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  Macron, tout en haut de l’affiche

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tonton christobal

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MessageSujet: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyVen 08 Mar 2019, 09:25

Macron, tout en haut de l’affiche

Par Jean-Baptiste Noé 7 mars, 2019

La lettre commence par une injonction révolutionnaire « Citoyens d’Europe » comme au bon vieux temps de la Convention lorsque le Nouveau monde se tutoyait et se donnait du « citoyen » au lieu du « monsieur ». Ce qui peut apparaître comme des heures glorieuses en France ne le sont pas en Europe où plane encore le souvenir des armées de la Révolution et des guerres révolutionnaires. Comme à chaque fois, on nous enjoint à agir, et vite : « il y a urgence » et « les élections européennes seront décisives ». On sent poindre l’heure du chaos si par mégarde nous venions à faire un mauvais choix, en l’occurrence celui « du repli nationaliste ». Ils sont toujours les ennemis, mais le camp d’en face, celui du Président Macron, n’est pas défini. Il ne se nomme plus progressiste désormais qu’il fait siennes la défense des frontières et la protection des citoyens d’Europe. L’ennemi est vague et le camp du bien flou.

Le Brexit est bien évidemment le symbole de cette Europe qui a échoué. Échouée peut-être à bien faire voter le peuple, ce qui est suggéré, mais non dit. Le Brexit survenu ce sont au moins deux cavaliers de l’Apocalypse qui vont s’abattre sur les Anglais : « Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? » Retour au blocus continental imposé par Napoléon : les Anglais n’auront plus du tout accès au marché européen. Et retour de la guerre en Irlande bien sûr, car les Irlandais seront incapables, sans l’Europe, de trouver un gentleman agreementà leur question frontalière. La famine et la guerre vont foudroyer Londres. Messiers les Français, tirez-vous en premier.

Les bienfaits de l’Europe

Il faut dire que l’Europe a de belles réussites, que le monde entier nous envie ; comme la sécurité sociale française est enviée dans le monde entier : « C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ? »

C’est bien connu, c’est la Commission européenne qui a négocié la réconciliation franco-allemande, le Général de Gaule et Konrad Adenauer n’y sont absolument pour rien. Et comme chacun sait, l’Europe est un continent de paix depuis 1945. Elle a été préservée de la guerre froide et la CEE a été fort efficace contre l’URSS, la paix a été maintenue dans les Balkans et en Ukraine, sans compter les marges de l’Europe, Syrie, Libye, Irak, où Bruxelles a fait rayonner la pacification et l’ordre calme. Pax, la déesse de la paix, est d’ailleurs la fille de Jupiter, et l’on sent bien que Jupiter Macron aimerait bien adopter cet enfant.

Nous ne remercierons jamais l’Europe de nous protéger des « stratégies agressives de grandes puissances ». Son efficacité dans la guerre économique et la guerre du droit n’est plus à démontrer. Dans le dossier iranien, elle a parfaitement défendu Total et Peugeot et il est incontestable qu’elle fait jeu égal avec la Chine et les États-Unis. Cela, ne le doit-elle pas à l’euro ? Cette monnaie unique qui a enrichi les peuples, renforcé les entreprises, protégé les citoyens des « crises du capitalisme financier ». Emmanuel Macron a raison de lutter contre les fausses nouvelles et de rappeler ici des vérités que tout le monde partage, bien entendu.

Mais l’Europe c’est plus que ça, ce sont des projets et des réalisations que jamais les États et les entreprises privées ne pourraient réaliser : « L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. » Sans l’Europe, il eût été impossible de repeindre les salles des lycées dégradés et de construire une autoroute. L’Europe Providence transcende tous ces États impuissants. Emmanuel Macron ne le dit pas, car il est cachotier, mais on le devine entre les lignes de sa belle plume aux alexandrins de Bercy : ce que l’Europe fait est gratuit. Ici un lycée, là une fontaine, là-bas un centre culturel, et tout cela sans impôt, sans redistribution, sans officines et comités européens. Gratuit et provident.

