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 Parlement européen : bilan 2014-2019

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Salamandre

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MessageSujet: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 10:10

Mais que font-ils à Bruxelles et Strasbourg ? Enfin un article (en 2 parties, vue de LR)

Europe : les hauts et les bas des députés LR à Strasbourg (1)
Par E. Berretta. Publié le 29/01/2019 | Le Point.fr
(..)
L'éternelle tension entre bonapartisme et europhilie
Car c'est bien l'éternel problème de la droite classique en France vis-à-vis de l'Europe : il faut à la fois rassurer une aile pro-européenne, plutôt libérale, et une aile bonapartiste, méfiante vis-à-vis de l'intégration européenne et qui flirte avec le souverainisme. En 2014, Jean-François Copé, qui présidait l'UMP, avait, lui aussi, ménagé les sensibilités de son parti. À l'époque, le scrutin était régional, ce qui ne posait pas le problème de la « tête de liste » unique...

Faisant partie du PPE, le premier groupe au Parlement de Strasbourg, les LR vont devoir assumer le bilan des cinq dernières années du Parlement et de la Commission Juncker, l'un des leurs. La tâche est délicate tant l'Union européenne souffre d'un net désamour. Qu'ont-ils fait  ? Ils ont suivi, de manière assez groupée, les propositions de la Commission et ils ont porté des combats auxquels les grands médias audiovisuels n'ont pas toujours donné un écho très large.

Le bilan Juncker est le bilan LR
Dans les secteurs agricoles et alimentaires, ils ont interdit l'usage non professionnel du glyphosate et encadré les pratiques pour les agriculteurs. Ils ont voté les plans de soutien aux secteurs impactés par l'embargo russe. Ils ont baissé la TVA sur les invendus alimentaires pour éviter le gaspillage. Ils ont augmenté le contingent du rhum produit dans les DOM pouvant bénéficier d'une fiscalité réduite. Ils ont réintroduit dans la PAC les jachères apicoles pour lutter contre la disparition des abeilles. Ils ont mis en œuvre un plan d'action européen pour restreindre l'usage d'antibiotiques dans les élevages et empêcher les abus. Après le scandale Volkswagen, ils ont obtenu des règles de contrôle plus strictes.

Dans le secteur des services aux consommateurs, ils ont supprimé les frais d'itinérance téléphonique et ont voté le Wifi gratuit dans les espaces publics d'ici à 2020. Ils ont mis en place un quota de 30 % d'œuvres françaises et européennes dans le catalogue des services de vidéo à la demande. Ils ont établi la responsabilité pénale des géants du Net en cas de non-retrait de contenus terroristes et d'apologie du terrorisme en ligne.

« Macron a beaucoup de culot de s'attribuer notre bilan » (Franck Proust)
Sur le plan sécuritaire, ils ont adopté la directive contre le blanchiment de capitaux. Ils ont soutenu la création d'un parquet européen contre la fraude à la TVA et aux fonds européens. Ils ont adopté le PNR (Passenger Name Record) pour l'échange d'informations sur les passagers aériens dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ils ont soutenu le fonds européen de défense pour l'effort dans la recherche militaire. Ils ont renforcé les instruments de filtrage des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques. D'un point de vue économique, ils ont adopté les accords de juste échange avec le Canada, le Japon et Singapour. Ils ont ouvert à la concurrence le transport ferroviaire de voyageurs.

