’applique pas en Alsace Moselle, et pourtant la république s’applique dans les 3 départements.

La loi de1905 n’est donc pas un fondement éternel et intangible de notre république et on peut donc légitimement s’interroger sur sa pertinence et veiller à son adaptation


En effet, le système du concordat peut fonctionner si les trois monothéismes l ' acceptent. On pourrait basculer vers ce système. Par contre on ne doit pas ouvrit la boîte de Pandore en modifiant la loi de 1905. Soit on adopte le concordat soit on maintien les choses en l ' état.
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thierry

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 10:38

Tout cela est magnifique, on trouve toujours autant de monde pour justifier l’immobilisme et ne pas résoudre les problèmes que cause cette loi.

De nombreuses personnes sur ce site se plaigne que rien n'est fait depuis 30 ans (et a juste titre), et quand on bouge les lignes, ça ralle encore;
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 10:48

Ne pas confondre bouger pour un résultat positif, triturer les régles par démagogie et gigoter comme un canard sans tête...
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thierry

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 13:59

Si on triture quelques choses, c'est plutôt les prétextes pour ne rien faire: au début de cet échanges c’était au nom des principes républicains, ensuite c’était pour lutter contre le terrorisme, et la on est de retour sur le concept "vache sacrée" de la république.
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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 14:01

si en ce moment l'urgence est de bidouiller la loi de 1905... au lieu de l'appliquer, tout est dit !
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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 17:35

En France il y a 66 000 000 d'habitants
La population se compose de gens indifférents à la religion, d'opposants à toutes les religions, de catholiques de diverses tendances, de protestants, de bouddhistes, d'indous, de taoïstes, de témoins de jehova, de musulmans et de quelques autres...

Visiblement cette "réforme" de la loi de 1905 concerne les disciples de l'islam qui seraient 8 à 10 millions... dont tous n'ont pas de probĺéme d'incompatibilité entre la loi nationale et leur croyance.

Conclusion : on va flanquer par terre une législation qui satisfait une large majorité pour complaire une faible minorité c'est la démocratie a l'envers !

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thierry

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 19:01

Personne ne parle de détruire la loi 1905, mais de l’adapter sur les points qui en 2019 posent problème.

Car la situation des religions en 1905 n’est pas celle de 2018.

Et il n’est pas question de rétablir une religion d’état.

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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 19:08

thierry a écrit:
Personne ne parle de détruire la loi 1905, mais de l’adapter sur les points qui en 2019 posent problème.

Car la situation des religions en 1905 n’est pas celle de 2018.

Et il n’est pas question de rétablir une religion d’état.


Finalement on change la loi pour 10% maximum de musulmans en France sans d'ailleurs tenir compte des millions de gens qui seront contre cette réforme...

C'est la nouvelle conception de la démocratie : les minorités font la loi.

L'exemple n'est pas unique et explique parfaitement la montée des "populismes"
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Salamandre

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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 21:08

Citation :
La population se compose de gens indifférents à la religion, d'opposants à toutes les religions, de catholiques de diverses tendances, de protestants, de bouddhistes, d'indous, de taoïstes, de témoins de jehova, de musulmans et de quelques autres...


Le néopaganisme, par exemple ...
"Depuis la fin du XXe siècle, le phénomène est de plus en plus connu du public, poussé par la vague du retour à la terre et du New Age. Il est surtout répandu dans les pays nordiques et anglo-saxons, mais fait de plus en plus d'adeptes en Europe orientale et dans certains pays latins." (selon Wikipédia)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Néopaganisme
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joseph1



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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyLun 07 Jan 2019, 21:10

tonton christobal a écrit:
En France il y a 66 000 000 d'habitants
La population se compose de gens indifférents à la religion, d'opposants à toutes les religions, de catholiques de diverses tendances, de protestants, de bouddhistes, d'indous, de taoïstes, de témoins de jehova, de musulmans et de quelques autres...  