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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyVen 08 Mar 2019, 09:26

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Un projet pour l’Europe
Emmanuel Macron avait un projet pour la France ; il en a aussi un pour l’Europe.
Seulement cette fois il ne le crie pas, il l’écrit. « L’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. » Toujours cette idée fixe du mouvement, de la marche forcée, de la précipitation. Tout est projet, réforme, course, mais tout tourne en rond et demeure dans les mots, jamais dans les réalisations. En toute modestie, Emmanuel Macron veut réinventer la civilisation européenne. Aristote, Bernard de Clairvaux et Michel-Ange pourront aller se coucher, de même que Chopin, Lord Acton et Malraux : Manu arrive et il a un projet fulgurant à proposer : « C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès. »

Ses propositions décoiffent et volent haut. Il fallait bien la pensée complexe d’un président philosophe pour nous proposer de telles idées bouleversantes.

La liberté d’une part :

« Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. »

Quel dommage que cette Agence européenne de protection des démocraties n’ait pas existé lors des présidentielles de 2017, elle aurait pu nous préserver des manipulations d’alors. Les mauvais esprits feront remarquer qu’elle rappelle quelque peu le Komintern et sa ligue mondiale antifasciste qui elle aussi devait défendre la démocratie. Mais selon les mots d’alors de Jules Romain, « C’est peut-être une aurore, c’est peut-être un incendie », celui qui brulera dans les urnes.

La protection d’autre part :
Emmanuel Macron veut que tous les pays adoptent les mêmes règles en matière d’accueil des réfugiés et de gestion du droit d’asile. Il souhaite aussi créer un « Conseil européen de sécurité intérieure » pour lequel, en cherchant bien, on devrait trouver quelque chose qui s’en apparente déjà.

Le progrès enfin, plaçant Emmanuel Macron dans ce camp chéri des progressistes. « L’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement. »

Créer une sécurité sociale unique et un salaire minimum européen, nul doute que cela fasse chavirer les foules. C’est bien ici l’édification d’un État supranational qu’Emmanuel Macron souhaite bâtir. Car il faudra bien alors établir une fiscalité commune et une redistribution commune. Pour ceux qui luttent contre le monopole de la sécurité sociale et qui comptent sur l’Europe pour avoir le libre choix de leur mutuelle, le projet macronien tue tout espoir. L’unification par l’impôt mettra un terme aux dernières indépendances politiques. Un progrès, vraiment ? Il souhaite également créer une « Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ». Le terme même fait rêver et laisse imaginer les pires dérives et la mainmise totale de cette banque sur l’économie et le politique. Rêvons avec Emmanuel Macron : et si Bruno Lemaire était nommé directeur de cette BEC ? Après avoir triomphé des Gafam et des Chinois, il pourrait tout à fait vaincre le climat.

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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyVen 08 Mar 2019, 09:29

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Le Grand débat en Europe
Emmanuel Macron a vu le succès du Grand débat. Il a aimé ces réunions spontanées où il pouvait parler à des élus locaux triés sur le volet, à des citoyens ordinaires membres de LaREM autorisés à poser les questions suggérées, à ces retransmissions en direct et à l’improviste de ses prestations théâtrales.
Alors Emmanuel Macron souhaite désormais que le Grand débat ait lieu partout en Europe, car c’est probablement là-aussi une chose que le monde entier nous envie : « Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des États, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. »

Notre cher Président est las de ses tournées de province et de ces salles chaleureuses, mais étroites. Fort de ses succès, il se rêve désormais un destin européen et aimerait se produire dans les plus grandes salles du continent. La première séance de ce Grand débat européen pourrait être organisée à la Scala de Milan, dans une mise en scène de ses collaborateurs en communication. Puis la troupe pourrait rejoindre les grands opéras et les grands théâtres et finir en apothéose à Wembley avec les Rolling Stone en ouverture. Quelle chance est-ce d’avoir un président acteur. On comprend que des hommes du futur et qui ont tout réussi le rejoignent, comme Jean-Pierre Raffarin et François Bayrou. On devine la frustration d’Alain Juppé de ne pas pouvoir porter lui aussi ce projet fou, tenu par son devoir de réserve. La grande marche fait vraiment rêver.


