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 Politiques publiques en banlieue (93) : les raisons d’un « échec »

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Salamandre

Salamandre

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MessageSujet: Politiques publiques en banlieue (93) : les raisons d’un « échec »    Politiques publiques en banlieue (93) : les raisons d’un « échec »  EmptyMer 27 Mai 2020, 16:52

Contient aussi des leçons pour le département d'à coté

Politiques publiques en Seine-Saint-Denis : les raisons d’un « échec »
L’Institut Montaigne publie un rapport analysant l’impuissance des institutions concernant l’emploi et l’insertion dans le département. Refusant de parler « d’abandon de l’Etat », l’étude analyse surtout les causes de son inefficacité.
Par Louise Couvelaire. Publié le 27.05.2020
C’est l’histoire d’un paradoxe, un « mystère » qui affecte la Seine-Saint-Denis depuis des décennies : pourquoi ce département situé aux portes de Paris reste enlisé dans la pauvreté alors qu’il a tous les atouts pour décoller ?

Pendant un an, Agnès Audier a interrogé une centaine de personnes (acteurs publics et privés) afin de percer cette énigme et tenter de sortir de cette spirale. Dans son rapport intitulé « Seine-Saint-Denis : les batailles de l’emploi et de l’insertion » et publié mercredi 27 mai, elle dresse un constat sévère : les institutions, prisonnières de leurs logiques politiciennes et de la vision étriquée qu’elles ont de leurs compétences respectives, se révèlent incapables de penser des politiques publiques communes, centrées sur les besoins réels des individus, et continuent d’« opérer individuellement, en tant que concurrents ».
Résultat, le département « stagne ». « L’examen des indicateurs socio-économiques offre une photographie inquiétante », alerte le rapport. Malgré d’importantes disparités, le territoire reste le plus pauvre de France métropolitaine, avec un taux de pauvreté de 28,6 % en 2016, près de deux fois plus élevé que celui de l’Ile-de-France (15,7 %).
« On ne peut pas parler d’abandon de l’État, ni dire que personne ne fait rien ou qu’aucun moyen n’est mobilisé. Pour autant, toute l’énergie, les efforts, l’argent et l’attention portés à ces sujets ne parviennent pas à venir à bout des difficultés endémiques. Le 93 n’est pourtant pas un bassin sinistré. » C’est même tout le contraire.

« Absurdités » et « incohérences »
Le département le plus peuplé de la région Ile-de-France après Paris, avec 1,6 million d’habitants, est aussi le plus jeune. 30 % de la population a moins de 20 ans. Il accueille de nombreux sièges de grandes entreprises (SNCF, Veolia, BNP Paribas…) et bénéficie de nombreux projets d’envergure (Grand Paris Express, Charles-de-Gaulle Express, Jeux olympiques, complexe hospitalo-universitaire Grand Paris-Nord…) : 20 milliards € d’investissement public sont prévus pour les 15 prochaines années.
Mais ce dynamisme profite peu aux habitants. Si le taux de chômage y dépasse 10 % de la population active depuis 20 ans, il n’est cependant pas « catastrophique », assure Agnès Audier. Mais ce sont les jeunes qui en souffrent le plus : 28 % des 18 à 24 ans sont sans emploi ni formation, soit 13 points de plus que dans les Hauts-de-Seine par exemple.
« On prend des décisions qui n’ont pas vraiment d’effets, car chacun travaille en silo en se focalisant sur ses propres prérogatives, avec un objectif de conquête électorale en tête », se désole Agnès Audier, qui dresse une liste des « absurdités » et des « incohérences » du système, avec propositions à la clé.