Visiblement cette "réforme" de la loi de 1905 concerne les disciples de l'islam qui seraient 8 à 10 millions... dont tous n'ont pas de probĺéme d'incompatibilité entre la loi nationale et leur croyance.

Conclusion : on va flanquer par terre une législation qui satisfait une large majorité pour complaire une faible minorité c'est la démocratie a l'envers !


"dont tous n'ont pas de probĺéme d'incompatibilité entre la loi nationale et leur croyance."

Tout à fait exact. Et ces musulmans là on les laisse tomber!
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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptySam 12 Jan 2019, 07:54

Réforme de la loi de 1905 : «Le pari dangereux de Macron»
Par  Yves Mamou   Mis à jour le 11/01/2019 à 20:14  Publié le 11/01/2019 à 16:47

FIGAROVOX/ANALYSE - Yves Mamou décrypte la conception qu'Emmanuel Macron se fait de la laïcité et des rapports qu'elle doit entretenir avec l'Islam. Pour lui, la réforme de la loi de 1905 voulue par le Président risque d'autonomiser les Français musulmans, jusqu'à en faire la première communauté de la République.

Yves Mamou est un ancien journaliste du Monde. Il a également collaboré au Canard Enchaîné, à Libération et à La Tribune. Collaborateur régulier du site américain The Gatestone Insitute, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Hezbollah, dernier acte (éd. Plein jour, 2013) et Le Grand abandon. Les élites françaises et l'islamisme (éd. L'Artilleur), paru le 25 septembre 2018.

Officiellement, Emmanuel Macron continue d'être le gardien d'une Constitution dont l'article I affirme d'emblée que «la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale». Cela n'a pas empêché notre président de pointer très tôt la laïcité comme un régime d'inhospitalité envers les religions en général, et l'islam en particulier.


Dès avant l'élection de 2017, Macron avait dénoncé le «laïcisme» comme «une conception étriquée et dévoyée de la laïcité qui dénote à la fois une insécurité culturelle profonde et une incompréhension historique de la France». Dans Challenges, en octobre 2016, il avait pourfendu les défenseurs «d'une vision revancharde de la laïcité», d'«une laïcité qui, avant tout, pose des interdits, lesquels, au passage, se manifestent surtout à l'encontre d'une religion en particulier».

En décembre 2017, au lendemain de son élection, Macron a organisé une rencontre avec les représentants de six religions (catholique, protestante, orthodoxe orientale, musulmane, juive et bouddhiste) au palais de l'Élysée. Rien n'a fuité de cette réunion hormis une petite déclaration qui se situe dans le prolongement des précédentes: Macron se serait déclaré préoccupé d'une éventuelle «radicalisation de la laïcité». Bref, ce n'est pas l'islam politique n'est pas le problème ; la résistance à l'islam en revanche bloquerait l'unité de la nation.

Il était bien logique qu'une fois élu, Emmanuel Macron dirige sa boulimie réformatrice en direction de la loi de 1905.

Il était bien logique qu'une fois élu, Emmanuel Macron dirige sa boulimie réformatrice en direction de la loi de 1905. Il n'est pas le premier. Bien avant son élection en 2017, le Conseil d'État lui a mâché le travail. La loi de 1905 a été corrigée en faveur de l'islam à de nombreuses reprises au point qu'il a fallu parfois des lois pour y remédier. Ainsi, en 1989, le Conseil d'État s'est prononcé pour le voile à l'école et il a fallu attendre 2004 pour qu'une loi interdise le voile au collège. En 2010, le Conseil d'État s'est prononcé pour la tolérance envers la burqa et il a fallu une loi pour que ce vêtement islamique médiéval soit interdit en France. En 2011, le Conseil d'État a autorisé les collectivités locales à financer les mosquées et les abattoirs rituels musulmans à condition qu'un motif d'ordre sanitaire ou une raison économique fonde la décision. Aucune loi n'est venue corriger cet arrêt du conseil d'État. En 2013, le Conseil d'État a autorisé les mères voilées à accompagner les sorties scolaires en suggérant que les sorties scolaires pouvaient n'être pas considérées comme le prolongement de l'école laïque. En 2013, le conseil d'État s'est prononcé contre le licenciement de la salariée voilée de la crèche Babyloup et en 2016, il a affirmé que le burkini était parfaitement tolérable sur les plages de France tant que l'ordre public n'était pas troublé. Enfin, les écoles d'infirmières qui prohibaient le port de signes religieux se sont vues prier par le conseil d'État de revoir leur règlement interne.

