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 Et si LREM cessait de nous faire la morale?

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tonton christobal

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MessageSujet: Et si LREM cessait de nous faire la morale?   Et si LREM cessait de nous faire la morale? EmptyDim 17 Fév 2019, 09:10

Et si LREM cessait de nous faire la morale?
Les prises de parole du gouvernement ne sont pas politiques, elles sont morales


par Jérôme Leroy  - 12 février 2019
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La réponse du gouvernement au mouvement des gilets jaunes, et aux Français en général, n’est pas politique: elle est presque systématiquement morale.

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On aime bien, du côté du parti médiatique et de LREM donner des leçons de morale. Attention, pas des leçons de politique, mais des leçons de morale. On ne vous parle pas en termes politiques parce que vous ne pourriez pas comprendre. Vous êtes trop bêtes, vous le savez bien, ils vous l’ont dit, le président et ses sbires : vous n’êtes pas foutu de traverser la rue pour trouver un job, vous êtes juste bon à fumer des clopes et rouler au diesel. Et quand on vous donne des minima sociaux, comme dit le président, il y en a qui trouvent encore le moyen de « déconner » (sic).

Pars de là, « bien » et « mal »

Bref, on ne vous dit pas : « C’est juste ou injuste », ce qui serait politique. On vous dit : « Ce que vous faites est bien ou ce que vous faites est mal », ce qui est de la morale. Ça ne remonte pas à hier. Le bon ouvrier, pour les patrons du XIXe, c’était celui qui ne buvait pas, qui ne battait pas sa femme mais surtout qui ne se syndiquait pas et ne tenait pas dans les estaminets des discours de « partageux ».
C’est d’ailleurs en ça que La République en Marche est bel et bien, au sens marxiste du terme, un parti bourgeois.
Son coup de génie, c’est d’avoir transcendé les petites différences sociétales pour montrer au bourgeois communicant en fringues ethniques du XIe arrondissement et au bourgeois notaire à Montargis en Old England, que ce qui les unissait, au fond, était plus fort que ce qui les séparait.

L’Etat, bon père de famille

Un exemple parmi d’autres d’un discours moral, celui sur la dette, la fameuse dette. La métaphore pour culpabiliser les Français est toujours la même : on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on a, l’Etat doit être un bon père de famille, et puis ce sont nos enfants qui vont payer même si on a surtout l’impression diffuse que ce qu’ils vont surtout payer, nos enfants, c’est les conséquences écologiques épouvantables de notre mode de production.
Il resterait à prouver qu’un Etat et une famille aient quelque chose de commun, même métaphoriquement, mais on préfère vous culpabiliser comme des ados à problèmes. Jamais on ne vous dit de quoi cette dette est le nom, si elle été contractée dans l’intérêt général ou pour des minorités déjà privilégiées ? Si on peut alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? On rappellera ce qu’en pensait Maurizio Lazzarato dans Gouverner par la dette : « La dette constitue une nouvelle technique de pouvoir. Elle sert à détruire les résistances résiduelles (salaires, revenus, services) à la logique néolibérale. »

La politique, c’est parler du juste et de l’injuste

Ce discours moral, il a joué et continue à jouer à plein contre les gilets jaunes.
Dès le début, il a été hors de question de les considérer comme autre chose que des Jacques mal-élevés et quand ils ont demandé de quoi bouffer on leur a dit : « C’est pas possible, vous devriez avoir honte ! » Les gilets jaunes ont alors répondu politiquement à un discours moral : pour le dire gentiment, ils ont mis le boxon. Et, miracle, la réponse morale et méprisante du gouvernement est devenue politique : « Bon, ok, finalement, 12 milliards, ça va être possible ! »
Mais, comme une fois cette aumône accordée, le mouvement a continué, alors on a recommencé avec la morale et on a parlé du bien et du mal plutôt que du juste et de l’injuste. Il fallait séparer les méchants casseurs des bons manifestants alors que celui qui a vécu une manif un peu chaude ailleurs que derrière un clavier sait qu’on ne naît pas casseur, on le devient : par exemple quand on voit un copain énucléé s’écrouler à côté de vous.