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avec un tel programme nous sommes sauvés les populistes lépreux sont battus d'avance...
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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyVen 08 Mar 2019, 12:21

Prochaine étape dans le délire mégalo. de notre président: une conférence mondiale, suivie d'un débat inter-galactique animé par notre Jupiter préféré.
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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyMar 12 Mar 2019, 13:37

Europe : Emmanuel Macron éparpillé façon puzzle

Par Arnaud Benedetti   Lundi 11 mars 2019 à 10:418


Le chef de l’Etat se rêvait en grand architecte d’une nouvelle Europe façonnée à sa main. Mais la réponse de la patronne de la CDU à sa lettre aux européens dévoile son isolement et la faiblesse de son leadership supposé.

La clef de voûte de la promesse macroniste reposait sur un don et un contre-don implicite : à ses partenaires européens et au principal d’entre eux, l’Allemagne, le président français annonçait qu’il transformerait la France pour l’adapter aux standards de la globalisation ; aux Français, il promettait en échange de leurs efforts qu’il ferait bouger le voisin outre-Rhin dans le sens d’une Europe plus protectrice et plus harmonisée, mais au format du mieux-disant hexagonal. La basse de la symphonie du premier des marcheurs s’inscrivait, continue, dans cette rythmique. Or, l’équation s’est avérée vite impossible à résoudre tant Madame Merkel, encalminée dans ses difficultés internes et sous réserve qu’elle en manifeste une quelconque volonté, ne disposait d’aucune marge de manœuvres pour mettre en mouvement le paquebot germanique.

L’Allemagne ne bougea pas.
À mesure que l’échéance électorale européenne approche, Emmanuel Macron a pu croire qu’une nouvelle fenêtre d’opportunité s’entrouvrirait. Isolé sur une scène européenne plus divisée que jamais, le chef de l’Etat tente d’imposer sa grille de lecture au continent entre, d’un côté les progressistes dont il serait tout à la fois le cavalier-léger et le thaumaturge et de l’autre les populistes, formes diverses de toutes les opinions qui à ses yeux ne partagent pas le credo bruxellois. Macron est le fils le plus discipliné de Maastricht dont il s’efforce de réanimer les flammes à travers une ode à la puissance et à la protection. C’est la signification de son adresse à la presse européenne, vaste plan de com’ qui outre qu’il vise à parler à tous les européens, intériorise les difficultés que l’Union n’a pas été en mesure de dépasser depuis 1992. La référence aux frontières, à la remise à plat de Schengen sonne comme la confirmation d’un dysfonctionnement au mieux, d’un échec au pire. Elle s’accompagne, réitération désormais imposée de la rhétorique macroniste, de la désignation de l’ennemi, conformément à l’essence du politique telle que la définissait le sulfureux mais néanmoins profond Carl Schmitt.

Macron se surexpose dans un combat incertain…

Emmanuel Macron ne cesse, au risque d’exacerber les antagonismes, d’ériger Salvini, Orban et d’autres en adversaires inconciliables, introduisant étonnamment une conflictualité rare dans un espace né par et pour la négociation. Sans doute espérait-il, à la relance dans son exercice de réenchantement européen, ramener à lui Berlin dans une entreprise où le soupçon d’arrogance française ne manquera pas d’effleurer certains de nos partenaires, y compris parmi ceux les mieux disposés. Outre qu’il lève un deuxième front, à côté de la crise « giletiste » qu’il pense peut-être un peu trop hâtivement avoir épongée, le chef de l’Etat se surexpose dans un combat d’autant plus incertain que la vérité de ses certitudes demeure pour le moins relative.
À l’épreuve de près de trente années de Maastricht, l’Union européenne a suscité le sentiment d’une dérégulation sans protection, d’une ouverture sans contreparties, d’un élargissement sans démocratisation, d’une volonté bureaucratique impuissante à l’échelle de la planète. Fondée ou pas, cette représentation est une réalité vécue par des pans entiers des opinions dont il ne faut pas à priori, réflexe pavlovien d’élites peu prédisposées à penser le changement, voire la rupture, considérer qu’elles ont nécessairement tort. Si elle ne parvient pas à transformer le ressenti, la perception, la politique accrédite l’idée que ses actes n’ont pas atteint leurs objectifs.