Le projet de réforme de la loi de 1905 d'Emmanuel Macron dispose donc d'un socle juridique fermement étayé par le Conseil d'État. Mais les symboles ont cette force qu'on ne peut s'y attaquer de front. Emmanuel Macron a donc entrepris d'agir par étapes.

Première étape, pour isoler la laïcité et la pointer comme un obstacle, Macron avait besoin d'alliés. Il ne pouvait en trouver de meilleur qu'au sein de l'Église catholique, première victime en France de la loi de 1905. En avril 2018, Macron s'est donc rendu à l'invitation de la Conférence des évêques de France. Dans le somptueux décor du Collège des Bernardins, devant plus de 400 personnalités catholiques, Emmanuel Macron, a prononcé un discours érudit et lyrique, mais vide de toute proposition. Toutefois, adroitement glissée dans le discours, une invitation à «réparer le lien endommagé» entre l'Église et l'État a fait mouche. Les 400 responsables catholiques ont ovationné debout le président de la République.

Avec ce puissant allié catholique en poche, Macron pouvait lancer la deuxième étape de sa stratégie : autonomiser les musulmans de France en leur confiant les clés de la « politique de la ville ».

En juin 2018, Macron a réitéré son amour des catholiques en visitant le pape François au Vatican et en acceptant le titre de chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Le président a également réaffirmé sa volonté «d'approfondir nos relations d'amitié et de confiance avec le Saint-Siège».

Avec ce puissant allié catholique en poche, Macron pouvait lancer la deuxième étape de sa stratégie: autonomiser les musulmans de France en leur confiant les clés de la «politique de la ville». Au cours des 30 dernières années, l'État français a consacré 48 milliards d'euros à des projets de rénovation des banlieues pauvres qui accueillaient des millions d'immigrés, principalement musulmans de première, deuxième et troisième générations. Les nouveaux bâtiments, les nouvelles routes et les nouveaux véhicules de transport en commun semblent toutefois avoir produit le contraire de l'effet souhaité: émeutes récurrentes, attaques contre les écoles et les commissariats de police, trafic de drogue dans les cités, prolifération de mosquées salafistes et plus de 1 700 djihadistes partis pour rejoindre l'État islamique.

En mai 2018, Macron a donc habilement rejeté la recommandation du rapport Borloo de remettre à nouveau au pot 48 milliards d'euros sur 30 ans pour une politique qui avait déjà échoué. Au lieu de continuer à acheter une paix sociale (fragile) avec des milliards prélevés dans la poche des contribuables, Macron a fait mieux: il a créé le «Conseil présidentiel de la ville», une structure politique composée principalement de notables musulmans (deux tiers du total des membres du Conseil) et de représentants d'organisations travaillant en banlieue. Aujourd'hui, cet organe est chargé de suivre la politique de la ville. Pas de nouveaux milliards en perspective donc, mais une sorte de comité consultatif communautarisé pour réorienter l'argent de l'ancienne politique de la ville. Le budget consacré à la politique urbaine en 2018 était de 429 millions d'euros.

Le premier cavalier législatif a supprimé l'obligation pour les associations religieuses de se déclarer comme lobbies;

L'idée de confier les clés des banlieues musulmanes à des associations islamiques n'est pas nouvelle. Elle a été formulée pour la première fois par le conseiller d'État Thierry Tuot dans un célèbre rapport intitulé «La grande nation, pour une société inclusive», présenté en 2013 au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. La principale proposition du rapport était précisément de transférer la politique urbaine aux organisations islamiques, le rôle de l'État se bornant à les subventionner.