« Macron a quand même beaucoup de culot, car il s'attribue le bilan des actions du PPE, c'est un truc de fou, grince le député Franck Proust, chef de la délégation française du PPE. Il a démarré avec le rapport de ma collègue Élisabeth Morin-Chartier sur le travail détaché en excluant, d'ailleurs, les transporteurs, question toujours pas résolue. Et il continue à dire c'est moi, c'est moi... En fait, il n'a rien. » Pour être honnête, la question du transport routier a été débloquée au niveau du Conseil européen, notamment par la diplomatie macronienne. En revanche, elle est l'objet d'un blocage au sein du PPE, au Parlement européen du fait de l'opposition conjointe des eurodéputés venant des pays d'Europe centrale et de l'Est avec ceux de l'Espagne et du Portugal.
(..)
https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/europe-les-hauts-et-les-bas-des-deputes-lr-a-strasbourg-29-01-2019-2289611_1897.php
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MessageSujet: Re: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 10:13

"c'est le grand problème des Français à Strasbourg : trop d'entre eux, parce qu'ils ont été ministres, n'y voient qu'une position d'attente et ne travaillent pas assez. Et les plus connus à Paris, les premiers à se ruer sur les plateaux de BFM TV, sont les derniers dans l'hémicycle strasbourgeois..."
"Les Allemands, quant à eux, spécialisent leurs élus sur l'Union européenne et se taillent la part du roi dans les rouages complexes du Parlement."


Europe : les hauts et les bas des députés LR à Strasbourg (2)
Le groupe LR au Parlement de Strasbourg a résisté aux tensions parisiennes. Mais les Français ont été pris en étau par les Allemands alliés aux Espagnols.
Par E. Berretta. Publié le 29/01/2019 | Le Point.fr

En désignant deux nouvelles têtes – François-Xavier Bellamy et Agnès Evren – sur les trois premiers noms de la liste LR aux européennes, Laurent Wauquiez affiche clairement une intention de renouveler la délégation française à Strasbourg. Est-ce à dire que les 20 sortants ont démérité  ? Arnaud Danjean, spécialiste des questions de défense, 3e de liste, est le seul à qui Wauquiez conserve sans réserve sa confiance.
Devraient suivre trois autres sortants, dont deux proches de Wauquiez : Brice Hortefeux, indispensable agent de liaison avec Nicolas Sarkozy, Nadine Morano (qui revendiquait la tête de liste) et Geoffroy Didier (arrivé en cours de mandat). Certes, Morano, fan du turbulent Viktor Orbán, clive la famille LR en ramenant tout au sujet de l'immigration, mais « elle a son utilité pour drainer un électorat aux marges qui n'est pas parti au Rassemblement national », estime-t-on au sein de la délégation française des LR à Bruxelles.
(..)
Les plus bosseurs ne sont pas les plus connus
Les 20 Français du PPE à Strasbourg sont, aux dires de Franck Proust, le « groupe le plus européen ». « Parce qu'ils respectent à la lettre la devise européenne : unis dans la diversité. » Ce qui pourrait passer pour une boutade est assez vrai. Les divisions des LR à Paris lors de la primaire de 2016 n'ont eu que très peu d'impact sur la délégation française du PPE. Les sarkozystes (Nadine Morano, Brice Hortefeux, Franck Proust, Renaud Muselier, Philippe Juvin...), les juppéistes (Alain Lamassoure, Arnaud Danjean), les fillonistes (Marc Joulaud, Alain Cadec, Michel Dantin) ont gentiment cohabité à Bruxelles et à Strasbourg, laissant de côté leurs querelles parisiennes, tandis que leurs mentors s'étripaient copieusement rue de Vaugirard. Un peu à l'image des « expatriés qui se serrent les coudes ».

Il faut dire qu'au sein du PPE l'influence française a été court-circuitée. Françoise Grossetête, vice-présidente du groupe PPE, derrière l'Allemand Manfred Weber, a assez vite compris que la CDU-CSU plaçait davantage sa confiance en son parti frère espagnol, le Parti populaire (PP). « Les Espagnols sont plus disciplinés que les Français, c'est ce qui plaît aux Allemands », confie l'entourage de Françoise Grossetête. Si bien que, durant cette législature, dès qu'un Allemand était en position de numéro un, il se choisissait un numéro deux espagnol. Résultat, les LR ont été souvent privés des postes par l'alliance CDU-CSU-PP. Les Espagnols sont aussi plus assidus.