La nouvelle Présidente de la CDU plante un drapeau dans le jardin de la France et du président Macron pour explicitement lui signifier qu’elle n’entend pas lui laisser le moindre leadership.

À cette confusion des opinions vient se surajouter, coup de tonnerre à peine dissimulé dans une météo bouleversée, la tribune signée par la toute nouvelle Présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer qui prend à revers bien des présupposés déroulés par l’Elysée. Pas de mutualisation des dettes, pas d’harmonisation sociale, remise en cause de la bi-localisation du parlement, siège au conseil permanent de sécurité de l’ONU : la ligne allemande se précise. Elle confirme une volonté de puissance, elle refuse les solidarités incompatibles avec sa vision de l’économie, elle plante un drapeau dans le jardin de la France et du président Macron pour explicitement lui signifier qu’elle n’entend pas lui laisser le moindre leadership. C’est toute l’architecture de la programmatique macroniste qui s’en trouve dès lors affectée. Une confirmation, bien plus qu’une surprise….
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joseph1



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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyMer 13 Mar 2019, 14:11

Clip produit par Macron pour accompagner sa lettre aux européens du 5 mars dernier. Clip qui me semble être digne de la Corée du Nord. Il donne une bonne idée de la psychologie de Macron. Il dure 2 minutes. A voir à tout prix :

https://www.youtube.com/watch?v=R0FSDrTjSuw&feature=youtu.be

source : http://www.bvoltaire.fr/la-propagande-apocalyptique-de-la-republique-en-marche-pour-les-europeennes/
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyVen 15 Mar 2019, 07:15

Islamisme, Allemagne : la « naïveté » d’Emmanuel Macron exaspère

« Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond » lit-on souvent dans les commentaires postés sur les réseaux sociaux par cette masse active et toujours remuante de citoyens certes mécontents mais pas toujours dénués d’arguments. A mesure que Le Politique résume ces milliers de propos mis en ligne sur plusieurs années, peut-on en déduire qu’une autre ligne de séparation, voire de fracture, démarque le Français lambda des personnalités politiques en charge de le gouverner et de le représenter.

Comme si deux mondes coexistaient en un même pays, le citoyen découvre sidéré combien le « politique » paraît définitivement dépourvu de tout réalisme. A la découverte récente qu’une personne peut visiter son conjoint, islamiste convaincu, condamné à 30 ans de prison pour l’assassinat d’un ancien résistant de 88 ans, sans être aucunement fouillée pour ensuite profiter d’un séjour confortable dans une « unité de vie familiale » (UVF), le citoyen mesure l’étendue des droits concédés aux individus les plus dangereux (1).

Pareil constat mais d’un autre registre pour le citoyen qui, parcourant d’un œil distrait l’actualité internationale, découvre que la chancelière allemande Angela Merkel souhaite prendre le siège permanent de la France à l’ONU « au profit de l’Union européenne (UE) », ce siège que le général de Gaulle obtint de haute lutte après avoir sauvé l’honneur de la France et l’avoir inscrite parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale. « Doit-on rappeler à l’Allemagne qu’elle fut responsable de deux guerres mondiales sur deux ? » demande un internaute, scandalisé par la « prétention allemande » de vouloir effacer un peu plus la France.

« Mais quelle naïveté ! » s’écrie un autre sur Twitter, s’étouffant de voir la France sombrer par idéalisme vain pendant que ses « amis » en profitent sans retenue. Car de progrès dans le progressisme macroniste, beaucoup le pensent, il semble y en avoir pour tous les autres mais pas pour la France et les Français. Voilà ce qui dans le cœur de l’opinion publique creuse aussi un peu plus chaque jour le fossé déjà béant séparant l’Elysée du « peuple » qu’il méconnaîtrait comme jamais.

« Nous sommes dirigés par des bisounours déconnectés, » résume un internaute qui, sur l’un des derniers groupes Facebook où s’expriment difficilement quelques électeurs « de droite » (2), estime que partout où la France d’Emmanuel Macron met ses pieds, « c’est pour mieux se vautrer ». « Islamisme, Allemagne, Afrique, Concurrence internationale, désindustrialisation, » le déclin tel qu’il est vécu par le Français moyen serait plus une réalité qu’une impression, il confinerait même à l’humiliation renforcée par le sentiment que nos dirigeants seraient soit complètement naïfs soit complètement incompétents soit les deux.