Pour compléter ce dispositif d'habilitation de l'islam politique en France, deux cavaliers législatifs ont été introduits fin juin 2018 dans la «loi pour un État au service d'une société de confiance». Le premier cavalier législatif a supprimé l'obligation pour les associations religieuses de se déclarer comme lobbies. Cette mesure fraye clairement la voie de l'anonymat à des entités comme les Frères musulmans quand elles souhaitent exercer des pressions sur le législateur sans laisser de traces. Le deuxième cavalier législatif - en violation de la loi de 1905 sur la laïcité - a autorisé toutes les associations religieuses à agir en tant qu'acteurs privés sur le marché immobilier. Selon le Comité Laïcité République (CLR), ce cavalier législatif priverait une municipalité ou une région de la possibilité de s'approprier des terrains ou des bâtiments vendus par une église ou une mosquée. «Ainsi, le code de l'urbanisme et la loi de 1905 seraient modifiés à cet effet», a déclaré le CLR. En d'autres termes, la puissance religieuse deviendrait opposable à la puissance publique et serait dotée de pouvoirs équivalents.

La troisième étape de la constitution d'un «islam de France» - déconnecté de l'ancien islam en France est en cours. «Dès cet automne, nous donnerons à l'islam un cadre et des règles pour nous assurer que cette religion s'exercera d'une manière compatible avec les lois de la République», a déclaré Emmanuel Macron. Les Gilets jaunes ont certes bousculé le calendrier, mais notre président est tenace. Aucun texte n'a encore été déposé au Conseil d'État, mais des ballons d'essais ont été lâchés. Les articles 18 à 44 de la loi de 1905 seront remoulinés. Ils visent à instaurer un donnant-donnant: financements et autorisations en échange de la paix sociale.

L'énormité du dispositif mis en œuvre pour obtenir que les imams ne prêchent pas la haine dans leurs mosquées laisse néanmoins pantois. Tout se passe comme si Emmanuel Macron avait pris en considération les craintes exprimées par François Hollande dans Un président ne devrait pas dire ça! sur «la partition». «Car c'est quand même ça qui est en train de se produire: la partition».

Il apparaît possible d'avancer que la réforme de la loi de 1905 voulue par Emmanuel Macron sera le parachèvement d'un processus d'autonomisation des musulmans en France. La première communauté de la République sera instaurée.

Le président Emmanuel Macron, élu en 2017, a choisi de penser la partition non plus comme un risque majeur mais comme une solution. En 1627, le cardinal de Richelieu, premier ministre du roi Louis XIII, a pris d'assaut et rasé les fortifications de la ville de la Rochelle pour ramener les protestants dans le giron de l'autorité royale. En tenant compte de ce qu'il a dit et fait depuis son élection, il apparaît possible d'avancer que la réforme de la loi de 1905 voulue par Emmanuel Macron sera le parachèvement d'un processus d'autonomisation des musulmans en France. La première communauté de la République sera instaurée.
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MessageSujet: Re: Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905   Des personnalités s'opposent à un projet de révision de la loi de 1905 EmptyMar 15 Jan 2019, 10:04

MACRON CHERCHE-T-IL UNE GUERRE CIVILE RELIGIEUSE ?

Jamais la France n’a connu un président aussi doué pour se faire haïr en divisant les Français, en les montant les uns contre les autres. On attendait de lui qu’il redresse l’économie de la France malmenée par 40 ans de socialisme s’ajoutant à 50 ans d’énarchisme, comme il l’avait promis dans sa campagne électorale sans programme – ce dont il s’était vanté. « On se fout des programmes, ce qui importe c’est la vision ».
Ayant échoué sur ce terrain là, il botte en touche pour jouer sur le terrain religieux.

L’ennui, c’est que de cette fameuse vision il n’a pas dit grand-chose à l’époque, notamment que son projet était de dissoudre la souveraineté française dans l’Europe qu’il fantasme. Cette vision-là (car ainsi que Sainte Thérèse d’Avila et Bernadette Soubirou, Macron a des visions), on l’a apprise par le godillot Aurélien Taché : « Le fait de transférer une grande partie de la souveraineté nationale au niveau européen, c’est le cœur de ce qu’on proposera aux élections européennes, ça c’est très clair » (1).
Et aussi, et c’est encore plus grave : « Que la France laisse son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, je suis pour« .