Deux Français dans le top 100
Car c'est le grand problème des Français à Strasbourg : trop d'entre eux, parce qu'ils ont été ministres, n'y voient qu'une position d'attente et ne travaillent pas assez. Et les plus connus à Paris, les premiers à se ruer sur les plateaux de BFM TV, sont les derniers dans l'hémicycle strasbourgeois... Les Allemands, quant à eux, spécialisent leurs élus sur l'Union européenne et se taillent la part du roi dans les rouages complexes du Parlement.

Dans le classement MEP Ranking, le Breton Alain Cadec (président de la commission de la Pêche) est aux premières loges à la 30e place sur 750. Françoise Grossetête, énorme bosseuse, le suit de près à la 65e place. En taux de présence, Élisabeth Morin-Chartier affiche des scores également énormes : 99 % des plénières et 98 % des votes, tout comme Jérôme Lavrilleux (100 % des plénières) ou encore Anne Sander (99 % des votes)... Parmi les plus bosseurs, Michel Dantin (agriculture, 2 846 amendements) a annoncé qu'il renonçait à figurer sur la liste pour se consacrer à sa ville de Chambéry. Une grosse perte pour la future PAC, une politique ardemment soutenue par la France... Wauquiez devra lui trouver un digne successeur.

Un groupe uni... sauf sur Orbán
Cela dit, si la primaire de 2016 n'a pas eu d'impact, on ne peut pas en dire autant de l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence de LR. Elle a provoqué le départ d'Alain Lamassoure, d'Élisabeth Morin-Chartier et de Tokia Saïfi, ces deux dernières ayant rejoint les rangs d'Agir. Mais, là aussi, les trois élus mentionnés n'ont pas quitté le PPE et ont continué à faire partie de sa délégation française. À la suite de l'affaire Bygmalion, Jérôme Lavrilleux a été exclu de LR, mais il est resté membre du PPE et participe très activement à la vie de la délégation française. « In fine, on termine ce mandat ensemble, constate Franck Proust. Les parlementaires français, soit directement quand ils ont eu un rapport, soit indirectement en tant que rapporteurs fictifs (voir définition) ou sur une position française, ont fait avancer les choses. Cette équipe de France – on peut dire tout ce qu'on veut – a parfois eu des positions divergentes, mais elle est restée unie jusqu'au bout. »

Cependant, un point de divergence a ravagé la cohérence du groupe français : le vote sur le rapport Sargentini, qui a ouvert la procédure de sanction à l'égard du régime de Viktor Orbán. « Il n'y avait pas de consigne de vote », clame Proust pour se défendre. D'autres membres de la délégation considèrent que la consigne de vote en faveur d'Orbán de Laurent Wauquiez n'a pas été relayée... À l'arrivée, ce fut un chaos extraordinaire. Considéré comme la voix de Wauquiez, Brice Hortefeux, en réunion de délégation, avait plaidé en faveur d'Orbán avec deux arguments. Il considérait d'abord que Viktor Orbán, très largement réélu en Hongrie, possédait la légitimité démocratique. Il lui paraissait ensuite peu judicieux d'ostraciser les extrêmes, « car ça les renforce ». « Il y a des précédents historiques où les gens sont arrivés au pouvoir démocratiquement et ont causé des millions de morts parce qu'on ne les a pas arrêtés assez tôt », rétorquait Jérôme Lavrilleux, farouche partisan d'une sanction contre Orbán. « L'inverse d'ostraciser, dans le dictionnaire, c'est s'allier avec. Donc, si ostraciser les extrêmes, ça les renforce, s'allier avec eux, ça va les affaiblir. Est-ce vraiment la ligne  ? » ironisait Lavrilleux.
Finalement, au moment du vote, Hortefeux a changé d'avis et s'est abstenu comme cinq autres (Didier, Alliot-Marie, Danjean, Dati, Juvin). Les votes approuvant la sanction se sont élevés à neuf (Lavrilleux, Grossetête, Sander, Cadec, Dantin, Joulaud, Lamassoure, Morin-Chartier, Saïfi). Seulement trois eurodéputés LR ont voté contre la sanction (Proust, Morano et Delahaye). Enfin, deux eurodéputés n'ont pas pris part au vote (Muselier et Ponga).