Parmi tous les sujets qui suscitent le mécontentement, la velléité désormais affichée par l’Allemagne de bouter la France hors du conseil de sécurité de l’ONU nourrit des tensions plus fortes qu’on ne l’imagine en haut lieu, elle est même la partie visible de l’iceberg vers lequel la France paraît naviguer à plein régime.

Notes
(1) Rappelons une fois encore que le prisonnier concerné a été condamné pour l’assassinat et la torture d’un ancien résistant de 88 ans. Ce qui aurait soulevé le pays tout entier auparavant ne semble plus guère susciter de réaction.

(2) Facebook réprimerait et supprimerait de plus en plus tout contenu « de droite » ou « conservateur » et ne s’affirmant pas « progressiste » selon de nombreux internautes.

Les mots entre guillemets sont des citations de propos postés par des internautes et lus sur internet et/ou sur les réseaux sociaux. Les opinions exprimées et rapportées ici sont les leurs.
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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyMar 19 Mar 2019, 11:50

La réponse d’AKK à Emmanuel Macron
JACQUES MYARD
POSTÉ LE 19 MARS , 2019, 10:59

L’encre du Traité d’Aix-la-Chapelle est à peine sèche que la gratitude de Berlin apparaît dans le soleil resplendissant de l’amitié franco-allemande sans limite ni arrière-pensée.

Honni soit qui mal y pense !

Petit rappel : dans le Traité d’Aix-la-Chapelle, la France a souscrit (article 8-2) :
« L’admission de la RFA en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande. »

C’était déjà beaucoup. Beaucoup trop pour ceux qui savent ce que cela peut entraîner dans l’équilibre onusien, sans que cet objectif soit au préalable négocié avec tous les États !

Mais cela a visiblement mis en appétit de puissance la chère Annegret Kramp-Karrenbauer, AKK pour les intimes, et présidente de la CDU allemande destinée à remplacer la Chancelière Angela Merkel.

Cette chère AKK dans sa réponse – publiée par « Die Welt » – à Emmanuel Macron, nouvel évangéliste européen, qui vient d’adresser à ses ouailles une épître fameuse pour les convertir à son credo de progressiste européen, cette chère Annegret donc, franchit le Rubicon et exige que l’Union européenne soit à l’avenir représentée par un siège permanent au Conseil de sécurité :
« Vous, les Franzosen, tirez-vous de ce siège et laissez Germania, sous couvert d’Union européenne, diriger les affaires du monde ! »

Fermez le ban !

Et puis, assez d’anachronisme, nous explique Annegret, certes, nous les Allemands, nous aimons beaucoup Strasbourg, mais le Parlement européen n’en a que faire et doit siéger à Bruxelles.

Faisons fi de l’Histoire et des symboles des relations franco-allemande.

D’ailleurs, si vous aimez les symboles, construisons un porte-avions européen, nous propose AKK, ouvrons aussi notre marché aux produits agricoles africains – sous-entendu : votre PAC coûte trop cher.

Enfin, cher Emmanuel, ne rêve pas avec ta souveraineté européenne. Et AKK d’asséner :
« Le fonctionnement des institutions européennes ne peut revendiquer aucune supériorité morale par rapport à la coopération entre les gouvernements nationaux. Refonder l’Europe ne se fera pas sans les États-nations. »

Et là, AKK a parfaitement raison, mais il faut interpréter l’assertion. Il faut lire : l’Allemagne est redevenue puissante et n’accepte plus la tutelle multilatérale de Bruxelles.

Enfin, nous voilà rassurés, « la communautarisation des dettes, l’européanisation des systèmes de protection sociale et du salaire minimum », l’Allemagne n’en veut pas.

Personne n’en doutait, sauf le président français ! Pour une réplique à Emmanuel Macron, c’en est une ! C’est une double gifle ! C’est une leçon magistrale faite à un amateur qui a oublié que les États n’ont pas d’amis car ils défendent justement leurs intérêts conformément au mandat reçu de leur peuple.