Mais laissons pour le moment de côté l’histoire de l’abandon à l’Allemagne du siège de la France au Conseil de Sécurité, c’est peut-être un avis personnel et stupide du petit Taché, quoi que… Par contre, l’obsession maladive de dissoudre la France dans une Europe Fédérale dont elle ne serait plus qu’une province soumise est bien au cœur du projet Macronien. Et son projet de « réforme » de la Loi de 1905 fait partie de ce projet puisque son urgence subite découle directement d’un avis récent de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

La CEDH était jusqu’au 18 décembre dernier hostile à une introduction de la charia dans le droit européen, estimant que la charia est incompatible avec les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme. Et puis l’occasion de changer de position lui a été donnée par la plainte d’une musulmane anglaise ayant abandonné l’islam après son mariage et privée d’héritage après la mort de son mari par un tribunal islamique voulant punir cette mauvaise musulmane. Elle a porté plainte auprès de la justice britannique, et le tribunal civil anglais l’a déboutée au prétexte qu’étant musulmane, c’est la charia qui s’appliquait à elle bien qu’elle soit citoyenne britannique et athée. Et donc aussi, le jugement du tribunal islamique l’ayant privé de succession parce qu’elle était une mauvaise musulmane. Il faut connaître ce cas pour comprendre ce qui nous attend du fait du tropisme islamique de Macron.

En effet, dans la foulée, la CEDH a publié un avis disant qu’un État peut s’il le souhaite, «créer un cadre juridique déterminé pour accorder aux communautés religieuses un statut spécial impliquant des privilèges particuliers». En d’autres termes, un État européen peut accorder à sa communauté musulmane la liberté d’être régie par des normes de la charia, sans que cela soit, en soi, contraire à la Convention européenne des droits de l’homme. Ajoutant cependant que les intéressés doivent être d’accord.

L’avis ne concerne pas que la communauté musulmane, c’est clair, mais les musulmans ont aussitôt habilement interprété la clause sur l’accord des intéressés comme le droit de choisir sa juridiction en cas de crime ou de délit. Par exemple, un musulman qui lapide sa fille parce qu’elle a fauté avec un garçon de son âge sans être mariée, ou poignardé un mécréant croisé dans la rue et dont la tête lui déplaisait, demandera à être jugé par le tribunal islamique du quartier qui le félicitera pour avoir appliqué la charia ; par contre, s’il doit être jugé pour un vol, il demandera à être jugé par le tribunal correctionnel officiel qui le condamnera à une peine légère, amende ou prison, pour éviter d’avoir la main tranchée sur ordre du tribunal islamique.

Ce « statut spécial impliquant des privilèges particuliers » accordé aux religions est contraire à la Loi de 1905. D’où l’urgence compulsive que ressent brusquement Macron de modifier la Loi très républicaine de 1905. Officiellement, ce n’est pas le but. Macron est assez intelligent pour comprendre qu’invoquer l’introduction de la charia dans ou en parallèle du droit français est voué à l’échec dans le climat de contestation actuel. Donc: « Le gouvernement envisage de modifier la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, afin de mieux organiser et encadrer le financement de l’islam en France« . Un but louable, mais qui peut être atteint par d’autres moyens.

D’autre part, et ce n’est pas mieux, ce qui est fondamental dans la loi de 1905, c’est la séparation des Eglises et de l’Etat. Cela implique que l’Etat ne s’ingère pas dans l’organisation d’un culte. Or là, sous des prétextes qui sont tout à fait corrects (l’organisation de l’islam, la volonté d’avoir un islam apaisé et de contrôler certaines dérives), le pouvoir exécutif envisage de modifier la loi pour permettre un financement du culte par l’Etat, et une réorganisation du culte islamique. Parce que ce que Macron veut, c’est un islam qui ne ferait plus peur pour faciliter dans un premier temps son intégration dans la République, le second temps étant, par l’injection lente mais irrévocable de la charia dans l’organisme républicain, de le transformer en république islamique.