Macron le populiste
Ensuite, le gouvernement bourgeois de Macron a voulu nous faire le coup des populismes. Pour aller vite, lui, il est la république progressiste opposée à la faction rouge-brune d’un populo hystérisé par Mélenchon et Le Pen qui, c’est bien connu, se réunissent en secret dans les caves de l’ambassade russe en poussant des rires sardoniques.
C’est drôle, parce que la seule vraie pulsion populiste, autoritaire et liberticide, jusque là, elle est venue de ce gouvernement avec sa loi anticasseurs. Et elle a révolté l’excellent écrivain François Sureau, pourtant macroniste de cœur, comme le député centriste Charles de Courson qui n’a pas franchement l’air d’un black bloc ou d’un nervi cryptofasciste.
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joseph1



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MessageSujet: Re: Et si LREM cessait de nous faire la morale?   Et si LREM cessait de nous faire la morale? EmptyVen 22 Fév 2019, 10:02

Les insultes de Macron et de ses ministres , une technique de gouvernement ?
On peut lire sur ce thème :
Le code Jupiter, plongée ethnologique en Macronie
https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/le-code-jupiter-plongee-212855
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Et si LREM cessait de nous faire la morale?   Et si LREM cessait de nous faire la morale? EmptyLun 25 Fév 2019, 06:59

Pour Macron, peuple et progrès sont forcément opposés
Les tenants du progressisme l'opposent volontiers au populisme

par
Roland Hureaux
- 22 février 2019

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Au XIXe siècle, peuple et progrès allaient de pair. Aujourd’hui, les tenants du progressisme l’opposent volontiers au populisme. A commencer par le président Macron.
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Monsieur Macron a décidé qu’il n’y avait que deux camps en France et en Europe : les progressistes et les populistes. S’est-il rendu compte qu’il prenait ainsi acte de la rupture d’une alliance séculaire, remontant à la Révolution française entre deux idées : le progrès et le peuple, dont la conjonction avait défini la gauche moderne ?

La deuxième mort de Jaurès

Il y avait certes eu des révoltes populaires sous l’Ancien régime, mais personne n’y voyait un moteur du progrès. Ce n’est qu’à partir de 1789 que, d’abord dans la mouvance libérale, puis républicaine, puis socialiste, s’est formée l’idée que le progrès politique était porté par les masses, que tout ce qui allait dans le sens du peuple (le « démos » et donc la démocratie), allait dans le sens du progrès et que les adversaires du peuple ne pouvaient être que ceux du progrès. Jaurès nous a laissé sur ce thème de belles tirades.

Il n’en est plus de même aujourd’hui : le « progrès » est de plus en plus identifié à une mondialisation dans laquelle les peuples ont du mal à se reconnaître. Les tenants de cette nouvelle définition du progrès se rendent compte de ces résistances et s’en impatientent : c’est ainsi qu’a été inventé le mot de populisme, tenu pour péjoratif : alors que tout ce qui émanait du peuple ne pouvait jadis aller que dans le bon sens, depuis une trentaine d’années ce qui vient du peuple est au contraire assimilé à la réaction, objet de méfiance, voire de mépris.

Les peuples ne se reconnaissent plus dans le progrès
Les peuples se sentent étranger à cette nouvelle conception du progrès ; d’abord parce qu’elle implique le développent de structures transnationales, dont l’Europe de Bruxelles n’est pas la moindre, qui tendent à éloigner les centres de décision du terrain et à rendre presque impossible l’exercice de la démocratie. Ensuite parce  qu’une loi économique élémentaire fait que l’ouverture des frontières favorise les plus fortunés qui peuvent circuler d’un pays à l’autre par rapport aux plus pauvres et même, de plus en plus, aux classes moyennes, qui ne le peuvent guère. Tout ce qui rapproche les Etats éloigne les classes sociales.

Le divorce entre le progrès et la démocratie n’est pas tout à fait nouveau : en 1975, la Trilatérale mettait déjà en garde contre les « excès de la démocratie » ; plus récemmentJean-Claude Juncker proclamait en 2015 qu’ « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens». Les uns et les autres récusent la démocratie (ou la voix populaire) au bénéfice d’un  grand projet, identifié à la construction, pour les uns, d’un espace mondial sans frontières, pour les autres  d’une Europe supranationale, même si ces projets, un temps séduisants, n’ont plus la faveur des peuples.

Emmanuel Macron va jusqu’au bout de la démarche : on ne peut être à la fois du côté du peuple et du côté du progrès !
La gauche sans le peuple et le peuple sans la gauche
Le progrès ? Qui ne s’en est pas réclamé depuis deux siècles ? A commencer par les révolutionnaires de 1789 tout imbibés des promesses de la philosophie des Lumières, puis la bourgeoisie libérale du XIXe siècle, encore enfermée dans le cadre national et contrainte à la coexistence avec l’ancienne aristocratie.