https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/europe-les-hauts-et-les-bas-des-deputes-lr-a-strasbourg-29-01-2019-2289611_1897.php


Dernière édition par Salamandre le Mar 29 Jan 2019, 10:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 10:34

Nous verrons bien si "celles et ceux qui bossent" chez LR sont en position éligible sur la liste LR 2019.
Exercice journalistique à reproduire, bien sûr, pour les autres partis (FdG, PS, UDI/MoDem, EELV, RN, ..) sachant quand même que Y. Jadot (tête de liste EELV 2019) a passé beaucoup de temps dans les campagnes électorales françaises depuis 5 ans...
La Marine encore plus. Mais au FN/RN (les plus nombreux français suite aux élections européennes 2014) il y a déjà assez d'infos pour indiquer leur absence massive au Parlement européen actuel. Enfin, si tout le monde (du moins, leurs électeurs) s'en fichent...
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MessageSujet: Re: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 14:44

Lorsque l'on étudie le rapport entre les pouvoirs respectifs des différentes structures de l'usine à gaz europe doit on s'étonner que des élus qui font de la figuration face à nos technocrates cooptés sortis dont ne sait trop où soient assez peu motivés ?

Pour répondre à la question il convient de se pencher sur l'organisation de l'usine à gaz qui fait peu de cas des élus... il est plus facile de leur reprocher de ne pas être actifs

Par exemple le N° 2 de la commission nommé directement par juncker... l'affaire semble avoir provoqué quelques remous dont on a peu d'échos en France.

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Martin Selmayr, l’hydre de la Commission Juncker
28 janvier 2019 à 7 h 00 — Luis Grases

Préparation au Brexit, négociations avec Donald Trump, mouvements internes à l’institution, l’Allemand est de tous les gros dossiers. Mais le secrétaire général de la Commission européenne se fait discret, conscient que sa position est fragile et ses ennemis nombreux.

Martin Selmayr, l'hydre de la Commission JunckerMartin Selmayr, l’hydre de la Commission Juncker — All rights reserved
La devise de Martin Selmayr pour l’année 2019 tient en trois mots : être indispensable, incontournable, insaisissable. L’homme se sait menacé. Sa promotion au poste de secrétaire général de la Commission européenne en février 2018 lui a valu nombre d’inimitiés et sa position est devenue fragile.

La médiatrice de l’UE Emily O’Reilly a dénoncé un exemple de mauvaise administration et le Parlement européen a demandé sa démission dans une résolution adoptée à une très large majorité…


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MessageSujet: Re: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 14:54

La fin de règne de Juncker plombée par Selmayr
Par Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles — 16 septembre 2018 à 13:11

Dans son discours trop long et sans passion, mercredi, le président de la Commission européenne n'a pas du tout fait allusion à la nomination contestée de son chef de cabinet au poste de secrétaire général, en violation du statut de la fonction publique européenne.
 
La fin de règne de Juncker plombée par Selmayr
Pour un flop, ce fut un beau flop. Le discours sur l’état de l’Union, grand-messe annuelle au cours de laquelle le président de la Commission est censé tracer, devant le Parlement européen, le bilan de l’année écoulée et indiquer les grandes lignes de son action à venir, s’est déroulé mercredi devant un hémicycle à moitié vide. Jean-Claude Juncker, qui n’a jamais été un grand orateur, a cette fois touché le fond : un discours trop long, sans épine dorsale, ânonné sans passion, son auteur butant même sur les mots à plusieurs reprises. Alors que l’extrême droite progresse dans presque tous les pays européens, que la droite n’hésite plus à s’allier avec des partis xénophobes et autoritaires, bref que le feu menace l’édifice européen, Juncker a été incapable de s’élever. Sa grande initiative de rentrée ? L’abandon du changement d’heure… Les médias européens ne s’y sont pas trompés : ce non-événement n’a presque pas été couvert.