Cela n’est évidemment pas dit clairement par Macron, mais ressort en filigrane de nombreuses de ses déclarations, depuis son livre Révolution jusqu’à ses derniers discours : la progression de l’islam est inéluctable, la solution intelligente et progressiste est de l’accepter tout en l’adaptant de gré ou de force à la société française. « En même temps », il ne faut pas faire peur aux Français, donc avancer masqué, d’où l’intitulé de son projet de réforme de la loi de 1905.

Ce que ne voit pas et en comprend pas Macron, c’est que ce faisant, il risque fort de provoquer une nouvelle éruption du conflit civil et religieux qui couve en France depuis le milieu du XVIIIème siècle quand les Lumières ont soulevé le problème de la laïcité, qui a connu plusieurs explosions et qu’Aristide Briant avait, après plusieurs années d’action diplomatique (qui politiquement lui ont coûté cher), réussi à éteindre avec cette loi de 1905, un joyau d’intelligence dans le compromis.
Au point qu’aujourd’hui, voyant ce texte remarquable de simplicité et de clarté menacé par la bêtise islamo-compatible macronienne, aussi bien les communautés religieuses qui avaient eu du mal à l’accepter dans les premières années avant de découvrir ses aspects positifs, que les mouvements laïcs qui ne le trouvaient pas assez dur comme les extrêmes laïcards de la Libre pensée, se dressent contre le projet de modification du texte. Tous ont compris qu’il s’agit avant tout pour l’Etat de prendre le contrôle des religions et la communauté musulmane elle-même, qui pourrait financièrement en bénéficier, refuse que l’Etat se mêle de l’organisation du culte mahométan. Pour elle, c’est impensable coraniquement parlant. Et du point de vue franc-maçon aussi mais pour une autre raison : « Ce qui est fondamental dans la séparation des Eglises et de l’Etat, c’est que l’Etat ne s’ingère pas dans l’organisation d’un culte » (2).

La loi de 1905 est parfaitement adaptée, même aujourd’hui, à la gestion de l’islam, il suffirait de l’appliquer avec la même rigueur que ce qui fut fait pour le catholicisme et les trois autres religions (3) après la a promulgation de la loi, dès 1906.
Si le seul problème est, comme le prétend LREM de « mieux organiser et financer l’islam« , il suffit de refaire ce qui a été fait en 1920 pour la Grande mosquée de Paris qui fut financée par l’Etat, le terrain faisant l’objet d’une « donation perpétuelle et gratuite » par la mairie, le tout garanti par une loi d’exception (4).

Ce que craignent les religieux et les laïcs, c’est que Macron profite de  cette réforme pour réintroduire le religieux dans le domaine public, ce qui toucherait au fondement de la loi de 1905.
Dans la modification qu’envisageait Nicolas Sarkozy en 2004 (5), il n’y avait aucune atteinte aux fondements de la loi, seulement un renforcement du contrôle de l’Etat sur les financements étrangers pour libérer l’islam en France de la tutelle des pays étrangers. C’était à la fois intelligent et suffisant pour régler le problème que dénoncent LREM et Macron. Mais tout le monde a compris que c’est autre chose que souhaite Macron, quitte à prendre le risque d’une guerre civile et religieuse.


1: 2 décembre 2018, déclaration publique d’Aurélien Taché à Salut les Terriens en présence de N. Dupont-Aignan et Natacha Polony
2: Source Grand Orient de France.
3: En 1905 quatre religions étaient concernées : catholicisme, la religion très nettement dominante à l’époque, protestantisme calviniste, protestantisme luthérien (on pourrait rajouter aujourd’hui un protestantisme libéral) et judaïsme.
4: Loi du 19 août 1920
5: La République, les religions, l’espérance, par Nicolas Sarkozy
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