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 CHRONIQUE D’UNE EXPLOSION SOCIALE ANNONCEE

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tonton christobal

tonton christobal

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Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: CHRONIQUE D’UNE EXPLOSION SOCIALE ANNONCEE    Sam 05 Jan 2019, 14:44

CHRONIQUE D’UNE EXPLOSION SOCIALE ANNONCEE
(Jean Goychman)

Le mouvement de protestation des Gilets Jaunes n’a pas fini de faire trembler le Gouvernement et le Président. Ils se sont eux-mêmes pris les pieds dans le tapis des histoires qu’ils ont voulu nous faire croire. Lorsqu’il a décidé de se présenter à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron savait très bien que ce qui allait faciliter son succès se retournerait immanquablement contre lui. Comment aurait-il pu ignorer que Nicolas Sarkozy était tombé en disgrâce moins de deux ans après son arrivée au pouvoir et François Hollande plus rapidement encore ?

Un monde de mensonges

Il y a bien longtemps que le « petit peuple » ne fait plus confiance aux élites qui prétendent le gouverner. Seulement, les manipulations médiatiques des campagnes électorales, qui sont devenues l’apanage des « communicants », (entendez par là ceux qui sont capables de vendre n’importe quel produit en suscitant le rêve par une sorte de démarche quasi hypnotique), ne suffisent plus pour prolonger cet état second. Passées les grandes espérances, le retour à la réalité du quotidien laisse la place à la désillusion. Bien que vaccinés par l’expérience, beaucoup d’entre nous se sont fait avoir une fois de plus. Figure de jeune premier doté d’une mine angélique, (on aurait pu le croire issu d’un casting tant il pouvait incarner le rôle), Emmanuel Macron représentait une sorte de synthèse de candidat idéal car, au-delà de son physique, son absence de passé politique permettait de réenchanter les déçus de tous bords. L’expérience se devant d’être tentée, la bienveillance l’emporta sur la méfiance et il fut élu. Le rêve, mensonger par nature, avait occulté la réalité.

Lassés par des décennies de faux-semblants durant lesquelles on les avait baladés de vaines promesses de « fin du tunnel » proche en « sortie de crise » imminente, les français avaient constaté, année après année, gouvernement après gouvernement, que le pouvoir d’achat diminuait, l’âge de retraite augmentait et qu’avec la désindustrialisation du pays, les emplois présents et surtout futurs allaient disparaître.

Jeune mais déjà vieux roublard
Prudent et probablement bien conseillé, Emmanuel Macron avait compris qu’il fallait annoncer certaines mesures, sans jamais entrer dans les détails, afin de pouvoir rappeler qu’il ne réalisait que des choses déjà annoncées pour lesquelles les gens l’avaient élu. Précaution inutile car personne ne l’écoutait vraiment. En réalité, il a surtout « avancé sous un faux nez » en masquant son inclinaison mondialiste. Il savait parfaitement que, hormis la CSP (Catégorie Socio Professionnelle) supérieure, désignée par les médias comme « l’élite » , les autres français avaient une défiance instinctive envers ce « nouvel ordre mondial ». Il faut noter qu’il n’emploie jamais ces termes, préférant parler de « globalisme » ou de « multilatéralisme », probablement parce qu’il les croit moins nocifs dans l’esprit des gens. C’est ainsi qu’il a entrepris, parallèlement à sa ligne d’action politique, une opération visant à changer « les éléments de langage », en vieux roublard de la com’ qui cherche à faire prendre aux gens « des vessies pour des lanternes »

Empêcher l’Europe de basculer vers les nations confédérées
C’est l’épine dorsale de la politique d’Emmanuel Macron. Certains « complotistes » disent même qu’il a été adoubé par le Club des Bilderberg (1) pour cette mission essentielle. Vous savez, ce club très fermé auquel Philippe de Villiers faisait allusion dans son livre (2) lors d’un échange avec François Fillon  auquel il demandait pourquoi il était allé à la réunion du Bilderberg :

La réponse de Fillon fut : «  Que veux-tu ? Ce sont eux qui nous gouvernent ! »

Il est un fait que, depuis son arrivée aux affaires, il utilise un langage très « binaire ». Les mondialistes sont devenus des progressistes et les souverainistes des nationalistes. Bref, les bons et les méchants. Il va même parler de la « lèpre nationaliste », sans doute pour susciter d’une manière subliminale l’image de la « peste brune » et évoque les « relents des années 30 ».