Marionnette
Il faut dire que le Parlement lui a fait une très mauvaise manière en votant le même jour sur la Hongrie et le droit d’auteur, deux dossiers qui ont mobilisé l’attention du public. Cela montre que pour l’immense majorité des eurodéputés, la page de la Commission Juncker est déjà tournée, et ce, depuis qu’elle s’est décrédibilisée lors du «Selmayrgate», ce «coup d’Etat» qui a permis à l’Allemand Martin Selmayr, le chef de cabinet de Juncker, de se faire nommer au poste de secrétaire général en violation du statut de la fonction publique européenne.


Juncker n’a fait aucune allusion à cette affaire qui lui a pourtant valu la double condamnation du Parlement, en avril, et de la médiatrice européenne, en septembre. Pourtant, selon nos informations, elle mobilise largement l’attention du président qui cherche à sauver le soldat Selmayr.

Il a conscience que son secrétaire général sautera en novembre 2019 lorsque son successeur prendra ses fonctions. Personne ne voudra le garder sauf à apparaître comme sa marionnette, comme nous l’a raconté un candidat potentiel à la fonction.

Il a ainsi tenté, selon nos informations, de lui réserver le poste envié d’ambassadeur de l'UE à Washington, actuellement occupé par l’Irlandais David O’Sullivan, ancien secrétaire général de la Commission (incontesté) lui-même, qui doit quitter son poste à la fin de l’année. Alors que l’Italienne Federica Mogherini, ministre des Affaires étrangères de l’UE et vice-présidente de la Commission, voulait nommer le Grec Stávros Lambrinídis, représentant spécial de l’UE pour les droits de l’homme, Juncker a demandé que O’Sullivan soit prolongé… jusqu’en novembre 2019 et de renvoyer la nomination de son successeur à plus tard. La manœuvre était transparente. Mais Mogherini, ayant la haute main sur les nominations d’ambassadeurs (après consultation du collège des 28 commissaires), aurait profité du voyage à Washington, fin juillet, de Juncker et Selmayr pour faire nommer  Lambrinídis.

De retour de leur voyage, Juncker aurait expliqué aux commissaires que la négociation commerciale qui s’engageait avec les Etats-Unis imposait de maintenir à son poste O’Sullivan, un fin connaisseur des affaires américaines, au moins pendant un an. Trop tard. Désormais, Juncker envisage de parachuter Selmayr à New York ou à Londres, ce qui n’est pas gagné. Sauver la peau de Selmayr, ce sera manifestement la grande affaire de la fin du mandat de Juncker…

Jean Quatremer correspondant à Bruxelles

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si les parlementaires élus à Bruxelles sont démobilisés peut être y a t il des raisons ?
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MessageSujet: Re: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 14:57

Si on souhaite que l'Europe ne soit pas méprisée peut être conviendrait il que ceux qui a défaut de la faire fonctionner convenablement en vivent grassement soient respectables et respectueux des électeurs et des élus...
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MessageSujet: Re: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 21:21

Mœurs françaises au Parlement européen, document d'archive (avec aussi des noms actuels) et qui "illustre le peu de compréhension des arcanes européennes dans les états-majors politiques" français.
"Le traité de Lisbonne a, d'une manière générale, considérablement élargi le champ d'action des eurodéputés."
"Tous les acteurs du jeu communautaire savent que l'hémicycle européen est un lieu à ne pas négliger."

"Alors que les Allemands ont l'habitude de faire plusieurs mandats, les Français, eux, changent régulièrement. Difficile dans ce contexte de faire son trou : on dit qu'il faut généralement un mandat pour bien connaître les rouages du Parlement de Strasbourg et apprendre à travailler avec des personnes qui ne parlent pas nécessairement votre langue. Ce n'est souvent qu'après un long apprentissage qu'arrivent les responsabilités, ..."


