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 Confinement aux Larris

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a.nonymous



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MessageSujet: Confinement aux Larris   Confinement aux Larris EmptyDim 10 Mai 2020, 13:07

Citation :
Confinement : dans les quartiers, les fins de mois sont encore plus dures, mais «on doit se protéger»

Aux Larris à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), l’argent manque durant le confinement. Travail au noir, baby-sitting, ménages : les petits boulots qui faisaient survivre les plus fragiles sont à l’arrêt.

Par Florian Loisy
Le 10 mai 2020 à 06h49

Une berline est garée en double file au milieu de la ruelle qui traverse le quartier des Larris, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Une douzaine de jeunes discutent autour d'elle, profitant du soleil de ce vendredi après-midi, pendant que trois d'entre eux s'affairent à l'intérieur. « C'est celle d'un chauffeur VTC, depuis deux mois, il n'a plus d'activité, alors il lave sa voiture pour être prêt pour le 11 mai », lâche Dekdek qui regarde la scène bras croisés.

Lui, il s'occupe d'un mini fast-food installé à la périphérie de la cité. « Habituellement on a 150 clients par jour, avec le confinement entre les livraisons et les ventes à emporter on arrive à peine à 25 repas, soupire-t-il. Il y a du gâchis dans la nourriture. Tout le monde ici est touché par l'arrêt de l'économie à cause du coronavirus. » Dans ce quartier prioritaire qui compte près de 8 000 habitants, 60 % des ménages ont des revenus trop faibles pour être imposés, selon l'Insee.

Malgré tout, la plupart des habitants des quartiers populaires parviennent à relativiser : « C'est compliqué, mais la santé passe avant tout, lancent Asma et Françoise qui peinent pourtant à boucler les fins du mois. Tous les prix ont augmenté avec le confinement. Le marché où tout était moins cher a fermé. »

Elles reviennent d'une promenade qui a permis à Asma de se fournir en masques lavables. « Une couturière de chez Dior les confectionne elle-même et nous les vend à 5 € », confie-t-elle en montrant le petit stock qu'elle vient d'acheter. « On doit se protéger absolument, d'ailleurs je ne remettrai pas ma fille à l'école, elle est asthmatique, précise Asma. De mon côté, je suis en fin de droits, mais je ne me sens pas prête à prendre les transports. »

Dans ce quartier, le contraste est saisissant entre les jeunes qui continuent de se serrer la main quand ils se croisent et les plus de 35 ans qui arborent presque tous un masque. « Après le confinement, dans le bus ou le RER, ça va être la jungle, s'inquiète Ridha, 65 ans. J'ai peur qu'il y ait une deuxième vague. » Les parents parlent du syndrome Kawasaki. « Les enfants peuvent être touchés et surtout transmettre le virus car impossible qu'ils se retiennent de tout toucher, estime Gabriel. On va remettre mon fils à la crèche, pour pouvoir travailler, mais on craint cette reprise. »
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a.nonymous



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MessageSujet: Re: Confinement aux Larris   Confinement aux Larris EmptyDim 10 Mai 2020, 13:07

Citation :
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«Il suffit d'un mois ou deux de galère pour retourner dans la délinquance»

Difficile d'attendre davantage pour de nombreux jeunes dont la situation était déjà précaire avant la crise sanitaire. « Les intérimaires, les vacataires, les jeunes qui venaient de trouver un petit travail dans le BTP, la sécurité, ou comme animateur dans les centres de loisirs, ils ont tous déjà beaucoup perdu, soupire l'un des responsables de l'association Aroj (Action pour la réussite de l'orientation des jeunes). Il suffit d'un mois ou deux de galère pour retourner dans la délinquance. Surtout qu'il y a de la tension avec les contrôles réguliers de la police alors qu'on a plutôt bien respecté le confinement ici. »

Dehors, on voit néanmoins des petits matchs de basket à 2 contre 2 ou de foot. La compétition l'emporte sur les gestes barrière. « C'est dur de rester à 6 ou 7 enfermés dans un appartement, plaide l'un des responsables de l'association Aroj. On stigmatise les quartiers populaires, mais les bobos à Paris, ils font leur vie sans être embêtés, leurs rues sont pleines de monde et pourtant l'habitat n'est pas si dense qu'ici. » Youssef surveille ses trois enfants qui gambadent autour d'un toboggan posé au milieu des tours. « On se sent oppressé, les policiers passent très souvent, confie-t-il. On a besoin de sortir. Là par exemple mes beaux-parents qui vivent avec nous, voulaient du calme. »

Sur la dalle du quartier où de nombreux commerces avaient déjà périclité, les derniers, les plus utiles, ont aussi baissé le rideau, le temps du confinement. « La laverie est fermée, nous n'avons pas de machine chez nous, donc je dois aller faire la lessive chez un ami », souffle Imad, 16 ans, chargé d'un grand sac de linge.

La vie tourne au ralenti, la débrouille ne permet plus à certains de survivre. « J'ai des amis qui vendaient leurs plats africains, d'autres qui faisaient des ménages ou du baby-sitting. Mais c'est fini depuis mi-mars, affirme Madi, 28 ans, aide-soignant à Paris. « En plus on n'aura pas d'aide de l'Etat, car on n'a pas fait les démarches, l'administratif ce n'est pas notre truc à nous les jeunes », balaye le chauffeur VTC qui vient de finir de nettoyer sa voiture.