Qu’est-ce qui peut bien pousser Emmanuel Macron à tout ramener à ce seul objectif, comme si le sort de la planète en dépendait ?

Le camp des mondialistes est-il si inquiet après le choix britannique du Brexit et l’élection de Trump ? C’est probable. Mais pourquoi l’Europe devient-elle si importante à leurs yeux ?

Pour tenter de répondre à cette question, regardons un peu en arrière. Débutée juste après la guerre, la construction européenne s’est faite un peu à l’insu des peuples. Il y a eu les premiers échecs de la CECA et de la CED, puis le Marché Commun en 1957. De Gaulle s’est opposé au projet fédéraliste poussé en souterrain par les Etats-Unis et a gelé son développement. En 1971, les Britanniques ont mis un pied dans l’Europe, suivis par beaucoup d’autres pays, mais ce n’est qu’en 1992 que sera pris le tournant fédéraliste avec Maastricht. Grosse alerte en 2005 avec le rejet du traité constitutionnel, mais reprise en main sournoise par le traité de Lisbonne ratifié en 2009. La crise financière fait vaciller l’édifice, mais l’explosion de la zone euro est évitée au prix d’une augmentation vertigineuse des dettes publiques. La divergence des taux d’emprunt propres à chaque pays a considérablement fragilisé la zone euro et rendu impossible le financement du fédéralisme, qui impliquait une mise en commun des dettes. Or, l’Europe fédérale était censée devenir l’appartement témoin du mondialisme. Un espace hors des nations ou tout (individus et biens matériels ou non) circulerait librement, gouverné par une élite auto-désignée.

Seule possibilité : forcer l’Allemagne au fédéralisme
Et c’est là le véritable problème d’Emmanuel Macron. Angela Merkel lui a fait défaut. Il se retrouve seul face à des peuples européens qui ne sont plus séduits par l’Union Européenne. Il pense que sa seule chance est d’obliger la chancelière, tant qu ‘elle est encore là, même à l’état de zombie, à forcer le destin en concrétisant à marche forcée les attributs du fédéralisme. L’OTAN vacille, construisons une armée européenne ! La zone euro devient instable, nommons un ministre des finances ! Bref, tant pis pour les peuples, on ne leur demandera pas leur avis. Mais pour forcer dame Merkel, la France doit, au moins en apparence, respecter les traités, à commencer par celui de la fameuse « règle d’or » (3) qui impose de contenir les déficits budgétaires. Pour ce faire, on peut diminuer les dépenses ou augmenter les recettes, ou faire les deux « en même temps ».

Emmanuel Macron a choisi d’augmenter les recettes, c’est à dire les impôts et taxes en tout genre, après avoir tenté la théorie (un peu fumeuse) de la cordée pour justifier les cadeaux faits aux riches.

L’erreur fatale qu’ils n’ont pas vu arriver

D’un seul coup, la magie de Macron s’est dissipée pour faire place à la réalité sordide. Les riches le devenaient encore plus, mais qui plus est sur le dos des pauvres. Les retraités, pourtant favorables à l’élection d’Emmanuel Macron parce qu’il les rassurait sur l’euro et leur petit pécule, devenaient les victimes expiatoires de cette frénésie fiscale. L’augmentation simultanée du prix du pétrole et celle des taxes sur les carburants à été l’allumette qui a enflammé ce mélange devenu détonnant. Et, pire que tout, la justification, à l’évidence mensongère, d’évoquer la lutte contre le réchauffement climatique pour tenter de faire passer la pilule, a fait basculer les derniers indécis.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont plus de marge de manœuvre. Ils ne peuvent ni reculer, ni avancer. Une reculade serait la fin des espoirs européens en matière de fédéralisme et continuer dans cette voie ne ferait qu’augmenter les tensions sociales déjà limites dans notre pays.

Dans ces conditions, l’usage non écrit de la Vème République serait de procéder à un référendum pour que le peuple exprime sa souveraineté autrement que par une colère de moins en moins maîtrisée.
Mais le résultat de ce référendum risque également de précipiter la dislocation européenne…


Jean Goychman
20/11/2018

(1) https://www.lejdd.fr/politique/ce-que-macron-a-dit-au-groupe-bilderberg-en-2014-3509507

(2 ) « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu «  Ph de Villiers 2015 eds Albin-Michel

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_budg%C3%A9taire_europ%C3%A9en
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