Les Français, mauvais élèves du Parlement européen
Entre ceux qui ont été nommés ministres et ceux qui briguent un poste à l'Assemblée nationale, environ 20 % des députés européens français préparent leurs valises. L'influence française à Bruxelles en pâtit, alors que le Parlement européen a acquis une place d'importance.

Le chant du départ a été entonné une première fois le 24 mai dernier. Ce jour-là, le Parlement européen est réuni, comme tous les mois, en séance plénière à Strasbourg. Dans le vaste hémicycle, inondé par la lumière blanche des spots, les sujets à débattre ne manquent pas, entre le sort réservé à Ioulia Timochenko en Ukraine, ou l'égalité homme-femme au travail. Vers midi, une courte pause : la présidente de la séance s'échappe un instant de cet agenda surchargé pour officialiser le départ de quatre parlementaires -Kader Arif, Pascal Canfin, Stéphane Le Foll et Vincent Peillon. Ils sont déjà loin : à peine le temps d'un pot de départ pour certains, ils sont depuis une semaine happés par leurs nouvelles responsabilités dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Loin des austères débats européens.

L'annonce suscite quelques applaudissements dans les larges travées. Combien sont-ils, à ce moment-là, dans les rangs des eurodéputés français, à rêver secrètement du même hommage, dans quelques semaines, pour saluer leur propre départ ? Combien s'imaginent déjà quitter la cathédrale moderne de verre et de métal de l'institution européenne pour retrouver les ors prestigieux des palais nationaux ? C'est qu'ils sont nombreux à avoir la tête à Paris en ce printemps électoral. Certes, ils n'ont été élus qu'en 2009. Mais une place à l'Assemblée nationale, c'est si difficile à refuser... En tout, quinze des soixante-quatorze eurodéputés français ont déjà fait leurs valises pour les ministères, ou les préparent pour le Palais-Bourbon. Le calcul est rapide : près de 20 % du corps français au Parlement européen pourrait être renouvelé à mi-mandat.

Un deuxième choix
Ils ne partiront pas tous, c'est vrai. « Mais ça envoie un mauvais signal, ça montre que Bruxelles reste toujours un deuxième choix aux yeux des Français », se désole une habituée des arcanes européennes. L'Italie est elle aussi une habituée de ce genre de pratiques. Mais cela continue d'étonner nos voisins du pays du Nord. « Les députés allemands viennent souvent me demander pourquoi les Français agissent ainsi », relève Evelyne Gebhardt, élue du SPD, qui a fait ses études en France et a même participé à la commission Attali. « En Allemagne, quand vous êtes élu pour cinq ans, vous faites cinq ans, c'est tout », ajoute-t-elle.

Tous les partis ne sont pas à mettre dans le même panier. Les plus pressés de fuir les couloirs interminables de Bruxelles et de Strasbourg sont dans les rangs du Front national et du Front de gauche. Au sein du premier, deux des trois eurodéputés (Marine Le Pen et Bruno Gollnisch) sont candidats aux législatives. Au Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, la proportion est de trois sur quatre. Mais comme les deux leaders s'affrontent à Hénin-Beaumont, il y en aura au moins un des deux qui restera. Vu leur très faible implication dans le travail parlementaire, on ne peut pas dire que ça changera grand-chose à l'influence française en Europe...

La palme de la fidélité revient au Modem et à Europe Ecologie-Les Verts. Ce dernier a seulement vu partir Pascal Canfin. Le tout nouveau ministre délégué au Développement porte désormais une cravate, qu'il n'arborait quasiment jamais à Bruxelles ou Strasbourg. Une promotion éclair qui récompense trois années très intenses où l'écologiste a réussi à devenir un interlocuteur incontournable sur les questions de régulation financière. « C'est une grosse perte pour le Parlement européen », reconnaît Sylvie Goulard, eurodéputé Modem. Le parti de François Bayrou ne connaîtra, pour sa part, aucun mouvement. Ce n'est pas l'envie qui manquait à certains de tenter leur chance aux législatives, comme Jean-Luc Bennhamias. Mais avec le score du leader centriste à l'élection présidentielle, les velléités se sont éteintes d'elles-mêmes.