Emmanuel Macron, qui n’a plus rien de jupitérien mais est désormais un roi nu, devrait maintenant méditer cette maxime de Charles Pinot-Duclos dans « Les considérations sur les mœurs de ce siècle » (1751) :
« L’ingratitude demande sans peine, reçoit sans pudeur, et oublie sans remords. »

AKK a dû en faire sa devise, nous sommes prévenus !
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: Macron, tout en haut de l’affiche    Macron, tout en haut de l’affiche EmptyMer 20 Mar 2019, 15:14

Comment les chrétiens démocrates allemands ont riposté sur l’Europe à Emmanuel Macron

Annegret Kramp-Karrenbauer, présidente de la CDU (Union chrétienne démocrate allemande)

Posté le 9 mars 2019 sur le site internet de la CDU

Dix jours après sa diffusion, le texte d’Annegret Kramp-Karrenbauer sur l’avenir de l’Europe continue de faire des vagues en France. Se présentant dès la première phrase comme une réponse à la tribune d’Emmanuel Macron diffusée le 4 mars dans tous les pays européens, il ne s’embarrasse pas de précautions pour réfuter quelques unes des propositions françaises, notamment sur la gouvernance de la zone euro. Il s’attaque même frontalement à deux tabous : le siège que la France occupe depuis 1945 au conseil de sécurité de l’ONU; et le siège du parlement européen à Strasbourg.

Ces écarts, par rapport au registre plus consensuel qui prévaut habituellement dans la relation franco-allemande, sont à prendre au sérieux. Annegret Kramp-Karrenbauer préside en effet le principal parti allemand, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel. Cette dernière a dû se résoudre à lui céder la place le 7 décembre 2018, après l’avoir fait grimper neuf mois plus tôt très haut dans l’organigramme du parti, au poste de secrétaire générale.

Élue à l’issue d’un scrutin serré contre un tenant de l’aile libérale, Friedriech Merz, la nouvelle présidente est aujourd’hui occupée à consolider son assise au sein de la CDU. Beaucoup s’attendent, outre-Rhin, à ce que l’actuel gouvernement dirigé par Angela Merkel n’aille pas au bout de son mandat en 2021. A la barre du principal parti allemand, Annegret Kramp-Karrenbauer doit imprimer rapidement sa marque et sa tribune s’inscrit dans ce contexte instable de politique intérieure.

La perspective des élections européennes
Traduit de l’allemand en cinq autres langues (français, anglais, espagnol, polonais, italien), son texte sur l’avenir de l’Europe s’adresse aussi aux opinions des autres pays de l’Union. Il envoie notamment un message appuyé aux pays d’Europe centrale et orientale, exprimant son « respect pour leur contribution spécifique à notre histoire et à notre culture européennes communes ». La présidente de la CDU prend en compte la géographie de l’Allemagne, qui lui donne une vocation de pays d’équilibre du continent européen.

Enfin, Annegret Kramp-Karrenbauer se place dans la perspective des élections européennes du 26 mai 2019. Elle mentionne ce scrutin dès le quatrième paragraphe. Or les effectifs du Parti populaire européen (PPE, droite), dont la CDU est le pilier incontesté, subiront sans doute ce jour-là une nette érosion dans les urnes. Faiseur de roi… et de président de la Commission européenne, le PPE est d’ores et déjà ouvertement défié par Emmanuel Macron, qui cherche à créer un parti charnière au parlement européen avec l’aide de l’Alliance des libéraux et centristes (ALDE).

C’est cette bataille politique qu’Emmanuel Macron a engagée par sa tribune et à laquelle la dirigeante allemande riposte. C’est d’ailleurs Annegret Kramp-Karrenbauer (surnommée AKK) qui a publiquement répondu au président français, et non Angela Merkel : une façon de montrer que, vu de Berlin, la tribune d’Emmanuel Macron est un manifeste électoral partisan.

Les huit priorités d’AKK

Pour la suite : https://paris-international.blogs.la-croix.com/comment-les-chretiens-democrates-allemands-ont-riposte-sur-leurope-a-emmanuel-macron/2019/03/18/
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