En revanche, des quêtes ont été mises en place pour les familles les plus modestes. « Heureusement il y a la solidarité, mais ça ne suffit pas, martèle Ahcène, professeur de maths. La fracture sociale entre les quartiers populaires et la classe moyenne s'est accentuée avec la crise sanitaire. Quand on voit des débats sur les Parisiens qui hésitent à rester en province pour télétravailler, on trouve ça indécent. Cela a mis au jour les écarts de vie. Il y a une vraie problématique à résoudre. »

La gardienne de son immeuble, qui sait qu'il est enseignant, a invité les élèves en difficulté à le solliciter. Un mot à cet effet a d'ailleurs été posé dans l'ascenseur. « J'étais le seul à avoir une imprimante, et à pouvoir les aider dans leurs exercices, détaille Ahcène. J'ai voulu mettre en place un groupe WhatsApp pour qu'on organise les devoirs, mais de nombreuses familles ne connaissent même pas cette application. »


«Au-delà de trois élèves dans un foyer ce n'est pas possible de suivre les cours à distance»

Madi renchérit : « Beaucoup de parents ne parlent pas bien français et ne comprennent pas les consignes données pour l'école à la maison. » Et puis les familles nombreuses n'ont généralement qu'un ordinateur à la maison pour plusieurs enfants. « Au-delà de trois élèves dans un même foyer ce n'est pas possible de suivre les cours à distance », estime Dekdek.

Selon Ahcène, la déscolarisation est un fléau dans les quartiers. « Il n'y a pas de chiffre mais si je regarde autour de moi, je dirais plus de 20 % c'est sûr, affirme-t-il. Je connais beaucoup d'enfants qui n'ont presque pas travaillé. Les parents sont désarmés dans l'accompagnement scolaire. Toutes les inégalités sont exacerbées par cette crise. »

Sans emploi, Youssef, père de famille, craint pour l'avenir. « Je ne pense pas qu'il y aura beaucoup d'embauche dans les prochains mois, pourtant je suis prêt à faire n'importe quoi », reprend-il. « On va aussi avoir un problème pour faire garder les enfants si les écoles ou les crèches ne rouvrent pas complètement », souligne Ounou, mère de famille au chômage. « Quand le travail au noir aura repris on s'en sortira sans doute mieux, mais on a tous subi un sacré coup, peste Sergeï, qui travaille dans le BTP. De nombreuses entreprises vont fermer ou faire le maximum d'économies. Et les petites mains, c'est-à-dire nous, vont trinquer plus que les autres. »
http://www.leparisien.fr/societe/confinement-dans-les-quartiers-les-fins-de-mois-sont-encore-plus-dures-mais-on-doit-se-proteger-10-05-2020-8313912.php
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Clovis



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MessageSujet: Re: Confinement aux Larris   Confinement aux Larris EmptyLun 11 Mai 2020, 10:38

Faut-il penser que la pauvreté excuse le travail au noir ?
Est-il raisonnable de constituer une famille nombreuse quand on ne pourra pas subvenir à ses besoins sans l'aide des autres ?
Les emplois en majorité demandent souvent une qualification, de parler correctement le français, la formation est indispensable sinon pas d'avenir. Il faudrait s'occuper aussi des parents pour les mettre à un bon niveau de formation.

Un grave problème pour l'avenir d'une ville qui possède un pourcentage trop important de personnes en difficulté sans grand espoir d'amélioration. Il y a beaucoup d'exemple de villes dont la situation est catastrophique.
Je ne suis pas apte à trouver les solutions, j'espère que le maire qui s'est senti capable de les trouver,puisqu'il s'est présenté aux élections municipales, tirera les leçons de ces faits et stoppera cet engrenage de toujours plus de pauvreté à Fontenay et sans accabler encore plus la population dite favorisée de taxes de plus en plus difficile à supporter.


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Salamandre

Salamandre

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MessageSujet: Re: Confinement aux Larris   Confinement aux Larris EmptyLun 11 Mai 2020, 13:23

Citation :
« Quand le travail au noir aura repris on s'en sortira sans doute mieux, mais on a tous subi un sacré coup, peste Sergeï, qui travaille dans le BTP. De nombreuses entreprises vont fermer ou faire le maximum d'économies. Et les petites mains, c'est-à-dire nous, vont trinquer plus que les autres. »
Citation :
Dans ce quartier prioritaire qui compte près de 8 000 habitants, 60 % des ménages ont des revenus trop faibles pour être imposés, selon l'Insee.

Et en comptant les revenus du travail au noir ? Imposable ? L'Insee ne le dit pas. Il y a aussi les aides sociales sous condition de ressources (officielles) ...
Et puis, être locataire non imposable (sur ses revenus officiels) c'est ne pas payer d'impôts locaux. Donc être facilement pour une augmentation sans limite des dépenses municipales, yaka faire payer les autres.

Citation :
La fracture sociale entre les quartiers populaires et la classe moyenne s'est accentuée avec la crise sanitaire.
La classe moyenne de Fontenay est imposée à Fontenay. Une solidarité de fait bien réelle, avec les quartiers populaires. Et "les Parisiens qui hésitent à rester en province pour télétravailler", ils sont de Paris ou (un peu) des Hauts-de-Seine, pas du Val-de-Marne -source publiée : données Orange (anonymisées).
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