Entre ces deux tendances opposées, l'UMP et le PS gèrent tous deux un renouvellement partiel de leurs troupes. A chaque fois dans des conditions baroques qui en disent long sur la valeur du Parlement européen vu de Paris. Au Parti socialiste, il s'agit de remplacer les trois ministres partants, voire Estelle Grelier qui se présente aux législatives. A priori, rien de plus simple : les élections européennes se faisant par scrutin de listes, il suffit de prendre les suivants sur la liste pour remplacer les partants. Mais même les suivants ont la tête ailleurs : Isabelle Thomas, la remplaçante potentielle de Stéphane Le Foll ? Candidate aux législatives. Et derrière elle, Yannick Vaugrenard est depuis devenu sénateur. Pour Vincent Peillon, même situation : Karim Zéribi veut entrer au Palais-Bourbon, tout comme la suivante sur la liste. « C'est un vrai sac de noeuds », reconnaît une socialiste. En clair, ceux ayant échoué aux législatives auront un lot de consolation à Strasbourg...

A l'UMP, quatre parlementaires (Damien Abad, Franck Proust, Agnès Le Brun et Arnaud Danjean) préparent leurs valises, même si leur départ est loin d'être assuré compte tenu du contexte électoral. Y en aura-t-il un cinquième sur la liste? Si Rachida Dati avait obtenu l'investiture à Paris, aucun de ses collègues du parti ne l'aurait vraiment regrettée. Les greffiers sont toujours surpris de la voir s'installer quasi systématiquement au fond de la salle en Commission parlementaire, alors qu'elle a une place réservée devant. Il est vrai qu'il est alors beaucoup plus facile pour l'ancienne ministre de s'éclipser discrètement au bout de dix minutes... Pour autant, il y a bel et bien un cinquième partant, qui fait beaucoup moins rire ses collègues. Il faut en effet faire de la place à Nora Berra. Elue députée européenne en juin 2009, elle n'avait jamais siégé puisque nommée aussitôt dans le gouvernement de François Fillon. Comme l'ancienne secrétaire d'Etat à la Santé n'a pas trouvé de point de chute aux législatives, elle veut retrouver son siège à Strasbourg, et pourrait éjecter Michel Dantin, avec la bénédiction de l'UMP. « Ce serait vraiment une catastrophe pour l'influence française à Bruxelles », assure un de ses collègues.

L'affaire illustre le peu de compréhension des arcanes européennes dans les états-majors politiques. Michel Dantin, un ancien agriculteur passé par des cabinets ministériels, est devenu un membre influent de la commission parlementaire Agriculture. La France, qui a déjà perdu Stéphane Le Foll, pourrait donc voir partir son autre personnalité de poids sur les questions agricoles. « Ca arrive au moment même où le Parlement européen devient colégislateur sur les questions agricoles », se désole un élu UMP. En clair, la délégation parlementaire française pourrait se voir décapitée alors que se profile dans les prochains mois une réforme à haut risque de la PAC...