Puis vinrent les socialistes et les communistes, ces derniers prétendant, à partir d’une révolution « prolétarienne », poser les fondements d’un monde nouveau, d’un « avenir radieux » illustré par le soleil rouge sur le fond duquel brillait le profil de Staline ou de Mao. Hitler lui-même voulait préparer l’avènement du surhomme, sélectionné par le combat à partir de la race aryenne.

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tonton christobal

tonton christobal

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MessageSujet: Re: Et si LREM cessait de nous faire la morale?   Et si LREM cessait de nous faire la morale? EmptyLun 25 Fév 2019, 07:00

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Puis est venu (ou revenu) le progressisme libéral, non plus enfermé dans le cadre national comme au XIXe siècle, mais tourné cette fois vers de nouveaux horizons : la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes, le dépérissement de l’Etat-nation dans la perspective d’un Etat plus grand, la « fin de l’histoire » dit Fukuyama. Il ne leur restait plus qu’à adopter une phraséologie de gauche pour que les peuples ne s’y reconnaissent plus. Ainsi sont nés, d’un côté la gauche sans le peuple, et de l’autre le peuple hors de la gauche : en lieu et place du bon peuple révolutionnaire, le mauvais peuple populiste.

Les régimes idéologiques de type communiste avaient déjà fait l’expérience de la désaffection grave qu’ils avaient suscitée dans la population soviétique. L’histoire, à partir de 1990, a remis les pendules à l’heure, mettant fin à ces espérances de progrès fallacieuses.
Quid du progrès au XXIe siècle ?
Que peut encore signifier le progrès en ce début du XXIe siècle ? Dans sa forme classique, le progrès avait un sens précis. Il y avait le progrès des sciences et celui des techniques qui étaient, qui sont plus que jamais irrécusables. Par-dessus, l’idéologie avait  plaqué l’idée qu’il y avait aussi un progrès moral: plus de justice, plus de démocratie, plus de paix, plus d’humanité. Certains tenants de ce  progressisme prétendaient même que ce progrès procèderait, lui aussi, du progrès de la connaissance : la sociologie scientifique (que le marxisme prétendait être), l’économie scientifique (réduite au libre-échange), la psychologique scientifique, la pédagogie scientifique seraient les instruments de ces progrès. Singerie des sciences dures, ces prétendus savoirs, intéressants sur le plan théorique,  ont tous échoué sur le plan pratique. La vérité est qu’en dehors des sciences dures, il n’y a aucune science assurée, surtout parmi celles dont on entend se servir pour réformer la société. Bien au contraire, les théories dont s’inspirent les réformateurs se réclamant du progrès, aboutissent le plus souvent à des catastrophes.

Il y a eu la catastrophe du communisme ; il a aussi des catastrophes à plus petite échelle comme l’effondrement de l’enseignement en France après cinquante ans de pédagogies prétendues scientifiques.
Après de tels échecs, qui peut encore invoquer sérieusement le progressisme ? Surtout aujourd’hui, à l’heure où Trump, Poutine, Xi, Modi, mais aussi Orban ou Salvini disqualifient les utopies transnationales. Si être progressiste, c’est aller dans le sens de l’histoire, Macron s’est trompé d’époque.

Prendre en compte le réel
Toute idéologie invoque le progrès. La référence au progressisme, nous le savons depuis Hannah Arendt, est le marqueur infaillible d’un mode de pensée idéologique : l’idéologie part d’une idée simple censée améliorer le monde : suppression de la propriété privée,  des Etats, des frontières, etc. Elle se caractérise à la fois par sa simplicité, voire son simplisme,  mais aussi par un projet eschatologique : cette idée simple, à laquelle personne n’avait jamais pensé jusque-là, est tenue par les idéologues pour la clef du bonheur du monde.
Le contraire de l’idéologie, c’est la prise en compte du réel et, par-là, de la complexité, c’est l’acceptation d’une certaine permanence des réalités humaines (la propriété, les nations, les passions humaines) et donc le refus de projets utopiques se présentant  comme une marche irrésistible vers la fin de l’histoire.

La véritable opposition n’est donc pas celle des progressistes contre les populistes, elle est celle des utopistes ou des idéologues contre les gens qui conservent le sens des réalités, une vertu plus répandue dans le peuple que chez la plupart des élites que la facilité de la vie et l’entre-soi coupent facilement du réel. A un moment où la croyance au progrès  n’a conduit qu’à des déconvenues, Emmanuel Macron, en se proclamant progressiste, montre qu’il n’est qu’un idéologue  complètement déphasé.
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