Premier exemple : le cas des étudiants issus des quartiers populaires qu’on « laisse tomber » à la seconde où ils mettent un pied à l’université : « On dépense de l’argent pour qu’ils fassent des études supérieures, mais une fois qu’ils sont à la fac, plus personne ne s’occupe d’eux, il n’y a aucun suivi. Dans les universités Paris-VIII et Paris-XIII, les services chargés de ces questions sont squelettiques. » Résultat, beaucoup de ces étudiants sans réseaux ni soutiens passent directement des bancs de l’université aux salles d’attente de Pôle emploi. « C’est une catastrophe, notamment pour les générations suivantes, les petits frères et les petites sœurs, qui se retrouvent découragés avant même d’avoir essayé », dénonce l’auteure du rapport.
Les opérateurs extérieurs, tels que le cabinet de recrutement spécialisé dans la promotion de la diversité, Mozaïk RH, et Nos quartiers ont du talent (NQT), mandatés pour accompagner les élèves jusqu’à l’emploi, « devraient bénéficier de financements bien plus importants », plaide Agnès Audier.
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Dernière édition par Salamandre le Mer 27 Mai 2020, 16:57, édité 1 fois
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Salamandre

Salamandre

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MessageSujet: Re: Politiques publiques en banlieue (93) : les raisons d’un « échec »    Politiques publiques en banlieue (93) : les raisons d’un « échec »  EmptyMer 27 Mai 2020, 16:55

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Manque de moyens pour les politiques d’insertion
Autre angle mort des politiques publiques : les dispositifs d’insertion à destination des allocataires du revenu de solidarité active (RSA). C’est une compétence qui relève du département – qui n’en a pas les moyens. Les fonds qui devraient, en principe, être consacrés à l’insertion sont absorbés par le coût du versement des prestations. En 2018, ce montant s’élevait à 505 millions € pour seulement 317 millions de recettes (dotations de L’État, péréquation, nouvelles recettes, etc.).
« Ainsi le montant additionnel à financer (sorte de “reste à charge”) pesant sur le département était de 188 millions €, soit 37 % de dépenses non compensées par l’État », est-il souligné dans le rapport. Et d’ajouter : « Sans surprise, le financement des prestations de RSA s’est fait notamment en diminuant la part des financements dédiée aux politiques d’insertion. » Dès lors, il est impossible de créer une dynamique à la hauteur des enjeux. « On le voit bien que ça ne marche pas, répète Agnès Audier. Avec la crise sanitaire liée au Covid-19, la situation va encore se dégrader. Il va être impossible d’en sortir sans moyens financiers importants. L’État doit aider le département, il n’y a pas d’autre solution. »

Les dispositifs d’apprentissage du français – qui bénéficient avant tout aux primo-arrivants de moins de six mois – ne sont « pas mieux pensés ». Terre d’accueil, la Seine-Saint-Denis comptait en 2015 près de 30 % d’immigrés et 23,2 % de citoyens de nationalité étrangère selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), contre 6,5 % en France métropolitaine.
« Les chiffres montrent que 20 % à 30 % de la population du 93 parlent mal le français, ne l’écrit pas, ne le lit pas, rappelle l’auteure. Or, aujourd’hui, si on ne peut pas lire les consignes de sécurité, on ne peut pas décrocher un emploi dans le BTP ! Entre la région qui ne propose que des stages qualifiants, le département qui a peu de moyens et l’éducation nationale dont ce n’est pas la compétence, ce n’est le sujet de personne. Tous les acteurs se contentent de se partager les financements en fonction de leur strict périmètre, sans aller au-delà. » Et si le secteur privé multiplie les initiatives « intéressantes », elles manquent d’ampleur.

Des institutions qui interviennent en ordre dispersé, des politiques publiques qui manquent d’ambition et de moyens, des dispositifs qui s’empilent, se concurrencent parfois et laissent d’immenses interstices… Autant de dysfonctionnements structurels qui expliquent l’échec des politiques mises en œuvre en matière d’emploi et d’insertion.
« Qui est jugé sur le taux d’illettrisme dans le département ? Personne. Quelle institution est responsable ? Aucune. Qui doit rendre des comptes sur le nombre d’allocataires du RSA ? Personne. Quel acteur est chargé de réduire leur nombre ? Aucun. Il n’y a aucun plan global et commun. C’est comme ça qu’on passe à côté des vrais enjeux. »
https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/27/politiques-publiques-en-seine-saint-denis-les-raisons-d-un-echec_6040875_3224.html
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