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Dernière édition par Salamandre le Mar 29 Jan 2019, 21:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Parlement européen : bilan 2014-2019    Parlement européen : bilan 2014-2019  EmptyMar 29 Jan 2019, 21:22

Le tournant de Lisbonne
Le traité de Lisbonne a, d'une manière générale, considérablement élargi le champ d'action des eurodéputés. Une note récente de la Fondation Schuman rappelle que le « nombre de domaines où le Parlement européen est colégislateur a quasiment doublé, passant de 45 à 89 sur les 120 domaines définis dans le traité ». Désormais, il ne se prive pas de jouer pleinement de ces leviers. Récemment, ce sont les eurodéputés qui ont fait plier les Etats membres sur la question de l'itinérance pour les téléphones mobiles, finissant par obtenir que la facture payée par les clients pour leurs appels passés de l'étranger soit encore revue à la baisse par rapport à ce que prévoyait le texte initial. Même chose sur les questions de régulation financière : les Européens se déchirent actuellement sur les nouvelles exigences en matière de fonds propres -les règles dites de « Bâle III » -qui s'appliqueront aux banques dans le futur. Le Parlement veut ajouter au projet législatif un volet qui réduit drastiquement les bonus des banquiers. S'ils veulent conclure, les Etats membres auront nécessairement à trouver un terrain d'entente sur ce point qu'ils n'avaient pourtant pas prévu d'aborder.

Tous les acteurs du jeu communautaire savent que l'hémicycle européen est un lieu à ne pas négliger. Les équipes de BNP Paribas ou de la Société Générale ont fait le siège du bureau de l'eurodéputé Vert belge Philippe Lamberts, qui fait partie de l'équipe de négociation des règles de Bâle III. « Sur ce dossier, j'ai reçu entre 200 et 300 demandes de rendez-vous », s'amuse-t-il. Parmi les Français, Jean-Paul Gauzès (UMP), a acquis une position incontournable sur les questions économiques, en devenant le coordinateur du PPE -le principal parti du Parlement européen -au sein de la commission des Affaires économiques. Sous sa rondeur apparente, l'homme est devenu l'interlocuteur obligé de Bercy -qui peut l'appeler trois fois par semaine -des gouverneurs de banques centrales, de Christine Lagarde...

La connaissance des rouages
Une position comme celle-là est un atout. Mais Paris en a-t-il conscience ? « Les administrations et les ministères le savent désormais parfaitement. Mais c'est loin d'être le cas pour les partis politiques de tous les bords, qui continuent de considérer le Parlement européen comme une Chambre des lords où l'on peut mettre à l'abri des amis », se désole Alain Lamassoure (UMP), l'un des Français les plus chevronnés. Lui-même s'est retrouvé assez loin sur les listes lors de l'élection 2009, n'étant du coup réélu que de justesse.

Alors que les Allemands ont l'habitude de faire plusieurs mandats, les Français, eux, changent régulièrement. Difficile dans ce contexte de faire son trou : on dit qu'il faut généralement un mandat pour bien connaître les rouages du Parlement de Strasbourg et apprendre à travailler avec des personnes qui ne parlent pas nécessairement votre langue. Ce n'est souvent qu'après un long apprentissage qu'arrivent les responsabilités, et notamment la rédaction de rapports parlementaires, qui sont un marqueur d'influence. Un parcours du combattant, ingrat et sans visibilité médiatique, qui peut décourager bien des volontés...

Ces retours vers Paris n'ont toutefois pas que des mauvais côtés. « Les partants ont acquis une expérience des pratiques européennes, et vont pouvoir en faire profiter les institutions françaises », souligne Pervenche Berès (PS). L'eurodéputée -élue depuis 1994 -relève que d'autres pays ont puisé dans leurs délégations nationales au Parlement européen pour constituer récemment leurs gouvernements : c'est le cas de la Roumanie et de l'Espagne, où le ministre des Affaires étrangères vient de Strasbourg. « Le Premier ministre letton est également un ancien de l'hémicycle, et les contacts qu'il a pu y nouer l'ont puissamment aidé dans le contexte actuel », relève Alain Lamassoure. Ce dernier va même jusqu'à dire que « le Parlement européen devient un des lieux où il est bon d'avoir exercé avant un mandat national ». Un peu excessif ? Peut-être qu'un jour, les applaudissements des eurodéputés salueront le départ de l'un des leurs pour l'Elysée...

Renaud HONORE, Les Echos 8.06.2012
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