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 Le ministre, le gilet jaune et le libéral

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tonton christobal

tonton christobal

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Date d'inscription : 06/07/2010

MessageSujet: Le ministre, le gilet jaune et le libéral   Sam 19 Jan 2019, 06:31

Le ministre, le gilet jaune et le libéral
Par Philippe Prigent, auteur invité.

Philippe Prigent est ancien élève de l’ENS Ulm (lettres classiques), de Sciences po (droit économique) et de la Sorbonne (lettres classiques). Il a exercé plusieurs années au sein du cabinet Cleary Gottlieb et est avocat au Barreau de Paris.

Les réactions au mouvement des gilets jaunes révèlent la différence entre vrais et faux libéraux en dévoilant leur véritable réponse à la question : la loi est-elle la même pour tous ? Le libéral répond oui, le pseudo-libéral répond « oui mais » (c’est-à-dire non).

Quel rapport avec les gilets jaunes ? Le deux poids deux mesures étatique entre eux et les voyous ou les policiers auteurs de violences.

Le libéralisme repose sur l’égalité devant la loi. La règle doit être identique pour tous les justiciables et appliquée de la même manière à chacun. Les amateurs d’histoire auront reconnu dans cette égalité, l’isonomie, la définition antique de la démocratie – ce n’est pas un hasard.

La loi est identique lorsque toutes les personnes sont soumises à la même règle. Si l’une reçoit un avantage juridique, toutes les autres en bénéficient ; si l’une est soumise à une règle plus sévère sur un point, toutes les autres y sont soumises. Le régime est libéral car il conduit à étendre les libertés dont bénéficient les privilégiés au sens juridique à tous les autres citoyens. Si mon voisin produit du vin, j’ai le droit d’en produire aux mêmes conditions que lui et je peux le concurrencer. Ou alors il faut interdire la fabrication de vin à tout le monde – ce qui n’est pas civilisé.

La deuxième condition de l’égalité devant la loi est que l’Etat et ses fonctionnaires subissent la loi (c’est l’Etat de droit). Si la puissance publique impose une règle même absurde aux justiciables (ex : interdiction de produire du vin), elle doit la respecter. Il en va de même pour ses agents, qui ne sauraient avoir plus de droits que les autres citoyens. Les seigneurs féodaux disposaient justement de privilèges parce que l’Etat n’était pas soumis au droit et qu’ils détenaient une part du pouvoir étatique (les comtes, ducs et autres barons sont historiquement des hauts fonctionnaires usurpateurs la puissance publique). Comme l’égalité devant la loi soumet les fonctionnaires et ministres à la règle commune, la liberté des autres citoyens augmente considérablement.

La dernière condition est que la règle soit appliquée à tous de la même manière : des règles générales appliquées de façon arbitraire sont une parodie de libéralisme. Si l’Etat emprisonne la moitié des viticulteurs pour fabrication illégale de vin sans poursuivre l’autre moitié, il n’y a pas d’égalité réelle devant la loi.

Les réactions au sujet des gilets jaunes sont éclairantes à cet égard.

Les « progressistes » (Cohn-Bendit, Macron, etc.) portent aux nues les émeutes de mai 1968 et leurs violences, y compris les passages à tabac des opposants dans les universités et les tirs de cocktails molotov sur les policiers. Ils « comprennent » les violences commises dans les banlieues, y compris les lapidations ou les tirs sur les policiers et les pompiers, ou encore les milliers de voitures brûlées par les « jeunes » à chaque Saint-Sylvestre. Début 2017, ils accusaient les policiers d’avoir violé à coup de matraque un certain Théo, en professant la plus grande défiance envers les forces de l’ordre. Et même parler des frasques de M. Benalla ou du policier boxeur de Toulon, les mêmes approuvent les « interpellations préventives » (dans un pays d’Habeas corpus, les auteurs d’un tel abus de pouvoir sont eux-mêmes emprisonnés).

En revanche, ils réclament les poursuites et les peines les plus sévères contre mes gilets jaunes, y compris l’emprisonnement pour manifestation interdite dès que trois d’entre eux se réunissent (Gérard Leclerc le 8 janvier sur CNews). Ceux qui admirent les émeutes de 1968 et excusent les violences régulières des voyous de banlieues s’émeuvent des réactions de certains gilets jaunes – qui sont condamnables mais infiniment moins nombreuses et moins graves.

Talleyrand disait : « je pardonne aux gens d’être en désaccord avec moi, ce que je ne leur pardonne pas, c’est d’être en désaccord avec eux-mêmes ».

On peut tout à fait estimer que toutes les violences doivent toujours être punies sévèrement, y compris celles commises par l’Etat et ses agents. On peut aussi estimer qu’il faut faire preuve de mansuétude envers toutes les personnes impliquées dans un mouvement politique de grande ampleur – ce fut la position de l’exécutif en 1968. On ne saurait en revanche porter aux nues les violences de mai 1968 et des trente dernières années dans les banlieues ainsi que leurs auteurs et en même temps réclamer contre les gilets jaunes l’application la plus sévère des lois (voire des actes de sévérité au-delà des lois).

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